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Showing content with the highest reputation since 10/08/2009 in Blog Entries

  1. 13 points
    soulman

    Pourquoi partir ?

    Tout à l'heure je lisais un billet sur le forum. Vous l'avez sans doute vu, quelqu'un qui repartait en France après 10 années passées au Québec. Tout ce qui ressortait du message, c'était beaucoup d'amertume, de la frustration, une liste exhaustive de tout ce que cette personne en était venue à détester ici. Loin de moi l'idée de la critiquer, je compatis vraiment et je ne connais pas son histoire. Mais cela m'a fait penser à trop d'histoires entendues, trop de cas d'amis, de proches ou d'inconnus qui, au moment d'aborder un changement dans leur vie, s'attardent sur tout ce qui les a écœurés dans ce qu'ils quittent au lieu de se réjouir de ce qui s'en vient. Pas forcément pour des projets aussi grands qu'une immigration, parfois c'est juste pour un nouveau travail, une nouvelle maison, voire même une nouvelle activité du dimanche matin. Que d'énergie perdue à se lamenter sur ce qui est passé sans aucun attrait pour ce qu'il reste à découvrir. J'aime tellement lire des messages qui disent : " Plus que 4 jours avant mon retour en France. J'ai tellement hâte, après 6 ans ici, de revoir tous mes amis. Les vacances en Bretagne, les plages désertes et les crêperies du Finistère, les marchés emplis d'accents chantants et de fromages de chèvre quand je vais voir ma famille en Ardèche, ces chaudes soirées sur la terrasse avec le chant des cigales à jouer à la belote. Me sentir à nouveau totalement chez moi quand je marche dans la rue, rire aux blagues de mes collègues parce que je comprendrai à quoi ils font référence. Pouvoir assister à nouveau à toutes les réunions familiales qui m'ennuyaient tant avant, voir grandir mes neveux, savoir que je compte dans leur vie, que je ne suis pas l'"oncle qui habite loin". Vieillir avec les miens, retrouver toutes mes références. Je suis heureux d'avoir pu vivre tout ça, j'ai appris beaucoup sur moi et sur le fait de se sentir étranger quelque part. Je ne verrai plus les immigrés de la même façon en France, parce que maintenant je les comprends. Le soleil que je chérirai dans le sud ne sera pas le même pour un Sénégalais que celui qui l'a vu naître. Je comprends ça maintenant. Tout comme je comprends désormais l'Algérien qui fête l'Aïd en famille, qui célèbre la fin du Ramadan, brève bouffée de sa terre natale qu'il partage à Angoulême, Strasbourg, Lille avec d'autres qui, comme lui, sont venus ici offrir à leurs enfants une chance que eux n'ont pas eue. Je rentre en sachant que j'ai été au bout de mon rêve, sans regret, avec la certitude que quand je serai vieux et qu'il sera trop tard pour bouger à nouveau, je ne me dirai pas "si seulement", "j'aurais du". Mais en sachant par contre que je serai là où je souhaitais vieillir, chez moi, avec les miens." " Je suis dans l'avion, ça y est, l'inconnu. Ce n'est pas avec deux séjours de quelques semaines qu'on peut connaître un pays, je ne sais donc pas ce qui m'attend. Mais c'est exactement pour ça que je suis là, prêt à commencer une nouvelle vie. J'ai hâte de vivre ce dépaysement, ce décalage, de pouvoir me plonger intégralement dans un pays, un continent qui m'est étranger. La Gaspésie ne sera jamais la Vendée, Vancouver n'est pas Rome et New York n'est pas Berlin. Mais ça, je le sais, je ne pars pas à 6000 kilomètres pour essayer de tout rapprocher de ce que je connais déjà, sinon j'aurais juste déménagé à 100 kilomètres de Brive. Ça me rappelle mes potes qui étaient partis s'installer en Guadeloupe, ils chialaient tous les jours sur le fait de ne pas avoir de fenêtre, que les laitages étaient chers, que les gens étaient moins souriants que quand ils étaient venus en touristes. Je ne vois pas l'intérêt de vouloir vivre sur une île aussi loin en retrouvant son confort de Paris. Quand je vivais à Marseille je mangeais des sardines sur le Vieux Port, quand j'étais étudiant à Strasbourg j'allais au marché de Noel boire du vin chaud. J'ai découvert le foie gras à Périgueux et la truffade à Clermont. C'est court une vie, on change souvent de place, autant s'attacher à ce qui est bon là où on est que de regretter ce qu'on n'y trouve plus. Je ne vais pas chercher des pistes de ski en Martinique et ne chercherais pas plus à faire de la plongée sous marine dans les Alpes. J'allais au Parc des Princes voir le PSG à Paris, quand je suis arrivé à Brive j'ai découvert le rugby. J'ai hâte d'aller voir un match de hockey, ça a l'air super. J'ai tellement hâte de plonger dans une routine, découvrir de nouvelles personnes, de nouveaux amis, apprendre à me faire accepter. Une nouvelle vie." C'est certain que pour avoir le goût de partir, ça peut venir au départ d'un ras le bol de sa vie actuelle. C'est sûr. Pas forcément, mais c'est courant. Ceci dit au moment de construire un nouveau projet, on doit selon moi totalement se tourner vers ce qui s'en vient, ce qui reste à construire. J'ai rencontré beaucoup d'immigrants qui arrivaient ici en disant qu'ils venaient parce que c'est "plus facile de trouver du travail", "il parait que ça paye mieux", "j'en avais marre de la France". La plupart sont repartis. Parce que leurs problèmes les ont suivis, évidemment. Certains souffraient de dépression et n'ont fait qu'accentuer leur mal-être, d'autres n'avaient aucune idée de ce qu'ils voulaient faire dans la vie, d'autres enfin n'en pouvaient plus de leur vie de famille et cherchaient un moyen de sauver leur couple, en pensant qu'un changement d'air leur ferait le plus grand bien. Autant dire que leurs problèmes toujours là à leur arrivée couplés aux difficultés de l'immigration, au coût du projet et à tout ce qui peut saper le moral les premiers mois, ça a été dans la majorité des cas la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Immigrer peut aider à résoudre ses problèmes si ceux-ci étaient liés à votre vie passée, c'est certain, mais ça ne va pas effacer un problème de fond que vous traînerez avec vous où que vous alliez.
  2. 11 points
    damdidg

    Bientôt 3 ans

    J'peux pas croire que je vis icitte depuis bientôt trois ans. My god que le temps file! Ça paraît si loin le forum, les démarches administratives, le stress de l'attente, les préparatifs de départ... Une vie volontairement bouleversée et tellement de changements. Pourtant on peut pas dire que je le connaissais pas ce beau pays : J'y venais régulièrement depuis 2007. J'ai eu cette chance d'en faire un joli tour d'horizon et chaque nouvelle découverte m'ancrait un peu plus à cette terre, à ses hommes et à ses femmes. Du fin fond du bois Mauricien, rongé par les mouches noires, jusqu'au bout du Forillon, nez à nez avec maman ours et sa progéniture, des chaleurs accablantes et moites de l'été Montréalais jusqu'au froid polaire du nord et de ses hivers implacables où t'es mieux de pas niaiser si tu veux rester en vie, pas une fois je ne me lassais de cette magie. 17 ans à faire du rock et à errer d'études ratées en petits boulots de survivant. Tout était à rebâtir et je me suis retroussé les manches: Après ma 14ème entrevue et 6 mois de galères on me donne enfin ma chance dans un département d'archives médicales d'un hôpital de Montréal: Je vais y passer un an et demi, à accepter tout et n'importe quoi, à la lumière triste d'un néon. Moi le nomade, le marcheur, l'auto-stoppeur, celui qui ne se préoccupait jamais du lendemain, je rentre dans le rang... ou pas. Je me prépare un avenir en fait: Je cherche à retourner aux études et comme je ne peux me permettre le coût des formations universitaires je me tourne vers une technique au collégial. Première tentative ratée, c'est tellement contingenté que je n'ai aucune chance... Et pourquoi pas après tout? L'année suivante je persiste et signe. Arguments, rencontres, lettre de recommandation de mon employeur et... BINGO! Je suis officiellement admis en réadaptation physique, une formation de trois années qui se rapproche de la kinésithérapie en France. J'ai débuté en octobre dernier et je m'accroche du mieux que je peux après une absence de près de 15 ans des bancs d'école. C'est difficile, le rythme est infernal et bien sur je dois en plus travailler à côté pour m'en sortir. Heureusement cette année et demi de sacrifices au travail ont porté fruit et j'ai de belles références d'emploi alors je trouve un temps partiel pas trop loin de mon Cegep et avec un horaire flexible s'il vous plait!!! Récemment, j'ai participé à un concours de bourses d'études de la caisse Desjardins et on m'a sélectionné pour une bourse de 500 dollars ! Ça paiera mes cours d'été et un bout de ma saison de hockey yes sir! Bref, tout ça pour dire au futur immigrant (genre masculin utilisé pour alléger le texte) que : - oui tu vas en ch**r c'est normal, tu t'apprêtes à vivre dans un nouveau pays (nouvelle culture, nouvelle société, nouvelles lois, nouvelle langue et oui!, nouveau système scolaire, de santé...) - oui tu vas t'intégrer sans problèmes si tu laisses tes habitudes de français derrière toi et que tu fais l'effort d'aller vers ceux qui t'ont ouvert la porte de leur pays (c'est pas rien quand même nan???!!!) - oui on te donnera ta chance si tu persévères, que tu tires des enseignements de chaque échec ou refus et que tu en apprends plus sur ton nouveau toi chaque jour) - oui tu peux réussir si tu as autant à donner que ce que tu es venu prendre (emprunter plutôt c'est plus poli quant à moi) - oui la vie est dure, qu'est ce que tu crois, que c'est pleasantville icitte? Hey mon homme le paradis, avant tout, il est en toi, nulle part ailleurs. Pis si tu veux en laisser sortir une p'tite affaire de toé je te gage que tu vas aimer ce que tu vas voir, peu importe ou tu te trouveras à ce moment là sur la mappemonde. Je m'estime chanceux dans un sens, mais à l'instant où j'écris ces quelques lignes, je me rend compte, tout simplement, que je mérite ce qui m'arrive... J'ai jamais réussi à être fier de moi, question de tempérament, trop plein d'humilité, gène constante ou auto-sabotage. Mais aujourd'hui cré moé, maudit qu'j'suis fier d'être Québécois. Damien Montréal, 2013-05-04 19h00
  3. 10 points
    Bilan après un an (ou presque...) Chaque projet d’immigration est unique. Il n’appartient qu’à ceux qui le vivent et reste fondamentalement dépendant des conditions dans lesquelles il émerge. Chaque personne, qui quitte son pays pour aller s’installer dans un autre, projette des attentes, des envies ou des besoins dans sa volonté de changement. Si certaines expériences apportent des clés, des indices sur ce qu’il faut faire, ou pas, aucune ne peut vraiment se calquer à la nôtre. Aussi, ce bilan dressé après un an passé ici, n’est que le nôtre. Uniquement le nôtre. Notre expérience peut se partager, mais ne doit pas être perçue comme une vérité, ni comme une réalité qui s’impose à tous. Elle n’est que le reflet de ce que nous avons découvert et vécu, en lien avec notre parcours de vie et avec les attentes que nous avions placées dans ce désir de départ. Chaque projet d’immigration est unique. Émigrer, immigrer, est une épreuve et une aventure. Peu importe ce que nous cherchons dans ce nouveau départ, peu importe les motivations qui nous poussent à le faire, cette expérience est une épreuve. Une épreuve personnelle et familiale. Une épreuve difficile humainement, socialement et professionnellement. Une épreuve qui nous transforme. Mais c’est également une aventure extraordinaire, qui nous amène à nous dépasser, à affronter nos craintes, à remettre en cause nos acquis, à sortir de notre zone de confort ; une aventure propice à la remise en question, à l’introspection, qui nous apprend beaucoup sur nous-même. Une aventure riche d’enseignements et d’apprentissages, pour nous, pour nos enfants. Voilà donc bientôt un an que nous avons foulé le sol de cette nouvelle vie. Un projet qui a vu le jour voilà plus de dix ans, après le visionnement d’un reportage sur une famille qui traversait le continent américain, avec pour objectif d’aller manger du sirop d’érable coulé sur une petite cuillère de neige, à Québec, le soir de Noël. Une fois la télévision éteinte, nous nous étions dit que, nous aussi, nous ferions cela un jour. Sans y prêter trop attention, le projet a mûri dans nos têtes. Le Québec était toujours en toile de fond, malgré notre vie qui se poursuivait ailleurs. Jusqu’à ce séjour de découverte, à l’été 2012, qui a définitivement scellé notre désir de tenter l’aventure. En décembre de la même année, le dossier d’immigration était lancé. Deux ans et demi de procédures administratives plus tard, le projet est devenu réalité. Le 23 juillet 2015, toute la petite famille (deux adultes, notre fille de 13 ans, notre fils de 10 ans et notre vieux toutou) a posé le pied en terre inconnue, avec quatre valises, quelques cartons, et de quoi subsister quatre ou cinq mois sans travail. Rien de plus. Tout un défi ! Le sentiment prédominant chez moi le jour de notre arrivée a, sans conteste, été la solitude. Une fois passées la longueur des procédures, l’excitation du déménagement, la tristesse des au-revoir, une fois achevées les dernières procédures au bureau de l’immigration et après avoir entendu de la bouche de la préposée la petite phrase libératrice « bienvenue au Québec », ce projet d’immigration s’est révélé à moi, dans toute sa réalité, le soir où nous nous sommes retrouvés seuls, tous les quatre, avec nos valises, dans la maison que nos amis nous ont si gentiment prêtée pour notre première nuit à Montréal. Une solitude qui s’est accompagnée d’un flot de questionnements, de craintes et d’angoisses. Une solitude engendrée par nos seuls choix. Une solitude à affronter et à assumer. Le début de notre vie québécoise. Il est incroyable de constater comment, dans ces moments où nous perdons tous nos repères, nos instincts les plus primaires se réveillent en nous. Manger, boire, dormir, s’assurer que tout notre petit monde va bien. Voilà les premières préoccupations, très matérielles, qui ont été les nôtres en ce premier jour. Subvenir à l’essentiel. Passer symboliquement le cap de la première nuit pour pouvoir se dire « un jour de passé, c’est bon. Il peut y en avoir plein d’autres alors. » Une réflexion qui peut sembler idiote, mais qui a été la mienne et ces premiers instants. Le deuxième jour, s’est posée la question du toit à mettre sur notre tête. Le contact téléphonique avec le propriétaire, établi depuis la France et finalisé par la signature du bail, a été bon. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce n’était qu’un bout de papier signé à des milliers de kilomètres, sans garantie autre que la parole donnée, et que des surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent toujours survenir. Nous concernant, cela a été une bonne surprise. Tout s’est déroulé pour le mieux et, même s’il nous a fallu plusieurs jours pour nettoyer et investir les lieux, nous avions enfin un domicile à Québec. Soulagement. Les premières semaines de cette nouvelle vie ont été bercées au rythme des procédures administratives, encore et toujours. Cela nous a permis de nous familiariser peu à peu avec la ville, que nous parcourions en bus, par choix de ne pas investir dans une voiture. Notre logement est situé en plein centre-ville et ce poste de dépenses n’a pas été, volontairement, prévu au budget (nous optons, depuis bientôt un an, par les déplacements en transports en commun et avons recours à de la location ponctuelle de voiture pour les jours où ce besoin se fait sentir. Un bon compromis pour nous). Mais revenons à ces premiers jours, rythmés par les démarches administratives. Certains diront qu’elles sont fastidieuses. Peut-être. Pour nous, chacune d’elle a marqué un point de fixation à notre pays d’accueil. Le numéro d’assurance sociale, indispensable pour travailler, première victoire. La carte d’assurance maladie, le permis de conduire québécois, l’obtention de notre carte bancaire, autant de procédures qui ont scellé cette nouvelle appartenance à la société québécoise. Jusqu’à l’obtention de notre carte de résidents permanents, que nous avons si longuement attendue et qui a achevé de faire de nous des citoyens, au sens symbolique du terme. Migrants, résidents permanents, certes, mais citoyens dans nos têtes. S’intégrer dans cette nouvelle société, n’a pas été difficile. L’état d’esprit dans lequel cette démarche se fait importe beaucoup. Nous étions influencés par notre première expatriation hors du territoire métropolitain français, lorsque nous sommes partis vivre six ans à l’île de la Réunion. Même si la Réunion est un département français, sa culture, son histoire, sa situation géographique, son climat et son mode de vie singulier nous ont conduits au même effort d’intégration que celui que nous menons ici. Ne pas venir en conquérant. Cela est important. Essentiel même. Ne pas arriver en comparant, même si la réalité fait que cela arrive parfois. Nous avons toujours eu à cœur, à la Réunion comme au Québec, de laisser s’exprimer notre envie de connaitre, d’apprendre, de découvrir, de nous confronter à de nouvelles cultures, à d’autres manières de vivre, de penser et de faire, avec respect et humilité. Tout comme nous avons toujours eu le souci de ne pas passer pour les Z’oreils, au sens péjoratif du terme, à la Réunion, nous avons le même souci de ne pas passer pour les maudits français, ici. Je pense qu’à ce jour, nous suivons fidèlement cette ligne de conduite. Notre fille aînée, âgée de treize ans, a été parti prenant dans cette aventure, à l’opposé de son frère. Elle s’est toujours montrée investie auprès de nous et a toujours fait sentir sa volonté de mener le projet à son terme. Elle a également, très certainement, dissimulé et tu beaucoup de ses appréhensions et de ses craintes, par souci de nous préserver. Je sais qu’elle a pu vivre, en silence, des moments difficiles et je comprends parfois certaines de ses réactions virulentes, qui ne sont pas uniquement liées à la simple manifestation de son adolescence naissante. Partir avec des enfants, les faire embarquer dans notre train, n’est pas chose facile, même lorsqu’ils adhèrent, à minima, à notre projet. Il faut savoir décoder certains comportements et prendre le temps de parler. La rentrée scolaire a été chargée d’émotion. Un sentiment très particulier m’a envahi, lorsque j’ai laissé mon fils de dix ans traverser la cour d’école à l’appel de son nom. Je l’ai regardé