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landedale

Une histoire d'Australie

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Bonjour,

 

En cherchant sur internet des avis d'immigrants je suis tombé sur ce site et j'ai leu avec beaucoup d’intérêt cette rubrique concernant le retour en France.

Je vous confirme tout de suite être un peu a coté de la plaque, car écrivant d'Australie. Mais il se trouve que les histoires d'immigration finalement se ressemblent beaucoup, que que soit l’hémisphère.

 

Alors voila : en 2010 nous sommes un couple avec deux jeunes enfants. Tout fonctionne bien pour nous en France, apres quelques annees a Paris pour debuter notre carriere, ma femme et moi sommes retournés en province en Loire Atlantique, dans un charmant petit village pres de Nantes. Nous sommes déjà la depuis 3 ans, depuis la naissance de notre petite derniere quant il nous prends l'envie de bouger. Pour ma part j'atteignais les 40 ans. Cette envie est peut etre liée a la fameuse crise de la quarantaine, mais plus surement a l'ennui que nous ressentions au quotidien. Alors voila, le jour de mes 40 ans, nous avions reunis tous mes amis et ma famille et leur annoncons que nous partirons dans l'année a l'etranger. Incredulité, stupeur, moquerie, reactions normales.

Nous avions deja short listé les pays et arrivaient en tete, USA, Canada et Australie. Les Us nous semblaient difficile, le Canada me plaisait mais ma femme ne supporte pas le froid. Direction Australie, Sydney pour un voyage de prospection en Janvier 2010. En Aout,  le jour de mes 40 ans, nous avions réunis tous mes amis et ma famille et leur annonçions que nous partirions dans l'année a l’étranger. Incrédulité, stupeur, moquerie, réactions normales.

S'en suit une etude approfondie des visas ou l'on decouvre qu 'a cause de mon grand age les choix sont restreints. C est l'Australie...

Il faut viser un visa sponsorisé, le 457 : trouver une boite locale qui vous sponsorise, revenir en France, attendre le go de l’Administration. En decouvrant la liste de metiers on demand sur le 457 je decouvre que la meilleure ou la moins pire option est de faire un boulot que je faisais 5 ans plus tot. Bon, why not. Je pars en solo à Sydney à mes frais en Novembre, passe 15 jours la bas et par je ne sais quel miracle, décroche non pas un mais trois sponsors potentiels. j'en choisis un, tout heureux d'avoir décroché un job a $75k, avec commissions illimités. On se dit $75k c est pas terrible mais ça sera surement un début. Il faut dire qu'en France notre revenu combiné brut etait de €130k...

Je debarque a Sydney en Fevrier 11, ma femme et mes kids me rejoignent en Mars. Notre container doit arriver en Mai, nous avons €80k d’économies. Il faut d'abord chercher un appart, qui se revele etre galère, avec 20 personnes faisant la queue dehors a chaque fois. Apres plusieurs semaines nous y arrivons enfin. Une part de nos économies est brulée, mais la vie s'organise. Mes enfants de 7 et 3 ans ne parlent pas un mot d'anglais. Mon fils rentre a l'ecole publique et comme nous sommes residents etrangers, il doit payer l'ecole publique. Ma fille est trop jeune, elle doit aller en pre school. Probleme a Sydney, les places sont tellements demandées que on arrive a rien. par miracle nous tombons sur un francophone, un directeur de pre school d'origine congolaise. On sympathise; la langue commune çà aide - et la je pense à vous au Quebec-.Donc ma fille se retrouve un peu deboussolé, personne ne la comprend sauf un grand noir qui rigole tres fort! Vu l'endroit ou nous habitions en France je doute qu'elle ait vu un noir auparavant. Quoiqu'il en soit nous devenons très amis avec ce monsieur. Ma fille l'appelle papi ! Ma femme se met alors en quêté d'un boulot, qu'elle décroche grâce a un de mes collègues. C est un boulot a $50k, un petit job dans un bureau. Elle reporte a une écossaise de 10 ans sa cadette. A ce moment la tout va bien. Deux boulots, fils et fille casée. Ça ne vas pas durer.

