Jump to content
Milaszlow

Dépression et Mal du Pays

Recommended Posts

Posted (edited)

Pour partager mon cas. Je n'ai jamais quitté la France pour le Canada car je trouvais que la France me sortait par les yeux. J'ai surtout quitté la région parisienne que je trouvais trop chère, trop peuplée, et car j'avais envie de vivre d'autres expériences que le rer a.

 

J'avais aussi vécu en Europe, à travers des mutations professionnelles et ces expériences ultra positives m'ont incitée à "pousser plus loin" avec le Canada.

 

A savoir, immigrer au Canada est un projet que j'avais, depuis mes 17 ans, lors de mon premier voyage.

 

Je voulais initialement être dans un environnement plus vert, plus calme, avec des possibilités matérielles plus importante (achat de ma résidence principale) tout en ayant une vie professionnelle intéressante et je trouvais les Canadiens très avenant. 

 

Quelques années plus tard, des élèments que je n'aurais jamais pu anticiper, même avec une bonne préparation, se sont greffés:

 

* des gros gros pépins de santé, super mal pris en charge icitte seront la cause principale de mon retour car il y va de mon futur

 

* mon conjoint canadien pousse lourdement pour vivre en Europe, au soleil

 

* l'instabilité professionnelle et la faible rémunération versus la France ou pire l'Europe ou les States dans mon domaine la tech. J'ai un bon salaire ici mais il est bas versus ce que je pourrais avoir ailleurs en Europe et cela a un impact sur ma qualité de vie, les possibilités de loisir ou voyage ou achat de la résidence principale ou même secondaire. Aussi c'est le moyen âge version pré révolution industrielle au niveau social icitte. Et le niveau intellectuel est bas. Royaume des incompétents sachant naviguer. Je ne veux pas perdre en rigueur ou expertise en restant trop longtemps. Je veux être challengée. 

 

* les prix de l'immobilier trop élevés désormais. Sur ce plan, je suis arrivée trop tard. Le marché est devenu délirant en 15 ans. Autant investir en Europe pour les vieux jours. Les taux plus incitatifs (1.29% en France, en fixe sur 20 ans actuellement).

 

* certains de mes loisirs et les communautés afférentes ne sont pas assez développés au Canada et cela me frustre. Ce n'est juste pas excitant pour moi qui suis une passionnée, en tout. Lâ aussi, j'ai fait le tour du jardin.

 

* la nutrition. Je n'avais pas anticipé combien la lutte contre le sucre caché serait une bataille de tous les instants. Même s'il faut reconnaître les efforts de producteurs locaux pour développer de beaux produits.

 

* le coût des voyages et le peu de congés. J'aime voyager et ce poste de budget est trop important ici. Une fois que l'on a fait le tour de son environnement immédiat, après 2/3 hiver, l'envie de voyager revient et là, on comprend que c'est compliqué (en temps, en budget). 

 

* la mentalité. J'ai remarqué que mes amis canadiens sont souvent des gens ouverts et très francs qui eux même sont tannés de la mentalité bisounours. Le sarcasme, les vannes et la diplomatie directe anglaise, la franchise belge ou française  et les envolés hispaniques ou italiennes me manquent. Je me sens plus à l'aise dans des environnements plus confrontationnels ou plus honnêtes ou très polis/courtois mais francs dans les échanges et surtout plus passionnés. Avec les années, toute cette culture d'interaction sociale hypocrite, tolérante en surface, mais violente par sa passive-agressivité souterraine me déçoit et me fatigue. Je trouve ce côté bisounours en surface fade. Et je n'ai juste plus envie d'y mettre de l'énergie. 

 

Je crois que mon ressenti global n'est pas un mal du pays mais bien une bonne grosse fatigue. De lassitude et le sentiment d'avoir tout vu, plus vite que prévu. Je cherche juste à préparer ma prochaine étape sereinement. En particulier, je veux que mon conjoint canadien vive une expérience positive sur tous les plans, lors de son installation en Europe.

En conclusion: la vie est trop courte et quand on vieillit, on connait mieux ce qui est essentiel. Moi, c'est ma santé. Hors de question de diminuer mon espérance de vie à cause de l'américanisation (aux sens usa) de la santé canadienne. 

