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Ces Algériens qui ont préféré l'Amérique


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David Dieudonné Devenir fan

Journaliste à l'AFP

Ces Algériens qui ont préféré l'Amérique

Publication: 06/12/2014 10:06 EST Mis à jour: 06/12/2014 10:06 EST

Depuis les années soixante, les Algériens tentés par l'immigration n'ont pas tous choisi la France. Environ trente mille d'entre eux se sont installés aux Etats-Unis, dont 10.000 à New York. Même si leur nombre, et l'histoire franco-algérienne, incitent à une comparaison prudente, le témoignage de ces « Algériens-Américains » contribue au débat récurrent, de part et d'autre de l'Atlantique, pour savoir lequel des deux modèles d'intégration est le meilleur.

La première fois que j'ai rencontré Halim, c'était à Harissa, le café qu'il tenait à Astoria, dans le Queens. Lorsque je suis entré dans le petit établissement, coincé entre brasseries grecques et pub irlandais, dans une rue perpendiculaire à Steinway Street, baptisée « Little Egypt» , j'ai été frappé par le calme des lieux, inhabituel à New York : la douce musique arabe, les croissants de chez Balthazar - un boulanger chic de Soho : j'ai commandé un thé à la menthe et on s'est mis à parler, en français.

Halim, la quarantaine, est arrivé à New York à 24 ans. Il venait du Canada, où l'immigration algérienne est plus importante. Malgré la langue, « je me suis immédiatement senti chez moi » aux Etats-Unis, dit-il en posant sur la table un couscous d'agneau fondant. « J'avais beaucoup voyagé, avant, mais ici, il y avait quelque chose de spécial: quelque chose qui me rappelait ma jeunesse à Alger, juste après l'Indépendance ». Aujourd'hui, par crainte du terrorisme notamment, la vie est plus contrainte, selon lui, dans la capitale algérienne, « surpeuplée », où son frère a repris le magasin d'éléctro-ménager familial, dans le quartier populaire de Belcourt. Ici, « personne ne t'arrête : c'est le véritable atout de ce pays. On te donne ta chance, quelle que soit tes origines ou ta religion ».
L'éventail des possibilités dépasse la vie professionnelle, précise celui qui a commencé comme chauffeur de taxi et longtemps conduit des limousines : « c'est quelque chose d'intérieur, une liberté que l'on ne peut trouver nulle part ailleurs ».

A chaque fois que je suis retourné voir Halim à Astoria, quartier cosmopolite réputé pour abriter la plus large communauté nord-africaine de New York, j'ai retrouvé des impressions que l'on éprouve en quittant Paris pour aller en banlieue. Du nord de Manhattan, il faut prendre le bus M60 en direction de l'aéroport de La Guardia, comme pour se rendre à Saint-Denis, on prend le RER vers Charles-de-Gaulle. Même curieuse - et ironique - invitation au voyage. Lorsque la navette traverse le pont Robert F. Kennedy, on a ce même sentiment de laisser derrière soi une ville dense et ordonnée pour gagner une périphérie étalée à l'urbanisme moins soigné. Et comme à Saint-Denis, certain blocs d'Astoria se « boboïsent », en particulier près des studios de télévisions qui ont éclos, comme à La Plaine.

Mais la comparaison s'arrête là. Steinway tranche avec le 9-3. Nulle barre d'immeuble vétuste. Nul besoin de prier dans les caves. Ni de former de longues files d'attente devant la préfecture. Les petits bâtiments à trois ou quatre étages sont comparables à ceux des faubourgs de Manhattan. Al Iman, la principale mosquée du quartier, est intégrée dans « l'écologie » du bloc. Et les magasins de vêtements à la mode musulmane, comme les cabinets d'avocats spécialisés dans l'obtention de papiers, ont des vitrines ouvertes sur la rue.

Pour Halim, la magie du modèle américain tient « au fait que personne ne force quiconque à s'assimiler : cela rend l'intégration plus facile ». En arrivant « nous ne nous sentions pas étrangers parce qu'il y avait tant d'étrangers... », se souvient-il. Et jamais il n'a ressenti d'islamophobie, même après le 11-Septembre : « nous avons immédiatement été protégés ».

Hamid Kherief, président de l'Association new-yorkaise des Algériens-américains, s'en souvient. « Le lendemain des attentats (...) il pleuvait à verse. Alors que j'approchais du métro, vers deux heures du matin, j'ai remarqué deux policiers, debout sous la pluie ». Quand Hamid les interroge sur leur présence, ils lui répondent : « Il y a une mosquée, ici : nous craignons qu'un détraqué vienne commettre une folie ». Leurs paroles lui « sont allées droit au cœur ». « Lorsque j'étais étudiant aux Etats-Unis et que je me rendais en France, il m'est arrivé plusieurs fois de me faire arrêter dans le métro en raison de mon faciès ».