Le niveau moyen de ma femme en anglais commence a poser problème. Elle se fait emm.. au boulot et puis un beau jour elle prends son carton. Pas de panique nous disons nous. Elle postule, postule. En arrive a 100, 200 applications sans résultat. 300 puis 400, quelques entretiens mais rien qui debouche. On commence a se poser des questions. Puis les ennuis n'arrivant jamais seul, je perds moi aussi mon job. Là, c est plus compliqué. En vertu e mon visa, j'ai 28 jours pour retrouver un nouveau sponsor sinon c est dehors. C est l'Australie. Je postule mais rien. Apres 3 semaines on commence a s'inquieter. J'appelle l'immigration pour expliquer notre cas. Une femme courtoisement m'explique que généralement il y a un délai de grâce supplementaire de 40 jours avant qu'on sonne a notre porte. Je continue a chercher, mais rien . 100, 200, 300 cvs envoyés en quelques semaines. Je decouvre par la meme ce qu 'on appelle l'echelle de Sydney : de mémoire, en fonction de votre origine , a candidat egal : d'abord les Sydneysiders, puis les gens de l'Etat, NSW, puis les autres australiens, ensuite les anglais, les ecossais, les neozelandais, les canadiens,  les gallois, les irlandais, les americains, les nord europeens, les francais, les sud europeens, les indiens, les sud americains et ensuite l'Afrique. je ne parle pas de l'Asie car les asiatiques forment un contingent a part, se cantonnant avec succès dans la finance et dans les business qu'ils créent eux memes. Je generalise mais ca permet de brosser un tableau rapide.

Bref, je ne trouve pas, ma femme non plus, nous sommes la depuis 7 mois et ca commence a aller mal. Puis arrive une interview. Une boite veux me voir, mais le job est a Perth, a 4000km de la. Je prends l'avion, arrive sur place, regarde qui sont les concurrents de la boite et les emailent au culot. Je passe mon entretien dans la boite A mais finalement préfère rejoindre une des boites que j'ai contacté et qui m'a donné un rdv sur le champ. Voila me dis un endroit dynamique . De retour à Sydney, on cogite et decidons de tenter le coup. Rebelotte les meubles dans le container. Depart sur Perth.

La ca se passe bien, en tout cas pour moi. je suis toujours dans le job initial mais mon salaire est passé a $120k. Ma femme continue  a chercher et finie par trouver un job nul mais un job quand meme. Au bout d'un an nous voila donc tout les deux avec un boulot, les enfants a l’école et on habite un super endroit. Les mois passent. On mets en vente notre maison de France, on recupere a l'arrache €100k dessus, le marché étant pourri en France. Avec notre maigre apport on se trouve une jolie bicoque, sans pretention, pour laquelle on s'endette a hauteur de $1m et fin du pret quand j'aurai 72 ans ....C est cher l'Australie.

Au bout de deux ans en Australie, la boite pour laquelle je travaille accepte de me sponsoriser pour la PR Permanent residency. Cool, on passe les test d'anglais, les examens de sang, des poumons, idem pour les kids. On commence a se detendre bien que ma femme en soit a son 4eme boulot. Elle galere toujours mais les week ends sont fantastiques. Entre temps on apprends que les lois changent sur la PR. Que mon job sort de la categorie on demand. Qu'on peut plus demander une PR nationale mais qu'on doit prendre une PR specifique nous obligeant a rester 5 ans dans notre Etat. Bon...ok. Le gvt continue de s'enerver ce qui en Australie se traduit dans les 10 jours par une loi. C est pas comme en France: ici des qu'on commence a discuter d'un topic, une decision est prise tres / trop  rapidement. On a toujours pas de nouvelles et l'agence d'emigration semble inquiete.On passe deux mois comme ca, puis on a la bonne nouvelle. Nous voila desormais "invirable". Il faut dire que les Aussies sont assez particuliers avec les immigrants. Si you don't like it just leave it. A la tele les emissions reines c 'est "border control " ou des immigrants se font choper avec des produits interdit et se prennent une amende, ou d'autres pretendant venir en touriste se font debusquer car ils voulaient en fait travailler (les criminels !). Quand c est pas ca c 'est les emissions sur les controles routiers, avec cameras en gros plans sur les contrevenants en train de souffler dans l'ethylotest. Je critique pas car on s'y fait. A coté de ca, y'a plein d'excelletns choses que vous connaissez tous donc je ne m'etends pas.

