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Nous y voilà ! Une année après notre installation à Winnipeg, voici venue l’heure du traditionnel bilan.

 

J’en ai parcouru des dizaines pendant que je me préparais à sauter le pas. Beaucoup de négatif en général et très peu (ou pas du tout) concernant le Manitoba. Étant méfiant de nature et pas vraiment du genre à prendre pour argent comptant ce que je lis à droite à gauche, je ne me suis pas trop attardé dans la lecture préférant me faire ma propre idée, tout en gardant à l’esprit les nombreux pièges et dangers de l’immigration. Il faut dire qu’il y en a des masses. Mais la bonne nouvelle est que la plupart sont facilement gérables avec une bonne préparation.

 

Nous avons quitté Alger pour le Canada le 16 avril 2016 (3 ans jour pour jour après mon inscription à ce forum, un signe ?). Ce jour-là notre pays fêtait la “journée du savoir”, rien que ça ! À croire que le destin nous avait laissé quelques indices sympathiques pour nous rassurer dans notre entreprise. Je vous le dis dès maintenant : ce qui suit est positif à 100%. Loin de moi l’idée de brosser un portrait idyllique de la province, car les challenges il y en a, mais je veux surtout insister sur le fait que toute aventure bien préparée donne ses fruits.

 

Nous avons atterri à Montréal pour 15 jours de vacances avant de rejoindre Winnipeg. Une façon pour nous de nous déconnecter de la trentaine d’années passées dans un pays que nous aimons tant et où nous avions dû laisser une bonne partie de nos cœurs chagrinés. L’immigration n’a jamais été un objectif dans notre vie, mais la venue de nos 2 magnifiques petites filles a fait naître une certaine envie de leur garantir un futur plus stable, et surtout, éviter qu’elles aient à vivre le scénario des années 90 où une partie de notre enfance a été volée. La guerre civile est passée par là avec son lot de malheurs. Les balles, les bombes, le sang... tout ça était devenu trop ordinaire, tout comme l’insécurité grandissante qui prenait des proportions ahurissantes depuis la fin des années 2000.

Certes nous ne manquions de rien chez nous : une maison dans un quartier calme, des postes de travail avec des perspectives très motivantes, des voyages fréquents... rien qui, aux yeux de nos proches, ne justifiait une aventure aussi risquée. Étant une tête dure de nature, je pense que la frilosité et les doutes de ceux qui nous entourent m’ont surtout motivé à prouver que nous pouvions faire de grandes choses en sortant de notre zone de confort. C’est tout de même excitant de vivre 2 vies en moins de 40 ans !

 

Notre aventure débute donc le 1er mai à bord d’un vol Westjet en direction de Winnipeg. Le repos de Montréal a été salvateur. Les idées se sont remises en place et le plan a été bien défini : installation, école et garderie, emploi, bonheur ! Nous l’avons respecté à la lettre. Je dois dire que notre aventure aurait été différente sans deux paramètres très importants : une visite exploratoire faite en 2014 pendant laquelle nous avons pu établir des contacts très prolifiques et des amis habitant sur place (que nous avions connus sur Internet pendant notre processus) qui nous ont énormément aidés à notre arrivée et qui sont devenus des membres de notre famille à part entière. C’est d’ailleurs pour cela que j’insiste auprès de tous ceux qui font une visite exploratoire afin qu’ils établissent le maximum de contacts possibles. Grâce à ça, notre intégration s’est faite en un temps record : un job trouvé après 3 jours dans l’entreprise où travaille mon amie, des places en garderie dès la 1ère semaine, une maison louée dans le mois, des voitures en très bon état achetées grâce aux conseils d’un ami... Vous pouvez toujours faire les choses seuls, mais c’est tellement plus facile quand vous êtes bien entourés !

 

Certains vont penser que le hasard y est pour beaucoup et que le risque est très élevé. C’est loin d’être ma vision. Le risque se définit par votre niveau d’émotions et celui de votre contrôle des paramètres. Le risque n’est donc qu’une perception à laquelle le facteur chance doit être complètement étranger. Je connais beaucoup de personnes qui sont en train de préparer leur projet d’immigration avec un niveau de gestion et des risques complètement différents. Je sais dès maintenant qui aura la tâche facile et qui va galérer. L’approche face à un projet d’immigration doit être scientifique, minutieuse, excellemment bien préparée et exécutée. Je sais, je me mets à parler comme un coach personnel mais croyez-moi que ce paramètre est le plus important de tous.

J’avais défini chaque détail de mon projet : du départ d’Alger jusqu’au 1er anniversaire de notre date d’arrivée. Et ça a marché ! En une année nous avons fait plus de choses que pendant les 10 dernières années de notre existence. Ce fut très intense, mais toujours plaisant. Et le hasard n’y est pour rien. Même si certaines choses ou visions ont changé depuis notre installation, nécessitant quelques ajustements, l’objectif et l’approche générale sont restés les mêmes. Gare donc aux approximations !

 

Un autre point qui a fait la différence dans notre intégration : LA POSITIVITÉ. Nous sommes restés positifs dans toutes les situations, même lorsque j’ai eu la jambe fracturée pendant un match de foot en août. Embêtant mais en rien insurmontable. On a fait du porte à porte pour la garderie et le job de ma femme. Nous ne sommes jamais restés à la maison à attendre qu’on vienne nous chercher. Au Manitoba les gens sont très serviables, mais encore faut-il oser aller vers eux. Il faut aussi éviter les ralentisseurs. Ne comptez surtout pas sur l’Accueil Francophone pour vous installer. À part le logement (et encore, quand ils daignent répondre à vos emails !) il n’y a pas grand-chose à en tirer. Élargissez vos horizons et ne restez surtout pas cloitrés entre les 4 murs de la communauté francophone. Personnellement j’ai été un peu déçu, je m’attendais à plus de solidarité. J’ai trouvé plus de dynamisme chez les anglophones et je vous conseille d’ailleurs d’aller dans ce sens, surtout en ce qui concerne l’emploi. Les réseaux francophones sont assez opaques et pas du tout faciles à manœuvrer. Votre salut est dans un réseau dynamique et varié.

 

Parlons maintenant d’argent. On a beau répéter qu’il faut des fonds mais c’est une fois sur place qu’on se rend compte de l’importance d’un bon matelas financier. Je ne vais pas rentrer dans le détail de mes avoirs, mais si nous n’avions pas assez d’argent on aurait paniqué. Et quels que soient vos calculs, vous dépasserez toujours vos prévisions. La facture monte rapidement entre la location, les courses, les factures et toutes les dépenses d’équipement que vous aurez à faire. Ne vous étonnez pas si vous tournez à un budget de 10.000$ par mois les 2 ou 3 premiers mois. On s’était bien sûr préparés à ça en nous disant que nous pourrions ne pas trouver de boulot rapidement. Et puis il était hors de question de considérer les aides au revenu. Certains me trouvent dur sur ce point mais je ne conçois pas le fait d’immigrer dans un pays pour demander l’aumône. Le Canada nous a ouvert ses portes pour apporter une plus-value, pas pour profiter du système.

 

En termes de logement, nous avons vite trouvé une superbe maison à St Boniface. Le proprio était très sympa et ne nous a pas trop embêtés sur les références. Le fait d’avoir vu une famille calme, qui paraissait propre a sûrement dû le rassurer. Le prix de la location était un petit peu au-dessus de notre budget alors on a négocié et on a pu avoir un petit rabais qui rendait tout le monde heureux. Pour 200$ de plus que prévu on avait une superbe maison, très grande (assez pour recevoir nos proches) et super bien située (5 minutes du boulot de ma femme et de l’école des enfants). On a tellement aimé cette maison que nous avons fini par... l’acheter !

Oui oui, au Canada on peut acheter une maison moins d’une année après son arrivée. Ça faisait d’ailleurs partie de la liste de choses que je voulais clôturer avant de fêter notre 1er anniversaire au Canada et ça a été fait. Le 15 avril 2017 (soit un jour avant l’anniversaire de notre arrivée) nous prenions possession de la maison. Là encore, aucune place au hasard. Cela faisait plus de 2 ans que je me documentais sur la chose : construire son score de crédit, négocier avec les banques, évaluer les maisons... Après un peu plus de 6 mois de travail continu et aucun défaut de paiement, vous pouvez facilement obtenir un crédit de la banque avec seulement 5% d’apport personnel. Après il ne faut pas en faire une fixation. Un crédit est un engagement, et en Amérique du Nord les taux changent rapidement. On avait l’habitude d’avoir des taux fixes sur 20 à 30 ans. Là vous décidez vous-même sur quelle période vous voulez figer votre taux ou si vous voulez le laisser variable sur 5 ans et risquer une soudaine montée des taux. On peut aussi changer de banque à la fin du terme (très bizarre hein !). On peut donc renégocier ses taux à chaque fois. Ça demande beaucoup de discipline et une très bonne maîtrise du marché. Ce n’est pas pour rien que le taux d’endettement est très élevé ici. L’accès au crédit est très facile mais celui à l’éducation sur ce sujet ne l’est pas forcément. On peut prendre un crédit dans son supermarché, entre les rayons couches bébé et légumes. Attention donc !