Edited by Happymusher

Share this post


Link to post
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


  • Similar Content

    • By immigrer.com
      Eh oui, ça prend souvent en plein hiver après des mois d'hivernation et notre blogueuse du Plateau est atteinte du symptôme.

      À lire en page d'accueil.

      Et bonne lecture !
    • By Patoon
      Bonjour à tous

      Pour faire une histoire courte comme on dit ici enfin où plutôt je vais tenter d'être le plus synthétique. Enfin, je vais faire de mon mieux...

      Nous sommes partis de notre pays la Belgique en 2011. Mon épouse avait un poste de fonctionnaire stable. Quant à moi, j'avais un travail stable mais dont j'avais fait largement le tour. Je ne pouvais changer de travail car je coûtais trop cher en ancienneté et dans mon beaux pays, il aurait fallu que j'aille au chômage 6 mois pour qu' un potentiel employeur ai des primes à l'embauche...Du grand n'importe quoi...Nous avons décidé de partir au Québec.On en avait marre de l'insécurité, de l'assistanat ambiant, du manque de perspectives, de la crise linguisitique très grave,... C'était moi l'initiateur du projet. Mais comme nous sommes plutôt à prendre toutes nos précautions, nous avons veillé à avoir la reconnaissance de nos diplômes avant d'introduire notre demande de certificat de résidence permanente. Bref, nous avons entamé les démarches en 2009 pour aboutir enfin à un oui en 2011 que ce soit pour la reconnaissance de nos diplômes et notre certificat de résident permanent.

      Arrivé ici, j'ai tout de suite travaillé dans mon domaine en étant un peu exploité certes mais en étant capable de faire vivre toute ma famille. Ma femme s'est mise à chercher un travail qques mois plus tard et a trouvé facilement un ou "une" job à temps partiel... Nous avions un projet de nous mettre à notre compte. Mais voilà que le sentiment de vide intérieur me vient. Cela fait 16 mois qu'on est ici et mes racines me manquent. C'est étrange parce qu'en soit si je dois rentrer ce n'est pas pour ma famille ni pour ce que va devenir mon pays qui se divise pour le moment entre flammands et francophones...et dont les conséquences sociales et économiques risquent d'être énormes. Mais je sens comme si ces racines me manquent et je finis même par regretter l'inconfort qui me faisait tant pester dans mon pays...Et le stress commence à m'envahir car je sais que si on n'est pas rentré pour le mois de juin mon épouse et moi perdront notre travail et il sera très dur de rentrer car dans notre domaine, il n'y a pas de perspectives... Si seulement, on pouvait avoir plus que deux ans pour nous laisser le temps... mais on sait que si on reste au mois de juin on perdra des emplois stables.... Le pire c'est que mon épouse s'est bien adaptée mais commence à ne pas être bien à cause de moi qui me pose tant de questions... Je sais qu'on ne peut avoir de réponses et que chaque situation est particulière. Mais néanmoins, j'aimerais votre avis... et vous partager cette errance que je vis pour le moment. J'avais très peur de ce sentiment d'être déraciné avant de partir. J'ai néanmoins franchi cette étape frustré principalement par l'absence de perspectives dans mon pays. Mais une fois ici, je me demande si le jeu en vaut la chandelle...

      Ce qui est d'autant plus étrange, c'est qu'on a fait une immigration sans faute. On a trouvé un job dans notre domaine. Notre fille est à une très bonne école et notre fils a une très bonne garderie. Ils ont l'air tous deux de trouver leur équilibre. On a un réseau social et sympathisé avec certains Québecois. Nous avons toujours été conscients qu'on doit faire sa place ici et que personne nous attend. C'est bien normal chacun a construit sa vie et a ses amis, ses obligations... On pensait que tout se ferait difficilement et tout s'est fait dans l'ensemble facilement. Le seul bémol c'est que je travaille comme un fou depuis que je suis arrivé ici.

      Vous n'êtes pas à ma place mais qu'évoque pour vous notre situation? Que feriez-vous si vous l'étiez?

      Impatient de vous lire. Merci d'avance pour le temps que vous prendrez à me répondre.

      Bonne nuit ou bonjour...
  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.



×
×
  • Create New...

Important Information

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt, de réaliser des statistiques de visites et de vous permettre de partager des informations sur les réseaux sociaux. Terms of Use Privacy Policy Guidelines