Les mois passent. Ma femme galere dans ses jobs pourris; on lui suggere de prendre des cours pour ameliorer son anglais genre pendant 4 semaines des leçons a $100/h. Quand on veux y arriver il faut raquer...

Quand a moi je perds mon job et le secteur (minier ) sur lequel je bossais rentre dans une crise cataclysmique. Plus de boulot, mais alors plus du tout. On se retrouve encore sans rien. Et en Australie, y 'a pas d'Assedic.

Les mois passent et les $4000 de mortgages deviennent de plus en plus dur a payer...sans rentrée d'argent.

Suite a venir.

 

 

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Merci pour ce récit venant de l autre côté du monde (Down under) :) 

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J'attends la suite avec impatience

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Quelle aventure ! Tu nous tiens en haleine là.  

 

C'est sympa de nous faire partager ton immigration depuis l'autre hémisphère. J'imagine que les paysages doivent être à couper le souffle ce qui explique le prix exorbitant du logement. 

 

Donc en Australie il n'y a pas de filet social et tout est payant même l'école public.

 

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C'est un récit très intéressant. Une copine est partie en PVT et a bien galéré. Elle a d'abord fait du fruit picking (le grand classique) et a réussi à se trouver un job en marketing mais peu payé pour l'Australie (56 K = RIEN là-bas). Elle a fait Sydney puis une autre ville et maintenant Perth. Mais là pareil, après avoir obtenu sa RP (en fait la RP ne se valide qu'après 5 ans il me semble bien dans son entreprise ! Si on perd son boulot, on saute !) elle s'est faite virer de sa boite qui n'a plus beaucoup d'activités. Donc là elle cherche comme une folle mais il ne se passe plus rien à Perth, l'économie est au plus mal et sa RP est techniquement compromise... (Bien qu'apparemment tant que la boite ne signale pas à l'immigration que t'es viré, tu ne cours pas de risques).

Elle a voulu rentrer 1000 fois mais bon elle s'accroche (depuis 3 ans il me semble), son copain ne parle pas anglais... ils vivent en coloc depuis 3 ans... La vie là-bas n'est vraiment pas facile mais il y a le climat...

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Merci. Je continue.

En arrivant en Australie et surtout en Western Australie il y a deux choses qui marquent. La première est le sentiment de liberté lié a la taille des espaces. Après une cinquantaine de kms loin des villes, on peut se retrouver seuls. Vraiment seuls. Seuls par exemple sur une plage de 5 km de long. Si on s'aventure plus loin encore, genre a 300km, ce sentiment est encore plus fort. C est extraordinaire. Marcher un matin en famille sur une plage, avec ses enfants et son chien. La nature semble sauvage comme au premier jour, on a un sentiment de "début du monde " (Pourtant, même si nous sommes seuls sur le parking, il y a des toilettes et elles sont propres, il y a même un ou deux rouleaux quasi neuf :-)). La deuxième chose qui marque c'est l’insécurité. On perd son job en un instant. Une fois le job perdu la situation passe rapidement du rose au noir. Il y a quasiment pas de période entre deux. Les australiens pour la plupart vivent sur la corde raide et sont beaucoup endettés. Donc chacun s accroche autant qu'il peut a son boulot et se prépare en permanence a le perdre, ce qui veut dire qu'une majorité de gens postule a des jobs alors qu'ils sont en place, juste au cas ou. La conséquence : le recrutement est totalement vicié. Les cabinets et entreprises reçoivent des centaines de candidatures et perdent beaucoup de temps, d'argent et d’énergie a contacter des candidats dont beaucoup n'ont nulle intention de prendre le poste. Ils se tiennent en veille. Au détriment de ceux qui cherchent vraiment un job. Face a ce problème et au manque total de loyauté, le recrutement est devenu le parent pauvre des fonctions dans l'entreprise. Plus de place pour la stratégie, il n'y a que le court terme. Les recruteurs sont de plus en plus jeunes - la tache étant barbante et mal payée- et manquant d expérience ils cherchent avant tout a minimiser le risque et a maximiser leur temps. Des lors, il n'y a plus que du copié collé. Si on cherche un vendeur de voiture pour Mercedes on sélectionnera le gars qui a vendu des mercedes, voires des bmw.