 

Question boulot j’avoue que les débuts ont été très difficiles pour moi. Déjà il y avait cette fierté qu’il fallait mettre de côté. Je passais d’un poste de manager, futur directeur d’une grande multinationale, à celui de simple exécutant. On a beau se dire qu’on est prêt à faire ce sacrifice, la claque est quand-même difficile à recevoir. En plus de cela, les relations au boulot sont totalement différentes ici par rapport à ce que j’ai connu avant. Ne vous attendez pas à ce que vos collègues vous ramènent des croissants le matin pour le débrief du week-end ou qu’ils viennent vous poser des questions sur vos dernières vacances. Limite si on vous dit bonjour quand vous arrivez. Je le prenais très mal au début, je me sentais seul, totalement perdu, limite dépressif. Heureusement ça n’a duré qu’une petite semaine. On comprend vite qu’en fait les gens sont sympas mais détestent déranger les autres. Ce qui est inconcevable chez nous est une règle ici. Ne pas dire bonjour est perçu comme un manque de respect en Europe ou en Afrique, ici c’est une marque de respect au boulot car on ne veut pas vous déconcentrer. Pour ma femme c’était beaucoup plus simple. Elle a aimé ce côté aseptisé. On fait son boulot sans familiarités et on rentre chez soi pour finir sa journée avec plein d’activités. En fait la grande différence c’est qu’ici on travaille pour vivre, on ne vit pas pour travailler. Avec 2 salaires on peut très bien vivre et profiter de la vie. Mais en même temps il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de véritable système de retraites, que la loi vous garantit uniquement 2 semaines de congés et que vous pouvez être mis à la porte à n’importe quel moment avec une indemnité ridicule. Le jeu en vaut la chandelle, mais il faut toujours avoir un plan B, C, D... La vie est courte et il faut penser à fructifier sa présence et ne pas laisser ses enfants dans le besoin.

 

En parlant de niveau de vie... un des plus gros budgets ici aussi a été la garderie. Compter au minimum 20$ par jour pour du full-time et 10$ pour les enfants qui y vont avant et après l’école. Le gouvernement vous offre en moyenne 500$ d’allocations par enfant mais ces dernières partent pratiquement exclusivement dans les frais de garderie. L’école ne commence pas tôt (8h45) et finit très tôt (15h45). Vous avez donc 2 choix : travailler tous les 2 et prendre la garderie ou avoir un seul salaire et faire des économies sur ce budget. Ce qui est certain par contre c’est qu’on est heureux de la qualité de la prise en charge. Pour ce qui est du système scolaire, nous n’avons pas encore assez de recul pour en juger. Notre fille de 6 ans savait déjà lire mais il est certain que les progrès étaient phénoménaux. Les enfants ont un objectif de lire 100 livres durant les 1ers mois de l’année. Tout ce que je sais c’est que c’est assez « cool ». Pas de devoirs et pas de pression. Certains s’en plaignent, mais il faut garder en tête que l’éducation des enfants passe surtout par un suivi des parents et le développement de leur culture générale. N’attendez pas que le gouvernement le fasse pour vous, et surtout n’attendez pas une seul minute pour leur ouvrir un compte REEE afin de commencer les contributions à leurs futures études.

 

Venons-en maintenant à ce fameux hiver manitobain. Honnêtement je m’attendais à pire. Ce n’est pas tant le froid qui dérange car on est bien équipé et on fait tout en voiture, mais la longueur de la saison est assez pesante. Arrivés en février-mars, on a envie d’enlever ses bottes et ressortir ses t-shirts de l’armoire. Par contre, gros point positif : l’ensoleillement de la ville est extraordinaire. Certains me diront à quoi ça sert d’avoir du soleil quand il fait -30° ? Eh bien ça fait toute la différence, du moins pour le méditerranéen que je suis. Le soleil vous redonne le sourire, mais attention aux coups de froid. On peut se faire avoir facilement si on ne regarde pas la météo.

On a eu plus de mal à nous habituer à la nourriture. Les légumes ne sont pas vraiment les mêmes et les prix de certains aliments sont exorbitants ! L’artichaut à 2$ pièce ou le chou-fleur à 5$ ça fait mal. Quand je pense que je les snobais avant ! Mais bon c’est le revers de la médaille. On a aussi fait le choix de nous orienter vers le bio depuis quelques mois. Vu que tous les produits, ou presque, viennent des USA, le mieux est d’éviter tout ce qui est production de masse et OGM. Ça nous coûte plus cher certes mais au moins on est sûr que nos enfants mangent sainement. Sinon oui les fromages et la pâtisserie fine nous manquent. Ce n’est pas qu’il n’y en a pas, ça existe. Mais très peu et très cher et pas forcément de bonne qualité. Compter au moins 8$ pour une petite boîte de fromage quelconque et encore quelques dollars pour un gâteau qui n’a pas très bon goût. Mais on s’y fait et le reste compense.

On a tout de même une vie rêvée, on peut faire tout ce qu’on a envie de faire, les petites sont super épanouies et nos weekends sont de vraies vacances.

En parlant de ça, ici le temps a une toute autre valeur. Contrairement à notre vie d’avant, ici les semaines passent très vite et les weekends très lentement. On a le temps de bien profiter de nos journées et pour la première fois de notre vie on se sent VIVRE ! C’est un sentiment très spécial et je reviens encore à ce que je disais plus haut : on travaille pour vivre et pas le contraire.

Il y a des parcs partout, des piscines (quand elles ne sont pas gelées lol) et plein d’autres endroits où on peut juste aller se détendre. On a découvert ce qu’était une vie de famille, même si j’avoue qu’il est difficile –au départ- de se retrouver loin des siens. Vous découvrez d’autres valeurs, vous vous recentrez sur l’essentiel et comprenez bien vite que vous faisiez plein de choses sans en avoir envie. Maintenant on fait ce qui nous plaît, loin des pressions sociales. Si on ne veut pas faire à manger on ne le fait pas. Quand on invite des amis on se fait des potluck à la canadienne où chacun ramène à manger. Plus besoin de protocoles et de ces choses qui vous énervent mais que vous deviez faire juste parce que « c’est comme ça ». On fait les choses à notre façon et on aime ça !

 

Winnipeg aura été pour nous un choix salutaire. On n’est pas obligé de se taper 2 heures d’embouteillages avant de rentrer chez soi. Ça change la vie ! Tout se fait en anglais certes, alors il faut y être préparé. Mais les avantages y sont tellement nombreux qu’on ne se voit pas bouger d’ici. J’ai eu l’occasion de visiter plusieurs grandes villes, mais je ne suis jamais aussi bien senti qu’ici. C’est un endroit idéal pour ceux qui veulent avoir une vie paisible, sans pression et avec plein d’avantages. Depuis notre installation je suis partie à Toronto et à Montréal à plusieurs reprises et à chaque fois j’avais cette sensation d’étouffement. Trop de monde, trop de pression, pas assez d’espaces. Winnipeg me donne l’pression de vivre en campagne avec le confort de la ville. Ça n’a pas de prix !

 

Pour clore, nous ne regrettons absolument rien. Notre vie d’avant nous semble si loin, si différente que parfois on se demande comment on pouvait faire ceci ou cela. Le Manitoba nous a offert cette paix de l’esprit qui nous manquait et nous a permis de nous recentrer sur l’essentiel : notre famille. Nous ne nous voyons plus revenir au pays, sauf urgence familiale. Autant dire que les projets de vacances n’incluent pas l’Algérie comme destination. Les parents viennent nous voir une à deux fois par an ce qui est largement suffisant. Notre vie est désormais ici, auprès de nos amis, de nos voisins et de tout ce qui fait de nous des personnes heureuses.

Si certains hésitent encore, dites-vous qu’une fois dans l’avion les larmes sèchent et une nouvelle vie bien plus excitante vous ouvre les bras. Gardez surtout cette belle citation de Paulo Coelho en tête : « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine... Elle est mortelle ».

 

Bon courage à tous

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Bonsoir Marouane

Je perds mes mots du coup, j'avais envie de vous dire beaucoup de choses, pour votre guide qui nous a vraiment guidé et de cette chance si rare que vous nous avez donné et là vous nous en rajoutez encore une merveille, un compte rendu plein de sens et de sagesse. Sachez monsieur que vous êtes à l'origine de la force qui est en chacun de nous, votre guide nous a permis de découvrir un paradis, un autre monde et surtout de rencontrer des anges, oui des anges ceux que  j'ai croisé sur votre guide, des gens serviables et aimables tout comme vous qui n'ont fait que nous encourager et nous faciliter les démarches. pour toutes ces raisons, je tiens à vous remercier mille fois et souhaiter à vous et votre famille les meilleurs  choses dans la vie.

mes respects Monsieur et fière de vous en tant qu'algérienne.

Modifié par Fazia12

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Invité jo19963

Félicitations pour votre première année ici!

Vous serez une référence ici pour les gens qui sont intéressés au Manitoba.

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toutes mes félicitations pour l'acquisition de votre nouvel logement,d’ailleurs c'est le seul truc qui m'intrigue dans ce projet ,tu as franchis  un grand pas vers un avenir meilleur Merouane bon courage pour le reste du parcours . 

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Excellent  parcours ! Ton guide a été une vraie issue de sortie  pour bon nombre d'entre nous ... Faut se l'avouer hein. :) et ton bilan une vraie source d'inspiration . 

Ça va  être dur de faire mieux , vous avez mis la barre un peu haute Lol . 

Il nous tarde d'y être rien qu'en lisant ces quelques lignes ... MERCI !! 

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Bravo Merouane !!! Big up pour ta réussite je te souhaite à toi et ta petite famille plein de bonheur à venir nchallah 

 

Faudrait que tu nous fasse le manuel de réussite parce-que la chapeau bas ce que vous avez réussi est admirable 

 

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Merci pour ce retour. Bon courage pour la suite.
Quand on dit que la francophonie hors Québec n existe pas ;)

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Beau bilan, intéressant et instructif.  Je trouve qu'il mérite de se retrouver en page d'accueil.  Bonne continuation à toute la famille !

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Ça serait bien d'avoir quelques conseils sur la démarche de l'acquisition de la maison je trouve qu'avoir réussi cela en un an franchement c'est top !

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Il y a 14 heures, redbulldz a dit :

Nous y voilà ! Une année après notre installation à Winnipeg, voici venue l’heure du traditionnel bilan.

