IHateQC Posté(e) il y a 2 heures Posté(e) il y a 2 heures Pour ceux qui doutent du racisme gratuit des Québécois et de leur méchanceté, voici un exemple concret basé sur une expérience personnelle qui a marqué mon parcours migratoire. Je suis une femme d'origine algérienne et j'ai immigré toute seule au Québec en 2012, à partir de la France. En arrivant ici, j'avais deux maitrises en droit et un Master en droit international. Le mieux que j'ai pu décrocher avec mes diplômes et mon experience était un poste d'adjointe juridique. Dès mes premiers jours au travail, j'étais littéralement persécutée. Mon patron, un notaire Québécois du nom de Jean-Sébastien, faisait une fixation sur moi. Je ne suis pas quelqu'un qui affiche son appartenance culturelle (je ne porte pas le voile, ni aucun signe religieux, et je m'habille a l'européenne, enfin come une femme occidentale normale). Je parle le Français de France, sans accent. Mon patron, à l'approche de la fameuse Cabane à sucre, s'est mis a faire des commentaires du genre "Toi tu ne peux pas venir, tu ne manges pas de porc". Cela m'a fait un choc de constater que des Québécois soi-disant éduqués se permettent des remarques aussi ignorantes et généralisantes. Je ne veux pas me défendre de quoi que ce soit mais pour préciser le contexte, je ne pratique aucune religion et il m'arrive de manger du porc. Donc pour moi ce raccourci était non seulement faux mais profondément offensant, d'autant plus qu'il m'affichait devant mes collègues. Lorsqu'il a appris que je m'étais inscrite à des cours du soir pour faire mon équivalence et devenir avocate, il l'a pris personnellement et a commencé à me rabaisser en disant des choses comme "Même si tu finis tes études, tu ne trouveras jamais de travail ici comme avocate". Un jour il y avait des croissants et des chocolatines offertes dans la cuisine, je me suis servie et un avocat s'est permis de me dire que c'était "réservé aux avocats, pas aux adjointes" avec un mépris à glacer le sang. Plus tard, cet individu a essayé de me faire perdre mon travail, il s'est plaint aux RH que je n'étais pas assez expérimentée et que je perdais trop de temps a "être formée". Les RH ont pris mon parti et m'ont changé de poste, tout en notant son "racisme". Mais le mal était fait. Quelques années plus tard, j'avais complété mon équivalence en droit, tout en travaillant à temps plein comme adjointe juridique (secrétaire). Pendant 3 ans mes journées de travail commençaient à 8h et se terminaient a 22h (sans compter le transport), entre le travail et l'université. Ma vie sociale était inexistante. Lorsque j'ai enfin terminé mes études, je me suis inscrite au Barreau du Québec pour passer l'examen du Barreau et devenir avocate. Je pensais que le titre d'avocate me gagnerait le respect des Québécois et que le racisme cesserait. Je me trompais. J'ai préparé le Barreau en 4 mois à raison d'une session intensive, tout en travaillant toujours à temps plein comme parajuriste (technicienne juridique) dans une compagnie parapublique. Là encore, les avocats Québécois me méprisaient et j'avais constamment le droit à des commentaires ignorants et offensants. Peu à peu, je suis devenue une vraie introvertie pour éviter de me salir l'esprit avec leurs commentaires dégoûtants. J'ai réussi mon examen avec une très bonne note (par chance, les corrections sont anonymes...). On m'a permis de faire mon stage d'avocate à condition que je continue mes taches de parajuriste, donc j'avais deux jobs et payée pour un seul. Pendant que je passais mon stage, j'ai décidé de déposer mon dossier pour obtenir ma citoyenneté canadienne (cela faisait déjà 4 ans que j'étais au Québec). Je dépose mon dossier de citoyenneté et, au début, tout se passe normalement. Puis vient le moment de passer l'examen de citoyenneté et l'entrevue avec un agent. Après mon examen, je me rends à mon entrevue. Là, je tombe sur une Québécoise, une femme d'âge moyen qui semble en colère simplement d'exister. Elle commence par m'annoncer que j'ai eu 20/20 à l'examen. Comme je ne m'y attendais pas, j'esquisse un sourire de soulagement et là je la vois s'offusquer de mon enthousiasme. Elle commence a me poser des questions. Je réponds calmement et poliment. Elle, par contre avait un ton agressif et inquisiteur. Puis elle me pose des questions sur mes déplacements hors du pays. Je n'ai jamais eu que deux semaines de vacances par an depuis mon arrivée ici alors j'ai quelques fois pris ce temps pour rentrer en vacances voir ma famille. Temps qui a bien sur été soustrait de la période de 4 ans. J'avais gardé tous mes justificatifs de voyage. Lorsque je les lui remets, elle me fixe avec un air diabolique et me dit: "Mais pourquoi n'avez-vous pas gardé vos cartes d'embarquement? Qu'est-ce qui me prouve que vous étiez dans cet avion?". Ébahie, je lui réponds que je ne connais personne qui a garde ses cartes d'embarquement et que je n'ai jamais pensé qu'elles me seraient demandées. Elle se ferme totalement et me dit que je recevrai un courrier pour la suite du processus. J'essaye de lui demander en quoi mes documents ne sont pas suffisants et là elle devient ultra agressive et fait semblant de ne pas me comprendre, comme si je ne parlais pas français "Je ne comprends pas! Je viens de vous dire que l'entrevue est terminée!!" crie-t-elle en me coupant. Refroidie par cet échange et confuse, je me dis qu'il vaut mieux attendre ce qu'il en est. Quelques semaines plus tard je reçois un courrier à la maison. Une lettre de l'agente, je vois alors qu'elle affirme dans la lettre que