partir, dos à moi, vers de nouveaux camarades, un nouvel instituteur, une nouvelle école, une nouvelle vie. Lui qui n’a jamais adhéré à ce projet, qui a toujours catégoriquement refusé de nous accompagner, qui aurait tant voulu rester en France, auprès de ses amis, de notre famille, et que nous avons déraciné de force. Je l’ai regardé partir, perdu au milieu de cette foule bruyante, me cherchant du regard, subissant tant bien que mal une situation qu’il avait toujours refusée, faisant visiblement des efforts pour ne pas céder à la panique et aux larmes. Je me suis dit que nous avions le devoir de réussir. Coûte que coûte. Il le fallait. Impossible d’échouer, car il ne nous le pardonnerait jamais. Le temps a fait son œuvre et notre garçon semble aujourd’hui heureux, ou tout du moins content, de cette nouvelle vie. Mais il nous a reproché longtemps, et nous reproche encore parfois, le déracinement que nous lui avons fait vivre. Immigrer, tout quitter, c’est aussi assumer le risque que nos enfants ne partagent pas notre projet. Un obstacle très sérieux à prendre en compte et à vivre. Une expérience parfois douloureuse pour tous. Le dialogue est toujours ouvert à la maison et chacun peut exprimer ses ressentis sans crainte d’être jugé. Libérer la parole est d’une aide précieuse dans des circonstances difficiles. Nous prenons régulièrement le temps de laisser nos enfants parler, verbaliser, exprimer leurs émotions face à cette nouvelle vie. Nous constatons qu’au fil du temps, ils l’apprécient et parviennent à se tisser un nouveau réseau social. Ils nouent de nouvelles amitiés, se créent de nouveaux repères, montent de nouveaux projets. Ils avancent, ils s’adaptent. Comme nous. S’adapter, s’intégrer, sont des mots qui, pour nous, ont été synonymes de travail. Nous sommes venus au Québec sans emploi. Trouver un travail à des milliers de kilomètres de distances, sur un marché du travail très flexible, dans lequel tout peut se jouer en quelques heures seulement, nous est apparu vain. Nous avons opté pour le pragmatisme en nous disant que notre dossier d’immigration avait été retenu et classé prioritaire, au regard de nos domaines de formation (responsable d’établissement pour personnes âgées ou dépendantes concernant mon épouse et éducateur spécialisé me concernant). Cela signifiait pour nous, au regard des critères drastiques d’immigration fixés par le Canada et le Québec, que nos métiers trouveraient certainement des débouchés ici. C’était un pari sur l’avenir à prendre. Nous l’avons pris. Depuis le début de notre projet, nous savions que nos économies ne nous permettraient pas d’aller au-delà des fêtes de fin d’années si nous ne trouvions pas rapidement de travail. Trois semaines après notre arrivée, le temps de nous installer, nous avons intégré un club de recherche d’emploi. Ces clubs permettent de réseauter rapidement et de faciliter l’accès au marché caché du travail. Ainsi, si 20 à 30% des offres de travail sont disponibles à tous sur internet ou dans divers supports d’annonces, l’essentiel des postes à pourvoir (entre 70 et 80% selon les chiffres avancés au sein du club de recherche) se trouve par le biais de l’exploration du marché caché (annonces paraissant à l’interne des entreprises, postes allant s’ouvrir sans affichage officiel, bouche-à-oreille, démarchage informel d’employeur, rencontres diverses, etc.). Il nous a fallu travailler autour de notre CV, nous préparer à démarcher de potentiels employeurs, à passer des entrevues d’embauche, nous adapter à de nouvelles terminologies d’emplois, accepter de repartir de plus bas (peut-être le plus difficile). Une véritable remise en cause à faire, qui n’a pas été des plus simples. Nous avions, mon épouse et moi-même, des emplois satisfaisants en France, qui nous permettaient de vivre correctement. J’étais employé de la fonction publique. Un emploi des plus stables. L’acceptation, le deuil de cet emploi, n’a pas été facile. Il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer ce changement. Malgré les difficultés, cette expérience a été des plus concluantes, puisque nous avons eu la chance de retrouver facilement du travail. Des rencontres fortuites, des coïncidences heureuses, mais aussi la volonté et l’acharnement à vouloir décrocher quelque chose vaille que vaille, ont eu raison de nos doutes. Un mois après notre arrivée, j’ai retrouvé un emploi. Un mois plus tard, mon épouse travaillait. Le soulagement ressenti a été énorme, même si la réalité de ce marché du travail fait que rien n’est jamais joué d’avance et qu’il faut se préparer à être débarqué du jour au lendemain. Nous connaissons les règles de ce jeu et les avons acceptées, en nous disant que s’il est facile de perdre son emploi, il est également facile d’en retrouver un. La peur n’évitant pas le danger, nous profitons de chaque jour et le prenons pour ce qu’il est : une vie à lui tout seul. Des bilans, nous en avons fait. Plein. Quotidiennement ! Lorsque notre vie est à ce point bouleversée, chaque expérience est l’occasion de faire le point, ou presque. Certains jours ont été plus prospères que d’autres. Le cap des premiers mois est important à franchir. Trois mois ? Six mois ? Le délai varie selon chacun. Me concernant, il a fallu près de huit mois pour stabiliser mon moral, mes humeurs, pour être rassuré et confiant, pour être dans une dynamique plus positive. J’ai réellement connu des hauts saisissants et des bas vertigineux, en l’espace de quelques jours, voire quelques heures. Le prix à payer pour vivre une autre vie. Une autre vie ? Vraiment ? Le processus d’immigration est usant physiquement et nerveusement, même quand il est bien préparé. Il faut être solide pour affronter tous les obstacles qui se dressent devant soi, et nous comprenons que certains puissent renoncer. Nous concernant, nous n’y avons pas pensé. Nous nous sommes dit que nous n’avions pas vécu deux ans et demi de procédures pour abandonner sans nous laisser une chance de réussir. Des échéances ? Nous n’en avons pas. Pas vraiment. Nous ne nous fixons pas de durée pour rester ici. Nous ne savons pas si nous rentrerons, ou pas, un jour nous établir en France, ou ailleurs. Nous profitons de chaque jour en nous disant que l’avenir nous dira quoi faire. Notre intégration se poursuit. Notre réseau social, amical et professionnel se modèle. Nos repères s’ancrent peu à peu. Nous nous posons et sentons une grande fatigue nous gagner. Les mois écoulés n’ont pas épargné les organismes. Malgré les difficultés, nous savourons le goût de cette expérience. Nous sommes heureux de vivre les changements que nous avons occasionnés, car les changements, même radicaux, sont toujours bénéfiques. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, sur nos capacités d’adaptation. Nous savons qu’il faut tenter sa chance lorsque l’occasion se présente. Aujourd’hui, nous sommes conscients des risques que nous avons pris en réalisant ce projet. Même s’ils étaient anticipés et planifiés, les vivre a été une épreuve et une aventure formidables. Tout n’est pas, non plus, encore gagné et beaucoup d’obstacles risquent encore de se dresser sur notre route. Mais nous restons confiants. Confiants en nous-mêmes, confiants en nos enfants et confiants en l’avenir.
  4. 10 points
    Notre projet d’immigration, de A à Z… Voilà le titre de topic qui m’est venu à l’esprit lorsque nous avons débuté nos réflexions autour de notre éventuel départ pour le Québec. Histoire de rassembler un peu les démarches, les émotions et sentiments (« impressions du jour », ou « info du soir ») que nous avons éprouvés durant plus de deux ans (bientôt trois), voici donc présenté le cheminement qui a été le nôtre jusqu’à aujourd’hui, histoire de partager ces moments de vie avec vous tous. Août 2012 : Lancement du projet Cette date a marqué le début des choses concrètes pour nous. Voici comment je les évoquais à l’époque : « Salut à toutes et tous. J'espère poster ce petit récit au bon endroit. Je propose de retracer, dans ce topic, l'ensemble des démarches liées à notre projet d'immigration au Québec, afin de vous faire partager nos questionnements, nos doutes, nos avancées et nos espoirs. Petite présentation pour commencer. Je m'appelle Nicolas, je suis âgé de 40 ans et travaille comme éducateur à la Protection Judiciaire de la Jeunesse depuis bientôt 11 ans. Mon épouse est âgée de 38 ans et travaille comme responsable dans un établissement médico-social. Nous avons une petite fille âgée de 10 ans et un garçon âgé de 07 ans. Sans oublier notre "petit" toutou (presque 50 kilos), qui nous suit partout depuis bientôt 07 ans. L'expatriation est quelque chose de connu chez nous puisque nous sommes partis vivre sur l'île de la Réunion pendant plus de 06 ans. Partir loin de chez soi, nous connaissons. Ce qui fait que ce départ futur pour le Québec est déjà écrémé de quelques appréhensions et inquiétudes. Commençons par le commencement en vous faisant part de nos premières démarches. Après avoir parcouru ce forum, et tant d'autres, après avoir étudié les nombreux sites officiels liés à l'immigration au Québec, après avoir lu de nombreux ouvrages sur ce sujet et après être partis visiter cette belle province pendant près de 3 semaines, nous avons décidé de concrétiser ce projet qui nous trottait dans la tête depuis plusieurs années : nous installer au Québec. Aujourd'hui, ce long processus n'en est qu'à ses balbutiements. La phase de prospection s'achève tout juste. Les premières démarches vont débuter. Etape 1 : Demande d'évaluation comparative des diplômes Parcours scolaire de mon épouse : Maîtrise en Administration Economique et Sociale (AES) et obtention du CAFDES (Certificat d'Aptitude aux Fonctions de Directeur d'Etablissement Social et médico-social) Mon parcours : Licence AES et obtention du DEES (Diplômes d'Etat d'Educateur Spécialisé) Nous achevons d'effectuer l'ensemble des copies certifiées conformes de nos diplômes et de nos relevés de notes. Non sans mal puisque nous nous heurtons déjà à quelques complications purement administratives. Je n'ai, en effet, jamais réclamé mes diplômes de DEUG et de Licence et, après bientôt 18 années, je me mets en quête de les récupérer auprès de mes anciennes universités...Après de nombreux contacts téléphoniques et mails sans résultats, j'ai enfin obtenu un retour positif de la fac concernant mon diplôme du DEUG. Les pièces nécessaires à la délivrance sont parties aujourd'hui. D'ici un mois, tout devrait arriver à la maison. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer. J'ai fais de même pour la seconde université auprès de laquelle j'ai obtenu ma licence. La demande d'évaluation comparative est remplie et prête à parti au MICC. Nous avons opté pour faire évaluer tous nos diplômes. Les copies certifiées conformes sont faites, non sans avoir dû amadouer la préposée de l'état civil de la mairie du coin qui a du me maudire avec ma liasse de paperasse à faire certifier et qui me réclamait un courrier du Québec justifiant l'obtention de copies certifiées conformes (ben voyons... On en a tous un sur nous, hein !). La p'tite dame m'a également réclamé la pièce d'identité de ma femme, en me disant que c'était obligatoire pour pouvoir faire certifier ses diplômes (pas utile du tout). Elle m'a même demandé si j'habitais bien la commune (rien avoir avec la choucroute). Bref, elle n’avait pas envie de me faire ces fichus certificats. J'ai donc pris mon plus beau sourire et, après quelques explications transmises avec humour histoire de décoincer l'atmosphère, j'ai pu obtenir les précieux documents, que j'ai fait faire en deux exemplaires, histoire d'éviter d'avoir à y retourner en cas de problème. Je suis arrivé à 11h15 à la mairie avec deux personnes derrière moi. J'en suis reparti à 11h50 avec 12 qui attendaient et des bureaux qui fermaient à midi... Départ sur la pointe des pieds obligatoire. Le dossier est donc complet, hormis les originaux des diplômes du DEUG et de la Licence me concernant que je vais patiemment attendre. Du coup, l'envoi de la DCS est reporté d'autant, mais j'aurai l'esprit tranquille de savoir que toutes les pièces sont présentes dans notre dossier. Etape 2 : Passation du TCFQ Premiers contacts pris dans notre coin (Lyon et Annecy). Pour info, Annecy, bien qu'inscrit dans la liste des centres agréés, ne fait pas passer le TCFQ. Nous contactons Lyon cette semaine et tentons d'obtenir un rendez-vous proche. Voilà, vous savez tout sur l'état d'avancement de notre projet. Nous vous tiendrons régulièrement informés de nos démarches, histoire de partager avec vous un morceau de cette passionnante aventure. Question installation, nous serions plutôt attirés par la ville de Québec, mais je crois surtout que nous nous établirons là où nous trouverons un emploi et un logement. Concernant les contacts pros, j'ai fait une première démarche auprès du centre de la jeunesse de Québec (il y en a aussi à Montréal). Ils ont vocation à prendre en charge des mineurs relevant, chez nous, de l'article 375 et de l'ordonnance de 45. Ils demandent un document d'équivalence de diplôme avant d'envisager tout contact plus sérieux. Concernant cette équivalence, je pense qu'avec un DEES on peut obtenir le diplôme de technicien en éducation spécialisée. Avec le CAFDES de mon épouse, je ne sais pas trop à quel type d'équivalence nous pourrons avoir droit. Ce sera la surprise. Même si l'étude comparative n'est pas un préalable à la DCS, nous l'entamons donc quand même, histoire de prendre un peu d'avance dans nos futures démarches d'emploi. Concernant les métiers du social, il n'y a pas d'ordre professionnel (d'après les infos que j'ai pu trouver sur le sujet). » La réunion d'information était confirmée pour le 11 septembre 2012 à Paris, porte de la Villette. Le 31 août 2012, les informations relatives au TCFQ étaient plus précises : Date de passage fixée au 18 octobre 2012 Centre de passage : Ecole Suisse de Langues, 06 quai Jules Courmont, 69002 LYON Tarif : 65 Euros par personne Septembre 2012 : Premières démarches, premières impressions Au programme du mois ; réception des diplômes, participation à la réunion d’information, envoi de la demande d’évaluation comparative des études, étude du dossier DCSQ. Voilà comment nous abordions ces différents évènements : « Réception ce jour de mon diplôme de licence, passée voilà 12 ans et que je n'avais jamais réclamé !!! Merci l'université d'Evry pour la rapidité. Moins d'une semaine, en pleine période de vacances. Je dis bravo ! Réception de mon diplôme de DEUG, après une attente de 03 semaines. Merci la fac !!! Nous ne nous sommes pas donné de date pour envoyer notre dossier. Avec mon épouse et nos enfants, nous savons que ce projet est lancé et qu'il se réalisera. Nos lectures sur la toile et dans les bouquins nous ont montré le côté variable des délais de procédure. Nous savons juste que nous aimerions le voir coïncider avec une rentrée scolaire, histoire de ne pas trop perturber nos enfants. Nous essayons donc de rassembler les éléments de ce vaste puzzle dans l'ordre qui nous semble adapté (récupération des diplômes, tests, attente des résultats) et tentons de n'en oublier aucun afin de mettre le plus de chances de notre côté. Nous ne mettons pas non plus tous nos espoirs dans ce dossier et gardons, dans un coin de notre tête, l'idée qu'il puisse aussi ne pas marcher... Nous ne voulons pas nous sentir prisonniers de cet unique projet, même s'il demeure la réalisation centrale de notre vie future. Nous ne voulons pas subir les attentes trop longues, et les espoirs déçus. Nous poursuivons donc notre vie actuelle et rassemblons les éléments utiles. Je pense que la réception de mon DEUG et les résultats du TCFQ nous permettrons d'envoyer notre DCS. Quand ? Nous ne le savons pas encore. Cette part d'aléatoire nous plait et nous motive. Retour sur expérience de la réunion d'information organisée par le BIQ : rien de nouveau sous le soleil : beaucoup d'infos, plutôt destinées à un public en phase de prospection et qui manque encore d'éléments. Pour notre part, cela a permis de conforter notre désir de poursuivre l'aventure. C'est déjà pas mal ! Lors de la réunion d'information, il a été précisé que peu importaient le titre exact des diplômes, mais que c'était le nombre d'année qu'ils sanctionnaient qui était pris en compte. Envoi de la demande d'évaluation comparative des études. Nous espérons un retour rapide. Nous nous attaquons maintenant à la demande de CSQ proprement dite et tâchons de rassembler tous les documents nécessaires. D'ici le 18 octobre, date de notre TCFQ, nous allons avoir de quoi faire ! Nous nous fixons le mois de septembre 2014 pour poser les pieds sur le sol québécois, pour faire coïncider notre arrivée avec la rentrée scolaire des enfants (septembre 2013 nous semble utopique). De ce que nous lisons de droite et de gauche, ce délai nous parait raisonnable. Lors de la réunion d'info, on nous a fait comprendre qu'il fallait tabler sur une moyenne de 18 mois au total. Patience, oui. Patience. Je crois que c'est le mot d'ordre. Je pense aussi qu'il faut s'aménager d'autres projets et ne pas tout miser sur celui du Québec pour, tout d'abord, éviter des déceptions éventuelles (même si ce projet est relativement préparé) et pour, en second plan, continuer à vivre au quotidien sans être en permanence rivé sur sa boite aux lettres. Nous nous sommes penchés de manière beaucoup plus précise sur la demande de CSQ et le moins qu'on puisse dire c'est que son renseignement est assez fastidieux. Les domaines de formation nous posent toujours problème car nous ne savons pas si nos diplômes sont à faire rentrer dans la catégorie "diplômes étrangers" ou "diplômes du Québec ou équivalents". Nous avons opté pour la seconde solution. Plusieurs démarches sont nécessaires, surtout concernant les actes de naissances et de mariage. Nous avons donc engagé plusieurs démarches, histoire d'être fins prêts lorsque les résultats du TCFQ nous seront adressés. » Octobre 2012 : Le nez dedans… PréparatIfs du TCFQ au programme du mois. Des hauts et des bas. Voici nos réflexions d’alors : « Un peu de morosité ce soir suite au renoncement que nous avons opéré concernant un poste proposé à mon épouse, mais qui ne correspondait pas avec notre projet, à terme, d'immigration. Nous mesurons pleinement les sacrifices et les renoncements induits par un tel processus. Pas simple d'y être confrontés. Notre détermination reste cependant intacte. Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort, non ? Concernant le TCFQ, nous nous entraînons sur le site de RFI et c'est vrai qu'il faut être dispo et bien concentré ! En raison des frais engendrés par nos démarches d'immigration j'ai du me résoudre, la mort dans l'âme, à vendre ma moto, histoire de pouvoir financer le CSQ. Un vrai déchirement pour moi, tant j'appréciais de fendre le vent à son bord. Bref, tout ça dans l'optique de pleins d'évènements positifs ! Et, de toute façon, on n'a rien sans rien dans la vie hein ! Et il y a des moments où il faut faire des choix. En voici un. Pffff.... Retour d'expérience sur le TCFQ passé à l'Ecole Suisse de Langues de LYON. Nous étions 15 à passer l'épreuve. 30 minutes d'épreuve. Nous avions pris soin de venir repérer les lieux quelques heures avant car, à Lyon, croyez moi, c'est vraiment galère pour se garer. Bref, 15 donc à présenter convocation et pièces d'identité. L'évaluatrice nous a expliqué comment allait se dérouler l'épreuve. Impec. 30 questions avec QCM. Une seule réponse possible par question. Si on se trompe, on peut rectifier. Une feuille portant nos nom, prénom et la liste des cases à cocher est fournie. Un livret contenant les réponses possibles par question est également donné. Les questions défilent à un bon rythme. Il faut garder sa concentration. Certaines questions portent sur des images, d'autres sur des extraits audio d'entretiens ou de reportages. La difficulté des réponses va globalement en s'accroissant. Les nuances de réponses sont parfois subtiles. Il est bien de pouvoir jeter un œil rapide aux réponses qui vont être proposées pour la question à venir, histoire de pouvoir fixer son attention sur le thème. L'épreuve de compréhension orale passée, vient l'épreuve d'expression orale. 15 minutes. Une salle, un examinateur, un micro, un magnétophone (si, si, les vieux trucs à cassettes pour enregistrer notre voix). 6 questions auxquelles il faut répondre, du type "comment s'organise la répartition des tâches ménagères à la maison ?", "pensez-vous que l'école est un facteur d'intégration ?", "pourquoi voulez-vous immigrer au Québec ?", "vous venez d'arriver dans une nouvelle ville, quelles questions me poseriez-vous pour connaitre les lieux culturels ou sportifs de la ville ?", "quels sont les points pour et contre la mondialisation ?" Pas si simple, en fin de compte, surtout l'épreuve de compréhension orale. Il y a 5 ou 6 questions sur lesquelles nous ne sommes pas très sûrs de nos réponses. Nous verrons bien ! Pour info, nous avions apporté une enveloppe A4 timbrée pour 50g, pour pouvoir recevoir les résultats des tests à la maison. Vous pouvez vous entrainer, plus pour savoir à quoi vous attendre que pour acquérir de l'expérience car, quoi qu'il en soit, si on ne comprend pas le sens de la question posée, tous les entrainements du monde n'y ferons rien ! Voilà donc, pour nous. Une étape de plus de franchie ! Nous attendons les résultats des tests pour envoyer la DCSQ. » Novembre 2012 : On continue sur notre lancée ! Au programme du mois : réception des résultats du TCFQ et constitution du dossier DCSQ. « Nous avons eu la confirmation que le diplôme CAFDES de mon épouse ne trouverait pas d'équivalence au Québec. Dommage. Malgré tout, ces contacts nous ont clairement fait comprendre que la demande de travailleurs sociaux était importante au Québec et que, diplôme reconnu ou non, l'expérience suffisait parfois à faire la différence. Nous avons donc bon espoir de trouver notre bonheur côté travail ! Nous sommes encore en attente de mon attestation de travail, qui transite actuellement par l'île de la Réunion. Nous espérons qu'elle va vite arriver, histoire que, dès réception de nos résultats TCFQ, nous puissions envoyer l'ensemble du dossier DCSQ. Après relance téléphonique, ils m’avaient oublié ! Petite remise au point et tout devrait arriver d'ici peu. Enfin... j'espère. Comme quoi, faut se battre pour tout ! Les résultats des tests sont bien arrivés dans la boite. Exactement les mêmes scores pour mon épouse et moi-même : Compréhension orale : 599 points. Niveau C1. Expression orale : 20/20. Niveau C2. Ça doit nous faire le max pour les points sur la grille. Waaaouwww ! Une étape de plus de franchie ! Les tests sont valables deux ans. C'est indiqué sur l'attestation. Nous nous sommes plongés dans le regroupement des documents utiles à l'envoi de la DCSQ. Nous pensions être au point sur tout, mais quelques détails nous ont échappés (photos d'identité, certaines copies de documents). Il faut donc bien anticiper et prendre le temps de vérifier et revérifier que vous avez bien tout. L'attestation de travail tant attendue est enfin arrivée jusqu'à nous. A noter qu'il nous aura fallu presque trois mois et demi pour rassembler l'ensemble des pièces justificatives. Il est donc important de bien anticiper. Il faut AB-SO-LU-MENT prendre le temps de vérifier encore et encore l'ensemble des pièces du dossier. Cela évite les désagréments de dernière minute. Nous y sommes presque. Nous prenons, malgré nous, du retard. J'ai un peu l'impression que, le moment du dépôt approchant, on réalise un peu mieux ce vers quoi on s'engage. » Décembre 2012 : Envois et prélèvements Un mois de décembre chargé en émotions puisqu’il correspond à l’envoi de la DCSQ. Pleins d’émotions mêlées que nous retracions ainsi : « Le 11 décembre 2012, la DCSQ est envoyée via Chronopost au BIQ de Montréal. Les dés sont lancés. Nous avons un peu de mal à nous dire que notre dossier est enfin parti. Nous n'aurions pas imaginé voici quelques mois que ce jour arriverait si vite, finalement. Nous nous faisions une telle montagne du montage de ce dossier qui, pour peu qu'on y prête temps et attention, n'est pas si complexe que ça. A notre retour estival du Québec, nous nous sommes lancés comme des fous dans ce dossier, en prenant le temps d'en étudier les contours et en posant notre réflexion autour de ses implications. Nous trouvons intéressant le délais qu'il nous a fallu pour le bâtir car, en y regardant bien, ce laps de temps a permis d'élaborer un peu plus notre réflexion, de rendre plus concrètes les représentations que nous pouvions avoir sur ce processus d'immigration, d'accepter les contre temps et les obstacles qui n'ont pas manqué de se mettre sur notre chemin. Immigrer n'est pas un long fleuve tranquille. Et c'est tant mieux. Cela permet de renforcer (ou pas) les espoirs et les attentes que nous pouvons tous placer dans un tel projet. Je me suis souvent fait la réflexion que les délais relatifs aux procédures d'immigration au Canada, tout comme les engagements financiers qu'elles imposent, composaient déjà un filtre, une sélection de fait des personnes pouvant être à même de les assumer. Une fois ces obstacles franchis, chacun est alors libre de vivre son rêve comme il l'entend. Aujourd'hui, une première étape de ce grand projet de vie est franchie pour nous. Nous y plaçons beaucoup d'espoirs sans toutefois tout miser sur ce seul objectif. Il faut continuer d'avancer, personnellement et professionnellement, en parallèle, afin de ne pas être en permanence rivé sur la petite boite à l'entrée de l'allée et risquer de voir son monde s'écrouler si le projet ne devait, par malheur, pas aboutir. Il faut savoir regarder dans plusieurs directions à la fois et s'aménager des espaces de réussite et de satisfaction autres. Telle est, en tout cas, notre vision de ce projet. Notre DCSQ a été livrée le 14 décembre 2012 au BIQ de Montréal. Le 16 décembre 2012, le montant l'évaluation comparative a finalement été prélevé en date du 12 décembre. » Janvier 2013 : Quand la famille s’en mêle ! Une fois le flux de la paperasse passé, on se pose, enfin. On réfléchit, beaucoup. Et on se confronte à nos proches… « Petit repas de fêtes en famille ce week-end. Au détour d'une conversion portant, entre autres, sur notre projet Canada, la petite question qui tue : Mais au fait, pourquoi vouloir partir au Québec ? Quelles sont vos motivations exactes ? Au fond, rien de bien surprenant. Quand on entreprend un projet tel que celui-ci, on s'y attend à un moment où à un autre, de la part de personnes qui nous connaissent peu. Ce qui m'a interloqué ici c'est de ne pas m'être senti compris. J'ai perçu dans cette question une certaine méconnaissance de la part de mes proches de ce que nous étions, de ce que nous voulions, vraiment. Depuis le temps que nous bougeons, que nous échangeons avec notre entourage sur notre mode de vie, sur notre façon de percevoir le monde, autour de notre philosophie quotidienne, je pensais qu'ils nous avaient bien cernés et compris. A croire que non. Soit ils ne nous ont pas compris. Soit nous ne nous sommes pas bien fait comprendre. Peut-être est-ce, d'ailleurs, un peu des deux. C'est étrange comme de petites questions peuvent raisonner ainsi en nous. J'ai eu l'impression de devoir justifier de ce choix de vie qui, pour mon épouse et moi-même, raisonne comme une évidence. J'ai eu l'impression qu'on nous prenait comme les petits jeunots qui partent à l'aventure sans mesurer les conséquences de ce qu'ils allaient pouvoir entreprendre. De n'être pas compris n'est pas ce qui me heurte. De devoir rendre des comptes sur mes choix. Alors bon, on peut ne rien avoir à faire de tout cela. On peut s'en sentir blessé. On peut également prendre le temps de poser les choses, de prendre du recul, de réfléchir et de se poser la question de savoir si le bon choix est fait. C'est ce que nous avons fait. Alors, oui. Nous faisons le bon choix. C'est vrai que ça n'est pas toujours simple, même si on est persuadé d'être dans le bon chemin. Pas simple de se sentir si mal compris. Nous ne sommes cependant pas des Caliméro alors on se dit que c'est tant mieux pour celles et ceux qui comprennent le sens de notre démarche et tant pis pour les autres. Nous sommes dans une phase d'attente : attente du retour de l'évaluation comparative des études, attente de signes de la part du BIQ concernant notre CSQ. Cette période est étrange car, après l'excitation et l'agitation autour de la préparation et de l'envoi du CSQ, nous nous trouvons dans un temps plus calme de notre processus d'immigration. Nous ne nous projetons pas encore dans la suite des démarches, histoire de ne pas être déçus si le CSQ n'était pas au rendez-vous et, surtout, parce que sans le CSQ, nous ne pouvons pas les poursuivre. Attente, donc. Mais pas attente stressée ni fébrile. Nous vaquons à nos occupations, nous nous projetons sur d'autres projets et ne faisons pas le pied de grue à côté de la boite aux lettres (il fait trop froid dehors...) Un moment calme, donc, à appréhender sereinement. Je m'étais pourtant promis, superstition oblige, de ne pas aller jeter un oeil sur le volet "fédéral" de notre processus d'immigration tant que je n'avais pas de réponse pour le CSQ. La curiosité aidant, je me suis décidé à aller sur la page dédiée. Pas mal de documents à prévoir pour le fédéral, mais rien d'insurmontable. Après les formalités du CSQ, celles du fédéral ne présentent pas de grosses difficultés. » Février et mars 2013 : Questionnements et désillusions Cette période troublée a connu de nombreux doutes, des désillusions avec le retour de notre DCSQ et de nouveaux espoirs. Voilà comment nous abordions ces différentes étapes : « La vie nous réserve parfois des surprises auxquelles il faut parfois savoir faire face... Fâché avec ma mère depuis bientôt un an, j'apprends, voilà une dizaine de jours, que cette dernière est atteinte d'une maladie dont l'issue sera, à terme plus ou moins long, fatale. Pas glop. Voilà de quoi réveiller des craintes et des angoisses tenaces et, surtout, d'apprendre à mettre tous les mauvais moments de côté pour se centrer sur l'essentiel : être auprès d'elle. Ce que j'ai fait en partant quelques jours lui rendre visite. Les choses ont, après de longues heures de discussion, pu se poser et s'apaiser. Voilà cependant de quoi se poser plein de questions concernant notre départ éventuel. Comment pallier à ses besoin si loin d'elle ? Comment gérer cet éloignement ? Comment ne pas ressentir une certaine culpabilité à l'idée de la priver de ses petits enfants durant les années à venir à un moment où elle en aurait vraiment besoin ? Cela va-t-il, doit-il, remettre en cause tout ce projet ? Bref, autant de questions qui sont venues se heurter et auxquelles se sont ajoutés les commentaires et les questions culpabilisantes de la famille chez qui nous étions. Une fois de plus, nous avons eu droit au "vous nous abandonnez", ou encore "vous êtes égoïstes", ou même "vous n'avez pas le droit de nous faire ça"... Autant de choses qui, au regard du contexte, ont fait beaucoup pour nos petites têtes. Heureusement pour nous, notre couple est fort. Très fort. Très très fort !! Nous en avons beaucoup parlé, mon épouse et moi-même. Nous nous soutenons. Toujours. Nous allons de l'avant. Toujours plus loin. Nous avons la force et la détermination de montrer, est-ce besoin de le faire, que nous irons au bout de ce projet. Coûte que coûte. Mais, aussi forte que soit cette conviction, je ne peux m'empêcher de me poser et me reposer ces même questions. Sans cesse. Comme pour me convaincre, à chaque fois, que nous allons dans le bon sens. Alors oui, un projet comme celui-là doit être mené de façon à pouvoir surmonter les épreuves et les obstacles qu'il comporte, aussi hauts soient-ils. Ce n'est pas chose aisée. C'est même douloureux à certains moments. Après avoir passé de nombreuses heures à parler et à échanger sur ce thème, nous sommes convaincus d'être toujours dans le vrai. Pour nous, pour nos enfants. Rien ne pourra nous faire changer d'avis. Nous allons devoir compter et composer avec de nouveaux éléments à prendre en compte, en essayant de les gérer au mieux de manière à partir, nous l'espérons, la conscience tranquille, capables de nous regarder sans rougir chaque matin dans le miroir. Pas simple. Vivre loin des nôtres ne nous préoccupe pas, nous l'avons fait pendant 6 ans lors de notre séjour à la Réunion. Certains de nos proches ne l'avaient d'ailleurs pas plus admis qu'ils ne le font maintenant pour le Québec. Nous en acceptons le principe. Ce qui complique les choses, c'est cette situation de maladie et le fait que nous nous soyons fâchés. Nous parviendrons, quoi qu'il en soit, à surmonter ce cap. Votre soutien nous conforte dans notre conviction d'être dans le vrai. Le dicton populaire dit : "il y a deux choses à donner à nos enfants. L'une ce sont des racines. L'autre ce sont des ailes." Nous avons eu, pour notre part, les deux. Je ressens, me concernant, avoir reçu plus d'ailes que de racines. Ceci explique sans doute cela. Merci à vous tous ! 02 mars 2013, triste nouvelle. En ouvrant la boite aux lettres, nous découvrons que notre dossier est retourné par le BIQ. Motif invoqué : manque les preuves de cotisations sociales. Nous avions pourtant fournis nos derniers bulletins de salaires et nos 4 derniers avis d'imposition... Bref, un coup derrière la tête à une période pas vraiment heureuse... Ce qui nous rassure, c'est qu'il s'agit d'un document manquant et non pas d'un refus catégorique de notre dossier. Nous allons vite faire le nécessaire et renvoyer le tout cette semaine. Trois mois de perdus. Comme quoi : immigrer se mérite. Contact pris avec le BIQ pour faire le point sur notre situation. Il manquait trop d'éléments pour justifier de la légalité de notre expérience professionnelle. Il faut donc, pour remédier à tout cela : 1) Envoyer notre relevé de carrière (à demander en ligne sur le site de la sécu) 2) Joindre nos 5 derniers avis d'imposition et nos 3 dernières fiches de paye (ce que nous avions fait, mais il nous manquait l'avis d'imposition de 2008) Un courrier expliquant les documents manquants devrait permettre de faciliter la compréhension de notre situation. L'agent contacté a précisé de joindre "toutes les preuves possibles permettant de démontrer la validité de notre expérience professionnelle" 3) Par ricochet, le montant des frais change et devient celui mentionné au titre de l'année 2013 (750$CAD pour le requérant principal et 160$CAD pour le conjoint et pour chaque enfant) A savoir : le renvoi global du dossier pour documents manquants fait repartir notre demande de zéro. C'est comme si nous n'avions jamais envoyé de dossier. Ce dernier sera traité comme les autres, par date chronologique d'arrivée. 