Habitués Curieuse Posté(e) 9 décembre 2007 Habitués Posté(e) 9 décembre 2007 Intéressant...Vivre en anglais au Québec: possible mais contraignantLouise LeducLa PressePour la première fois depuis 1976, le nombre d'anglophones est en hausse au Québec. En 2006, il atteignait 607 000 personnes, comparativement à 591 000 en 2001, révélaient cette semaine les toutes dernières données du recensement. Tout se passe comme si, finalement, les anglos se plaisaient bien au Québec et qu'un modus vivendi avait été trouvé avec les francophones. Puis survient une «affaire» Koivu. Une controverse autour d'un projet de loi sur l'identité québécoise. Suffirait-il de presque rien pour que?Marvin Rotrand se lève. Il fait son discours. Pour une première intervention à l'hôtel de ville de Montréal, il est plutôt fier de lui, fier de son éloquence, fier de son aisance. Il se rassoit. Personne ne dit mot. À la pause, il interroge ses confrères conseillers. Pourquoi personne n'a réagi?Parce que personne n'avait compris.Il avait parlé anglais du début à la fin.Vingt-cinq ans plus tard, Marvin Rotrand est toujours conseiller municipal, mais il est aujourd'hui bilingue. «Tout mon français, je l'ai appris à l'hôtel de ville.»Jusque-là, dit-il, il avait vécu «à part», en anglais, à Montréal. Par la force des choses. Ses parents, arrivés ici après avoir survécu aux camps de concentration, ont été dirigés vers des commissions scolaires anglophones puisqu'ils n'étaient pas catholiques.Puis un jour, pour être élu, Marvin Rotrand a eu besoin de votes. «Si on veut être interviewé par Radio-Canada, c'est bien utile, de savoir parler français...»Combien sont-ils aujourd'hui à vivre tout le temps en anglais à Montréal? David Corcos, qui étudie au collège Dawson, affirme qu'il a autour de lui «autant d'amis bilingues que d'amis incapables de suivre une conversation en français».«Mon chum est photographe et le fait de ne pas parler un mot de français est très limitant pour lui, raconte pour sa part Shana Panasuk, étudiante au même collège. Quand il veut photographier des gens, je dois les aborder pour lui.»À l'inverse, le fait d'être parfaitement bilingue facilite la vie de Shana. «Quand j'ai postulé pour un emploi de caissière au Canadian Tire, je l'ai eu tout de suite. Celui qui m'a interviewé exigeait des candidats bilingues, et j'étais la seule à l'être.»Lindsay Green, résidante de Côte-Saint-Luc âgée de 18 ans, est unilingue et n'y voit encore aucun problème. «Je veux devenir architecte. Peut-être que, plus tard, ce sera un problème de parler anglais seulement, mais ça ne l'est pas pour l'instant. J'étudie en anglais, mes amis sont anglophones, ça ne m'arrive jamais d'avoir à parler français.»L'appel du largeLes étudiants unilingues rencontrés ont tôt fait d'évoquer la possibilité de quitter le Québec. Si ça ne marche pas, j'irai ailleurs. Entendre: à Toronto, surtout.Le feront-ils? Contre toute attente, depuis cinq ans, malgré le boom albertain, les anglophones sont restés au Québec comme jamais depuis 1976.«Pourquoi partiraient-ils? Ils sont bien! Ils peuvent vivre en anglais tous les jours de leur vie au Québec!» lance Charles Castonguay, mathématicien de l'Université d'Ottawa qui a passé sa vie à décortiquer l'évolution du fait français au Québec et qui a été catastrophé par le dévoilement des derniers chiffres du recensement.Larry Smith, PDG des Alouettes, doute aussi - mais pour d'autres raisons - que les anglophones mettent encore massivement les voiles. «Toronto, c'est vraiment un autre monde. Toronto, c'est comme New York. C'est l'argent et le travail. Ici, au Québec, on travaille, mais avoir du fun, c'est important aussi. On tient à notre qualité de vie.»Marvin Rotrand refuse pour sa part de se hasarder dans des prédictions sur l'avenir de la communauté anglophone de Montréal. «Trop imprévisible. Qui sait, peut-être les anglophones de Toronto ou d'ailleurs réaliseront-ils à quel point la vie est bonne ici, et qu'un loyer à Montréal, c'est moins cher qu'à Halifax!»Une communauté éclatéeCe qui est sûr, c'est que la communauté anglophone est moins homogène qu'avant, se confondant aujourd'hui avec les allophones qui demeurent nombreux à adopter l'anglais. Moins homogène, et manifestement plus dispersée.