En parallèle, l'afflux de candidatures poussent les gens a recruter dans leur réseau. On s'evite ainsi le tri et la sélection. Avec le réseau, qu'importe si l’expérience est vraiment la. On recrute une connaissance.

Ces deux facteurs bloquent le marché du travail aux nouveaux entrants et favorisent les locaux. C 'est pourquoi pour les immigrants le job est non seulement vital mais problématique. Une fois en place on essaie de garder son job quel que soit la manière dont cela se passe. Se développe ainsi parfois des frustrations : on vit un enfer en semaine et au paradis le week end. Il existe même un phénomène dont m'a parlé mon dentiste, le grinding, le syndrome de l'immigrant : les gens frustrés par leur boulot grincent des dents en dormant. Serrent les dents  pendant leur sommeil en revivant la frustration accumulée la journée.

Étant désormais sans boulots tous les deux, nous nous remettons a appliquer en masse.

Ayant compris que le boulot qui m'avait amené en Australie me place sur un siège éjectable je me décide a faire autre chose et essaye de rentrer sur un autre secteur, le pétrole. Après tout, le pétrole ca paye bien et c est pas demain la veille que ca va s’écrouler me dis je. Au bout de quelques semaines je finis par decrcher un entretien et on me donne ma chance. Me voila dans un rôle un peu barbant, un truc administratif et financier que je n'aurai jamais considéré en France, mais bon la boite est intéressant et le secteur porteur. Ca va pas durer. Pour ma femme, un miracle finit par arriver. Apres des centaines de candidatures, un recruteur finit par lire la deuxième page de son cv, celle relatant ses expériences en France. Alleluia. On lui propose un job dans les Sales dans son domaine. Finit les boulots a deux balles, la voila remise en scène. Elle entre dans la firme. Bureaux blancs modernes, KPIs et objectifs a faire. Micro management mais aussi mega primes potentielles. Entourée de requins, n’hésitant pas a se faire tout les coups pour s'attribuer des clients. La nuit elle grince des dents mais nous refaisons pour la deuxième fois surface. L'horizon s 'éclaircit. Nous devenons citoyens australiens apres 4 ans et 4 mois dans le pays.

Et puis coup de tonnerre, le secteur pétrolier se casse la figure. Autour de moi l'ambiance se tend. D'abord les licenciements sont individuels, ca arrive par surprise. . Personne ne comprends qui va être touché et pourquoi. On licencie les gros salaires, les Sales, les petits salaires. Puis c'est par grappe qu'on voit les gens partir. Certains on 60 ans, certains sont la depuis 20 ans, certains ont tout sacrifié pour la boite. C est l’hécatombe.

Les conséquences se font sentir. Après l’écroulement du secteur minier et les dizaines de milliers de postes affectes, les centaines de milliers de famille impactées, voila le tour du secteur pétrolier, la seconde mamelle de Perth. Les bureaux se vident. La reaction des dirigeants est de licencier en masse. Qu'importe les millions de dollars de perdus en gens compétents, les sommes pharaoniques investis dans leur formation. On se retrouve a aller voir des clients dans des open spaces vident. Parfois il reste 2 personnes sur tout un etage en open space. Economiquement la situation dégringole. L'immigration dans l'Etat se ralentit. De 40.000  on passe a 15 000 par an. Du coup l’immobilier se contracte. L e real estate commence a souffrir. Les investisseurs se mettent a vendre. Les loyers degringolent. Autour de nous, on apprends qu'untel est parti sur Melbourne ou Sydney. Il n'y a presque plus de business a faire.