3 mois de perdus pour nous. Malgré tout, le 05 mars 2013, nouveau dépôt de notre DCSQ. 1.5 kilos de documents envoyés via Chronopost. Nous avons fait, selon nous, le maximum pour rentrer dans les clous, en ajoutant à nos précédents documents notre relevé de carrière, la copie de notre avis d'impôts sur le revenu de 2007 ainsi que toutes nos fiches de paye depuis janvier 2007 à ce jour. Maintenant, ça ne dépend plus de nous. La langueur nous gagne. Le renvoi du dossier nous a fichu un coup derrière la tête. Les problèmes familiaux s'ajoutent à tout cela. On ganberge. On voit les copains qui avancent et nous qui restons en suspens. Pas encore de news de l'évaluation comparative, pourtant envoyée en septembre 2012... Je me prends, pour ma part, à penser à d'autres projets (maison, voyages), à m'accrocher à d'autres choses qui me font mettre un peu de côté le Québec pour l'instant. Je peine à me réinvestir dans le trip de peur d'être à nouveau déçu. Du coup, on patiente, en espérant ne pas trop nous lasser... Le coeur n'y est plus trop. Fin mars, réception de l'AR du MICC concernant notre demande d'évaluation comparative des études effectuées hors du Québec. Le papier indique que le MICC pourrait avoir à communiquer avec nous dans les prochaines semaines afin de compléter le dossier. Deux numéros sont attribués : N° réf. ind. (C33XXXXX) et n° dossier (C00XXXXXXXX). Pour un envoi en septembre, je trouve le temps un peu long... Mais bref, ça avance un peu quand même... » Mai 2013 : La DCSQ avance ! « Le temps est toujours maussade par chez nous et nous désespérons d'avoir un quelconque signe que notre dossier avance. Le temps passe vraiment lentement et notre optimisme concernant notre dossier en prend un coup. Petit rayon de soleil.......... nous avons été prélevés ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Prélevés ! Prélevés ! Prélevés ! Pas de quoi se monter le bourrichon, mais prélevés ! Voilà qui nous rebooste en ces temps moroses. Une nouvelle attente commence maintenant. » Octobre 2013 : Le temps passe lentement…. Très lentement… On réfléchit. On doute. Emigrer prend du temps. Nous en avons fait l’expérience. Voilà comment nous envisagions cette épreuve : « Voilà maintenant plus d'un an que nous avons réellement entamé nos démarches d'immigration avec l'envoi de la reconnaissance des diplômes. La DCSQ a suivi en décembre 2012, avec un retour début mars 2013 pour pièces manquantes et renvoi dans la foulée. Depuis... rien. Plus rien. De la patience, nous savions qu'il en fallait. Imaginions-nous qu'il en faudrait autant ? Peut-être pas... Retour sur expérience pour nous donc, car il faut bien mesurer le temps et l'investissement que prend un tel processus d'immigration. Pour notre part, nous nous sommes toujours refusés à mettre nos œufs dans le même panier et avons décidé de mener notre barque coûte que coûte. Le temps passe, les gens changent, les projets aussi. Petite promenade en pleine nature l'autre jour. Les enfants jouent. Nous nous posons et faisons le point. Sur notre vie. Sur nos envies. Sur nos projets. Mon épouse à récemment trouvé un emploi dans son domaine de formation. Un emploi nécessitant de se projeter sur du long terme, voire même du très long terme. Dans le même temps, je trouve mon équilibre de vie, jonglant entre la famille et le boulot. La région où nous sommes nous plait vraiment et l'idée nous est venue d'envisager l'achat d'une maison ici. Le Québec ? Un projet. Certainement. Le projet d'une vie ? Plus vraiment. Un projet, certes important, mais un projet. Simplement. Non pas que nous ne l'ayons pas souhaité, voulu, attendu, follement désiré, mais plutôt que, le temps passant, il n'est plus devenu LE projet central de notre vie, parce que LE projet central de notre vie c'est notre famille, nous deux, nos enfants, et être bien, ensemble, peu importe l'endroit. Le voilà LE projet de notre vie, tout simplement. Alors, puisque le projet Québec tarde à se concrétiser et puisque notre vie se poursuit ici, nous ne sommes plus très sûrs de vouloir, du jour au lendemain, tout remettre à plat et devoir tout reconstruire, ailleurs, dans des conditions plus difficiles que ce que nous pouvons connaitre ici. Par peur ? Peut-être. Par manque de courage ? Peut-être aussi. Par soucis de ne plus vouloir bousculer l'équilibre que nous parvenons aujourd'hui à atteindre ? De plus en plus. Alors voilà, notre réflexion se poursuit et s'infléchit au fil du temps. Notre vie actuelle nous plait énormément et l'idée d'en changer du tout au tout ne nous séduit plus autant. Voilà 8 ans, nous avions trouvé cette force, en quittant la métropole et en partant nous installer pour 6 ans à la Réunion. Nous étions plus jeunes. Notre famille se bâtissait tout juste. Notre aînée avait 3 ans et notre petit dernier un mois seulement ! Que le temps passe ! Aujourd'hui, ils ont 11 et 8 ans et les cartes ne sont plus les mêmes. Pour eux comme pour nous. Alors voilà, nous ne mettons pas un terme réel à notre projet d'immigration au Québec, mais il nous faut reconnaitre que si le CSQ devait un jour s'offrir à nous, nous serions face à un choix cornélien à l'issue duquel les grands espaces nord américains ne l'emporteront peut-être pas. » Novembre 2013 : Premiers retours concrets. « Réception ce jour de l'évaluation comparative des études effectuées hors du Québec !!! Délais entre envoi, traitement et retour : 1 an, 1 mois et 17 jours.... Initialement, j'ai envoyé mon BAC, série B, mon DEUG Sciences du langage, ma Licence Administration Economique et sociale et mon diplôme d'Educateur Spécialisé. Au final, seuls mon BAC et ma Licence ont été retenus. - BAC série B en France, évalué comme "Diplôme d'Etudes Collégiales en formation préuniversitaire (DEC), domaine de formation : sciences humaines". - Licence AES en France, évaluée comme "Baccalauréat, domaine de formation : sociologie". Mon diplôme d'éducateur spécialisé n'a pas été retenu. » Mars 2014 : Joies et doutes. Cette période voit le premier grand tournant de notre processus ! Voilà comment nous en parlions : « 21 mars 2014 : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Il faut croire à cet adage puisque nous avons reçu nos CSQ, par une belle enveloppe dans la boite. Nous sommes abasourdis et allons devoir, mon épouse et moi, prendre le temps de discuter... Enfin voilà, dossier CSQ envoyé en décembre 2012, retourné en mars 2013 pour documents manquants. Renvoyé en mars 2013. En janvier 2014, nous avons reçu un courrier demandant des compléments d'infos. Le CSQ a été accordé, en date du 11 mars 2014 et porte la mention "dossier visé par traitement prioritaire - domaine de formation". Les réflexions sont allées bon train. Les méninges ont chauffé !!! Partant du principe qu'il faut saisir les chances qui se présentent à nous et qu'il vaut mieux avoir des remords que des regrets, l'aventure va donc continuer pour nous, non sans certaines craintes et appréhensions, bien normales... A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je ne suis pas bien sûr de ce qu'elles représenteront dans les semaines à venir. A chaque jour suffit sa peine. Demain apportera son lot de réponses, et de nouvelles questions... Comme quoi les décisions les plus importantes, se prennent parfois en peu de temps... Malgré cela, difficile de se replonger dans un projet que nous avons mis en veille, histoire de rendre l'attente plus supportable. Et, en même temps, nous réalisons la chance qui est la nôtre d'avoir été sélectionnés par le Québec. Nous nous disons "c'est bon. Le Québec veut bien de nous. Il nous envoie un message d'espoir qui nous dit que nous pourrons trouver du travail là-bas et, ainsi, subvenir à nos besoins." On se rassure comme on peut. Depuis le dépôt de notre DCSQ, nous avons vécu au jour le jour, tâchant de nous centrer sur le présent, sans présager de ce que serait l'avenir. Nous nous sommes dit qu'il fallait prendre la vie comme elle vient et profiter de chaque instant. Du coup, ce projet d'immigration a peu à peu laissé la place à un projet de pérennisation de notre situation en France et nous nous sommes tournés vers de nouvelles situations professionnelles et de possibles démarches d'acquisition d'une maison dans notre région. On se disait "mieux vaut avoir plusieurs projets et devoir, au final, faire un choix, que de tout miser sur une seule chose, au risque qu'elle ne se réalise pas". Alors voilà, prenant toujours la vie comme elle vient, et décidant de happer les opportunités au vol, s'est donc posé, il y a quelques jours avec l'obtention du CSQ, la question de ce choix délicat : partir ou rester ? Au final, malgré mes réserves (qui contrebalancent avec l'enthousiasme de toujours de mon épouse) nous sommes parvenus à faire ce choix de tenter l'aventure. Ma douce m'a convaincu de me lancer en me disant, très justement, qu'il vaut mieux tenter l'expérience, au risque d'échouer, que d'avoir le regret de ne l'avoir jamais osée. Malgré tout, je ressens le besoin de digérer ce choix, de me l'approprier... de l'accepter et de prendre la mesure des difficultés qui vont se présenter à nous dans les prochains mois. Les craintes liées à une nouvelle adaptation de style de vie et de culture sont réelles. Aurais-je la force de devoir me vendre sur le marché du travail, alors que mon expérience professionnelle de plus de 20 ans me permet d'envisager l'avenir plus sereinement au sein de mon administration (je suis titulaire au ministère de la Justice) ? Certes, la demande de dispo que je ferai nous assure un repli en cas d'échec de notre aventure. C'est un point très important. Mais, malgré tout, l'idée de devoir plier les gaules et de se lancer dans un nouveau déménagement à l'autre bout du monde (après celui que nous avons fait il y a 9 ans à la Réunion) m'avait, au fil des mois, quitté. Je me projetais plus vers un apaisement et une volonté de me tourner vers d'autres priorités de vie. Du coup, l'arrivée du CSQ vient tout bouleverser et, en quelques jours, en quelques heures, nous avons pris une décision que je n'aurai même pas imaginé prendre il y a une semaine ! Comme la vie est étrange, parfois. Au final, nous voilà plongés dans ces démarches en vue de l'obtention du fédéral, avec un départ prévu pour l'été 2015 (l'été 2014 semblant trop court au regard des délais d'obtention de la RP). J'espère que les enfants accepteront notre choix et qu'ils ne nous le reprocheront pas. Eux qui, à 11 et 8 ans, nous ont fait comprendre qu'ils ne souhaitaient pas bouger de là où nous sommes. Je me dis qu'on s'adapte à tout dans la vie et qu'ils sauront aussi s'adapter à cela. Pour me rassurer ? Sûrement. Le dossier fédéral se monte pas à pas. Nous commençons à réaliser ce vers quoi nous nous embarquons, et c'est plutôt....disons... grisant ! Nous devons procéder au renouvellement des passeports des enfants. Pour ce faire, nous devons prendre rendez-vous avec la mairie de notre domicile, afin de pouvoir nous y rendre avec les cocos pour déposer le dossier. Pas de rendez-vous avant la mi mai 2014. Ce qui veut dire que les passeports ne seront pas édités avant fin mai-début juin. Le dossier fédéral s'en trouve d'autant décalé et ne sera, selon toute probabilité, pas déposé avant juin 2014. Pour un départ prévu à l'été 2015, nous espérons que les délais seront suffisants. » Avril et mai 2014 : Le fédéral se monte ! Une fois passées les émotions dues à l’obtention du CSQ, nous nous tournons vers le fédéral. Voilà comment nous traversions cette période : « Après nous être penchés de manière plus sérieuse sur nos évaluations comparatives des études (CSQ et recherches de travail obligent), nous avons appelés le BIQ pour savoir pourquoi l'un de nos diplôme (CAFDES pour ma femme et DEES pour moi) n'avaient pas été évalués. L'agent du BIQ nous indique qu'il nous reste encore un mois (délais de 6 mois après réception pour faire un recours) pour demander la révision de notre évaluation comparative. Du coup, dossier bouclé ce soir. Départ dès demain. Notre dossier fédéral est, lui aussi, enfin bouclé. Finalement, il s'est avéré bien moins fastidieux que la DCSQ ! Tant mieux ! L'ensemble partira par la poste. Nous sommes heureux. Cette aventure se prolonge. Une nouvelle attente débute. Nous avons reçu la réponse concernant notre demande de révision de l'évaluation comparative (le CAFDES de mon épouse et mon DEES n'avaient pas été évalués). Me concernant, ils me demandent un relevé de notes. J'ai fait une copie certifiée conforme de ce que j'avais. Concernant mon épouse, le CAFDES a été évalué et reçoit une équivalence "Maîtrise en administration". Nous devons renvoyer l'ancienne évaluation comparative la concernant et garder la nouvelle. Finalement, ça a été relativement vite. » Juillet et août 2014 : Sauts de puce. « AR de Sydney reçu par mail. Tout est OK pour eux (documents, paiement). Notre dossier rejoint la file d'attente. Ca suit son cours.... J'ai plein de projets en tête, notamment sur le plan professionnel et j'avoue ne pas trop me soucier de l'avancée de notre dossier (c'est tant mieux d'ailleurs). Je me dis que ce qui doit se faire se fera... ou pas. On verra bien. Du coup, je ne suis plus accroché à mes mails ou à ma boite aux lettres. Je prends chaque nouvelle comme elle vient ! Ma nouvelle évaluation comparative des études est arrivée. Sur la précédente, mon diplôme d'éducateur spécialisé n'avait pas été évalué. Après réclamation de ma part, c'est chose faite puisqu'il est évalué à un niveau DEC (Diplôme d'Etudes Collégiales) en techniques d'éducation spécialisée, comme je l'espérais. Comme quoi, il faut toujours s'accrocher ! » Octobre 2014 : Un petit tour chez le docteur… Cette période nous rapproche de notre objectif. L’IVM et la visite médicale sont au programme. On reprend espoir de partir dans les mois qui viennent : « L’IVM est arrivée, accompagnée de documents complémentaires à fournir concernant notre parcours professionnel (rien d'insurmontable) et demande de paiement des frais de RP. Ça avance... Nous passons la visite médicale. Première étape : la visite médicale. Tout à commencé à l'hôpital britannique de Levallois-Perret. Rendez-vous fixé à 13h45. Pas de retard dans les consultations. Impec ! Le médecin nous reçoit à 4 (les enfants, mon épouse et moi). Pas mal de paperasses à remplir. Ca va être long ! Mais bon, lorsqu'on immigre, la patience, on connaît ! Nous devons présenter les convocations reçues avec l'IVM ! Obligatoires ! Il n'était donc pas question de prendre rdv sans avoir reçu l'IVM ! Même topo pour tout le monde : prise de photo, présentation des passeports (nous n'avions pas ceux des enfants, mais la carte d'identité a suffit), test urinaire, test de vision, mesures (taille, poids), prise de tension, examen physique léger. Une formalité ! Les garçons ont le droit à une palpation des testicules. Je ne sais pas trop à quoi ça sert. Mais bon, lorsqu'on immigre, on fait ce qu'on nous demande de faire ! Quelques renseignements succincts concernant des maladies passées ou des antécédents familiaux particuliers. Rien de plus. Nous signons quelques autorisations de transmissions d'infos médicales nous concernant et nous signons le chèque : 500 euros pour nous 4. Ca pique... Mais bon, lorsqu'on immigre, les dépenses en tout genre, on connaît ! 01h30 de visite médicale. Nous sortons. Deuxième étape : prise de sang. Seuls mon épouse et moi sommes concernés. Les enfants de moins de 15 ans échappent à la piqure. Objectif de la prise de sang : dépistage du VIH et de la syphilis. Le tout prend moins de 15 minutes. Le laboratoire est désigné par le médecin. On signe le chèque : 50 euros. Ca pique moins... Troisième étape : les radios de poumons. Direction un cabinet de radiologie, lui aussi désigné par le médecin. Sommes concernés, ma fille de 11 ans, mon épouse et moi. Clichés thoraciques de face et de profil, en vue de détecter toute trace de tuberculose. L'opération prend 30 minutes. Méga rapide. Pas d'attente. On signe un dernier chèque de 150 euros. Ca repique un peu. En à peine 3 heures, tout a été bouclé ! Les résultats seront communiqués au médecin et transmis de suite au CIC dans la semaine. Bilan de la journée : 700 euros ! Une fortune ! Mais bon, quand on immigre, on sait qu'on y laisse des sous. Une VM rondement menée, à peine deux jours après avoir reçu l'IVM. La chance à joué pour nous. Nous y voyons le signe de la fin proche de notre démarche. Restent les frais de RP à payer et un ou deux compléments d'info à apporter concernant mon parcours professionnel. Une broutille. Prochaine étape : la brune ! On y croit !!!! Frais de RP payés ! Et voilà, c'était la dernière étape. Les frais de RP sont payés (980 Dollars) et les documents complémentaires ont été envoyés à CIC. Dernière étape d'un long, très long processus qui, nous l'espérons, aura une issue favorable. Les dés sont lancés ! Yapuka ! Ca va nous manquer tout cette paperasse là ! » Janvier 2015 : Soulagement et inquiétudes! « DECISION PRISE !!!!!!!! Ouais, ouais, ouais !!!On a (encore plus) hâte !!!!!! Le 24 janvier 2015, les CRP arrivent à la maison !! Ca y est, nous y sommes ! « Une semaine et demi après la CRP et... un peu de stress, de doutes (encore ?) et de trouille (tout plein)... Pas le temps de vraiment se poser à cause d'un travail très prenant, qui me voit rentrer claqué et peu réceptif le soir. Mon épouse, actuellement sans travail, bosse pour deux autour de notre installation future et, du coup, je peine à m'impliquer comme j'avais pu le faire lors de notre retour de la Réunion, voilà 3 ans. Période de doute donc où se bousculent pleins de questions autour du pourquoi ? Du comment ? Du où ? De la crainte également de devoir plier à nouveau les gaules, de quitter une situation installée pour partir vers un grand inconnu. La CRP n'est pas toujours signe d'une grande délivrance. Chez moi, elle suscite plein de craintes. Nous ne savons pour l'heure pas quand nous partirons, juillet ou août, où nous nous installerons, Montréal, Québec ou Trois Rivières, s'il faut trouver la job d'abord et s'installer où elle sera ou bien s'installer quelque part et trouver la job ensuite. Par ricochet, se pose la question des billets d'avion : quelle destination ? Se pose la question de l'école et du collège pour les enfants. Celle de la venue du chien. Bref, un peu le bordel dans ma tête au moment où de grandes décisions doivent se prendre. C'est dingue de se dire qu'à quelques semaines du départ rien n'est encore vraiment fixé... J'ai du mal à m'y mettre, vraiment. Comme si j'avais attendu cette CRP pendant deux ans en me disant qu'elle aurait pu ne jamais arriver et être pris au dépourvu lorsqu'elle est là. La nouvelle annoncée à l'entourage et aux collègues nous pousse à agir un peu plus. J'espère trouver la sérénité de penser à tout cela calmement lors de ma prochaine semaine de vacances...Je pense que le tumulte actuel de nos vies ne nous permet pas de nous pencher de manière totalement concentrée sur ce projet. Je compte sur les prochaines vacances pour y voir plus clair ! » Février et avril 2015 : Du nouveau. « Des avancées dans notre projet de départ puisque nous avons trouvé une pension pour accueillir notre compagnon à 4 pattes à notre arrivée à Québec. Du coup, nous voyagerons avec Air Transat qui offre un forfait à 275 dollars pour lui, qui pourra ainsi voyager avec nous. Nous avons donc abandonné notre projet de partir sans lui et de le faire venir seul plus tard. Il partira avec nous et sera en garderie quelques semaines sur Québec, le temps que nous trouvions un logement susceptible de l'accueillir. Les billets seront pris d'ici 15 jours. Ça avance !! Les billets d’avion sont en poche ! Nous partons le 23 juillet pour Québec !!! » Mai 2015 : un toit au-dessus de la tête. « Nous avons trouvé un logement !!!! Appartement de deux chambres, situé dans le quartier Montcalm à Québec. Ecoles et tous services à proximité. Transports également. Pas besoin de voiture pour commencer. Appartement entièrement meublé et équipé (de la laveuse aux petites cuillères, en passant par la vaisselle et l'aspirateur). Rien à emmener ni a racheter. Juste les valises à poser pour un an. Le propriétaire, un homme charmant, nous accepte même sans emploi car nos secteurs d'activité sont porteurs. De plus, il accepte notre chien ce qui, au regard des difficultés pour trouver un logement acceptant les toutous, nous a fait basculer. 1200 Dollars par moi, hors électricité, ce qui portera la facture globale à 1350 dollars environ. Nous sommes aux anges. C'est un vrai poids en moins ! Nous avons déjà un pied là-bas ! » La suite dans le livre 2...
