Invité Posté(e) 18 septembre 2010 Posté(e) 18 septembre 2010 (modifié) Un article du Devoir, basé sur la récente étude de Maude Boulet et Braham Boudarbat. Ça me semble toutefois évident qu'une famille arrivée avec de jeunes enfants qui feront toutes leurs études ici et se bâtiront une expérience québécoise trouveront plus facilement leur bonheur sur le marché de l'emploi. Si je peux me permettre, et puisque je reçois quantité de CV, j'ai pu constater (à ma petite échelle) que les gens qui ont un nom à consonnance étrangère, mais dont on voit qu'ils sont arrivés jeunes et ont fait leurs études collégiales ici ... ont trouvé du boulot assez facilement, et dans leur domaine qui plus est. Par contre, je vois quantité de diplômés (maîtrises, doctorats) étrangers qui sont ici depuis 4 ou 5 ans et grapillent. Parfois, ils travaillent un peu dans leur domaine (ou connexe), mais ce sont des emplois à court terme. Leur recherche de travail est toujours à recommencer. Et une fois que ces personnes ont pu avoir un poste d'assistant chercheur pendant 6 mois dans un certain domaine, puis une autre affectation de quatre mois auprès d'un prof émérite à l'université, il doit leur être difficile, au bout de quelques semaines ou mois de chômage, d'aller laver les planchers chez McDo. De plus en plus, je me demande en effet pourquoi le gouvernement ouvre la porte à des universitaires, à des gens qualifiés, si c'est pour les reléguer à des boulots mal payés. Désolée, je n'arrive plus à enlever le caractère « gras » ... http://www.ledevoir....-et-sans-emploi Diplômé au Canada et sans emploi Les études ne garantissent pas un emploi aux immigrants reçus à l'âge adulte 18 septembre 2010 Les étudiants issus de l'immigration récente représentent une faible proportion des milliers d'étudiants et de diplômés de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, mais 80 % de ceux qui frappent à la porte du centre de gestion de carrière ESG UQAM afin d'être guidés dans leur démarche de recherche d'emploi. Ils ont beau détenir un diplôme canadien, les immigrants reçus au pays alors qu'ils étaient âgés de 18 ans ou plus devront batailler dur afin de décrocher un emploi et faire mentir les conclusions d'une nouvelle étude. Les immigrants reçus au pays à l'âge adulte ne tirent pas les mêmes avantages d'un diplôme canadien que ceux arrivés avant l'âge de la majorité, souligne avec force l'étude «Un diplôme postsecondaire canadien: un tremplin vers des emplois de qualité pour les immigrants?», diffusée cette semaine par l'Institut de recherche en politiques publiques (IRPP). Les immigrants détenteurs d'un diplôme étranger sont handicapés sur le marché de l'emploi au Québec, c'est largement documenté. Mais qu'en est-il des immigrants qui ont décroché un diplôme d'un collège ou d'une université canadienne?, se sont demandé Maude Boulet et Brahim Boudarbat de l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal. La conclusion qu'ils tirent est sans appel: même s'ils ont un diplôme canadien en poche, les immigrants arrivés à l'âge adulte au pays se trouvent plus difficilement un emploi, par rapport aux Canadiens de naissance et même par rapport aux immigrants accueillis avant l'âge de 18 ans. C'est au Québec que le fossé entre les taux d'emploi des immigrants arrivés à l'âge adulte (84,6 %) et ceux des Canadiens de naissance (92,2 %) est le plus grand, soit 7,6 points. En Ontario, l'écart est de 6,7 points, alors qu'en Colombie-Britannique, il n'est que de 2,4 points. «Alors, ce n'est pas seulement la reconnaissance des diplômes qui pose problème. Même avec un diplôme canadien, ça ne marche pas pour les immigrants qui sont arrivés à l'âge adulte au Canada ou au Québec», fait valoir Maude Boulet qui a décortiqué l'Enquête nationale auprès des diplômés (2005), promotion 2000. «C'est la première fois que ce genre de données est exploité dans ce sens», indique au passage son directeur de thèse, M. Boudarbat. Qui plus est, lorsqu'ils réussissent à décrocher un emploi, leur salaire moyen est largement inférieur à celui de ceux nés sur le territoire canadien et celui des immigrants arrivés avant l'âge adulte. «On n'a pas identifié de causes exactes», fait rapidement remarquer la doctorante. «C'est peut-être le fait d'avoir un premier diplôme à l'étranger et un deuxième ici, ou qu'ils parlent moins bien la langue française ou anglaise, ou qu'ils ont acquis moins d'expérience canadienne alors qu'ils sont plus âgés», suggère Mme