 

J’en ai parcouru des dizaines pendant que je me préparais à sauter le pas. Beaucoup de négatif en général et très peu (ou pas du tout) concernant le Manitoba. Étant méfiant de nature et pas vraiment du genre à prendre pour argent comptant ce que je lis à droite à gauche, je ne me suis pas trop attardé dans la lecture préférant me faire ma propre idée, tout en gardant à l’esprit les nombreux pièges et dangers de l’immigration. Il faut dire qu’il y en a des masses. Mais la bonne nouvelle est que la plupart sont facilement gérables avec une bonne préparation.

 

Nous avons quitté Alger pour le Canada le 16 avril 2016 (3 ans jour pour jour après mon inscription à ce forum, un signe ?). Ce jour-là notre pays fêtait la “journée du savoir”, rien que ça ! À croire que le destin nous avait laissé quelques indices sympathiques pour nous rassurer dans notre entreprise. Je vous le dis dès maintenant : ce qui suit est positif à 100%. Loin de moi l’idée de brosser un portrait idyllique de la province, car les challenges il y en a, mais je veux surtout insister sur le fait que toute aventure bien préparée donne ses fruits.

 

Nous avons atterri à Montréal pour 15 jours de vacances avant de rejoindre Winnipeg. Une façon pour nous de nous déconnecter de la trentaine d’années passées dans un pays que nous aimons tant et où nous avions dû laisser une bonne partie de nos cœurs chagrinés. L’immigration n’a jamais été un objectif dans notre vie, mais la venue de nos 2 magnifiques petites filles a fait naître une certaine envie de leur garantir un futur plus stable, et surtout, éviter qu’elles aient à vivre le scénario des années 90 où une partie de notre enfance a été volée. La guerre civile est passée par là avec son lot de malheurs. Les balles, les bombes, le sang... tout ça était devenu trop ordinaire, tout comme l’insécurité grandissante qui prenait des proportions ahurissantes depuis la fin des années 2000.

Certes nous ne manquions de rien chez nous : une maison dans un quartier calme, des postes de travail avec des perspectives très motivantes, des voyages fréquents... rien qui, aux yeux de nos proches, ne justifiait une aventure aussi risquée. Étant une tête dure de nature, je pense que la frilosité et les doutes de ceux qui nous entourent m’ont surtout motivé à prouver que nous pouvions faire de grandes choses en sortant de notre zone de confort. C’est tout de même excitant de vivre 2 vies en moins de 40 ans !

 

Notre aventure débute donc le 1er mai à bord d’un vol Westjet en direction de Winnipeg. Le repos de Montréal a été salvateur. Les idées se sont remises en place et le plan a été bien défini : installation, école et garderie, emploi, bonheur ! Nous l’avons respecté à la lettre. Je dois dire que notre aventure aurait été différente sans deux paramètres très importants : une visite exploratoire faite en 2014 pendant laquelle nous avons pu établir des contacts très prolifiques et des amis habitant sur place (que nous avions connus sur Internet pendant notre processus) qui nous ont énormément aidés à notre arrivée et qui sont devenus des membres de notre famille à part entière. C’est d’ailleurs pour cela que j’insiste auprès de tous ceux qui font une visite exploratoire afin qu’ils établissent le maximum de contacts possibles. Grâce à ça, notre intégration s’est faite en un temps record : un job trouvé après 3 jours dans l’entreprise où travaille mon amie, des places en garderie dès la 1ère semaine, une maison louée dans le mois, des voitures en très bon état achetées grâce aux conseils d’un ami... Vous pouvez toujours faire les choses seuls, mais c’est tellement plus facile quand vous êtes bien entourés !

 

Certains vont penser que le hasard y est pour beaucoup et que le risque est très élevé. C’est loin d’être ma vision. Le risque se définit par votre niveau d’émotions et celui de votre contrôle des paramètres. Le risque n’est donc qu’une perception à laquelle le facteur chance doit être complètement étranger. Je connais beaucoup de personnes qui sont en train de préparer leur projet d’immigration avec un niveau de gestion et des risques complètement différents. Je sais dès maintenant qui aura la tâche facile et qui va galérer. L’approche face à un projet d’immigration doit être scientifique, minutieuse, excellemment bien préparée et exécutée. Je sais, je me mets à parler comme un coach personnel mais croyez-moi que ce paramètre est le plus important de tous.

J’avais défini chaque détail de mon projet : du départ d’Alger jusqu’au 1er anniversaire de notre date d’arrivée. Et ça a marché ! En une année nous avons fait plus de choses que pendant les 10 dernières années de notre existence. Ce fut très intense, mais toujours plaisant. Et le hasard n’y est pour rien. Même si certaines choses ou visions ont changé depuis notre installation, nécessitant quelques ajustements, l’objectif et l’approche générale sont restés les mêmes. Gare donc aux approximations !

 

Un autre point qui a fait la différence dans notre intégration : LA POSITIVITÉ. Nous sommes restés positifs dans toutes les situations, même lorsque j’ai eu la jambe fracturée pendant un match de foot en août. Embêtant mais en rien insurmontable. On a fait du porte à porte pour la garderie et le job de ma femme. Nous ne sommes jamais restés à la maison à attendre qu’on vienne nous chercher. Au Manitoba les gens sont très serviables, mais encore faut-il oser aller vers eux. Il faut aussi éviter les ralentisseurs. Ne comptez surtout pas sur l’Accueil Francophone pour vous installer. À part le logement (et encore, quand ils daignent répondre à vos emails !) il n’y a pas grand-chose à en tirer. Élargissez vos horizons et ne restez surtout pas cloitrés entre les 4 murs de la communauté francophone. Personnellement j’ai été un peu déçu, je m’attendais à plus de solidarité. J’ai trouvé plus de dynamisme chez les anglophones et je vous conseille d’ailleurs d’aller dans ce sens, surtout en ce qui concerne l’emploi. Les réseaux francophones sont assez opaques et pas du tout faciles à manœuvrer. Votre salut est dans un réseau dynamique et varié.

 

Parlons maintenant d’argent. On a beau répéter qu’il faut des fonds mais c’est une fois sur place qu’on se rend compte de l’importance d’un bon matelas financier. Je ne vais pas rentrer dans le détail de mes avoirs, mais si nous n’avions pas assez d’argent on aurait paniqué. Et quels que soient vos calculs, vous dépasserez toujours vos prévisions. La facture monte rapidement entre la location, les courses, les factures et toutes les dépenses d’équipement que vous aurez à faire. Ne vous étonnez pas si vous tournez à un budget de 10.000$ par mois les 2 ou 3 premiers mois. On s’était bien sûr préparés à ça en nous disant que nous pourrions ne pas trouver de boulot rapidement. Et puis il était hors de question de considérer les aides au revenu. Certains me trouvent dur sur ce point mais je ne conçois pas le fait d’immigrer dans un pays pour demander l’aumône. Le Canada nous a ouvert ses portes pour apporter une plus-value, pas pour profiter du système.

 

En termes de logement, nous avons vite trouvé une superbe maison à St Boniface. Le proprio était très sympa et ne nous a pas trop embêtés sur les références. Le fait d’avoir vu une famille calme, qui paraissait propre a sûrement dû le rassurer. Le prix de la location était un petit peu au-dessus de notre budget alors on a négocié et on a pu avoir un petit rabais qui rendait tout le monde heureux. Pour 200$ de plus que prévu on avait une superbe maison, très grande (assez pour recevoir nos proches) et super bien située (5 minutes du boulot de ma femme et de l’école des enfants). On a tellement aimé cette maison que nous avons fini par... l’acheter !

Oui oui, au Canada on peut acheter une maison moins d’une année après son arrivée. Ça faisait d’ailleurs partie de la liste de choses que je voulais clôturer avant de fêter notre 1er anniversaire au Canada et ça a été fait. Le 15 avril 2017 (soit un jour avant l’anniversaire de notre arrivée) nous prenions possession de la maison. Là encore, aucune place au hasard. Cela faisait plus de 2 ans que je me documentais sur la chose : construire son score de crédit, négocier avec les banques, évaluer les maisons... Après un peu plus de 6 mois de travail continu et aucun défaut de paiement, vous pouvez facilement obtenir un crédit de la banque avec seulement 5% d’apport personnel. Après il ne faut pas en faire une fixation. Un crédit est un engagement, et en Amérique du Nord les taux changent rapidement. On avait l’habitude d’avoir des taux fixes sur 20 à 30 ans. Là vous décidez vous-même sur quelle période vous voulez figer votre taux ou si vous voulez le laisser variable sur 5 ans et risquer une soudaine montée des taux. On peut aussi changer de banque à la fin du terme (très bizarre hein !). On peut donc renégocier ses taux à chaque fois. Ça demande beaucoup de discipline et une très bonne maîtrise du marché. Ce n’est pas pour rien que le taux d’endettement est très élevé ici. L’accès au crédit est très facile mais celui à l’éducation sur ce sujet ne l’est pas forcément. On peut prendre un crédit dans son supermarché, entre les rayons couches bébé et légumes. Attention donc !