La ou le ralentissement de la Chine avait provoque la baisse du secteur minier, la production américaine de pétrole en exces fait baisser le prix du pétrole et stoppe les investissements. Encore une fois, des événements distants ont un impact majeur sur la vie locale. Tous les secteurs économiques sont impactés par ricochet.

Je perds mon job. Ma femme perds le sien. Mes amis perdent leur jobs.Et nous nous retrouvons tous a appliquer comme des malades,  la situation devient dramatique car même ceux qui avaient d excellents réseaux ne retrouvent rien. Et pourtant il faut toujours payer les mortgages, le cafe se vends toujours a $5. On serre la ceinture mais on se doute que ça risque de ne pas suffire.

A suivre.

 

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On peut dire que vous avez du courrage à revendre en tout cas  bravo de persister, on  attend la suite avec impatience 

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Wow,super intéressant. 

 

Bref ,l'Australie, vaut mieux y aller en touriste 

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Quel récit ! La suite, la suite !

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Tu nous mets en haleine...

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Apres quelques semaines de reflexion on prend enfin la decision qui s'impose : tenter à nouveau notre chance dans la ville la plus dynamique et quitter le marasme ambiant. L'idée est simple : plutot que de voir nos economies fondrent mois apres mois, autant essayer autre chose pendant que nous avons encore les ressources pour pouvoir le faire. Et donc rebelotte, on vend la plus grosse voiture et ce qui doit etre vendu, on compte et on estime avoir assez pour tenir 4 mois. La premiere difficulte consiste a trouver un logement ou l'on accepte les chiens, car nous avons un golden retriever de 30kgs, en centre ville pour se déplacer facilement. Pas facile à Sydney mais un type sur Air Bnb est d'accord. Le logement a l'air petit mais cosy. Le jour du depart approche. On met la maison chez un property manager en esperant la louer rapidement. Puis il faut expliquer aux enfants. Ce n'est pas facile pour eux - ni pour nous - de quitter  amis, environnement et vie relativement agreable. On prends l'avion et nous rendons a la maison de loc, pour apprendre qu'il y a un probleme et que le proprio nous propose autre chose compatble avec le chien. On se retrouve dans un petit truc, assez sommaire, toujours dans le centre. On essaie de persuader les enfants qu'il s'agit de vacances en attendant de trouver autre chose. On se met en recherche de boulot et d'une maison en loc. La c est la double deconvenue : les contacts qu'avaient ma femme semblent soudain tous avoir annulé leur velleités de recrutement. D'autre part la competition pour les maisons est encore pire que 5 ans plus tot. Il n'y a quasiment rien a louer et quand il y a , notre dossier ne passe pas  : et oui, sans contrat de travail, pas de boulot. Il nous faut 15 jours de visite pour comprendre qu'on ne vas pas y arriver et que le temps qu'on secure eventuellement un job aura passer des semaines dans cet appart. L'inquietude commence a nous gagner, d'autant plus que nous n'arrivons pas a louer notre maison de Perth : le marché s'etant cassé la figure, le peu de propositions que nous avons sont toutes en dessous de notre mortgage. Pourtant, nos amis vivant pas loin avaient reussi a louer leur maison en un week end et a un prix correct. On se dit qu'on a pas de chance. Les jours passent. Toujours pas de boulots et les enfants et nous (et le chien) commençons a moisir dans les 35m2. Apres un enieme refus de notre dossier de loc on se decide a faire de faux contrats de travail en demandant a des amis qui ont leur propre business de nosu aider. C'est dur, d'une part de se résoudre a mentir, d autre part d 'appeler a l'aide.Mais le subterfuge marche et on arrive a louer quelque chose. Etant un peu desesperés on prend la premiere location qui nous dit oui. Loin de la ville, avec une maison en construction a coté. On s'apercevra rapidement qu'on a loué la maison la plus moche de la rue. L'ecole est a 10mn a pied et le train pour la CBD a 15. Puis apres quelques jours, un coup de fil de Perth: nous avons enfin des locataires, sauf que ce qu'ils proposent couvre 75% seulement de notre mortgage. N'ayant pas le choix on dit ok. Nous voila donc avec une location qui nous coute $4500/ mois et concernant notre maison de Perth, nous en sommes de notre poche a hauteur de $2500. Et tout ca sans revenus.