«J'ai longtemps habité rue Brébeuf, dans le Plateau, et j'étais vraiment le seul anglophone là! dit Brian Wright, qui travaille dans le milieu théâtral. Mes amis ne déménageaient jamais à l'est de la rue Saint-Denis. Aujourd'hui, il y a plein d'anglophones dans le Plateau, et même au coeur d'Hochelaga-Maisonneuve. Je ne suis plus seul de ma gang!»Selon les dernières données sociodémographiques, le Plateau-Mont-Royal comptait 12% de résidants ayant l'anglais pour langue maternelle.De la même manière, «les châteaux forts anglophones ne sont plus aussi homogènes qu'ils l'étaient, fait observer le reporter Stéphane Giroux, qui couvre la communauté anglophone pour la chaîne CTV. Aussi francophones soient-ils, mon frère et ma soeur habitent dans le West Island et ils sont loin d'être l'exception.»Les anglos et nous: mythes et réalitésLes anglophones québécois sont plus richesLe revenu personnel médian des anglophones et des francophones est presque identique au Québec (21 619$ contre 21 166$) et à Montréal (21 966$ contre 21 599$).Les anglophones ont de meilleurs emploisLa proportion d'anglophones qui occupent un poste de cadre (13,4%) est plus élevée que la moyenne provinciale (10,4%). Toutefois, selon les dernières données à ce sujet (en 2001), le taux de chômage des personnes de langue maternelle anglaise était supérieur à la moyenne dans toutes les grandes régions du Québec, à l'exception de Montréal.Les lois linguistiques donnent des boutons aux anglophones.Un vaste sondage CROP réalisé en 2001 pour l'Institut Missisquoi révélait que la moitié des anglophones du Québec croyaient légitime que le gouvernement québécois adopte des lois visant à protéger la langue française.Anglophones et francophones se sentent menacés.Soixante-six pour cent des répondants d'un sondage CROP mené en 2001 disaient croire que l'avenir de la communauté anglophone de leur région était menacé. Seulement 14% des francophones le croyaient. À l'inverse, 61% des francophones croyaient que le français était menacé au Québec. Près des deux tiers des anglophones sont en désaccord avec cette idée.Maudits anglos?Quatre-vingt-trois pour cent des francophones, dans le même sondage, ont déclaré avoir de bonnes ou de très bonnes relations avec les anglophones.Sources: Vers l'avant: évolution de la communauté d'expression anglaise au Québec, novembre 2004; CROP, Survey of the English-Speaking Community of Québec, 2001.Histoire de reviser certains mythes.... Citer
Laurent Posté(e) 9 décembre 2007 Posté(e) 9 décembre 2007 Dans la même série.Le dimanche 09 décembre 2007«Aujourd'hui, être anglophone au Québec, c'est correct»Heidi Hollinger et son père, Arnold Hollinger. Louise LeducLa PresseCette semaine, les nouvelles données du recensement de 2006, portant sur la langue, ont révélé un Québec anglophone de plus en plus bilingue. Aujourd'hui, 69% des anglophones disent connaître le français, comparativement à 66% cinq ans plus tôt. Comment le changement se produit-il, sur deux générations? Et qu'arrive-t-il à ceux qui n'y parviennent pas? Portrait de trois paires parent-enfant.Heidi Hollinger, photographe, 39 ans, de Westmount. Bilingue.Arnold Hollinger, retraité, 76 ans, de Dorval. Regrette d'avoir appris sur le tard ce qu'est un serrurier, mais peut parfaitement tenir une conversation en français.