Boulet, qui multiplie les articles sur les défis posés aux immigrants sur le marché du travail au Québec, en guise d'hypothèses. Défis plus grands au Québec D'ailleurs, c'est au Québec que les immigrants arrivés à l'âge adulte font le plus face à des difficultés lorsqu'ils s'affairent à trouver un gagne-pain. Ils sont désavantagés par rapport aux Canadiens de naissance, selon tous les indicateurs de qualité d'emploi, parmi lesquels figurent le salaire horaire, la stabilité d'emploi, le nombre d'heures travaillées par semaine, le lien entre l'emploi occupé et le programme d'études. Par contre, sur le plan salarial, l'écart ajusté entre les salaires des immigrants arrivés au Québec alors qu'ils étaient âgés de 18 ans ou plus et les personnes qui ont vu le jour au Canada est moins élevé au Québec qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. Si les immigrants reçus à l'âge adulte gagnent, au Québec, en moyenne 7,6 % de moins que les Canadiens de naissance, ils reçoivent un salaire inférieur de 12 % en Ontario et de près de 20 % moindre en Colombie-Britannique par rapport à leurs collègues nés au pays. «Même si c'est la province [le Québec] qui présente le meilleur bilan sur le plan salarial, il faudrait toutefois des efforts additionnels pour faciliter l'accès à l'emploi de ces immigrants», croit Maude Boulet. Néanmoins, les immigrants arrivés avant l'âge adulte au pays — essentiellement avec leurs parents — affrontent avec plus de succès le marché du travail que ceux qui s'y sont installés après avoir soufflé leurs 18 bougies. Ceux-ci occupent un emploi permanent et à temps complet dans une proportion semblable à celle observée du côté de ceux nés au pays. Ils touchent également un salaire comparable à celui des Canadiens de naissance. Mais, principale ombre au tableau, leur emploi est moins fréquemment en lien avec le programme d'études dans lequel ils étudiaient. Donc, l'âge que les immigrants ont au moment où ils plient bagage et fixent leurs pénates au Canada est un «déterminant important» de l'accès à l'emploi, mais aussi de la qualité d'emploi, ont conclu les chercheurs, sans toutefois citer d'âge idéal. Façons de faire «Ainsi, ce n'est pas le fait d'être immigrant qui pénalise sur le marché du travail, mais le fait de ne pas être ici depuis longtemps, d'être passé par le système. Les immigrants qui arrivent très jeunes, ils se comportent de la même façon que ceux qui sont nés ici. Ils ont acquis les mêmes façons de faire. Ça les avantage beaucoup», estime le professeur agrégé Brahim Boudarbat. «Cela dit, on vient atténuer l'hypothèse de la discrimination», ajoute-t-il. Mais qu'en est-il de l'idée reçue «À scolarité égale, chances égales»? Aux oubliettes? «On ne peut pas non plus écarter complètement l'hypothèse de la discrimination, mais, d'autre part, on ne peut pas dire que c'est de la discrimination sur la race, parce que ceux arrivés avant l'âge adulte ne la subissent pas», répond Maude Boulet. «Ce sont des gens qui ont des attentes très élevées. Leur objectif professionnel en sortant avec un baccalauréat ou une maîtrise est d'accéder, tout de suite, à des postes de direction. Ils entreprennent des démarches qui sont hors cible pour eux, et ça prend six mois avant qu'ils s'en rendent compte», fait remarquer le directeur général du centre de gestion de carrière ESG UQAM, Benoit Desgroseillers. Les étudiants issus de l'immigration récente représentent de 20 à 30 % de tous les étudiants de l'École des sciences de la gestion, évalue-t-il à vue de nez, mais 80 % de ses «clients». Pas moins de 800 étudiants qui frappent à sa porte afin de les consulter, lui ou un de ses coéquipiers, ont immigré au Québec il y a quelques années seulement. «Ils sont surreprésentés dans les organismes comme le nôtre», souligne-t-il. Choc des cultures Les immigrants reçus au pays à l'âge adulte méconnaissent tout ou presque des processus d'embauche des entreprises au Québec; ce qu'ils ont en tête, ce qu'ils ont pu connaître dans leur pays d'origine ne correspond pas nécessairement à la réalité d'ici, selon M. Desgroseillers. «Les étudiants, ici, de 18, 20, 25 ans ont déjà une expérience de travail lorsqu'ils ont terminé leurs études. Si ce n'est pas le cas, ils partent avec un certain retard parce qu'ils sont en concurrence avec des gens qui ont des baccalauréats comme eux. Pour [les étudiants issus de l'immigration], la démarche scolaire est une étape, alors que le travail en est une autre. On