 

Question boulot j’avoue que les débuts ont été très difficiles pour moi. Déjà il y avait cette fierté qu’il fallait mettre de côté. Je passais d’un poste de manager, futur directeur d’une grande multinationale, à celui de simple exécutant. On a beau se dire qu’on est prêt à faire ce sacrifice, la claque est quand-même difficile à recevoir. En plus de cela, les relations au boulot sont totalement différentes ici par rapport à ce que j’ai connu avant. Ne vous attendez pas à ce que vos collègues vous ramènent des croissants le matin pour le débrief du week-end ou qu’ils viennent vous poser des questions sur vos dernières vacances. Limite si on vous dit bonjour quand vous arrivez. Je le prenais très mal au début, je me sentais seul, totalement perdu, limite dépressif. Heureusement ça n’a duré qu’une petite semaine. On comprend vite qu’en fait les gens sont sympas mais détestent déranger les autres. Ce qui est inconcevable chez nous est une règle ici. Ne pas dire bonjour est perçu comme un manque de respect en Europe ou en Afrique, ici c’est une marque de respect au boulot car on ne veut pas vous déconcentrer. Pour ma femme c’était beaucoup plus simple. Elle a aimé ce côté aseptisé. On fait son boulot sans familiarités et on rentre chez soi pour finir sa journée avec plein d’activités. En fait la grande différence c’est qu’ici on travaille pour vivre, on ne vit pas pour travailler. Avec 2 salaires on peut très bien vivre et profiter de la vie. Mais en même temps il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de véritable système de retraites, que la loi vous garantit uniquement 2 semaines de congés et que vous pouvez être mis à la porte à n’importe quel moment avec une indemnité ridicule. Le jeu en vaut la chandelle, mais il faut toujours avoir un plan B, C, D... La vie est courte et il faut penser à fructifier sa présence et ne pas laisser ses enfants dans le besoin.

 

En parlant de niveau de vie... un des plus gros budgets ici aussi a été la garderie. Compter au minimum 20$ par jour pour du full-time et 10$ pour les enfants qui y vont avant et après l’école. Le gouvernement vous offre en moyenne 500$ d’allocations par enfant mais ces dernières partent pratiquement exclusivement dans les frais de garderie. L’école ne commence pas tôt (8h45) et finit très tôt (15h45). Vous avez donc 2 choix : travailler tous les 2 et prendre la garderie ou avoir un seul salaire et faire des économies sur ce budget. Ce qui est certain par contre c’est qu’on est heureux de la qualité de la prise en charge. Pour ce qui est du système scolaire, nous n’avons pas encore assez de recul pour en juger. Notre fille de 6 ans savait déjà lire mais il est certain que les progrès étaient phénoménaux. Les enfants ont un objectif de lire 100 livres durant les 1ers mois de l’année. Tout ce que je sais c’est que c’est assez « cool ». Pas de devoirs et pas de pression. Certains s’en plaignent, mais il faut garder en tête que l’éducation des enfants passe surtout par un suivi des parents et le développement de leur culture générale. N’attendez pas que le gouvernement le fasse pour vous, et surtout n’attendez pas une seul minute pour leur ouvrir un compte REEE afin de commencer les contributions à leurs futures études.

 

Venons-en maintenant à ce fameux hiver manitobain. Honnêtement je m’attendais à pire. Ce n’est pas tant le froid qui dérange car on est bien équipé et on fait tout en voiture, mais la longueur de la saison est assez pesante. Arrivés en février-mars, on a envie d’enlever ses bottes et ressortir ses t-shirts de l’armoire. Par contre, gros point positif : l’ensoleillement de la ville est extraordinaire. Certains me diront à quoi ça sert d’avoir du soleil quand il fait -30° ? Eh bien ça fait toute la différence, du moins pour le méditerranéen que je suis. Le soleil vous redonne le sourire, mais attention aux coups de froid. On peut se faire avoir facilement si on ne regarde pas la météo.

On a eu plus de mal à nous habituer à la nourriture. Les légumes ne sont pas vraiment les mêmes et les prix de certains aliments sont exorbitants ! L’artichaut à 2$ pièce ou le chou-fleur à 5$ ça fait mal. Quand je pense que je les snobais avant ! Mais bon c’est le revers de la médaille. On a aussi fait le choix de nous orienter vers le bio depuis quelques mois. Vu que tous les produits, ou presque, viennent des USA, le mieux est d’éviter tout ce qui est production de masse et OGM. Ça nous coûte plus cher certes mais au moins on est sûr que nos enfants mangent sainement. Sinon oui les fromages et la pâtisserie fine nous manquent. Ce n’est pas qu’il n’y en a pas, ça existe. Mais très peu et très cher et pas forcément de bonne qualité. Compter au moins 8$ pour une petite boîte de fromage quelconque et encore quelques dollars pour un gâteau qui n’a pas très bon goût. Mais on s’y fait et le reste compense.

On a tout de même une vie rêvée, on peut faire tout ce qu’on a envie de faire, les petites sont super épanouies et nos weekends sont de vraies vacances.

En parlant de ça, ici le temps a une toute autre valeur. Contrairement à notre vie d’avant, ici les semaines passent très vite et les weekends très lentement. On a le temps de bien profiter de nos journées et pour la première fois de notre vie on se sent VIVRE ! C’est un sentiment très spécial et je reviens encore à ce que je disais plus haut : on travaille pour vivre et pas le contraire.

Il y a des parcs partout, des piscines (quand elles ne sont pas gelées lol) et plein d’autres endroits où on peut juste aller se détendre. On a découvert ce qu’était une vie de famille, même si j’avoue qu’il est difficile –au départ- de se retrouver loin des siens. Vous découvrez d’autres valeurs, vous vous recentrez sur l’essentiel et comprenez bien vite que vous faisiez plein de choses sans en avoir envie. Maintenant on fait ce qui nous plaît, loin des pressions sociales. Si on ne veut pas faire à manger on ne le fait pas. Quand on invite des amis on se fait des potluck à la canadienne où chacun ramène à manger. Plus besoin de protocoles et de ces choses qui vous énervent mais que vous deviez faire juste parce que « c’est comme ça ». On fait les choses à notre façon et on aime ça !

 

Winnipeg aura été pour nous un choix salutaire. On n’est pas obligé de se taper 2 heures d’embouteillages avant de rentrer chez soi. Ça change la vie ! Tout se fait en anglais certes, alors il faut y être préparé. Mais les avantages y sont tellement nombreux qu’on ne se voit pas bouger d’ici. J’ai eu l’occasion de visiter plusieurs grandes villes, mais je ne suis jamais aussi bien senti qu’ici. C’est un endroit idéal pour ceux qui veulent avoir une vie paisible, sans pression et avec plein d’avantages. Depuis notre installation je suis partie à Toronto et à Montréal à plusieurs reprises et à chaque fois j’avais cette sensation d’étouffement. Trop de monde, trop de pression, pas assez d’espaces. Winnipeg me donne l’pression de vivre en campagne avec le confort de la ville. Ça n’a pas de prix !

 

Pour clore, nous ne regrettons absolument rien. Notre vie d’avant nous semble si loin, si différente que parfois on se demande comment on pouvait faire ceci ou cela. Le Manitoba nous a offert cette paix de l’esprit qui nous manquait et nous a permis de nous recentrer sur l’essentiel : notre famille. Nous ne nous voyons plus revenir au pays, sauf urgence familiale. Autant dire que les projets de vacances n’incluent pas l’Algérie comme destination. Les parents viennent nous voir une à deux fois par an ce qui est largement suffisant. Notre vie est désormais ici, auprès de nos amis, de nos voisins et de tout ce qui fait de nous des personnes heureuses.

Si certains hésitent encore, dites-vous qu’une fois dans l’avion les larmes sèchent et une nouvelle vie bien plus excitante vous ouvre les bras. Gardez surtout cette belle citation de Paulo Coelho en tête : « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine... Elle est mortelle ».

 

Bon courage à tous

merci pour votre récit qui nous donne des ailes et du beaucoup de courage et encore merci pour tout ce ce vous faites à éclairer nos lanternes .

 

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@redbulldz sincèrement merci, vous êtes unique. A nous voir à Winnipeg.

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Hummmm hyperinterressant,

Meme ci ca ne m'enleve pas toute la peur de l'inconnu en tant que femme et mere, je me demande encore et encore et encore: et si jamais on ne s'en sortait pas? Avoir ce fardeau sur les epaules, y a qu'un recit pareil pour me redonner du tonnus.

Merci du fond du Coeur de me rassurer que je ne suis pas sur le mauvais chemin avec mes 2 gamins pour qui je fais tout ces sacrifices.

Dieu te benisse pour ton esprit de partage.

 

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Votre guide m'a été d'une aide précieuse dans l'amorce de mon projet d'immigration vers le Manitoba, comme pour beaucoup de gens sur ce forum sans doute. Et aujourd'hui, lorsque vous partagez avec nous votre expérience canadienne, vous faites disparaître nos doutes et nos hésitations (du moins pendant la lecture hhh...) et vous renforcez notre détermination a concrétiser nos projets.   Mille merci pour tout ce que vous faites! continuez comme ça. Vous êtes un exemple, un repère...On a besoin de vous :)

 

Je vous souhaite beaucoup de réussite dans votre nouvelle vie

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merci Merouane rare des gens  comme toi ! 

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Le 28/04/2017 à 21:11, redbulldz a dit :

Nous y voilà ! Une année après notre installation à Winnipeg, voici venue l’heure du traditionnel bilan.

 

Comme d'hab Merouane je te lit avec un immense plaisir le même que quand je lit un polar, merci pour ce partage fort intéressant.

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Salut Merouan,

tu sait je suis toujours dans l'attente de l'abrobaton VE depuis 09 mois, c'est du jamais vu, franchement je commence a désespérer et parfois je pense a relancer quelque truc ici au bled tellement que je n'es plus cette flamme qui me fixe, mais la en lisant ton récit je me suis régénéré d'un coup et tout ce vieux projet est relancé, l'envie a subitement envahit ma pensée et je me réjouit d'avantage, merci et 1000 fois merci pour compte rendu qui me donne espoir et  confiance.

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Merci beaucoup cher Merouane pour cet agréable retour d'expérience et pour ta générosité.

Pour le logement je pense que la meilleure option au début et de ne pas trop s'éloigner du Downtown pour ne pas se compliquer les tâches.

Sinon après une fois que le nouveau arrivé sera placé en emploi et aura placé ses enfants, il pourra optimiser sa localisation par rapport à ces paramètres.