***Arnold Hollinger croit être le seul anglo à avoir dans son salon une photo géante de René Lévesque. Il y a de bonnes chances pour que ce soit vrai. Ce qui est encore plus sûr, c'est qu'il est le seul anglo à s'être déjà porté candidat pour le Parti égalité, à avoir participé à des assemblées d'Alliance Québec... et à avoir René Lévesque dans son salon.«Mon père, c'est l'anglophone typique qui se sent persécuté. Il faut que vous lui parliez, c'est vraiment tout un personnage!» nous avait prévenu au téléphone sa fille, Heidi Hollinger.Heidi Hollinger elle-même n'est pas banale. Dans une autre vie, elle a travaillé pour la Pravda, en Russie. Mikhaïl Gorbatchev et Vladimir Poutine ont accepté de se faire photographier par elle à la bonne franquette. L'ultranationaliste Vladimir Jirinovski a même pris la pose en caleçon. Aujourd'hui, en plus d'expositions, elle signe des portraits dans la revue La Semaine. Éric Salvail, Véronique Cloutier et les Denis Drolet ont tous passé par son studio. Mitsou lui a demandé de photographier son accouchement. Chaque année, sa photo de la famille Charest sert de carte de Noël officielle au premier ministre.Elle constate que, encore aujourd'hui, dans une large mesure, «anglophones et francophones vivent des vies parallèles». «Dites "Véronique Cloutier" et il y aura peu d'anglos qui sauront qui c'est. Peut-être la replaceront-ils si on rappelle l'histoire entre son père et cette chanteuse, mais même là, ce n'est pas sûr.»Heidi Hollinger, elle, est incollable. Les vedettes québécoises, elle connaît. Il faut aller jusqu'à Michèle Richard - «Michel qui?» - pour la prendre de court.On aura compris que le blues de l'anglo opprimé ne colle pas avec elle. «On a notre radio anglophone. Notre télévision anglophone. CBC. CHOM. Des services en anglais sans problème. Il ne nous manque absolument rien.»suite et source : http://www.cyberpresse.ca/article/20071209...19/CPACTUALITES Citer
Habitués yolande2 Posté(e) 9 décembre 2007 Habitués Posté(e) 9 décembre 2007 Dans la même série.Le dimanche 09 décembre 2007«Aujourd'hui, être anglophone au Québec, c'est correct»Heidi Hollinger et son père, Arnold Hollinger. Louise LeducLa PresseCette semaine, les nouvelles données du recensement de 2006, portant sur la langue, ont révélé un Québec anglophone de plus en plus bilingue. Aujourd'hui, 69% des anglophones disent connaître le français, comparativement à 66% cinq ans plus tôt. Comment le changement se produit-il, sur deux générations? Et qu'arrive-t-il à ceux qui n'y parviennent pas? Portrait de trois paires parent-enfant.Heidi Hollinger, photographe, 39 ans, de Westmount. Bilingue.Arnold Hollinger, retraité, 76 ans, de Dorval. Regrette d'avoir appris sur le tard ce qu'est un serrurier, mais peut parfaitement tenir une conversation en français.***Arnold Hollinger croit être le seul anglo à avoir dans son salon une photo géante de René Lévesque. Il y a de bonnes chances pour que ce soit vrai. Ce qui est encore plus sûr, c'est qu'il est le seul anglo à s'être déjà porté candidat pour le Parti égalité, à avoir participé à des assemblées d'Alliance Québec... et à avoir René Lévesque dans son salon.