ne fait pas les deux en parallèle. À cause de l'absence d'expérience locale, une alarme va sonner chez les recruteurs des différentes firmes où ils vont poser leur candidature: "Est-ce que cette personne-là est intégrée à la culture en général, et à la culture organisationnelle qui prévaut dans mon entreprise?" Difficile d'en faire la preuve si on n'a pas d'expérience professionnelle sur le terrain.» Surspécialisés ? Plus de 45 % des immigrants qui ont été reçus au Québec à l'âge adulte ont complété une maîtrise ou un doctorat, contre 17 % en Colombie-Britannique et 27 % en Ontario. «Il y a une tendance au Québec à aller chercher les diplômes les plus élevés possible qui se sont pas nécessairement en adéquation avec les besoins du marché du travail», soutient Brahim Boudarbat. Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, appelle aussi à une meilleure prise en compte des exigences du marché dans l'élaboration des cibles en matière d'immigration. «Il faut arrimer davantage les critères de sélection des immigrants aux besoins du marché du travail», fait-il valoir. À cet égard, favoriser les francophones ne doit pas être une règle sacro-sainte dans le processus de sélection des immigrants, soutient-il. M. Desgroseillers balaie l'hypothèse selon laquelle des étudiants ne réussissent pas à décrocher un emploi parce qu'ils souffrent de surspécialisation. «Ils ne sont pas surspécialisés pour leur domaine d'activités. Ils sont surspécialisés par rapport à l'absence d'expériences sur le terrain», met-il de l'avant. Le D.G. du centre de gestion de carrière presse les étudiants d'acquérir une expérience de travail alors qu'ils sont toujours sur les bancs d'école ou de s'impliquer au sein d'associations étudiantes, et tant pis s'ils ne sont pas rémunérés. «Ils géreront des projets, géreront des budgets, géreront des ressources humaines. Ce n'est pas parce que ce n'est pas rémunéré que ce n'est pas payant dans le c.v.», fait valoir Benoit Desgroseillers. Modifié 18 septembre 2010 par Madame Bec-Sec retrait du caractère gras Citer
Habitués E-Logisticien Posté(e) 18 septembre 2010 Habitués Posté(e) 18 septembre 2010 (modifié) Comme il n'y a pas de tabou, l'article serait plus interessant en mettant en exergue les communautés culturelles les plus touchées. Le ministère de l'immigration doit prendre en compte ces études sur ces disparités qui reviennent de plus en plus sinon le Québec fera beaucoup de frustrés. Les critères d'admission actuels sont revolus, ils doivent s'adapter à la réalité du marché d'emploi. Modifié 18 septembre 2010 par E-Logisticien Citer
Habitués bencoudonc Posté(e) 18 septembre 2010 Habitués Posté(e) 18 septembre 2010 «Ce sont des gens qui ont des attentes très élevées. Leur objectif professionnel en sortant avec un baccalauréat ou une maîtrise est d'accéder, tout de suite, à des postes de direction. Ils entreprennent des démarches qui sont hors cible pour eux, et ça prend six mois avant qu'ils s'en rendent compte», fait remarquer le directeur général du centre de gestion de carrière ESG UQAM, Benoit Desgroseillers. A la fois intéressant et surprenant, comme remarque. Est-ce que dans d'autres pays, un simple diplôme sans expérience donne tout de suite accès à des postes de direction ? Ça me semblerait assez étonnant....? Citer
Habitués mission.qc Posté(e) 18 septembre 2010 Habitués Posté(e) 18 septembre 2010 «Ce sont des gens qui ont des attentes très élevées. Leur objectif professionnel en sortant avec un baccalauréat ou une maîtrise est d'accéder, tout de suite, à des postes de direction. Ils entreprennent des démarches qui sont hors cible pour eux, et ça prend six mois avant qu'ils s'en rendent compte», fait remarquer le directeur général du centre de gestion de carrière ESG UQAM, Benoit Desgroseillers. A la fois intéressant et surprenant, comme remarque. Est-ce que dans d'autres pays, un simple diplôme sans expérience donne tout de suite accès à des postes de direction ? Ça me semblerait assez étonnant....? Je ne suis pas surpris car le rêve est conseillé tant qu'il ne devient pas une obsession .. Citer
Habitués immigrant_1978 Posté(e) 18 septembre 2010 Habitués Posté(e) 18 septembre 2010 Ca prouve que la discrimination existe indépendamment du fait que la formation est acquise au Québec ou ailleurs Citer