Donc il faudra bien penser à un logement temporaire au début, pour cela quels sont les meilleurs options ?

Pourra-on compter sur une aide communautaire la-dessus ? 

Quels sont les organismes d'aide à l'installation/recherche d'emploi qu'on pourra contacter avant/dès notre installation que tu juges performants ? Parce que j'ai vu qu'il y en a beaucoup reste à savoir qui sont les meilleurs.

Pour l'ouverture d'un compte bancaire quelle est la meilleure offre pour les nouveaux arrivants ?

Pour l'achat des voitures aussi quelle est la meilleure option ? meme chose pour l'équipement de la maison.

Désolé pour ce tas de questions mais je suis soucieux du détail:10_wink:  

On pourra meme élaborer un guide d'installation pour notre communauté 

Bonne chance à tous !

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Bonjour,

Merci beaucoup de vous êtes donné la peine de faire un bilan bien détaillé sur la vie au Manitoba.

A vrai dire, ça ma rendu espoir car la plus part des gens disent que c'est un risque à prendre et qu ça n'est pas le paradis et que ça n'est pas évident; mais après ce rapport bien détaillé, je pense qu'il faut tenter sa chance et de s'armer de courage et d'ambition afin de pouvoir concrétiser ce projet.

Encore une fois merci beaucoup pour votre partage et bonne continuation.

.

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Marouane pourrez vous nous éclairer sur ce point qui très très important a mes yeux:

''............. il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de véritable système de retraites, que la loi vous garantit uniquement 2 semaines de congés et que vous pouvez être mis à la porte à n’importe quel moment avec une indemnité ridicule .....................''

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    • Par Laurent
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      (L'article complet et en image dispo sur le blog : www.celineonline.fr/category/canada/)
       
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      Il travaille présentement dans une maison de repos pour aînés, principalement anglophone. Si vous êtes dans ce domaine de la santé, vous n’aurez aucun mal à trouver. La preuve, la pénurie est tellement forte que l’employeur à engagé mon copain qui possède un anglais très limité. Mais je trouve ça chouette aussi de lui laisser sa chance car de toute façon, ça reste la meilleure façon de l’apprendre. Pour ce qui est du salaire, il est de 19 $ 30 de l’heure (brut), payé par quinzaine.
       
      L’école
      Popo a la chance d’être, et je pèse mes mots, avec la meilleure « Madame » qui puisse exister. Je l’adore. C’est simple, je voudrais qu’elle reste en première année jusqu’à sa majorité. Elle est à l’école Saint-Henri et se retrouve dans une classe flexible qui est la chose la plus chouette qui puisse être proposée aux enfants de cet âge. Ah oui, gros changement aussi, les classes sont à 19 enfants maximum, et là, sa classe est à 17 gamins.
      Alors grande question que peuvent se poser des parents français. Après avoir fait trois ans en maternelle, est-ce que son enfant ne va pas avoir trop d’avance et s’ennuyer ? C’est une question légitime sans pour autant prendre sa progéniture pour un surdoué.
      Popo en quittant la maternelle savait déjà un peu écrire et lire alors oui évidemment elle va revoir beaucoup de choses. La madame souhaite ne pas traiter les enfants de façons différentes en fonction du niveau et j’accepte cette façon de faire. Je la comprends même. Du coup nous en profitons à la maison pour travailler sur d’autre chose. Mais j’aime la pédagogie de l’école. Il y a une grosse idée d’entraide, de partage mais surtout de respect et d’acceptation des différences.
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      Alors oui, de temps en temps il y a des coups de blues. C’est dur d’être seuls, dans le sens, de ne connaître personne. Nous sommes extrêmement impatient d’accueillir les proches qui voudront venir nous visiter. Mes ami.e.s, ma famille me manquent, malgré internet, c’est compliqué. Les relations sociales sont très particulières. On nous a appris qu’ici, les gens fonctionnaient selon la technique – vérifiée – du sandwich : une mauvaise nouvelle qu’on va enrober de deux bonnes paroles. Des politiciens quoi ^^
      Je vais passer pour un cliché mais tant pis : la nourriture française me manque à la folie ! 
      D’ailleurs, préparez des plages de plusieurs heures pour les premières virées au supermarché, c'est bien différent (dans la disposition et les noms des choses).
       
      Voilà, hier nous avons eu des bourrasques de neige mais je ne trouve pas qu’il fasse froid. Nous profitons de l’automne et de ses magnifiques (vraiment incroyables) paysage. Popo compte les jours jusqu’à Halloween. Ici, les choses vont commencer à prendre leur petite routine. Nous allons vivre notre premier hiver. Ce qui signifie aussi notre premier Noël sans famille. Nous découvrons le chiac et c’est en train de devenir une vraie passion pour moi. Je veux absolument tester le curling et le patin à glace car je n’en ai jamais fait. Nous sommes beaucoup plus détendus. Nous prenons la vie au jour le jour et nous verrons ce qu’elle nous réserve. En tout cas, pour le moment, elle a été plutôt chouette avec nous.
    • Par Amaelle
      Envie de vous partager un bout de mon bilan de deux ans d’installation au Québec. Mon projet d’installation remonte a 2011 où j’ai fais un stage de 4 mois dans un organisme communautaire féministe oeuvrant dans la promotion des sciences auprès des filles par le biais de diverses activités. J’ai ensuite voyagé, seule, pendant 6 mois au Etats-unis et canada, mon premier voyage qui a m’a fait beaucoup évoluer et mieux me connaître. De retour en France, le moral dans les chaussettes, j’ai fais ma demande de résidence permanente assez rapidement. Entre temps, je change de ville et trouve divers emploi touchant de près ou de loin mon diplôme de Conseillère en économie sociale et familiale  : serveuse, hôtesse d'accueil, auxiliaire de vie sociale, aide-soignante, enseignante, coordinatrice, responsable de secteur mais surtout un cercle d’amis solide. Je fais un saut a Montréal en 2014 pour valider ma résidence. En 2016, après la fin de mon CDD et une relation amoureuse bancale, je décide (enfin) de partir vivre au Canada, j’hésite entre Montréal et Vancouver, la distance, le coût de la vie et l'accès a un travail dans le domaine du social me font choisir Montréal. Sur place, j’arrive en Airbnb pour 1 mois, le temps de me trouver un job et une colocation : au bout de deux semaine, je trouve un job de commis dans une épicerie gastronomique a temps partiel (j’accepte de travailler seulement 20h par semaine pour pouvoir me garder du temps pour trouver un “vrai” emploi et ne pas rester bloquer dans un emploi au salaire minimum), je trouve une colocation rapidement (mais qui ne fonctionne pas a cause de personnalité divergente et je déménage au bout d’un mois pour en retrouver une autre plus adéquate). Je débute un suivi avec une conseillère en emploi du Centre des femmes de Montréal, je répond a des offres d’emploi et j’envois des candidatures spontanées dans les organismes qui m'intéresse et je fais du bénévolat dans un centre d'hébergement pour hommes itinérants. Deux mois plus tard je trouve un emploi “sur appel” dans un centre d'hébergement en santé mental que je quitte un mois plus tard pour un poste permanent dans un centre d'hébergement pour femmes itinérantes (où j’ai commencé par travailler deux mois de nuits, puis 1 an ½ de soir). Insatisfaite de mes conditions de travail et de la nature de mon travail, je cherche a changer d’emploi et candidature sur mon temps libre, et j’ai débuté, en septembre, un poste temporaire dans le public, en milieu hospitalier qui je suis sur va m’ouvrir de nouvelles portes et un poste permanent.
      Socialement, je me suis fais des ami(e)s, surtout des français au début mais aussi, via mon travail, des amies québécoises. J'ai rencontré mon copain ici, un français des îles, et nous habitons ensemble depuis peu. 
      Je reviens de trois semaines de vacances en France et j'étais contente de rentrer a Montréal, mon bilan d'installation est positif , j'ai pu évoluer professionnellement, trouver un partenaire de vie, voyager, j'ai accès a un confort de vie (weekend prolongé, activités sportives et de plein air, développement personnel, spa, psychothérapie etc). Bien sûr il y a eu des moments difficiles avec des hauts et des bas mais en se donnant de temps et les moyens, on arrive a tout et je sais que rien n'est figé, on peut encore changer de ville ou même de pays, pour le moment ma vie ici, au Québec me convient . 
    • Par tlelievre
      J’ai été témoin d’une initiative prise par mon employeur qui, à mon humble avis, a le mérite d’être partagée.
       
      Je me prénomme Thomas, PVT français résidant et travaillant actuellement sur la Rive-Sud de Montréal. J’ai intégré la compagnie ISAAC Instruments durant le mois de juin de l’année dernière en tant que développeur web. ISAAC Instruments est une société en pleine expansion qui offre présentement une multitude de postes à pourvoir. Cependant, en raison de la rareté de la main-d’œuvre en TI, la compagnie a ouvert ses horizons et a diffusé ses offres d’emplois à l’international. Or, cela peut être extrêmement risqué aussi bien pour l’employeur que pour le postulant.
       
      Du point de vue du candidat, le fait de se lancer tête baissée dans une telle aventure sans avoir bien réfléchi auparavant peut vraiment être une source de stress, de complications et de frustrations. Il n’est pas simple de repartir à zéro à l’étranger. Il faut y être préparé. De plus, du côté des employeurs, c’est un gros risque d’engager quelqu’un qui pourrait brutalement décider de partir, car il réalise que sa nouvelle vie au Québec ne lui convient pas.
       
      Afin de pallier à ces problèmes, ISAAC Instruments a eu l’idée de créer et d’organiser des entrevues « Découverte et Immersion ».
       