 

Je me mets a vendre le peu d'actions qu'on avait, a perte car c etait des actions minieres et petrolieres. Puis vient la planche a voile quasi neuve, puis differentes bricoles. Ma femme finit par trouver un job pourri avec un salaire de 30% inferieur a son ancien job. Pas le choix, elle accepte et prend donc la voiture. J'amene et recupere les enfants a l'ecole a pied. C est bizarre de marcher tout le temps quand les gens autour de nous sont en 4x4, Lexus etc. Il faut dire qu'on a visé un bon quartier : ne pouvant pas payer les $20/30 000 necessaire pour une high school privée, nous nous sommes rabattus sur un quartier certes distant de Sydney mais avez de bonnes high schools. Le probleme c est que bon high school public = pas mal de gens qui investissent dans le coin, ce qui explique que nous sommes entourés de maison vallant dans les 2 voir 3 ou 5millions. La notre, même si c est la pire maison ou nous ayons vecu, une baraque glauque en brique rouge, vaux parait il $1.8m. C est le terrain qui vaux cher. On cherche a inscrire le grand pour la High School et on s apercoit qu'au niveau zoning, on est dans le creu d'un u. L'ecole est loin tres loin et c est une ecole centree sur la creativité, loin des etablissements plus proches qu'on avait reperés. Notre fils etant un matheux, on est un peu decu par l'approche artistique. On s'apercoit aussi que l'ecole en elle meme n'attire pas tant que ca; on depose un dossier pour les autres high schools, plsu proches, mais on nosu dit c est trop tard, il fallait le faire en Mai. Plus de place. Donc le fiston aura a 12 ans a marcher 17mn pour rejoindre l'arret de bus puis 20mn de bus. Je me rappelle que mon pere me disait marcher 50mn pour aller a l'ecole, ca me reconforte mais 70 ans ont passé depuis. :-(.... Voila qui ne nous rejouis guère.

Le boulot de ma femme est bien barbant. Elle en trouve un autre et démissionne après 15 jours pour +$10k annuel. J'en suis a ce moment a 300cvs et 5 entretiens. Nous qui imaginions trouver facilement des jobs mieux payes ici, c est la déconvenue. Avec les charges les économies se reduisent rapidement. On prend donc la decision de contacter la banque et de demander a suspendre notre mortgage pour 3 mois; Ici c est pas comme en France, ce type de demande relève de l'exceptionnel. La banque accorde chichement et fait passer ça pour une faveur. Dossier accepté, il faudra rembourser les trois mois de loyers en plus des loyers normaux, étalés sur quelques mois.