Hamid, qui dirige aujourd'hui un institut de langue pour étudiants étrangers, a débarqué à New York en mai 1977. Comme 6.000 de ses compatriotes, il avait reçu une bourse du gouvernement algérien pour étudier dans une grande université américaine, en l'occurrence Columbia. « A l'époque, les choses n'allaient pas très bien politiquement entre Paris et le président Boumédiène » se souvient-il : l'ancien chef de l'Etat algérien (1976-1978) : « essayait de s'extraire du cocon français ». Résultat : « c'était la première vague d'immigrés algériens aux Etats-Unis » : 80% des boursiers ne sont jamais rentrés.

Fatiha non plus. Cette amie d'Halim, webdesigneuse, qui vit non loin d'Astoria dans un loft industriel jouxtant le pont de Queensborough, à l'est de Manhattan, a été découragée par la dureté du marché de l'emploi pour les jeunes Français issus de l'immigration. En 1997, après une année à l'université, elle a quitté les environs de Corbeil-Essonne - elle est née en 1974 dans la cité des Tarterêts - pour le New Jersey, et la Californie : elle a immédiatement trouvé du travail, comme jeune fille au pair d'abord, puis chez l'horloger Chopard. C'est en faisant son premier stage, dans une mairie de la région parisienne, que Fatiha, aujourd'hui âgée de 40 ans, avait compris que le mérite n'était pas le seul critère d'embauche en France : « j'ai entendu les dames qui travaillaient là-bas dire, devant moi, quand elles écartaient un CV de la pile : +celui-ci, je ne peux même pas même prononcer son nom+ »

Chacun d'eux revendique désormais une double identité. "Lorsque je suis dans la rue, je suis Américain", résume Halim, "mais à la maison, je suis Algérien". La fierté que leur donne leur nouveau passeport n'est ni isolée, ni anecdotique. Des rapports pointent régulièrement une prétendue supériorité du modèle américain d'intégration sur son équivalent français. Fin 2010, WikiLeaks révélait une série de câbles diplomatiques transmis par l'ambassade des Etats-Unis à Paris au département d'Etat. Dans l'un d'entre eux, les diplomates américains se demandaient si le modèle français n'était pas «parti en fumée» avec les émeutes de 2005. «Le vrai problème est l'échec de la France blanche et chrétienne à considérer ses compatriotes à la peau sombre et musulmans comme des citoyens à part entière», estimaient-il, dans ce document révélé par Le Monde .

Mais les Etats-Unis intègrent-ils réellement mieux leurs immigrés ? Les défenseurs du modèle américain mettent en avant la longue tradition des Etats-Unis à accueillir des étrangers, l'accent mis sur la liberté religieuse - que la laïcité française ne garantit pas, selon eux - et un puissant arsenal juridique réputé plus efficace que la tradition universaliste française contre les discriminations. Les soutiens du modèle français accusent les Etats-Unis de confondre intégration et «politiquement correct» et dénoncent un racisme larvé ainsi que de profondes inégalités sociales entre groupes ethniques.

source et suite : http://quebec.huffingtonpost.ca/david-dieudonne/ces-algeriens-qui-ont-prefere-lamerique_b_6280574.html

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  • 3 months later...
  • Habitués

Ça fait toujours mal de penser que mon voisin du sud vit en Amérique alors que moi je serais un ... "Canadien Français " ? Disons que les Étasuniens vivent en Amérique du nord.

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  • Habitués

Dans l'esprit collectif, "Amérique" a toujours voulu dire "USA", et quand il fallait parler du "Québec" ou du "Canada", on disait carrément "Québec" ou "Canada".

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  • Habitués

j'ai toujours été attiré , et rêvé de vivre en Amérique du nord , pour moi le Canada c est les USA , avec une province Francophone .

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  • Habitués

j'ai toujours été attiré , et rêvé de vivre en Amérique du nord , pour moi le Canada c est les USA , avec une province Francophone .

Ouin mais la Nouvelle France aurait pu être établie sur le territoire de ce qui est maintenant la Floride! :biggrin2:

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  • Habitués

J'ajouterais que mes amis d'Amérique sont d'accord avec moi . 200 millions de Brésiliens ,100 millions de Mexicains. Nous vivons tous en Amérique . Amérique = Nouveau Monde . Il me semble évident que les États-Unis ne sont qu'un pays de ce vaste continent . Voir la chanson de feu Jo Dassin " L'Amérique " Si si ! Il parlait de nous !

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  • 3 weeks later...

Dans l'esprit collectif, "Amérique" a toujours voulu dire "USA", et quand il fallait parler du "Québec" ou du "Canada", on disait carrément "Québec" ou "Canada".

Dans ton esprit à toi ''Amérique" pour moi et pour des milliards de gent c'est un continent

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