      Je vais vous expliquer en détail le déroulement de ce type d’entretien tel que réalisé chez ISAAC Instruments. Tout d’abord, un premier contact est effectué par visioconférence. À l’issue de ce premier entretien à distance, si le candidat répond aux attentes, la compagnie organise et offre au candidat un voyage de trois jours au Québec. Durant la première journée, le postulant rencontre ses futurs employeurs et collègues et découvre le contexte dans lequel il sera amené à travailler. Le but de la deuxième journée est de faire découvrir la vie, la culture québécoise au travers d’une visite de la ville de Montréal et de ses environs. De plus, durant cette visite, l’entreprise propose à certains de ses employés étrangers de partager avec le candidat leurs propres expériences. La troisième journée est une journée libre où le postulant peut organiser sa propre journée en fonction de ses envies.
       
      Ce genre d’initiative peut réellement aider à la fois l’entreprise pour confirmer que la personne répond bien aux attentes et le candidat pour se rendre compte si le contexte lui convient, si sa personnalité, son tempérament est bien en accord avec la culture et les valeurs de sa future entreprise et plus globalement avec la culture du pays.
       
      De plus, ayant été choisi pour partager mon expérience, j’ai pu constater que ce type d’entretien est très apprécié des candidats. Cela les rassure et les conforte dans leur choix de venir travailler au Québec. Je trouve vraiment cette initiative très innovatrice et je ne peux que l’approuver à 100%.
    • Par Noemiesrd
      Bonjour à toutes et à tous,
       
      Je suis actuellement étudiante en master marketing international et je rédige mon mémoire de fin d'études sur les facteurs qui influencent les départs au Canada (pour y travailler / étudier).
       
      Je cherche donc un maximum de témoignage et de partage d’expérience sur vos motivations à quitter la France pour le Canada.
      Est-ce pour le travail (mutation, chômage en France, besoin d’expérience au Canada...) ? Est-ce plus personnel (je suis mon conjoint, j'y retrouve une amie, mon cousin m'a dit que c’était génial....) ? Est-ce compris dans votre cursus scolaire ?
       
      Je suis preneuse de chaque élément, chaque détail, chaque information qui m'aidera à analyser au mieux notre attrait pour le Canada.
      Je remercie par avance toux ceux qui prendront la peine de me répondre.
      Je vous souhaite une belle journée.
      Noémie -
    • Par OthmanT
      Salut à tous. Je voulais partager mon experience avec ce forum, que je visite de temps en temps et qui m'à été utile, donc je voulais rendre la pareille en partageant mon histoire.
      Je suis arrivé au Canada depuis le Maroc en 2006 pour finir mon secondaire, donc permis d'étude etc, jusqu'en aout 2012, ou je suis entré en tant que résident permanent.
      Loi Harper la semaine ou je pouvais déposer ma demande de citoyenneté, ce qui a ajouté un délai de 1 an et demi, jusqu'à l'annulation de la loi par Trudeau... beaucoup de temps perdu !
       
      voici le récap de ma demande et des délais. Il y'a 2 convocation pour la cérémonie parce que j'ai demandé un report, j'était en déplacement quand on m'a convoqué.
       
      Nous avons reçu votre demande de citoyenneté canadienne (attribution de la citoyenneté) le 10 juillet 2017. Nous vous avons envoyé de la correspondance accusant réception de votre ou de vos demande(s) ainsi qu'un livre d'étude intitulé Découvrir le Canada le 11 août 2017. Nous avons commencé le traitement de votre demande le 15 août 2017. Nous vous avons envoyé un avis de convocation le 21 novembre 2017, pour l'examen de citoyenneté qui aura lieu le 4 décembre 2017, à 12:46. L'avis de convocation que vous recevrez par la poste confirmera officiellement votre rendez-vous. Si vous ne recevez pas cet avis de convocation avant la date de votre rendez-vous, veuillez communiquer avec nous. Nous vous avons envoyé un avis de convocation le 19 janvier 2018, pour prêter le serment au cours de la cérémonie de citoyenneté prévue le 13 février 2018, à 09:00. L'avis de convocation que vous recevrez par la poste confirmera officiellement votre rendez-vous. Si vous ne recevez pas cet avis de convocation avant la date de votre rendez-vous, veuillez communiquer avec nous. Nous vous avons envoyé un avis de convocation le 11 avril 2018, pour prêter le serment au cours de la cérémonie de citoyenneté prévue le 25 avril 2018, à 13:00. L'avis de convocation que vous recevrez par la poste confirmera officiellement votre rendez-vous. Si vous ne recevez pas cet avis de convocation avant la date de votre rendez-vous, veuillez communiquer avec nous. Vous êtes devenu(e) citoyen(ne) canadien(ne) le 25 avril 2018.  
      Demande de passeport effectué le 30 avril 2018.
       
      Voila voila !
       