Habitués Sammi Posté(e) 18 septembre 2010 Habitués Posté(e) 18 septembre 2010 C'est le seul point dans le processus d'immigration que j'arrive pas a expliquer, je comprend que le gouvernement Québécois souhaite garder ou lever le niveau de la fonction dans le pays, mais ce que je ne comprend pas c'est pourquoi certains métier doivent repartir a zéro ? un exemple : La médecine !.....je comprend tout a fait le fait que la médecine avance a grands pas, et qu'il faut chaque jour apprendre de nouvelles façons de faire, a la rigueur une sorte de stage de recyclage serait bénéfique, mais reprendre tout a zéro ! ......j'avoue que je comprend pas ! Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, appelle aussi à une meilleure prise en compte des exigences du marché dans l'élaboration des cibles en matière d'immigration. «Il faut arrimer davantage les critères de sélection des immigrants aux besoins du marché du travail», fait-il valoir. À cet égard, favoriser les francophones ne doit pas être une règle sacro-sainte dans le processus de sélection des immigrants, soutient-il. C'est déjà le cas, or y'a un grand faussé entre les réalités du marché du travail et les différents rapports et articles concernant le sujet ! .........Ou je me trompe ? Citer
Invité Posté(e) 18 septembre 2010 Posté(e) 18 septembre 2010 A la lumière de ce que je lis depuis quelques mois, il y a vraiment un fossé entre ce qu'on raconte aux gens en processus d'immigration (les critères exigés et les besoins ici) et la réalité sur le terrain. Quand un type arrive alors qu'on lui a dit que son dossier était « bon » pour l'émigration et qu'il se heurte à des murs, à de la discrimination, à toutes sortes d'écueils finalement, il doit se poser des questions. En ce sens, je rejoins entièrement E-Logisticien. Et oui, Bencoudonc, cette phrase m'a aussi fait tiquer. Citer
Invité Posté(e) 19 septembre 2010 Posté(e) 19 septembre 2010 "«Les étudiants, ici, de 18, 20, 25 ans ont déjà une expérience de travail lorsqu'ils ont terminé leurs études. Si ce n'est pas le cas, ils partent avec un certain retard parce qu'ils sont en concurrence avec des gens qui ont des baccalauréats comme eux. Pour [les étudiants issus de l'immigration], la démarche scolaire est une étape, alors que le travail en est une autre. On ne fait pas les deux en parallèle. À cause de l'absence d'expérience locale, une alarme va sonner chez les recruteurs des différentes firmes où ils vont poser leur candidature: "Est-ce que cette personne-là est intégrée à la culture en général, et à la culture organisationnelle qui prévaut dans mon entreprise?" Difficile d'en faire la preuve si on n'a pas d'expérience professionnelle sur le terrain.» On a l'impression qu'il n'y a pas de stages inclus dans le cursus canadien des étudiants étrangers. Je me demande si dans l'échantillon ayant servi à l'étude, il est question également des étudiants qui ont une expérience de travail pendant leurs études dans leur pays d'origine? Considère-t-on qu'on a de l'expérience si elle n'est pas canadienne ? Beaucoup d'étudiants français qui viennent faire un diplôme complémentaire au Québec ont au moins 1 à 2 ans d'expérience cumulée grâce aux stages professionnels. Pour l'accès à des postes de cadres à l'issue du Master, ce n'est pas rare du tout en France surtout à la suite d'un master professionnel (incluant des stages). C'est peut-être pour cela que certains s'attendent à obtenir des postes de direction à la fin de leur cursus canadien. Le problème est que pour certains filières, l'expérience acquise en France doit sûrement être renouvelée au Québec ( quelqu'un qui a étudié l'administration des systèmes de santé en France doit adapter ses connaissances et en développer de nouvelles dans un contexte et donc système différent) pour être pertinente aux yeux des recruteurs locaux. Vous savez, lorsque des jeunes postulent chez nous (qu'ils soient québécois ou immigrants), et qu'ils n'ont pas d'expérience, frais émoulus de l'université, ils ne sont malheureusement pas considérés en raison des règles syndicales. Pour ce qui est des stages, nous avons quelques personnes qui viennent durant l'année, mais en général elles ne sont pas rémunérés. Et lorsque nous recevons des candidatures de personnes n'ayant à leur actif que des stages, ça ne pèse pas beaucoup dans la balance ... sinon pas du tout, malheureusement. Citer
Invité Posté(e) 19 septembre 2010 Posté(e) 19 septembre 2010 On voit bien ici la différence fondamentale entre « l'image du niveau de vie au Canada » de l'immigrant, et la réalité du terrain. Citer
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