En vivant sans voiture je vois clairement autour de nous que la plupart des maisons sont rachetées par des asiatiques ou plus rarement des indiens. J'essaie de converser avec ceux qui parlent anglais mais c est assez difficile. L'un de nos voisins, un australien pur jus, nous annonce avoir vendu sa maison egalement a des asiatiques. $2.4m. Les acheteurs ont 28 ans. Comme je suis surpris il m'explique : les parents ont "avancé" les $2.4m. Charge aux enfants de rembourser, mais en evitant de passer par un emprunt bancaire ils gagnent environ 40% sur le loan mensuel. Ca fait rever. Un autre asiatique avec qui j'ai fait connaissance me raconte son histoire. Arrivé de Chine il y a 30 ans avec un doctorat en physique. Ne trouvant pas de boulot il  se decide a acheter 50% d'un dry cleaning. Son plan : au lieu de dependre d'un employeur australien et de vivre au jour le jour, il repart de plus bas mais aura la certitude de conserver son job. 30 ans plus tard il travaille toujours 50h mais possede 5 magasins. Pas un jour de chomage, pas un seul entretien a passer, pas une seule courbette a faire pour quémander un boulot. Il roule modestement en Audi et je pense que ca maison vaux dans les 3 millions. C'est une partie du secret en Australie  : il faut etre son propre patron : a partir de ce moment la tout va bien. Sachant qu'il n'y a pas d'assedic et que les salariés sont virables a volonté sans quasiment de preavis, avoir son propre business est une des cles du bonheur. Entre temps ma femme vient de retrouver enfin un nouveau job, avec son ancien niveau de salaire. Ce qui fera au total 9 jobs en 4 ans et neuf mois. Psychologiquement c est difficile mais on a besoin de sous. Pour ma part j'arrive apres 5 entretiens au moment ou l'on me dit, "y a un candidat en interne". Donc je continue a chercher mais peu a peu, toutes les déconvenues recentes et puis la situation dans laquelle nous sommes - clairement un appauvrissement significatif comparé a notre vie en France- nous amène a réfléchir sur notre "projet " australien" et à notre vie passée. Est ce que tout ca vaux le coup ? Est ce quon peut se resoudre a vivre éternellement comme des locataires sans espoir de vivre chez soit? Est ce qu'on était pas finalement plus heureux en France? Est ce que c est pas le moment de rentrer, avant d être trop vieux et définitivement out du marché du travail en France ? En creusant un peu on s 'apercoit que ceux qui ont reussit a faire "leur trou" en Australie sont arrivés jeunes, avant 32 ans et qu'ils ont eu un gros coup de bol a un moment. A coté de cela il y a une grosse majorité qui vivote, qu'on entend pas - forcement ils se font discrets-. Selon les statistiques 60% rentrent dans les 5 ans. Y a t il un moment ou l'on doit se dire, "bon on a fait tout ce qu'on a pu mais décidément ca ne décolle pas!?". Le tabou commence a tomber pour nous et je commence a parler de retour a d'autres français. Je m'apercois qu'il n ya pas besoin de gratter beaucoup, même parmi des gens qui sont la depuis 10 ans, pour entendre dire "oui j'y ai pensé et si je trouvais un boulot en France...". Avec l'age vient l'inquietude de la retraite. En Australie, 9.5% du salaire est versé sur un fond de pension. La retraite est a 72 ans. Au moment de sa retraite on doit vivre de son fonds et des intérêts qu'il génère. $1m  a 4% génère $40.000/ an. Pour avoir un million, il faut avoir beaucoup travaillé et sans arret pour bénéficier des intérêts composés. Et encore. Avec un revenu moyen a $100.000 par foyer on met juste $9.500 de coté par an.

Pour nous qui sommes arrivés en milieu de carrière, c'est simplement quasi impossible, même avec de bons salaires. D'un autre coté, 5 ans sans cotiser en France cela se rattrape avec le système de bonus quand on travaille au delà de l'age légal.

 

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A la lecture de vos péripéties (nous avons débarqué ici a la quarantaine aussi),  je me dis que le Canada semble bien plus accueillant malgre son manque de belles plages :)

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Décidément et après tout ce que je l'ai lu et entendu sur l'Australie, ca semble 1) etre un pays absolument hors de prix 2) où il est difficile de trouver un travail et 3) qui semble quand même privilégier les australiens purs souches (je me souviens à mon arrivée au Canada avoir discuté avec une chinoise qui avait vécu en Australie facile 5 ans et me disait que les australiens n'acceptent pas ou très difficilement les asiatiques. Du coup elle avait dû venir au Canada)

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@Puda & kuroczyd,

 

Oui le Canada semble plus accueillant. Il y a vraiment très peu de gens qui réussissent le pari australien. Environ 800 a 1000 Francais par an acquièrent la nationalité australienne. C est très peu.

300 "French born"- Australiens quittent l'Australie tout les ans et 150 s'en retournent en France. C'est significatif sachant qu'on parle de personnes ayant obtenus la citoyenneté et donc tenu au minimum 4 ans.

J'en termine la avec le récit de notre histoire.La maison de Perth est désormais en vente et nous cherchons activement un job en France. On a plein de projets en tete, on veut faire construire en France. Les enfants sont devenus bilingues, nous auront vécu de belles aventures, mais décidément trop de stress professionnel. Il reste la double nationalité pour nous et les enfants, qui pourrait être utile. Un beau pays, bien organisé, sûr. La nourriture okay et allant en s’améliorant. Des gens biens et des cons comme partout. Je ne fais pas de bilan financier, mais tout le monde aura comprit qu'on y a laissé beaucoup, beaucoup d'argent. Mais notre famille en sortira plus forte, avec cette histoire qui restera dans notre tête et dans nos cœurs. Et bien sur plein de photos.