    • Par Isa78
      18 avril 2016 - 18 avril 2018
        Il y a deux ans pile, nous débarquions au bureau de l'immigration de Montréal-Trudeau, pour valider nos résidences permanentes. Une journée qui a changé nos vies et qu'on n'est pas prêts d'oublier !   Tout avait commencé un soir de déprime, arrosé d'alcool, à l'automne 2013. Bilan de nos vies actives respectives, stagnation de poste et de salaire pour moi, cadre dans une grande entreprise industrielle française, et pour mon mari, une startup au bord du dépôt de bilan, faute d'investisseurs, devenus trop frileux dans un pays enfoncé dans la crise économique. A cela s'ajoutait la vie francilienne et ses désagréments quotidiens, transports, pollution, insécurité, grèves, et j'en passe... Et quel avenir ici pour notre fille, qui n'avait alors pas 5 ans ? Et au fil de nos discussions, une idée folle était en train de naître : pourquoi pas partir au Québec ? On avait déjà regardé des reportages, ça avait l'air simple, et on s'y voyait déjà dans 6 mois !   Le lendemain, l'idée ne s'était toujours pas envolée, et mon mari me ramenait à la maison le fameux livre de Laurence Nadeau, "S'installer et travailler au Québec, édition 2013". Commence alors, comme pour tout le monde ici, le parcours du combattant, jalonné d'intentions de rejet et de rude épreuve pour notre patience . C'est seulement deux ans plus tard, en décembre 2015, qu'on recevra dans notre boite aux lettres les précieuses CRP, notre sésame pour une nouvelle vie !   Peu de temps après, une bonne nouvelle tombe : mon mari obtient une offre d'emploi en informatique après avoir passé des entretiens aux Journées Québec à Paris en novembre. Tout s'accélère, on organise le déménagement avec Galieni, on vend nos meubles, nos voitures, on achète les billets d'avions pour toute la famille, y compris notre chat qui voyagera en soute. On s'occupe également de trouver une école pour notre fille, et une fois sur place, on trouvera un 4 1/2 à louer juste à côté.   De mon côté, j'avais établi plusieurs contacts avec des employeurs potentiels via linkedIn, et à mon arrivée en avril, je passe plusieurs entretiens, et j'obtiens rapidement un travail dans une grande institution financière québécoise. Je retourne seule en France quelques mois pour finir l'année scolaire, et reviens définitivement début juillet avec ma fille.   Niveau administratif, le Québec est incroyablement efficace. NAS, RAMQ, SAAQ, tout se fait à chaque fois en quelques dizaines de minutes, et on est impressionnés par la gentillesse du personnel, qui nous explique tout en détail, et avec le sourire ! Il faut dire qu'on sortait de 2 mois d'affronts, coups de gueule et médiation avec la CPAM des Yvelines qui refusait de nous délivrer le formulaire SE401-Q207 (celui qui nous permet d'être couverts par la RAMQ dès notre arrivée), et qui avaient osé nous dire au téléphone, sic : "si ça ne vous plait pas vous n'avez qu'à pas partir au Canada ! ". Heureusement, l'extrême efficacité de l'administration québécoise nous fait vite oublier cette mésaventure   Depuis notre arrivée, peu de choses nous ont déçu. Il faut dire qu'en deux ans et demi d'attente, nous avons eu largement assez de temps pour nous préparer. Comprendre la culture québécoise, connaitre l'histoire, les lois, les démarches, le format des CV, le système bancaire, apprendre les expressions locales, s'habituer à l'accent en écoutant les web radios... On peut dire, en empruntant une expression québécoise, qu'on était "pas mal prêts", avant de monter dans l'avion.    Il y a encore quelques petites choses qu'on a appris sur place, et qui nous font sourire en y repensant, comme par exemple, ma fille qui rentre de son premier jour d'école en nous disputant parce qu'on ne lui avait pas donné de souliers d'intérieur : oui, toute l'année, même l'été, il y a les chaussures pour dehors et les chaussures pour la classe. Ici, c'est comme ça que ça se passe ! Et dans le même esprit, on ne garde jamais ses chaussures dans une maison, même quand on est invités, on les retire toujours à l'entrée, heureusement qu'un ami Français immigré de longue date nous avait prévenu !   Mois après mois, la routine s'est installée, et on a vite eu l'impression d'être ici depuis toujours ! Mais cette routine-ci est nettement meilleure que la précédente. Sortis à 16h30 chaque soir, chez nous à peine 30 minutes plus tard, on a gagné du temps de qualité tous ensemble en famille.    Alors bien sûr, il y a l'hiver ! Notre deuxième hiver tente désespérément de s'achever, et on a hâte de pouvoir ranger les manteaux en duvet, les tuques et les mitaines ! Cet hiver a d'ailleurs été un peu plus éprouvant que le précédent, beaucoup de neige, et une longue période de froid extrême début janvier, qui nous a valu des canalisations gelées, et plus d'eau dans la cuisine pendant 24 heures... Mais nous ne nous plaignons pas trop, Montréal est largement épargnée par les gros désagrément de l'hiver, comparée à la ville de Québec ou au Saguenay. Les grands axes sont rapidement dégagées, et les écoles rarement fermées (un jour par hiver depuis notre arrivée). Et on adore les anneaux de patinoires extérieures qui apparaissent un peu partout dans les parcs, de bon moments à passer en famille quand il ne fait pas en bas de -15° !   A l'inverse, l'été est agréable et chaud, le ciel souvent bleu (comparé à Paris...), et l'été indien s'étire jusqu'à la fin octobre : il n'est pas rare de se promener en manches courtes à cette période de l'année. Mais on passe de l'été à l'hiver en deux ou trois semaines. Je me souviens qu'en novembre dernier, on a perdu quelque chose comme 25 degrés en deux jours.   Mais Montréal a son charme, été comme hiver. Même dans le froid, de nombreuses festivités se déroulent un peu partout, pour tous les âges et tous les goûts. Et l'été, c'est encore plus animé : on sent que les Québécois ont à cœur de profiter de chaque minute de chaleur, pour recharger les batteries avant la prochaine hibernation   Mais parlons d'un sujet un peu plus sérieux : le travail. Je lis des choses parfois horribles sur le forum, mais heureusement, ce sont des cas isolés, ou tout simplement des immigrants qui n'ont pas su s'adapter: il y en a plus qu'on ne le croit ! De notre côté, dans nos jobs respectifs, on apprécie vraiment l'ambiance de travail. On se sent utiles, valorisés, efficaces, pas grand chose à voir avec la France. Ici, pas question d'heures sup' à n'en plus finir, mais on attend de vous de l'implication et de l'autonomie, et on vous demande même souvent votre avis (oui, au début, ça fait bizarre, mais on s'habitue vite... ). Et pour passer haut la main l'étape du recrutement, c'est vraiment important de bien rédiger son CV à la québécoise, en mettant en avant les réalisations qu'on a accomplies dans le passé, et ce qu'on recherche dans notre futur emploi. Le CV peut être long et détaillé, mais pas la peine d'écrire qu'on est marié 2 enfants 1 chien, ni qu'on est passionné de pétanque. Par contre, si vous avez fait du bénévolat, ou si vous êtes engagés activement dans une grande cause respectable (environnement, éducation, humanitaire...), vous pouvez le noter, car c'est très bien vu par ici ! Et si vous avez une passion directement liée à votre métier, bien évidemment, mettez-la ! Dans 99% des cas, on vous demandera des références, donc il faut espérer que votre ancien chef vous apprécie, parce qu'il va avoir un long questionnaire à remplir sur la qualité de votre travail et votre personnalité.    Une fois retenus pour un entretien, apprêtez-vous à passer à la laveuse en mode essorage. Ça va être long et difficile. Les recruteurs voudront voir ce que vous avez dans le ventre, et si vous avez vraiment le profil pour le poste. Finis les CV maquillés, ici vous serez rapidement démasqués. Si votre entretien ne dure que 15 minutes, attendez-vous à ne pas être rappelés. Mais avec un taux de chômage très bas, il est quand même probable que vous n'ayez pas trop de difficultés à trouver un emploi en quelques mois, même si ce n'est pas exactement le poste que vous recherchiez. Et ici, ce n'est pas du tout mal vu de partir rapidement pour un autre emploi. Ça m'avait choqué au début, mais je commence à m'habituer : une personne qui trouve mieux ailleurs aura juste deux semaines de préavis à respecter, et personne ne va lui en vouloir, pas même le manager, ça fait partie du jeu.   Pour ceux qui le souhaitent (ou qui n'ont pas le choix si leur métier est régit par un ordre professionnel), ici ce n'est pas du tout mal vu de reprendre ses études à l'âge adulte, c'est même très répandu. Et surtout, c'est un moyen sûr de trouver un emploi par la suite, car la formation québécoise sera immédiatement reconnue par les employeurs québécois. De notre côté, on a de la chance, on a pu trouver un travail sans repasser par la case études, nos diplômes et notre expérience en France ont été suffisants.   Pour les enfants aussi, l'école ici est très différente de la France. Beaucoup moins de devoirs (au primaire), et des cours très ludiques : on joue pour apprendre. Une méthode pédagogique qui a fait ses preuves: ici, les enfants sont plus épanouis et heureux d'aller à l'école, et ils ont même une belle avance sur le programme de France. Un seul bémol : ils ont des cours obligatoires d'éthique religieuse, où finalement, ils parlent de toutes les religions... sauf l'athéisme ! A la fin, les enfants s'imaginent qu'il est obligatoire de choisir une religion, et se sentent exclus quand ils n'en ont pas... Mais voyons le bon côté des choses, ça nous a permis d'aborder le sujet en famille à la maison, pour mieux expliquer nos choix.    Autre point à ne pas négliger, si vous souhaitez que votre enfant apprenne l'anglais dès le primaire (au cas où ça lui servirait plus tard, sait-on jamais...), il vaut mieux choisir une école privée avec une filière d'anglais renforcé, car ici au public, c'est comme en France, seulement 1h par semaine pendant les 6 années de primaire, alors ça ou rien... Et bien entendu, pour nous francophones, les écoles anglophones sont tout simplement interdites d'accès, c'est bon à savoir, car beaucoup de parents débarquent à Montréal en pensant que leur enfant aura facilement accès à un enseignement bilingue dans le public, et finalement, c'est la désillusion. Mais a Montréal, il y a beaucoup de choix pour les écoles privées, et les prix varient de 3000 à 30000$ par année, de quoi trouver son bonheur   Dans notre cas, le choix de l'école nous a amenés à nous installer dans un coin tranquille et agréable de l'ouest de l'île de Montréal. Beaucoup de Français vont s'installer sur le plateau, complètement à l'opposé. "Du coup", ici, on ne croise pas beaucoup de Français : il y a en majorité des anglophones et des immigrants asiatiques, et aussi des Québécois francophones. Le bord du lac Saint Louis est à quelques centaines de mètres, on aime s'y promener été comme hiver. C'est certainement l'un des plus beaux coins de l'île, mais peu de gens le connaissent.    Alors bien sûr, habiter loin du centre-ville rend l'achat (ou leasing) d'une auto indispensable. Les trains de banlieue passent entre deux et trois fois par heure aux heures de pointe, et on peut aussi compter sur quelques lignes de bus express passé 18h30. Mais ici, les transports sont très ponctuels dans l'ensemble, c'est très appréciable. Pour aller au centre ville en voiture, notre passage obligé est l'échangeur Turcot. En travaux depuis notre arrivée, on le voit évoluer chaque jour, et ça devrait encore durer au moins deux ans. Cela cause quelques ralentissements, mais rien d'insurmontable quand on débarque de l'île de France... Mais les Québécois, eux, sont scandalisés par tant de travaux. L'île est recouverte de gros cônes oranges, devenus l'emblème de la ville, presque autant que le 1000 gauchetière ou le pont Jacques Cartier. Mais je reste persuadée que ces travaux sont une bonne chose, la ville en avait vraiment besoin ! Ils vont fluidifier nos trajets et dynamiser cette belle et grande capitale d'Amérique du Nord.    On se sent bien dans notre West Island, alors en janvier dernier, on y a acheté une maison, dans un programme de constructions neuves. On est vraiment contents de notre investissement. Avec 18 mois d'historique de crédit et un statut de résidents permanents, on n'a eu aucun mal à avoir une hypothèque au même taux que n'importe quel Canadien. Mais ça ne nous a pas empêché de magasiner les banques et courtiers, pour faire marcher la concurrence, et finalement, notre banque s'est alignée sur le meilleur taux, nous a offert les frais de notaire, et maintenant on ne paie plus aucun frais bancaire mensuel, c'est vraiment un bon deal.    Au bilan, deux années merveilleuses, aucun regret, une excellente intégration pour nous autant que pour notre fille, de belles expériences, de belles rencontres avec les Québécois qui sont tellement gentils, accueillants et généreux avec nous! Mais pour nous, ce sont aussi de nombreux voyages à travers le Canada et aux USA (l'un de mes rêves avant d'immigrer!), et pour finir, nous avons fait comme tout bon Québécois, le printemps refusant d'arriver, nous avons décidé de partir une semaine à Punta Cana ! Il paraît qu'il neige encore à Montréal, ce 18 avril 2018, mais moi je ne le vois pas, car je termine d'écrire ces lignes au bord de la piscine, sous le soleil des Carraibes, par 28 degrés Celsius !    Bonne semaine à tous! Et je souhaite que vos projets se réalisent autant que les miens!   Isa            
    • Par Fanny
      Bonjour à tous,
       
      J'ai toujours lu avec grande attention les bilans qui ont été postés sur ce forum.
       
      Aujourd'hui, 2 mois après mon installation, je suis contente d'écrire le mien.
       
      J'ai eu la chance de faire partie de la dernière vague des dossiers de CSQ envoyés par papier, en 2015, avant toute l'agitation de Mon Projet Québec. J'ai obtenu mon CSQ en juin 2016, et ma CRP en mars 2017. J'ai validé ma RP à l'aéroport de Montréal lors d'un voyage express en octobre 2017. Quelques mois et une demande de TVRP plus tard, j'ai atterri à Montréal le 12 février 2018, avec mon conjoint Clément avec qui je partage cette aventure.
       
      Nous sommes arrivés par -15°C, avec nos bottes Décathlon et nos petits manteaux français. On nous a dit qu'on était un peu fous de nous installer en hiver, nous au contraire, on a aimé ça. 
       
      En France, mon conjoint était cadre dans le marketing et la communication, et moi j'étais directrice générale dans une collectivité territoriale. Nous avions tous les deux commencé à chercher un emploi depuis la France quelques semaines avant notre départ, et nous avions eu des retours encourageants, ainsi que des entretiens téléphoniques et Skype.
       