  5. 10 points
    Bilan de 1 an de PVT Ce n’est pas non sans une certaine émotion que je me permet de rédiger nos 1 an de vie au Québec. Tout a démarré pour nous il y’a 2 ans. Ma ‘’blonde’’ brune et moi (en fait surtout moi) en avions marre de la France. Petits boulots peu payant mais toujours gratifiant de vivre sans aides, la vie devenait monotone. De plus nous étions vraiment agacé de tout ce qui se tramait là-bas, que ce soit en politique, l’administration, la mentalité des gens, toujours entendre ‘’aboyer’’ les français sur tout mais sans apporter de solution, les ‘’réactionnaires bobos’’, le racket fiscal, travailler pour les même, cet assistanat qu’on sert depuis des années à des gens qui ne font pas d’efforts pour s’en sortir... BREF : RAZ LE BOL Si de mon côté ce n’était pas compliqué pour moi d’être loin du peu de ‘’famille’’ qui me reste, en revanche pour Marielle c’était plus compliqué. De longs mois de discutions l’ont au final décidée à franchir le pas de partir vivre au Québec, à Québec avec moi. L’éternelle question : Pourquoi le Canada L’éternelle réponse : Pour vivre loin d,Un pays dans lequel je ne me reconnais plus, pour être entouré de gens agréables, travailleurs, débrouillards. (bien évidemment je savais déja tout ceci car j’étais venu ici en visite). Notre choix a été confirmé lorsque nous nous sommes rendus à la foire internationale de Nancy, lorsque nous avons rencontré Marc, un entrepreneur québécois, qui vendait sur son stand des produits du Canada, le sempiternel sirop d’érable mais aussi les gateaux Leclerc au beurre d’erable et les cramberriesainsi que du cidre de glace, mais surtout ce qui fait la renommée de Marc ce sont ses produits ‘’Qimmik’’ vêtements polaires de haute qualité, puis quelques maillots de hockey en petit bonus. Admiratif des maillots hockeys, nous avons très vite engagé la conversation et cet homme est tout simplement génial. Sa grande sympathie, ses rires, sa façon d’être et de parler nous a charmé de suite. De plus cet homme incroyable connais pas mal de monde de l’OFQJ et c’est lui qui nous a orienté vers le PVT. Nous sommes allé le revoir 3 fois dans la semaine puis une autre fois à la foire de Metz, et le plaisir de se faire reconnaitre de suite alors qu’il ne nous connaissais pas depuis longtemps est quelque chose de tràs appréciable. Le PVT... je ne vais pas entrer dans les détails des demarches administratives, tout les PVT ont vécu les même choses, l’attente, l’angoisse d’avoir monté efficacement son dossier, ‘’est-ce que j’ai oublié quelque chose? ‘’ …. Toujours est il que fin decembre : C’est bon, on est accepté !!! La mission premiere : vendre tous nos biens, si on part là bas, ce n’est pas pour revenir dans quelques mois, on a fait le PVT pour s’installer provisoirement légalement avant un visa plus permanent et envisager un nouveau départ, une nouvelle vie. Une fois presque tout vendu, la recherche de billets d’avions et d’un appart au Québec. La chance est de notre coté, par l’intermediaire de Kijiji nous tombons sur une annonce avec une femme adorable qui sous loue son appartement pendant 5 mois ( ca nous laissera le temps de nous retourner) . On rit comme des fous au téléphone alors qu’on se parle que depuis 10min, rien n’est solennel comme quand vous voulez louer un apprtement en france. Elle nous transfert le numero du propriétaire, le gars super sympa, il nous a jamais vu mais il nous promet de nous garder l’appartement et meme de venir nous chercher à l’aéroport de Québec. Quelques semaines, et heures de vol plus tard nous arrivons à Québec. Nous avons quitté l’Alsace à -26degrés, il en fait -12 à Québec, youpi on va se mettre en T-shirt bientôt!!! J’ai oublié aussi, notre petit bichon frisé nous accompagne bien évidemment dans notre nouvelle vie, lui il a moins adoré le vol, et il est très très heureux de nous revoir. Comme prévu le propriétaire est là. On charge nos 5 grosses valises dans lesquelles sont stocké tout ce que l’on voulait garder de notre vie en France, quelques photos, mon petit bordel électronique, l’armoire complète des vêtements de Marielle et moi j’ai fais un tres gros tri de mes vêtements. Nous emménagons Rue Père Grenier, du coté de Saint-Sauveur, saint Vallier, Saint Roch. Certes le quartier n,est pas le plus beau mais un T2 de 55m2 chauffé, éclairé, eau, et electro inclus ca ne se refuse pas pour 420dollars. Surtout que la locataire nous a laissé son lit, plein de vaisselle, des casseroles, un canapé. En gros de quoi commencer a vivre un peu. Le contre coup de voyage pour Marielle est un peu dur, un petit coup de blues et de stress pour starter cette nouvelle vie. Le lendemain on est reveillé de bonne heure, direction le centre ville, la rue Saint-jean, le vieux québec, le port, notre premièere poutine,...Marielle va déja mieux, elle tombe sous le charme de la ville, moi je suis renforcé dans mes idées que je vais bien me plaire ici. On commence à se renseigner les jours suivants, sur les transports en commun, où chercher un N.A.S, trouver un cellulaire, Internet, TV... Les jours passent très vite et la reserve d’argent diminue, on imprime les CV et en avant. Nous travaillons tous les deux dans la vente, moi de cellulaires et Marielle dans le prêt-à-porter. 5-6 CV posés et 1 ‘’dodo’’ plus tard nous avons déjà des appels pour un entretien de travail. Je signe mon contrat 2 jours plus tard, Marielle suivra 2 jours plus tard. Nous sommes amenés à travailler dans ce que nous aimons et faisions déjà en France... mais payés jusqu’à 3 fois plus. Certes on travaille 40h et alors?? on est là pour travailler, pour montrer qu’on en veut, pas pour faire les ‘’osti de maudits français téteux’’. Je gagne jusqu’à 3600CAD par mois impôts déduits, avec mes commissions. Marielle gagne pas loin de 1600CAD, elle n’a pas de commissions. Un loyer de 420, un Vidéotron de 135, 2 Rogers à 40 chacun 2 RTC a 75, tout le reste nous sert pour la nourriture, les sorties... En France ce n’etait pas le cas nous étions toujours dans le négatif... Les mois s’installent, je fais la connaissance de Jimmy, un nouvel ‘’associé aux ventes’’ à mon magasin et nous devenons très vite de vrais amis. Jimmy a 19 ans, moi 29 ans, mais son passé fait que c’est un jeune très débrouillard. Il nous montre plein d’endroits à aller voir, des petits restau sympas... Jimmy est quelqu’un qui a le coeur sur la main. C’est grâce à lui que nous avons notre premier ‘’bazoo’’, une Toyota Echo de 2001 en triste état, verte, avec un bumper raffistolé au sert-joint ( TyRap), que nous appelerons Frankenstein. Frankenstein a du mal dans les côtes et rend l’âme quelques semaines après. Encore une fois, Jimmy est là pour nous aider à joindre les deux bouts et nous avancer la somme pour se payer un véhicule plus neuf. Je connais ce gars depuis 2 mois et nous avons une réelle amitié. N’en déplaise à mes amis français qui liront ce billet : C’est mon premier réel ami, qui est toujours là pour nous quand ca va pas, ou pour se taper de bons délires.Sans lui beaucoup de choses n’auraient pas été possibles et nous lui en seront éternellement reconnaissant. Nous rencontrerons par son intermédiaire d’autres personnes avec qui nous avons lié d’amitié. Et de son coté, Marielle se fait aussi des ami(e)s par l’intermédiaire de son travail. le printemps est là, il fait 6 degrés et on sue comme des yachs, on se trimballe en T-shirt a 5 degrés, on est des fous. Une petite parenthése concernant mon travail. Je rencontre les québécois de tout âge, dans la vente les échanges se font directement. Bien sûr mon accent ne passe pas inaperçus et je n’ai été qu’une seule fois mal accueilli par un client parce que je suis français. Tous les autres clients ont été géniaux, on se moquait meme des fois les uns les autres sur nos origines, exagérant les aprioris que chacun a sur l’autre : ‘’vous devriez nous servir en marinière et en berret’’ ‘’ je le ferai quand vous viendrez à dos d’orignal avec une bouteille de sirop d’érable’’ Je parlais de tout avec mes clients, beaucoup sont très curieux de la vie en France, si tous les ‘’on dit’’ sont vrais, etc... Et puis les gens qui avaient visité la France étaient toujours interessés de savoir où je vivais en France. Ces gens sont extra-ordinaires et très chaleureux, certains me laissent leur carte professionnelle en me disant que si j’ai ‘’besoin de quoi’’ je n’hésite pas à appeler. L’été est là, je suis monté en grade, je suis à présent ‘’Assistant-Gérant’’ et Marielle quant à elle a changé d’employeur et travaille pour la chaine de boutiques Mexx où elle évolue comme ‘’3ème clé’’ (imaginez nos tronches quant on nous a parlé de 3eme clé , kézako ksa??). Cependant je travaille désormais pour Jimmy qui a monté sa propre société de protection de personnes, transport d’urgence et surveillance routière et résidentielle. Le contraste hiver-été est très grand. Même si l’hiver n’a pas été si rude que ca, l’été est vraiment caniculaire. On en profite pour visiter ‘’les chutes’’ (Montmorency) et puis on se décide à faire le tour de l’île d’Orléans, et c’est magnifique. Fenêtres baissées, gros soleil, le vent presque dans la face avec quelques morceaux de musique Country on se sent si bien. On est en Amérique, c’est sûr. On prend plein d’étoiles dans les yeux, et on se dit chaque soir que ‘’on a bien fait de recommencer notre vie ici’’ Le mois d’Août sera aussi la venue de la famille de Marielle pendant quelques jours, emerveillés eux aussi par ce qu’ils visitent. Nous en profitons pour visiter Montréal avec eux également mais je suis plutôt déçu, le tour est vite fait il n’y’a pas grand chose à voir par ici. L’automne et l’hiver s’installent et la boucle est presque bouclée, la vie suis son court. Nous avons déménagé en Septembre à Cap Rouge avant un petit détour par Ste-Foy. Je ne parlerai pas de toute l’histoire de Visa etc.. Ca doit se passer pour tout le monde à peu près pareil. Ce que j’ai retenu et noté de cet année pasée à Québec c’est que les gens ici, il faut les aborder avec précaution, se faire adopter et leur montrer qu’on n’est pas là pour faire nos français tanants, leur montrer qu’on est là pour travailler, vivre, respirer comme des québécois et surtout ne pas vivre entre français comme je peux le lire à mon sens trop souvent ici et pour lesquels j’ai des petits sautes d’humeur parfois de voir que les gens restent des français de base nombrilistes, trop communautaires et parfois même démago et bordés de prjugés débiles indécrottables. Je ne sais pas si beaucoup se rendent compte de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre ici. (le problème est le même en France mais c’est un autre débat) Pouvoir se balader dans des rues sûres, sans avoir peur de se faire agresser par une bande de fous, je n’ai plus peur quand Marielle sort seule le soir, même à l’époque de Saint-Sauveur, quartier reconnu pour ne pas être le top de la sécurité... Lors de nos premiers déplacements en bus, nous etions parfois perdus avec notre grand ^plan RTC en main, il y’a toujours eut quelqu’un pour nous aider sans meme avoir besoin de le demander. Un gars une fois a même fait un détour dans son trajet pour nous pour que nous descendions à la bonne station. Combien de fois en France avez vous vu cela? moi ZERO. Enfin pour finir, oui le fromage est hors de prix, oui avoir une voiture au Quebec coute cher niveau taxes, oui l’hiver y’a des -40, oui la charcuterie n’est pas au top, oui la baguette voute 2.49CAD mais après?? Par rapport à tout ce que l’on vous apporte quand vous êtes quelqu’un de serieux.... Comme je le dit souvent, je sais pourquoi je travaille le matin quand je me leve ici, je sais que je vais avoir plein de bonnes choses en retour. En France je sais pour QUI je travaillais et ce n’était pas pour moi. (et puis, rien a voir mais... vous avez déjà parlé de la Taxe Audiovisuelle à un québecois? ) Nous aimons ce pays, je suis meme assez radicaliste dans le fait que je n’ai pas peur de dire souvent que j’ai honte d’être français et que je ferai tout mon possible pour avoir la citoyenneté unique canadienne, mais ca n’engage que moi et mon avis. Marielel revit également de son côté et ça emplifie mon bonheur de voir que j’ai fais le bon choix pour nous deux, que le changement : C’est maintenant, mais ici Le petit nerveux avec la grosse montre disait : ‘’ La France tu l’aime ou tu la quitte’’ c’est fait, pour notre plus grand bonheur Amicalement Alexis , Marielle et Milky
  6. 8 points
    B@bouk

    Si loin, si proche...