mon dossier est incomplet et qu'il manque un élément essentiel en particulier: les fameuses cartes d'embarquement. Elle savait pourtant très bien que je ne les avais pas puisque je le lui ai dit à l'entrevue. Elle m'a tendu un véritable piège. J'étais à la fois choquée et prise d'une peur panique: elle va sans doute refuser mon dossier. Je me sentais très seule, n'ayant pas de famille au Québec ou une personne à qui me confier. Je décide de contacter un avocat pour me protéger, un Québécois puisqu'elle était clairement raciste. Avec du recul, je regrette cette decision. Lorsque j'ai essayé de lui explique la situation au début, l'avocat semblait la défendre et m'a dit "Elle a le droit de vous demander ce qu'elle veut". J'ai senti qu'il y avait un préjugé de sa part. Je lui ai transmis tous mes documents et là il me dit "Mais votre dossier est vraiment complet, je ne comprends pas pourquoi on ne vous a pas donne votre citoyenneté" (il faisait semblant de ne pas comprendre, mais moi je savais que la vraie raison c'était le racisme). Je le laisse envoyer la lettre de réponse a ma place, disant que je n'ai pas les fameuses cartes d'embarquement mais que j'ai les billets d'avion, des factures de mes interventions médicales, des déclarations d'impôt pour chaque année passée au Quebec, relevés de notes universitaires... et tout le tralala. Prise d'un mauvais pressentiment, et ayant perdu toute confiance en les Québécois, je décide alors de prendre mon destin en main: je me rends sur le site d'Immigration Canada et je me mets désespérément à chercher le nom d'un contact au sein du Ministère à qui je pourrais expliquer ma situation. Je tombe alors sur un communiqué, signé par un représentant fédéral: son nom n'était pas Québécois mais anglophone. Ouf! Je decide alors de lui envoyer un courriel et lui explique ma situation. Je ne m'attendais honnêtement à aucune réponse, c'était une bouteille lancée à la mer. À ma grande surprise, je reçois un courriel de réponse le lendemain même me demandant de lui fournir mes informations. Il prend alors l'initiative de confier mon dossier à un agent différent, un homme qui portait un nom à consonance maghrébine (comme moi). Moins de 24h plus tard, je reçois un courriel officiel de cet agent, avec en copie l'agent fédéral au nom anglophone, et il m'informe que ma demande est acceptée immédiatement. J'étais soulagée! Mais cette experience m'a apporté beaucoup de stress, m'a obligée à dépenser une énergie et un temps précieux (alors que j'étais en processus de devenir avocate) sans compter les frais à l'avocat Québécois inutile. Ironiquement, j'ai été assermentée comme avocate le meme jour ou j'ai eu ma citoyenneté canadienne et vu le nombre d'obstacles que les Québécois ont mis sur mon chemin, je n'ai aucun doute maintenant qu'il y a eu comme une intervention divine. Je ne fais plus confiance aux Québécois depuis cet incident et je remets tout ce qu'ils me disent en question, y compris les officiels qui abusent en fait souvent de leur autorité/pouvoir. Aprés cela, j'ai continué à vivre quelques années au Québec, à travailler comme avocate, mais le racisme a persisté et mon titre ne m'aura rien apporté au fond. J'ai fini par démissionner du Barreau du Québec en avril dernier (2026) et j'ai mentionné dans ma lettre le racisme agressif auquel jai dû faire face de la part des Québecois, et comment le Barreau ne fait rien pour protéger ou aider les avocats issus des minorités visibles. J'ai fini par quitter le Québec un mois plus tard, à l'âge de 40 ans, épuisée et malade. Aujourd'hui, je travaille difficilement à guérir de mon expérience au Québec. Le plus dur c'est d'essayer de ne pas développer de haine face à l'injustice et à leur racisme, de ne pas devenir comme eux. Au fond, j'ai quitté pour préserver mon âme, car beaucoup trop ont perdu la leur malheureusement. Je voudrais dire aux gens qui disent que le racisme au Québec n'existe pas: taisez-vous. Le racisme non seulement existe mais est omniprésent. Le racisme a détruit mon estime de moi et ma santé mentale. Jamais avant le Québec je n'ai dû me faire prescrire des antidépresseurs. Je comprends maintenant pourquoi tout le Québec est sous anti dépresseurs. C'est un hôpital psychiatrique à ciel ouvert. Pourtant j'ai eu le parcours migratoire idéal: j'ai refait mes études au complet, travaillé dur, payé des taxes, me suis intégrée, ai intégré le Barreau et travaillé comme avocate, et pourtant je n'ai jamais eu le respect que je mérite en tant qu'être humain. J'ai passé tout mon temps ici à me battre jusqu'à l'épuisement et aujourd'hui je n'ai même plus la force de travailler, je suis au chômage, traumatisée par des décennies de persécution. Je travaille sur un livre pour raconter mon expérience (car j'ai plein d'autre exemples comme celui-ci). Et si c'était à refaire, franchement je ne viendrai pas au Québec. J'ai perdu ma jeunesse et ma force vitale pour une province qui n'est qu'un chateau de cartes fondé sur une fausse identité et sur le génocide des autochtones et l'exploitation des pauvres immigrants. Le peuple Québécois est aussi pauvre humainement qu'intellectuellement. Le seule moyen que j'ai trouvé pour essayer de guérir c'est d'écrire, et même cela j'en ai à peine la force, mes pensées sont peuplées de pensées intrusives liées aux événements que j'ai vécus, je ne retrouverai peut-être jamais la paix d'esprit d'avant. Ne faites pas mon erreur, ne perdez pas votre âme à la recherche de l'argent et d'une fausse sécurité. Citer
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