«Mon père, c'est l'anglophone typique qui se sent persécuté. Il faut que vous lui parliez, c'est vraiment tout un personnage!» nous avait prévenu au téléphone sa fille, Heidi Hollinger.Heidi Hollinger elle-même n'est pas banale. Dans une autre vie, elle a travaillé pour la Pravda, en Russie. Mikhaïl Gorbatchev et Vladimir Poutine ont accepté de se faire photographier par elle à la bonne franquette. L'ultranationaliste Vladimir Jirinovski a même pris la pose en caleçon. Aujourd'hui, en plus d'expositions, elle signe des portraits dans la revue La Semaine. Éric Salvail, Véronique Cloutier et les Denis Drolet ont tous passé par son studio. Mitsou lui a demandé de photographier son accouchement. Chaque année, sa photo de la famille Charest sert de carte de Noël officielle au premier ministre.Elle constate que, encore aujourd'hui, dans une large mesure, «anglophones et francophones vivent des vies parallèles». «Dites "Véronique Cloutier" et il y aura peu d'anglos qui sauront qui c'est. Peut-être la replaceront-ils si on rappelle l'histoire entre son père et cette chanteuse, mais même là, ce n'est pas sûr.»Heidi Hollinger, elle, est incollable. Les vedettes québécoises, elle connaît. Il faut aller jusqu'à Michèle Richard - «Michel qui?» - pour la prendre de court.On aura compris que le blues de l'anglo opprimé ne colle pas avec elle. «On a notre radio anglophone. Notre télévision anglophone. CBC. CHOM. Des services en anglais sans problème. Il ne nous manque absolument rien.»suite et source : http://www.cyberpresse.ca/article/20071209...19/CPACTUALITESVoici le Québec d'antant, le Québec d'avant la Loi 101 (1977) le Québec de l'apartheid, le Québec des Nègres blancs d'Amérique"Aujourd'hui, c'est quand même une tout autre époque. «Quand j'étais jeune, quand je roulais vers mon chalet à Rawdon, je voyais bien, chemin faisant, à Saint-Esprit, à Sainte-Julienne et dans tous ces villages, à quel point l'église était centrale. À quel point c'était différent. Mais pour le reste, les rares fois où je côtoyais vraiment de près les francophones, c'est quand j'allais au baseball, au stade de Lorimier. Aujourd'hui, Heidi, elle, fréquente aussi bien des anglophones que des francophones.» Citer
Habitués Curieuse Posté(e) 9 décembre 2007 Auteur Habitués Posté(e) 9 décembre 2007 On entends souvent dire dans le ROC et quelquefois ailleurs (entre autre sur ce forum) que les québécois font une fixation sur « les maudits anglais »alors que la réalité est toute autre.Quatre-vingt-trois pour cent des francophones, dans le même sondage, ont déclaré avoir de bonnes ou de très bonnes relations avec les anglophones. De plus, ils ont tous leurs services en anglais. Ils possèdent leurs propres écoles, universités, médias, commerces, quartiers, centre daffaire et quasiment la moitié de lîle de Montréal Pas pire pour des « opprimés »..En fait, sil y avait eu à avoir une catégorie de « citoyens de seconde zone » au Québec, ils auraient été les premiers touchés. Ce qui nest visiblement pas le cas Citer
Habitués Lachtite Posté(e) 9 décembre 2007 Habitués Posté(e) 9 décembre 2007 Merci Curieuse, Lindsay Green, résidante de Côte-Saint-Luc âgée de 18 ans, est unilingue et n'y voit encore aucun problème. «Je veux devenir architecte. Peut-être que, plus tard, ce sera un problème de parler anglais seulement, mais ça ne l'est pas pour l'instant. J'étudie en anglais, mes amis sont anglophones, ça ne m'arrive jamais d'avoir à parler français.»Quel dommage de vouloir se priver de tout ce que le français t'offre au Québec.... Citer
Habitués petiboudange Posté(e) 9 décembre 2007 Habitués Posté(e) 9 décembre 2007 De fait, c'est exactement ça. Vouloir rester unilingue anglophone, c'est se priver d'une partie de ce que le Québec peut offrir et restreindre volontairement son espace de vie. Mais c'est un choix et si elle assume plus tard, ça la regarde. Mais je continuerais à tenter d'encourager notre tricoteuse anglophone qui sert du café après des études universitaires pour pouvoir apprendre le français. C'est le mien de choix Citer
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