    Septembre 2012, juin 2015. Bientôt trois ans. Trois ans de questionnements, de doutes, d'envies, de procédures, de joies, de peines. Trois ans de vie qui nous ont vu changer. Etre les mêmes, mais plus vraiment. Parce que ce projet d'émigration a évolué au fil de l'eau. Se nourissant de nos interrogations et des réponses que nous avons pu y apporter. Se construisant au fil de représentations qui se sont heurtées à des réalités parfois difficiles. Se mêlant à d'autres projets, d'autres envies qui, eux, n'attendaient pas l'arrivée d'un certificat de sélection ou d'une confirmation de résidence. D'autres projets à imaginer, à construire, à déconstruire, à mettre de côté pour, au final, se concentrer sur le principal, celui que nous n'espérions plus, celui qui était resté là, dans un coin de notre tête et que nous ne pensions plus voir aboutir un jour : partir. Et voilà, après un peu plus de deux ans de procédures, les précieux sésames sont en poche, la date est couchée sur le papier, les billets d'avion sont pris, la maison se vide, nous partons cet été. Les craintes, les doutes, les angoisses d'avant ont laissé la place à cette envie curieuse, teintée d'une peur positive de l'inconnu, d'aller découvrir l'Autre. Autre continent, autre culture, autre mode de vie, autres gens, autres horizons. Un nouveau départ, mais pas une fuite. L'envie d'aller de l'avant, l'envie d'un Ailleurs, sans renier ce qui nous a mené jusqu'ici, sans avoir l'espoir de trouver une vie meilleure. Non. Juste l'envie de découvrir, tout simplement. D'apprendre, toujours. Sans idéaliser. Sans être naïfs ou utopiques. Conscients des difficultés à venir et de la possibilité que tout cela puisse ne pas marcher. Avec la pression d'emmener les enfants dans notre sillage et de devoir réussir pour eux, avec eux, malgré eux. Eux qui n'ont rien demandé, et surtout pas de devoir quitter l'environnement sécure qu'ils se sont construit ici. Eux que nous exposons à un avenir incertain. Eux qui nous reprochent parfois de les arracher à leurs racines pour les mener vers un ailleurs qu'ils peinent à se représenter, si ce n'est au travers de nos discours optimistes et des photos glanées sur la toile. Partir en famille reste, avant tout, un projet d'adulte sur lequel les enfants se greffent, adhèrent, ou pas. Aujourd'hui, plusieurs émotions nous traversent, positives et négatives. L'envie (la nécessité ?) de réussir, soutenus (ou pas) comme nous les sommes par nos familles, nos amis, nos collègues qui, suivent depuis le premier jour l'évolution de nos démarches. La crainte (l'angoisse ?) d'échouer et de devoir faire route arrière. Le besoin toutefois d'essayer. De tenter le coup. Pour ne pas regretter. Autant de sentiments, d'impressions qui s'entremêlent et qui occupent, du matin au soir et du soir au matin, nos pensées. Malgré ce flot permanent de ressentis multiples, nous avançons, nous cheminons. A notre rythme. La maison se vide. Nous partons cet été.
  7. 8 points
    Je lis toujours avec intérêt les bilans des uns et des autres, ici ou ailleurs. A travers tous ces bilans, il est évident que l’immigration n’est pas un long fleuve tranquille. Par delà les démarches administratives et d’installation une fois le visa obtenu, il existe aussi cinq étapes bien distinctes du cycle de l’immigration, étapes qui sont parfois insidieuses, sournoises, lentes ou fulgurantes. Ces cinq stades n’arrivent pas forcément dans un ordre automatique et n’ont pas de durée précise. En revanche, pas mal d’études faites sur le sujet tendant à dire que la boucle prend en moyenne 7 ans pour se boucler. Tel au parc d’attractions, embarquons sur les montagnes Russes. 1ère étape, montée : lune de miel. A ce stade, tout est merveilleux et parfait dans notre futur pays d’accueil. L’herbe y est plus verte, l’air plus pur, les oiseaux chantent plus juste et l’avenir s’annonce radieux. On ne pense plus qu’à cela au point de saouler notre entourage, qui lui reste derrière, et qui parfois ne comprend pas notre décision. Les délais de plus en longs d’obtention de visa semblent accentuer cette étape. Certains en viennent même à détester leur pays d’origine et se demandent comment ils ont fait pour survivre si longtemps dans cette galère. Une fois sur place, un rien suffit pour nous enchanter et toutes les comparaisons sont favorables au nouveau pays. 2ème étape, descente : choc culturel. Eh oui, si l’on pouvait rester en ascension éternellement, nous serions tous sur la Lune. Contrairement à son nom, le choc culturel n’est pas un choc fulgurant qui apparait du jour au lendemain….du moins la plupart du temps. Après l’étape de découverte, les premières difficultés apparaissent. Elles sont de nature très variée et propres à chacun : difficultés pour trouver un emploi, perte de repères socioculturels, incompréhension des comportements ou du mode de vie etc.… Pour ceux qui ont trop idéalisé ou qui ont eu des attentes complètement irréalistes pendant la lune de miel, la descente est trop vertigineuse et le crash, inévitable. On peut assister à certains retours vers le pays d’origine. 3ème étape, montée : adaptation. On pose un regard plus réaliste sur notre nouveau pays. On comprend mieux notre environnement et l’on veut en savoir encore plus. On réévalue nos objectifs et nos attentes. Il ne faut pas crier victoire trop vite, car cette adaptation est superficielle. Notre culture d’origine commence à laisser place à une nouvelle culture. 4ème étape, descente : bataille des cultures, littéralement. La culture du pays d’origine est constamment en conflit avec celle du pays d’accueil. Pour certains, c’est là où le mal du pays sera le plus fort. Plusieurs cas de figure : - acculturation : l’immigrant trouve un équilibre entre sa culture d’origine et celle du pays d’accueil. Voie vers l’intégration. - rejet : l’immigrant rejette en bloc la culture du pays d’accueil et refuse de s’intégrer. - déculturation : l’immigrant rejette en bloc la culture de son pays d’origine. - perte identitaire : l’immigrant ne sait plus qui il est. 5ème étape, montée et arrivée : intégration. L’immigrant devient un citoyen à part entière de son pays, sans pour autant oublier ou renier ses origines. Il donne à sa nouvelle société et en reçoit autant. Il évolue et progresse en tant qu’individu, mais fait aussi progresser et évoluer son pays. Et vous, savez-vous à quel stade vous vous trouvez dans votre parcours d’immigration?
  8. 6 points
    La réussite est individuelle Je ne suis probablement pas le seul qui – quelque part au milieu de sa réflexion - a envisagé le Canada en ces termes : « des gens sans talents exceptionnels, avec moins de qualifications et moins d’expériences ont pourtant bien réussi au Canada. Alors, si ça va pour eux, c’est certain que ça devrait aller pour moi ». Qui n’a pas passé du temps à glaner des statistiques ou à vérifier les durées moyennes des procédures ? Quel candidat à l’immigration n’est pas aussi impatient qu’un enfant la veille de Noël d’être au Canada quand il entend que des nouveaux arrivants trouvent un premier emploi seulement quelques jours après leur arrivée ? On se compare. On se rassure. Mais au final, est-ce que ça fait vraiment du sens ? Il n’y a pas deux immigrants identiques. Il n’y a pas deux parcours identiques. Les exigences qu’il fallait satisfaire l'année dernière n’auront peut-être plus rien à voir avec celles qui seront effectives dans quelques semaines. Chaque cas est unique. Essayer de comparer ce qui, par nature, est complètement différent conduit à des conclusions aléatoires. Le taux de chômage parmi les immigrants, le nombre élevé de séparations ainsi que toutes ces annonces sur kijiji/craiglist de personnes bradant leurs biens pour financer un retour à la case départ sont là pour l’attester : le succès des uns n’implique aucunement la réussite des autres. Des rencontres extraordinaires Les moyennes et autres statistiques sont trompeuses. Un immigrant modèle, ça n’existe pas ! Ce qui a pu réussir pour les uns n'est absolument pas une garantie de succès pour les autres. Malgré tout, voici quelques rencontres faites ces derniers mois que je trouve particulièrement inspirants : - Pendant les fêtes, nous étions invités dans les environs de Québec. De l'extérieur, la maison ressemblait à toutes les autres. Rien d’exceptionnel. Jusqu’à ce que je découvre au détour d’une photo, que la discrète mère de famille est la fille d’un chef d’état. Aussitôt, je me suis demandé où étaient les murs en marbre, les voitures de luxe et tout le bling bling mentionné dans les magazines people. Mais c'était juste une famille ordinaire au Canada. J’aime cette idée que chaque immigrant, indépendamment de son passé, peut se forger une nouvelle vie. Immigrer, c’est l’occasion de prendre un nouveau départ. - A 20 minutes de Vancouver, j’ai fait la rencontre de P., d’origine suisse. Il est devenu multi-millionnaire en vendant son application informatique de gestion de portefeuille à une entreprise nationale. Dans mes connaissances, nombreux sont les Canadiens (surtout anglophones) qui exercent une deuxième activité dans leur sous-sol ou dans leur garage : ébénisterie, peinture, ferronnerie, cours de musique, salon de coiffure, saisie de déclarations d’impôts, etc. C’est une excellente idée, je trouve, d’investir ainsi l’espace dont on dispose chez soi. Plutôt que d’y entasser des bidules et de la poussière, c’est plutôt malin d’en faire un terrain de jeu, y devenir son propre patron et qui sait, poser les fondations d’une entreprise qui ira conquérir le monde. - J’ai rencontré K. à Victoria. Ses enfants ont tous grandi au Canada. Parfois il pense leur faire découvrir leurs origines néerlandaises. Peut-être feront-ils ce voyage initiatique un jour. En attendant, ses fils exploitent une plantation de canneberge pendant leur temps libre et sa cadette s’occupe de la vente sur facebook. Cela leur offre un joli revenu d’appoint pour financer leurs extras : croisières dans les Caraïbes, semaine de sports d’hiver, etc. Depuis que nous sommes au Canada, nous essayons nous aussi de développer la fibre entrepreneuriale auprès de nos enfants. - R. est arrivé à Sherbrooke dans les années ’80, pour étudier à l’université. Aujourd’hui, il est à la tête de plusieurs commerces. Ses affaires sont florissantes. On le retrouve dans de nombreuses associations : chambre de commerce, parade de Noël, fêtes de quartier, actions communautaires, etc. Acteur très impliqué dans la vie sociale, c’est aussi un mécène particulièrement généreux. Et comme si cela n'était pas suffisamment altruiste, il trouve encore du temps pour aider les nouveaux arrivants à réaliser leurs projets. Un ancien immigrant qui à son tour aide d’autres immigrants. - D. est arrivée au Québec il y quelques mois avec son mari recruté depuis le Sri Lanka. Cela ne fait pas longtemps qu’elle suit des cours de francisation, mais il faut l’entendre. C’est juste impressionnant ! Elle est aujourd'hui capable de passer une entrevue téléphonique en français alors qu’il y a moins d’un an elle n’en connaissait pas un mot. Du coup son CV est relégué au niveau d’un accessoire anecdotique. Rien qu’à l’entendre, on ne peut qu’être convaincu que, dans un temps très court, elle est capable d’identifier un problème, évaluer sa priorité et mettre en œuvre tous les efforts nécessaires pour le résoudre. Alors évidemment, devant sa démonstration d’efficacité, les employeurs se sont battus pour lui pour proposer le poste qu’elle voulait. Les efforts paient. C’est un plaisir de côtoyer des immigrants aussi déterminés à déjouer les préjugés. C’est le genre de rencontre qui pousse à toujours en vouloir beaucoup plus. Et ce ne sont pas les défis qui manquent : la résidence permanente, une maison, la citoyenneté, des revenus à 6 chiffres, des vacances à Cuba, un chalet, un appartement en Floride, etc. - En 1992, P. a fui la guerre avec seulement quelques livres dans une valise. Il a atterri avec sa famille dans la région de Sherbrooke. Le manque de perspective professionnelles, la complexité du français et le froid les ont poussés hors du Québec. Présentement en Ontario, leur aîné est pilote dans l’armée de l’air canadienne et leur cadette achève ses études de médecine. Ils ont une maison spacieuse, des SUV neuves dans leur allée, un bateau de 27 pieds pour profiter de l’été… Pourtant, leur regard est triste, parfois éteint. Comment être heureux, me racontent-ils, quand tout ce qu’ils ont leur rappelle que leur village a été littéralement rasé et leurs proches tués sous leurs yeux ? L’abondance qu’ils ont ici ne peut pas remplacer le peu ce qu’ils ont perdu dans les horreurs de la guerre. Immigrants, nous avons tous une histoire unique Il y a possiblement des leçons à tirer de ces expériences. Mais la plus importante à mon sens est la suivante : derrière chaque immigrant, il y a une histoire exceptionnelle à découvrir. Ces témoignages, plus qu’autre chose, sont de formidables motivants dans mon parcours d’immigrant. J’aime être challengé ainsi par l’expérience des autres. Alors nul doute que cette année sera encore l’occasion de nouvelles aventures et de nouvelles rencontres marquantes. Rendez-vous autour d’une bière ?
  9. 5 points
    Le Canada est une destination riche de promesses pour les immigrants. Mais, dans le même temps, les couples qui souffrent leur immigration sont loin d'être une exception. Avoir la meilleure volonté ne suffit pas. Et quand on a dépassé la trentaine, une femme et des enfants, on n'immigre plus comme à 18 ans. Qui quitterait travail/amis/confort pour atterrir dans un appartement étroit au bout du monde et vivre de jobines ? Avant d’envisager boucler nos bagages, nous voulions, ma compagne et moi, confirmer que nous aurions vraiment de meilleures perspectives au Canada. Pour y arriver nous avons mis en place une stratégie en 3 temps : 1- effectuer un voyage exploratoire L'occasion de répondre à de multiples questions : quelle sont les régions les plus propices pour nous épanouir ? Qu'est-ce qu'il nous faut améliorer pour décrocher la job de nos rêves ? Quel programme d'immigration nous convient le mieux ? etc. 2- obtenir un premier emploi Après avoir beaucoup investi dans notre voyage exploratoire, ça a été relativement facile de sortir du lot aux Journées Québec. Le plus délicat a été de négocier un délais pour assurer le point suivant... 3- braquer la banque ! Pourquoi se contenter d’une seule job quand on est deux ? Dès le début, il était exclus que l’un de nous subisse son immigration. Si nous avons choisi le Canada, c’est pour profiter d’une meilleure qualité de vie. Pas pour qu’elle (ou moi) reparte du bas de l'échelle, accepte un emploi de second choix, devienne conjoint au foyer par défaut ou reprenne des études pour espérer accéder un marché du travail. Pas question de sacrifice. Pas de compromis. Nous avons mis toute notre énergie pour trouver une solution. Et, tant qu'à faire, aller chercher un Golden Ticket pour immigrer au Canada avec tapis rouge et petits fours. Pas moins. Je vous partage notre expérience. Cela pourrait être inspirant. Notre point de départ Le défi était le suivant : pendant que je négociais un emploi en Estrie, et avec seulement quelques mois devant nous pour effectuer les démarches d’immigration, comment trouver à coup sûr des perspectives passionnantes pour ma femme, dans la même région ? Sherbrooke, c’est pas si grand. Il n’y a pas des millions d’employeurs possibles. Encore moins qui sont prêts à engager une immigrante qu’ils n’ont jamais vue. Encore moins pour une job qui corresponde tip-top à nos attentes. Encore moins pour commencer dès notre période d’arrivée. Après réflexion, nous sommes arrivé à cette conclusion : quand on part en randonnée et qu’on n’est pas certain de trouver une bonne place où dîner, on fait mieux d’emporter son casse-croûte. Et donc, au lieu de désespérer après un improbable employeur au Canada, nous avons plutôt ciblé une entreprise locale qui souhaitait se développer au Québec. Exprimé ainsi, le défi est devenu tout de suite plus facile. Avec une économie au ralenti, trouver une PME ou une grande compagnie qui souhaite explorer de nouveaux marchés, ce n’est pas plus compliqué que de feuilleter un annuaire professionnel. Et avec un taux de chômage élevé dans certaines régions, des services encouragent des formations innovantes : cours de langues, programmes de mobilité international, certifications en tout genre, etc. En cherchant, nous nous sommes vite rendu compte que les solutions sont nombreuses pour atteindre notre objectif. Le stage international : un bon plan Nous avons opté pour une initiative de l’AWEX (Agence Wallonne à l'Exportation). Le principe est simple : 3 mois de formation théorique puis 3 mois sur le terrain pour aider l’entreprise régionale de son choix à développer ses activités internationales. L’employeur bénéficie ainsi d’une personne formée, à coût réduit - financée à 50% par la collectivité - et de tout le support nécessaire pour cette expérience. De son côté, si le stagiaire est bon, il peut espérer un vrai contrat à son retour de mission. Ma femme a ainsi pris contact avec une entreprise qu'elle admirait particulièrement et a convaincu ses responsables de développer leurs activités au Québec, plutôt qu’en Asie ou au Etats-Unis. Une fois que nous avons fait coïncider les contraintes du stage et celles de mon emploi, l'affaire était ketchup. Et nous sommes arrivés au Canada avec 2 contrats d’emploi dans nos bagages. Moi, travailleur qualifié, avec un permis de travail fermé. Elle, VRP, avec son permis de travail ouvert. Pendants plusieurs mois, elle a eu l'opportunité de voyager à travers le Québec, démontrer ses compétences, côtoyer des CEO, offrir du vrai chocolat belge, négocier de projets à... beaucoup de chiffres, loger dans des hôtels pas triste... C’est une façon très agréable, je trouve, d'acquérir cette fameuse expérience Québécoise tant indispensable. En travaillant d'arrache-pied, il ne nous aura fallu que 4 petits mois pour préparer tous les détails de ce rebond professionnel. Un investissement très rentable. A titre informatif, de nombreux organismes peuvent aider à un stage international : Pôle Emploi, Actiris, Les Jeunes chambres internationales, les associations professionnelles, etc. Au Canada, Les nouveaux arrivants peuvent aussi bénéficier de stage d’insertion : Programme Interconnexion, Carrer Edge, etc. La stratégie de couple : indispensable Clairement, l’épanouissement professionnel est l’une des meilleures clés pour apprécier son immigration. Et maintenir son couple au top. Au contraire, c'est dommage de voir des personnes chialer d’avoir mis leur carrière entre parenthèses pour suivre leur conjoint. Cela donne parfois l'impression qu'elles ont immigré en catastrophe, sans avoir eu la moindre possibilité de se préparer. Ou qu'elles ont beaucoup procrastiné en se racontant toujours les mêmes excuses : “tout est possible au Canada”, “on trouvera une fois sur place”, “c'est normal de commencer tout en bas de l'échelle”, “quand on veut on peut”, “il suffira de”, “on s'adaptera”, etc. Mouais. Comment être heureux quand son conjoint peut à tout moment regretter d'avoir sacrifié ses ambitions pour venir au Canada ? Il est important d'aiguiser son profil pour réussir son intégration au Canada. Mais quand on immigre à deux, il est encore plus crucial - et plus passionnant - de mettre en place une vraie stratégie de couple et de se donner les moyens d’atteindre ensemble ses objectifs. Soignez votre couple. Et pour l'anecdote... Faire un stage peut être un excellent moyen de réseauter. Ma conjointe n’a d’ailleurs eu aucune difficulté ni pour obtenir des recommandations ni pour se voir proposer un emploi. Et présentement elle trouve encore le temps de supporter des entreprises européennes au Québec. Avec beaucoup de plaisir. Et je l'encourage. Parce que ça contribue à son épanouissement. Et parce qu'une deuxième job de consultant international, c’est un bon prétexte pour cumuler des Air Miles et refaire régulièrement le plein de spéculoos.