20141130_102648.jpg

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Merci pour ton témoignage, je n'ai pas eu la chance de visiter l'Australie mais j'ai visité la Nouvelle Zélande l'an dernier. Est ce que les deux pays sont culturellement très similaires ?  Un peu comme le Canada et les USA  sont très similaires ?

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il y a 14 minutes, landedale a dit :

@Puda & kuroczyd,

 

Oui le Canada semble plus accueillant. Il y a vraiment très peu de gens qui réussissent le pari australien. Environ 800 a 1000 Francais par an acquièrent la nationalité australienne. C est très peu.

300 "French born"- Australiens quittent l'Australie tout les ans et 150 s'en retournent en France. C'est significatif sachant qu'on parle de personnes ayant obtenus la citoyenneté et donc tenu au minimum 4 ans.

J'en termine la avec le récit de notre histoire.La maison de Perth est désormais en vente et nous cherchons activement un job en France. On a plein de projets en tete, on veut faire construire en France. Les enfants sont devenus bilingues, nous auront vécu de belles aventures, mais décidément trop de stress professionnel. Il reste la double nationalité pour nous et les enfants, qui pourrait être utile. Un beau pays, bien organisé, sûr. La nourriture okay et allant en s’améliorant. Des gens biens et des cons comme partout. Je ne fais pas de bilan financier, mais tout le monde aura comprit qu'on y a laissé beaucoup, beaucoup d'argent. Mais notre famille en sortira plus forte, avec cette histoire qui restera dans notre tête et dans nos cœurs. Et bien sur plein de photos.

 

Si vous en avez eu l'occasion,c 'est certain que c'est mieux d'avoir vécu ça que d'avoir eu des regrets. 

Et comme tu le soulignais plus haut, c'est plus facile d'immigrer quand on est plus jeune car on est prêt à plus de sacrifices pour un investissement dans la vie à long terme. Quand on est plus agé, c'est plus complexe, pas impossible mais juste moins aisé et surtout lorsque l'on désire 'rapidement' accéder au niveau de vie que l'on a bâti dans son pays d'origine.

Pour les enfants, mon retour d’expérience c'est que malheureusement leur bilinguisme se perdra si vous ne le cultivez pas à leur retour en France.

Merci encore pour ce panorama, cela a été très instructif !

 

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C est similaire comme la France et la Belgique, c est a dire assez different d'un point de vue Belge ou Francais. La NZ c'est a faire en camping car en fin decembre.

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il y a 3 minutes, kuroczyd a dit :

Si vous en avez eu l'occasion,c 'est certain que c'est mieux d'avoir vécu ça que d'avoir eu des regrets. 

Et comme tu le soulignais plus haut, c'est plus facile d'immigrer quand on est plus jeune car on est prêt à plus de sacrifices pour un investissement dans la vie à long terme. Quand on est plus agé, c'est plus complexe, pas impossible mais juste moins aisé et surtout lorsque l'on désire 'rapidement' accéder au niveau de vie que l'on a bâti dans son pays d'origine.

Pour les enfants, mon retour d’expérience c'est que malheureusement leur bilinguisme se perdra si vous ne le cultivez pas à leur retour en France.

Merci encore pour ce panorama, cela a été très instructif !

 

Pourvu que ca serve a quelqu'un !

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Il y a 7 heures, Puda a dit :

Décidément et après tout ce que je l'ai lu et entendu sur l'Australie, ca semble 1) etre un pays absolument hors de prix 2) où il est difficile de trouver un travail et 3) qui semble quand même privilégier les australiens purs souches (je me souviens à mon arrivée au Canada avoir discuté avec une chinoise qui avait vécu en Australie facile 5 ans et me disait que les australiens n'acceptent pas ou très difficilement les asiatiques. Du coup elle avait dû venir au Canada)

Ca s'applique aussi aux asiatiques nés en Australie ?

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