      2h après notre atterrissage à Montréal, Clément recevait un mail pour le convoquer à un entretien final. Il a eu le poste. Pile dans son domaine, pile ce qu'il cherchait. C'était vraiment un soulagement de trouver un emploi la semaine même de notre arrivée. Son employeur, compréhensif, lui proposait une prise de poste un mois plus tard, afin de nous laisser le temps de trouver un logement et de nous équiper.
       
      Nous avons passé nos deux premières journées sur Montréal afin de régler quelques démarches : inscription à la RAMQ, échange du permis de conduire à la SAAQ, demande d'une carte de crédit, etc.
       
      Nous avons ensuite rejoint une amie dans les Laurentides, chez qui nous avons été hébergés pendant un mois. Nous y avons découvert de beaux paysages, et des quantités impressionnantes de neige.
       
      Dans le même temps, nous avons acheté une première voiture et avons commencé à chercher un appartement près du travail à Clément. La recherche s'annonçait difficile, en plein mois de février et sans historique de crédit. Heureusement, nous avons très rapidement trouvé un logement.
       
      Nous y avons emménagé mi-mars, et Clément a commencé à travailler dans la foulée. C'est déjà sa quatrième semaine de travail, et tout se passe bien.
       
      Nous avons acheté une deuxième voiture, afin de me permettre de me rendre à des entretiens et d'être disponible immédiatement en cas de proposition d'emploi.
       
      Je suis pour le moment toujours en recherche d'emploi et j'ai passé un premier entretien la semaine dernière. J'attends une réponse.
       
      Pour le déménagement de nos quelques affaires, nous avons fait appel à Direct Déménagement. Nous venons tout juste de récupérer nos 14 cartons. Dans ce monde tout nouveau, c'est réconfortant de pouvoir retrouver des objets familiers.
       
      Nous habitons en Montérégie, et apprécions de vivre à la campagne tout en profitant de la proximité de Montréal (centre-ville à une soixantaine de kilomètres de chez nous).
       
      Deux mois après notre arrivée, nous ne regrettons absolument pas notre décision d'avoir quitté la France pour le Québec. Nous nous familiarisons petit à petit avec cette nouvelle vie et les changements que cela implique au quotidien, et nous prenons beaucoup de plaisir à découvrir le pays, sa culture, ses habitants. 
      Obtenir la résidence permanente était une aventure longue, stressante, coûteuse et incertaine, mais une aventure qui vaut chaque effort investi.
       
      A tous ceux qui hésitent, nous ne pouvons que vous conseiller de foncer.
      A tous ceux qui sont dans les démarches, nous vous souhaitons beaucoup de réussite.
      Et à tous ceux qui nous suivent sur notre blog, nous vous remercions pour tous vos messages et petites pensées.
       
      Merci de m'avoir lue,
      Bonne journée à tous !
       
      Fanny
    • Par AnneBU
      Chaque arrivée du bulletin immigrer.com dans ma boite courriels éveille en moi depuis quelques semaines l'irrésistible envie de jeter mon ordinateur par la fenêtre : « le Québec recrute massivement » «le taux de chômage n'a jamais été aussi bas! »....
      et oui, le Québec recrute! …... mais je n'en fais pas partie!
       
      Voilà bientôt 1 an et demi que je suis à Montréal. Arrivée ici pour suivre mon mari qui a obtenu un poste depuis la France, je me retrouve dans l' inconfortable situation de la chercheuse d'emploi.
      Je ne mets pas toutes les chances de mon côté, car je ne suis ni infirmière, ni pâtissière, ni neurochirurgienne, je ne travaille pas dans l’aérospatial ni en biotechnologies....non, je travaille dans le développement durable. Même pas dans l'environnement pour de la réhabilitation de site ou dans le génie environnemental, non, juste dans la sensibilisation, le conseil, la gestion de projets.Bref, la tâche va s'avérer difficile car en plus, j'ai 40 ans, et j'aimerai trouver l'équivalent de mon poste précédent ou tout au moins dans le même domaine. Et c'est là que le bas blesse, car j'ai beau passer en revue, sur les sites d'emploi, les domaines les plus en recherche, l'environnement et le développement durable ne font pas partie de la liste.
       
      Qu'à cela ne tienne, il y a des annonces, je commence par y répondre, mais je m'aperçois rapidement que mon CV n'est pas à la norme. Je m'adresse donc à un organisme d'aide à la recherche d'emploi pour les nouveaux arrivants, et rapidement, on corrige les défauts de mes candidatures. J'en profite pour suivre des ateliers de conversation anglaise et des ateliers d'intégration. Et c'est reparti pour une nouvelle salve de candidatures. Comme conseillé, je me crée également un profil Linkkkfkel ...linkkkekldn …. linkedin où, à coup de clics je me crée un réseau de connaissances dont je n'ai pas la moindre connaissance.
       
      Mes journées sont rythmées : tour des sites d'offres d'emploi, rédaction CV et lettres, envoi, prières pour que ça marche.... et parfois, réseautage!. Certains on ça dans le sang, ce n'est pas mon cas. S'incruster dans une conversation, essayer de se placer, de trouver le bon à propos..... s'il y avait un championnat du monde de looser en réseautage, je pense que je serai sur le podium. Je fais partie des personnes capables de repartir d'une soirée réseautage les poches pleines de cartes de visite sans avoir réussi à glisser une seule des miennes.
      Après quelques mois, je parviens cependant à décrocher un premier emploi (ma première job!), un contrat de 7 mois dans un organisme à but non lucratif qui me permettra de faire mes armes sur le marché du travail québécois. L'expérience est constructive, mais a une fin, et je me retrouve de nouveau sur le marché du travail. MAIS, j'ai ma première expérience québécoise, et ça, ça change tout « on va te proposer des jobs maintenant » et « avec le réseau de ta boite, ça sera plus facile, ils pourront te référer » « t'as ta première expérience, maintenant, c'est bon ».... je mets mon profil à jour; fièrement, j'ajoute mon expérience québécoise et je repars le cœur chargé de motivation, à la conquête de la job de mes rêves. Sauf que.... sauf que ça ne se passe pas comme ça. J'ai d'abord vérifié si j'avais mis le bon numéro de téléphone sur mes CV, sur mon profil, mais non, le problème ne vient pas de là.
      Remise en cause n°1 : j'ai visé trop haut. On ne me fait pas confiance pour des postes de coordination. Je regarde du côté des postes de chargée de projet, adjointe....
      remise en cause n°2 : mon CV est peut être trop spécifique à l'environnement. J'ai également de l'expérience en économie sociale, je réécrit mon CV
      remise en cause n°3 : je veux trop en dire dans la lettre de présentation. Je taille dans le vif.
       
      Parfois, mes candidatures franchissent le premier tri, et je suis contactée pour un pré-entretien téléphonique. Là aussi : championne du monde! Au moment où la personne me demande, « je souhaiterai m'entretenir avec vous, est-ce que vous avez le temps? » Une voix dans ma tête me dit « rappelle-la! Rappelle-la? Et je m'entends bêtement dire « oui, pas de problème, on peut faire ça maintenant »
      - pouvez-vous me parler de l'organisme de l'organisme …. pour lequel vous postulez?
      - oui oui.....
      c'est juste que j'ai 4 ou 5 candidatures sur le feu à peu prêt dans les mêmes organismes et là je vais pas me rappeler de celui-ci ..... je saute sur mon ordi, fait une recherche google tout en essayant de meubler et au miracle la page s'ouvre et la mémoire me revient. Je tente de rattraper le coup.
      - est ce que vous pouvez nous citer 8 forces pour cet emploi et argumentant?
      8 forces...... béh là non..... 3 je sais mais 8......
      - OUI, bien sûr, alors, je suis organisée, dans mon emploi précédent blabla..... diplomate..... blabla …. créative..... blabla..... dynamique......
      bon, là je dois être au moins à 7
      - il m'en reste combien?
      - vous êtes à 4
      pleurs
      - euh...... je suis dynamique, ah non, ça je l'ai déjà dit.....
      et là, c'est inévitable, plus rien ne peux me rattraper, je me vois en train de bégayer bêtement dans mon salon en survêt -chaussettes. Je lance quelques qualités ressorties qui ne me correspondent mais qui font bon effet, pour arriver péniblement à 7..... quoi dire de plus..... j'aime la poutine euh nan c'est nul et pis c'est pas vrai..... je peux retenir mon souffle 1mn7.... euh je sais danser la claquette.... bref, c'est le drame
      - on va passer aux points faibles? Est ce que vous pouvez m'en citer 5?
      pleurs
      l’interaction avec mon interlocutrice est inexistante, je me sens seule et complètement déstabilisée. Était-ce le but? Pas sûre. Le sors encore quelques banalités pour m'en sortir avec 3 ou 4 faiblesses ressorties in extremis de mes entrainements aux entretiens. La dame me dit qu'elle me rappellera pour une rencontre si l'entretien a été concluant.
      Pleurs
      Je n'ai bien évidement pas été rappelée et dit au revoir au poste convoité.
       
      J'ai également cherché à entrer dans un organisme qui m'intéresse par la petite porte, par un poste administratif qui m'aurait peut être permis d'évoluer. Mais là encore, désillusion, pour un poste d'adjointe administrative à temps partiel de 5 mois, nous étions plus de 80 à tenter notre chance.
       
      Aujourd’hui, après 5 mois de recherche allant d'espoirs en désillusions, je ne sais plus trop par où m'y prendre : validation d'acquis, réseautage +++, bénévolat, formation ou encore m'enfermer dans un placard et attendre.
       
      Mais l’intention y est toujours, et j'y crois! aussi, si parmi les lecteurs, certains sont dans des organismes qui recrutent des chargés de projets-adjointe à la coordination- administrative en développement durable ou autre, xxxxxxxxxxxxx et en plus, je sais danser la claquette et retenir mon souffle 1mn7!
      Pensées amicales à tous les chercheurs d'emploi.
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