  10. 5 points
    Blueberry

    10 ans à Vancouver

    15 Mai 2006 : atterrissage à l’aéroport de Vancouver. Je me revois encore traverser le hall d’arrivées avec mes 2 valises et mon visa RP validé, direction la sortie et l’inconnu. Tout était à écrire, à refaire, à reconstruire. En effet, je n’avais jamais mis les pieds à Vancouver et n’y connaissais personne ou presque. Une belle page blanche comme je les aime! 10 plus tard, je suis toujours là, donc c’est que quelque part cela a marché ! Néanmoins, tout n’a pas été facile, surtout les 3 premières années. J’ai dû faire preuve de beaucoup de détermination, de flexibilité, de patience et travailler d’arrache-pied. J’ai aussi fait pas mal de compromis au départ, notamment sur le plan professionnel. Avec le recul, ces compromis m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui, même si sur le moment, ils n’ont pas toujours été facile à faire. Mon emploi actuel, ainsi que le précédent, sont des emplois que malheureusement, je n’aurais pas pu avoir en France. Idem pour le salaire, ou peut-être en fin de carrière. Ce que j’apprécie le plus ici, c’est le certain côté « tout est possible » ainsi que la flexibilité. Les gens ne sont pas enfermés dans un carcan professionnel basé sur un diplôme obtenu dans leur vingtaine. Il n’est pas mal vu de vouloir changer d’emploi, de carrière ou de reprendre des études. Ici, on apprend tout au long de sa vie. On ne reste pas figé sur des acquis, qui, au bout d’un moment, deviennent obsolètes. On fait aussi plus confiance à la personne, et ce, sur bien des plans. C’est là une grande différence avec la France. La société Canadienne s’adapte plus facilement aux changements, et du coup, est un peu plus en phase avec son époque. Par exemple, je ne me suis pas du tout reconnue dans le déchaînement sur le « mariage pour tous ». Il y a pas mal d’autres aspects sur lesquels je ne me reconnais pas non plus. Comme cette manie d’être dans le conflit permanent et la défiance. Cela ne résout pas forcément les problèmes. Ici, c’est le politiquement correct et le consensus qui priment. Parfois, cela m’agace au plus haut point, mais au quotidien, cela rend la vie plus facile et permet d’avancer. Toutefois, la France est la Mère-Patrie. Comme toute relation Mère-Enfant, cela peut être parfois compliqué. Malgré tout, je reste attachée à mon pays d’origine, qui restera toujours mon pays. D’ailleurs, il n’est pas dit que j’aurais pu immigrer au Canada aussi facilement si j’étais née dans un autre pays. Alors, qu’ai-je trouvé au Canada que je ne trouvais pas en France? Quelque part, je me suis trouvée moi-même. Immigrer m’a fait sortir de ma zone de confort relatif et briser les nombreuses limites que je m’étais créées. J’ai découvert que j’étais capable de beaucoup plus que je ne le pensais, que je pouvais faire preuve de créativité et de débrouillardise, plus que je ne le pensais aussi. Je me suis beaucoup enrichie sur le plan humain, et cela n’a pas de prix. Je ne suis aussi quelque peu enrichie sur les plans financier et matériel, mais cela ne fut pas difficile étant donné qu’en France je n’avais « rien » ou presque. Tout au long de ces dix années, je n’ai jamais regretté ma décision de venir au Canada, et ce, malgré l’éloignement familial et les occasionnels moments de grande solitude. Ce que j’ai accompli ici est à mille lieues de tout ce que je pouvais espérer. Nul doute qu’il en reste encore plus à venir. Rendez-vous dans dix ans?
  11. 5 points
    Juillet 2015 : Le grand départ. Ce mois a été marqué par notre départ pour Québec. Derniers coups de collier avant de partir, dernières mises au point, dernière craintes. Voilà comment nous les avions traduits : "Ca yest, les inscriptions scolaires des enfants sont faites ! Notre grande entrera en 1ère année du secondaire et notre fils en 5ème année de primaire, à Québec. C'est un soulagement et le signe que notre projet continue d'avancer. Côté déménagement, les choses avancent même si nous courons encore après la date définitive d'enlèvement de nos cartons, prévue aux alentours du 16 juillet... Nous relançons le déménageur ces jours-ci. Les voitures sont quasiment vendues. Nous sommes rassurés." Quelques jours plus tard, "la date de déménagement est quasiment fixée : entre le 15 et le 17 juillet 2015. Toute la liste de nos effets doit être bouclée ce week-end afin que le déménageur puisse évaluer la taille du camion à nous envoyer. On avance (enfin, j'espère !...)" Et enfin, "Les déménageurs passent aujourd'hui !Nous sommes prêts pour le grand saut ! Dans une semaine, nous décollons.... Que le temps passe !!!" Pour prolonger notre expérience québecoise et faire partager nos rencontres et découvertes, nous avons décidé de créer une page Facebook : "Québec paradis", avec pour objectif de retracer nos aventures par le biais d'une photo par jour ! En voici le lien : https://www.facebook...796769593774015 Fin juillet, nous vivions les derniers instants sur le sol français : "Visite médicale obligatoire passée par notre toutou hier au soir. Il est autorisé à voyager avec nous et poursuit donc cette aventure ! Décollage demain. Derniers rangements. Derniers coups de balais. Etat des lieux de la maison cet après midi." Nous livrions nos pérégrinations quelques jours plus tard : " Après avoir retrouvé internet, voici le récit de nos dernières heures en France et de nos premières heures au Québec ! Quelques heures avant le départ. Dernier coup de collier pour tout boucler. L’état des lieux de la maison s’est déroulé sans encombre. On part manger à l’extérieur. Au retour, énorme orage, pluie diluvienne, nos serviettes de toilette et la caisse de transport du chien, laissée dehors, sont trempées. Plus rien pour prendre la douche. Le coussin de transport du toutou est fichu… Pas grave, on se débrouille. Deux serviettes retrouvées dans un coin feront l’affaire pour nous et les duvets de notre dernière nuit feront office de coussin pour la cage du chien. On s’endort. Epuisés. Jour J. Nous sommes levés tôt. Le temps de sortir les affaires et de vider la maison (le propriétaire, malgré l’état des lieux de la veille, nous a autorisés à dormir cette dernière nuit dans la maison. Merci !) et des amis arrivent pour nous accompagner à l’aéroport. On charge les voitures et on part. Nous sommes émus. L’arrivée à l’aéroport se passe très bien. La caisse du chien est extrêmement volumineuse, ce qui nous permet de passer devant tout le monde pour enregistrer les bagages et de découvrir les dédales de l’aéroport de Lyon avec notre encombrant compagnon. Nous le laissons à proximité des pistes, au poste de gendarmerie, là où les objets très volumineux peuvent embarquer. Dernier au revoir au toutou. Il part. Nous rejoignons la salle d’embarquement, après les au revoir difficiles avec nos amis. L’avion a un peu de retard, mais rien de grave. Nous y sommes presque ! Nous embarquons finalement, pour décoller quelques minutes plus tard. C’est parti ! Le vol se passe sans aucun problème. Nous trouvons le service d’Air Transat très satisfaisant. Arrivée à Montréal, sept heures quarante plus tard. Nous sommes ravis. Le passage en douane est une formalité. Quelques questions sur le pourquoi de notre immigration, présentation des passeports, l’agent nous demande de la suivre… Elle nous accompagne jusqu’aux services de l’immigration. « Bienvenue au Canada », nous lance-t-elle avant de repartir. Emotion. Dans la salle du bureau d’immigration, nous sommes les seconds. Au bout de quelques minutes, on appelle notre numéro. L’agent des services d’immigration canadienne vérifie nos documents, CRP, CSQ, B4, passeports, et nos coordonnées à Québec. Quelques photocopies et quelques signatures plus tard (à peine 15 minutes), elle nous souhaite elle aussi une bonne arrivée au Canada et nous indique que nos cartes de résidents permanents arriveront d’ci deux mois à notre domicile. Génial ! Nous passons ensuite au guichet des services d’immigration du Québec. Vérifications de nos CSQ, de nos passeports. Vu que nous pouvons fournir les documents attestant que nous avons suivis les modules du SIEL (Service d’Intégration En Ligne), nous sommes dispensés des rendez-vous d’information auprès des services d’immigration et d’intégration. En 15 minutes à peine, l’affaire est bouclée ! « Bonne installation au Québec, et bonne chance ! ». Ca y est, nous y sommes !!! Nous partons récupérer nos bagages et notre chien qui, contre toute espérance, s’est montré détendu et calme en nous attendant. Il patiente sagement dans sa cage, suscitant la curiosité de plein de personnes lorsque nous nous déplaçons avec lui. Le spray hormonal apaisant délivré par notre vétérinaire y est sans doute pour quelque chose. Il nous a facilité la vie, à lui et à nous !!! Second passage auprès des douanes car nous voyageons avec un animal. Nous galérons à nous déplacer avec la cage, qui ne tient pas sur un chariot. Le douanier vérifie le carnet de santé de notre animal. Rien à signaler. « Normalement, cette visite est payante, mais vu que vous venez pour la première fois, ça ira. ». Il n’est pas trop gentil ce douanier ?!!! Super ! On s’en va, non sans l’avoir expressément remercié. Nous quittons l’aéroport, une heure trente après avoir quitté l’avion. Tout est donc allé très vite pour nous. Cueillette de la voiture de location et départ pour Montréal chez des amis qui nous prêtent très gentiment leur maison pour la nuit alors qu’ils sont en vacances en France. Vraiment tip top, nos amis ! On récupère les clefs chez des voisins et on se pose. Enfin ! Après quelques courses et un léger repas vite avalé, nous nous effondrons sur nos lits. Epuisés. Depuis que nous nous sommes levés le matin, 21 heures se sont écoulées. 03 heures du matin, nous sommes réveillés. Décalage horaire oblige, nous ne dormons plus. On parle, on discute, on échange des émotions. C’est un moment étrange. Décalé. Au petit matin, nous partons pour Québec. Nous redécouvrons les paysages qui nous ont tant plus voilà trois ans, lors de notre voyage ici. Nous arrivons à la pension où notre chien va séjourner quelques jours, le temps que nous nous posions et que nous prenions nos repères. Dur de le quitter… Nous arrivons à Québec, nous mangeons un bout sur place et filons à notre appartement où notre propriétaire nous attend. Visite des lieux. Nous sommes ravis. Notre propriétaire, un monsieur en retraite, prend gentiment le temps de nous accompagner à pieds pour une visite du quartier. Boutiques, restaurants, bonnes adresses, écoles, il nous montre tout, avant de m’accompagner en voiture à l’autre bout de la ville pour que je puisse y rendre notre véhicule de location. Il me ramène jusqu’à l’appartement en me faisant visiter la ville pour me montrer quelques points de repères. Avant de me laisser, il me tend un paquet contenant une bouteille de vin. « Tenez, c’est pour vous. Bienvenue au Québec. » Elle n’est pas belle la vie ? Ca y est, nous sommes chez nous ! Lundi, les démarches NAS et RAMQ sont faites, ainsi que l’ouverture du compte Desjardin et réception de nos cartes de débit. Pour le NAS, 10 minutes ont suffit. Il n’y avait personne devant nous. Pour la RAMQ, 45 minutes ont permis de tout boucler. Ici encore, personne devant nous. Le top ! Depuis ces derniers jours, nous nous consacrons essentiellement au grand nettoyage de notre appartement que les précédents locataires ont laissé dans un état lamentable. On se refait peu à peu un petit nid. On visite, on sort, on découvre. Il y a comme un air de vacances dans l’air… On profite doucement !" Août 2015 : transition(s) Les démarches administratives et les recherches d'emploi battent leur plein. Peu de temps pour savourer. "Réception ce jour de nos 4 cartes d'assurance maladie. 10 jours entre le dépôt du dossier à la RAMQ et la réception des cartes. Efficace ! A compter de lundi prochain, nous allons intégrer un programme d'aide à la recherche d'emploi d'une durée de trois semaines, nous donnant accès à toutes les techniques québécoises de recherche d'emploi, et notamment le moyen d'accéder au marché caché du travail. Nous espérons pouvoir optimiser nos chances de retrouver rapidement une job. Les enfants sont inscrits en camp de jour, où ils sont depuis déjà 2 semaines, histoire de s'immerger parmi un groupe d'enfant de leurs âges. C'est vraiment pas mal car ils se familiarisent avec les pratiques québecoises. Du coup, ils prennent le bus tous seuls (ils ont 10 et 12 ans). Ils pourraient rester seuls à la maison la dernière semaine d'août. Nous ne savons pas encore. Ca fait beaucoup de changement. Nous qui hésitions à les lâcher chez nous, petit village de campagne de 800 habitants, voilà que nous les laissons prendre seuls le bus dans une métropole qui en compte 500 000 ! Mais bon, le côté sécuritaire de la ville y est pour beaucoup. On s'y sent vraiment bien." Fin août, "réception de nos permis de conduire. Super !! Le container arrive à Montréal, après 4 semaines de voyage. Correct. Ca frétille au niveau du boulot. Quelques touches qui donnent espoir. Opération dédouanement. 6h de route. 2h30 sur place. 32 guichets potentiels. 3 d'ouverts. Le fun ! Mais bon tout est en ordre. On ne va pas trop se plaindre." Et puis, le bonheur ! "Job de 3 mois décrochée en tant qu'éducateur en Cegep. Le fun ! On souffle." Septembre 2015 : les bonnes nouvelles s'enchainent. " Mon épouse vient de décrocher sa job ! Travail permanent à temps plein à deux pas de la maison. Et voilà, nous sommes rendus à un très bon état de notre projet. Nous soufflons enfin." Octobre 2015 : fin du processus. " 3 de nos cartes de résidents permanents sont arrivées. La 4 ème ne devrait pas tarder. Ça y est, nous touchons à la fin de notre processus. Nous sommes résidents permanents du Canada !!! Le fun !" Au milieu du marasme du quotidien, nous prenons le temps de mesurer les avancées faites depuis trois ans. C'est dingue. Notre rêve est devenu réalité. A nous de le mener plus loin. Encore. Toujours.
  12. 5 points
    Depuis que je suis ici je n’ai de cesse de m’émerveiller de la gentillesse, de la patience mais aussi de la facilité à rire des Québécois. Ici râler est vulgaire, se fâcher mal vu et s’énerver, le comble du ridicule. Et tout se passe à merveille. Dans mes réflexions intenses (si si ça m’arrive…) pour déterminer le pourquoi, la première chose qui me saute aux yeux est la suivante : beaucoup ont des noms de famille qui prédisposent, me semble t'il, à la bonne humeur. Statistiquement, en France, les noms les plus courants sont: Durand, Dupont, Martin, Dupuis, pas de quoi se taper le cul par terre. Tandis qu’ici, ils sont beaucoup plus évocateurs : Lachance, Lajoie, Labonté, Lafranchise, Latendresse ou Laterreur! Difficile d’imaginer un Monsieur Jolicoeur désagréable, une Madame Laforme anorexique, un Monsieur Lheureux triste ou une Madame Beausoleil sous un parapluie. Mon plombier s’appelle Lalumière, il aurait du être électricien mais bon, je lui pardonne, il est excellent ! Certains ont le sens de l'à propos: je vais chercher mon pain chez Monsieur Pinchot et je viens de recevoir un devis de mon menuisier, monsieur Cloutier ! Cependant ma théorie ne tient pas 30 secondes car même ceux qui ont des noms qui ne font pas sourire sont sympas...ils ont dû tomber dans une potion magique ;-) Cet article est tiré de mon blogue: Les tribulations d'une française à Montréal: http://mhlps.wordpress.com et la page facebook où je partage mes découvertes québécoises: www.facebook.com/LesTribulationsDuneFrancaiseAMontreal
  13. 4 points
    Si tu es un(e) Français(e) qui vit au Canada, voici un scoop : sache que tu ne passes pas inaperçu(e) au supermarché ! Et oui, c'est comme ça : même si tu vis depuis longtemps au pays des grands espaces, et que tu te sens complétement intégré(e), tes gènes français te trahissent lorsque tu fais tes courses ! Voici la preuve par 16 : 1- Tu RÂLES... ... parce qu'il y a la queue, parce que tel produit est trop cher, parce qu'il fait trop froid/trop chaud dans le supermarché, parce que tu ne trouves pas tel produit, etc. Bref, tu râles... (Mais c'est normal : c'est dans ta nature !) 2-Tu "tiques"... ... quand un employé te soutient que le Cheez Whiz c'est du fromage. 3- Tu es très critique... ... au sujet de certains produits que tu vois en rayon (et parfois même, tu te "lâches" à voix haute). 4- Tu te tords de rire... ... en lisant le descriptif ou la traduction de certains produits. 5- Tu rêves... ... de "gruger" en caisse, pour passer plus vite (mais tu ne le fais pas car iciTTE, les gens sont civilisés). 6- Tu ne comprends toujours pas... ... ce que font les "Jello" dans le rayon des yaourts/yogourts (ni comment on peut aimer ça, d'ailleurs...). 7- Tu hallucines encore et toujours... ... devant le prix du fromage. 8- Tu restes toujours sceptique... ... devant le côté "bon pour la santé" des baby-carottes (qui n'ont de "baby" que le nom...), les reines de la trempette. 9- Tu apprécies... ... qu'iciTTE, il y ait toujours un employé pour t'aider à mettre tes achats dans des sacs. 10- Tu soupires... ... en te rappelant que tu dois passer à la SAQ en sortant, puisqu'il n'y a que des vins de m***** vendus en supermarché. 11- Tu te demandes pourquoi... ... on trouve du lait UHT en France, et pas au Canada (et si tu connais la réponse, mets-la dans les commentaires STP, car je ne sais toujours pas pourquoi, après 10 ans au Canada). 12- Tu regrettes le temps... ... où tu habitais à côté d'un Picard. 13- Tu trépignes... ... en attendant le "petit" colis de victuailles que ta mère t'a envoyé de France. #EnManque #MerciMaman 14- Tu jouis littéralement... ... en découvrant dans ton supermarché, pour la 1ère fois depuis ton installation, des Galettes Saint-Michel... ! NB : Réaction identique également possible après avoir découvert du foie gras, des confitures Bonne Maman, des lardons, du caramel à la fleur de sel, de la pâte feuilletée à dérouler, des Petits Écoliers, des herbes de Provence, etc. 15- Tu fais l'ouverture du magasin quand tu sais... ... qu'un fromage français est en promotion... 16- Mais parfois... ... tu arrives trop tard et il n'y en a déjà plus (et là, c'est le drame !)... ********************************* Alors, penses-tu encore passer pour un "local" quand tu fais les courses, depuis que tu vis au Canada ? Si j'ai oublié une réaction, rajoute-la dans les commentaires STP ! La liste ne demande qu'à être allongée... Et si tu as aimé ce billet, abonne-toi à mon blog : Expatriation, Tourisme & Cie !
  14. 4 points
    A peine arrive au Canada, il faut penser a un moyen de transport. Et tant qu'a faire, il est possible d'acheter un vehicule des la sortie de l'aeroport. Pourquoi pas. Mais est-ce vraiment judicieux ? Mes voisins achetent leurs voitures sur facebook Certains de mes voisins achetent/vendent leurs voitures sur les reseaux sociaux. Au printemps dernier, l'un d'eux roulait dans une serie 4 convertible. A l'automne, il l'a revendue. Et pour cet ete il s'est offert une Mustang. C'est assez surprenant de decouvrir tout ce qu'on peut trouver sur des plate-formes comme facebook, craiglist ou kijiji. Mais pour un nouvel arrivant, il y a sans doute une autre approche a envisager... Acheter un voiture et construire sa cote de credit L'achat d'une voiture represente habituellement le budget le plus important a l'arrivee au Canada. Il est tentant d'acheter une voiture des la sortie de l'aeroport. Parfois en payant comptant. Mais pourquoi ne pas profiter de cette opportunite pour faire d'une pierre deux coups ? Par exemple : profiter de cet achat pour investir dans la construction de son historique de credit. Ma premiere experience d'achat automobile Chaque achat est motive par des attentes differentes. Certaines personnes privilegient le prix, d'autres la rapidite de la transaction, la proximite, une marque, etc. Certaines personnes preferent tout gerer sur internet. Particulierement au Canada ou le service client est generalement exceptionnel, ca peut pourtant valoir la peine de regler de nombreuses affaires au telephone ou en face a face. A titre d'illustration, voici mon experience personnelle : Plusieurs semaines avant mon depart pour le Canada, j'ai commence par dresser une premiere liste de vendeurs automobiles susceptibles de m'interesser. Une dizaine de jours avant mon arrivee, j'ai eu de longs echanges avec eux pour discuter des modeles qui correspondraient a mes criteres (budget, kilometrage, options...) et fixer des rendez-vous. Utiliser un numero de telephone local, pouvait donner l'impression que je me trouvais a proximite d'eux. Cela a sans doute contribue a faciliter les discussions. En tout cas, j'imagine que c'est plus engageant pour un commercial de jaser 30 minutes au telephone avec un client local plutot qu'avec un inconnu a l'autre bout du monde. Au cours des discussions, j'ai fait monter les encheres avec une exigence supplementaire : commencer par 2 semaines de location pour me donner le temps d'obtenir un NAS, d'activer mon compte bancaire, recevoir ma carte de credit canadienne, m'assurer des conditions de financement, etc. pour tester le vehicule tranquillement avant de me decider a l'acheter ou non. Ce qui revient en fait a negocier une location avec une option d'achat. Parmi les interlocuteurs qui ont repondu positivement a mes exigences, 2 se sont spontanement proposes pour amener directement leur vehicule a l'aeroport. Geste commercial tres appreciable. Enfin, un fois arrive en ville, avant de signer un contrat d'achat, j'ai pris le soin de refaire le tour des vendeurs. Histoire de comparer sur le terrain le deal apprement discute. Les avantages obtenus Comme pour de nombreux produits, il est judicieux de magasiner son vendeur automobile et developper avec lui une relation de confiance. Miser sur le contact humain est souvent payant. Lorsque le courant passe bien entre les personnes, il peut y avoir des surprises. Pour ce qui me concerne : pour une somme negligeable, j'ai eu a disposition un camion, le temps d'une fin de semaine, pour recuperer mes affaires en Ontario. via mon concessionnaire, j'ai fait d'autres superbes rencontres, trouve des cours de patinage pour mes enfants, des billets pour les Canadians... par la suite, je savais naturellement qui contacter pour toutes les questions de mobilite : une 2ieme voiture, un camion de demenagement, une voiture+chauffeur, etc. et bien sur : cette transaction m'a permis d'etre rapidement en mesure de presenter un excellent dossier de credit. Ce que je veux illustrer dans ce billet: dans un immigration, chaque detail peut faire la difference. L'achat d'une voiture est ainsi une excellente opportunite pour reseauter et booster son projet d'immigration.
  15. 4 points
    Il vient un moment où la personne qui veut immigrer doit sortir de sa zone de confort. C’est un moment charnière où il faut lever le nez de ses dossiers d’immigration pour effectuer des gestes concrets. Résilier des abonnements. Clôturer des comptes… et déposer sa démission. Justement, quel est le meilleur moment pour annoncer à son gestionnaire ou à ses clients son intention de partir à l’autre bout du monde ? Comment s’y prendre ? Démissionner ou se faire remercier ? A une époque, je voulais suggérer à mon employeur de me licencier pour une quelconque faute grave. J’y voyais deux bénéfices potentiels : des indemnités de départ conséquentes un préavis très court Seulement, à bien y réfléchir, il est sans doute préférable de rester professionnel jusqu’au bout et quitter son emploi dans les meilleurs termes. Lorsqu’un recruteur (canadien) mène une vérification des références, comment réagira-t’il en découvrant que son candidat a été viré pour retards répétitifs, critique excessive sur les réseaux sociaux ou juste pour immigrer ? Les délais de préavis Au Canada, j’ai souvent vu des personnes poser leur démission et quitter l’entreprise sur le champ, ou dans la quinzaine. En Belgique, en cas de démission, j’avais plus de 3 mois de préavis à prester. Obligatoirement. Je ne sais pas si c’est toujours le cas présentement mais ce délai est un vrai handicap pour immigrer. J’ai d’ailleurs pu constater que souvent les contrats proposés aux Journées Québec ou Destination Canada incluent une clause comme : “Ce contrat de travail prendra effet dans les dix (10) jours ouvrables suivant la date où vous obtiendrez toutes les autorisations nécessaires vous permettant de travailler légalement au Canada, ou, après entente mutuelle sur une date ultérieure.” Un employeur Nord-Américain veut pouvoir recruter sans perdre de temps. A profils équivalents, entre un candidat disponible sous 10 jours et un candidat qui a plusieurs mois de préavis à effectuer après sa démission, vers qui se portera l’attention d’un recruteur ? Soigner sa sortie Démissionner c’est l’occasion d’organiser une pot de départ. Mais c’est surtout l’opportunité de recueillir un maximum de recommandations (linkedin & co) et de briefer l’une ou l’autre personne clé sur ce que vous souhaitez qu’elles disent de vous à vos futurs recruteurs. Et c’est l’ultime chance de marquer les mémoires. Avec par exemple une vidéo comme Marina Shifrin ou Phil ou François Hollande ou encore le gagnant du loto. Mon expérience Pour ce qui me concerne, j’ai donné ma démission approximativement 9 mois avant d’immigrer au Canada. Pour plusieurs raisons : 1- me retrouver dos au mur Quand on fait ses cartons, on se garde encore la possibilité de les défaire. Mais une fois qu’on met fin à son emploi, difficile de faire machine arrière. Les choses sont claires. Il n’y a pas d’autre choix que d’aller de l’avant. Il faut tout donner. Consacrer tous ses efforts à la réalisation de son projet. 2- réduire ma période de préavis Quitter mon emploi pour une job “temporaire” m’a permis de gagner en flexibilité. Avec une durée de préavis réduite à moins de deux semaines, mon profil a beaucoup gagné en intérêt pour les recruteurs canadiens. 3- acquérir plus d'expérience pertinente Démissionner suffisamment tôt m’a permis d'enchaîner tranquillement avec un emploi le plus proche possible de ce que je me prévoyais faire au Canada. Ça a ainsi été l’occasion de cumuler une expérience plus pertinente : secteur d’activité, méthodes de travail, outils similaires, bilinguisme, etc. Une façon de préparer mon rebond professionnel en douceur. 4- maîtriser mon calendrier D’un côté, c’est compliqué d’être pris au sérieux par un recruteur canadien lorsqu’il faut lui annoncer que “OK. J'attends que tous les détails (contrat, permis de travail, billets d'avion, logement, etc.) soient réglés avant de lâcher mon emploi. Et à ce moment-là j’aurai encore 3 mois de préavis. Mais,by the way, je suis vraiment impatient de travailler avec vous”. De l’autre côté, c’est difficile de dire à son employeur : “patron, une entreprise canadienne m’a proposé un contrat de travail. Je commence dans 10 jours au plus tard. Il faudrait qu’on discute du délai de mon préavis...” Une fois ma démission posée, j’avais donc 3 mois de préavis à prester. Puis dans mon nouvel emploi, je pouvais me libérer sous 2 semaines. J’ai pu prendre le temps tranquillement de peaufiner les détails de mon immigration. Le lendemain de mon dernier jour de travail, j'étais dans l’avion. Et le surlendemain, mon nouvel employeur canadien m'accueillait à l'aéroport. Un échéancier parfait. 5- financer mon immigration Immigrer demande un budget conséquent. Quand on a l’opportunité de travailler, ne fusse que quelques mois, pour un meilleur salaire net, pourquoi hésiter ? 6- sortir de sa zone de confort Quand on a travaillé de nombreuses années dans la même entreprise on finit par se sentir bien dans ses pantoufles. Vouloir changer de job a réveillé mes sens de chercheur d'opportunités : mieux sentir les tendances sur le marché, améliorer mes techniques de réseautage, décrypter les exigences, enchaîner des dizaines d’entrevues en français/anglais, améliorer ma présentation, identifier mes lacunes, travailler mes réponses, etc. Démissionner plusieurs mois avant ma date supposée de départ au Canada, m’a permis d’être particulièrement efficace pour mener mon projet d’immigration. Et vous, à quel moment avez-vous (ou prévoyez-vous) de démissionner ? Au tout dernier moment ou suffisamment tôt pour permettre une période de transition ?
  16. 4 points
    Jefke

    Pas simple d'immigrer en couple...

    Adieu été indien. Adieu paysages de carte postale. Place à la grisaille et au spleen automnal. Les feuilles se raccrochent désespérément à leur branche. Mais pour combien de temps encore? Elles finiront par manquer de chlorophylle et dépérir au pied des arbres. Ou elles se laisseront emporter par le vent. Épuisées. Comme tous ces immigrants qui finissent eux aussi par lâcher prise. C’est déprimant de voir autant de connaissances quitter les Cantons de l’Est. Mes amis liégeois Nous étions arrivés dans la région à la même période. Le courant est passé tout de suite. Lui: était venu pour un postdoctorat à l’université de Sherbrooke. Elle: a cumulé une job dans un callcenter et un quart de nuit dans un fastfood. Ce n’était pas à ça qu’elle aspirait en immigrant. Mais il fallait bien payer les factures. En septembre, ils sont partis poursuivre leur aventure sur Québec. En espérant y trouver mieux. Mes maudits français Au début c’était intéressant d’écouter leurs commentaires critiques. Puis c’était devenu tellement systématique et méchant que je me demandais ce qu’ils faisaient encore ici. Elle: recrutée aux Journées Québec. Lui: est sorti d’une grande école française, l’une des meilleures paraît-il. En fait, je n’en sais rien. Et beaucoup d’employeurs québécois non plus, apparemment. Ça l’a vexé pas mal. Une fois leur Résidence Permanente acquise, et après avoir râlé contre tous ces gens incapables de reconnaître la valeur de son prestigieux diplôme, il a convaincu sa blonde de déménager à Montréal. Revenir dans sa zone de confort. Travailler pour une grande entreprise bien française. Nos partenaires de tennis L’accès aux courts de tennis extérieurs est gratuit. A la belle saison, c’est excellente opportunité pour se maintenir en forme et de faire des rencontres. Elle: ex-architecte, s’occupait de sa garderie familiale. Lui: auditeur financier, avec un permis temporaire. Ils se voyaient s’installer ici, construire une fermette au milieu des bois, chasser l’orignal, etc. Et puis bardaf : l’entreprise l’a mis à pied. Tout a basculé. Cela fait présentement plusieurs mois qu’il peine à rebondir. Le bassin d’emplois est restreint en région. Grosse remise en question de leur projet d’immigration. Le Canada n’est peut-être pas l’Eldorado imaginé. Nos voisins boliviens Ils étaient arrivés au Canada sans parler un mot de français et avec presque rien. Présentement, ils ont l’une des plus jolies maisons du voisinage. Lui: a quitté la Bolivie il y plusieurs années. Depuis, il s’est fait une place à Sherbrooke. Elle: après plusieurs années a finalement trouvé une job à la hauteur de ses attentes. A 2 heures de route. Fatiguée de faire la navette, elle a fini par prendre un appartement en ville. Ça semblait plus pratique. Vraiment? Il paraît qu’un couple de nouveaux arrivants sur 2 finit par se séparer. Même avec la plus grande motivation, les motifs sont nombreux pour refaire ses valises,immigrer un peu plus loin ou rentrer dans son pays d’origine : insatisfaction professionnelle, choc culturel, éloignement familial, hiver trop long, difficultés financières, intégration difficile, chicanes de couple, déception globale…. Une idée noire qui tourne, tourne et tourne en rond dans un petit appartement peut vite faire remonter à la surface beaucoup de ressentiments. Une job stimulante et une rémunération confortable aident beaucoup à apprécier la qualité de vie au Canada. Clairement, l’épanouissement professionnel est l’une des meilleures clés pour réussir son immigration. Pourtant je vois beaucoup de personnes autour de moi qui ont mis leurs ambitions professionnelles entre parenthèses pour suivre leur conjoint(e). Elles se disent (ou se font dire) : tout est possible au Canada, quand on veut on peut, il suffit de, on s’adaptera, on cherchera sur place… Mais, et si on ne trouvait rien de satisfaisant? Comment être heureux dans son couple si on doit se contenter d’un poste d’agent d’accueil alors qu’on a été conseillère RH avec 10 années d’expériences hors Canada? Comment rester optimiste quand cela fait 3 ans qu’on est coincé dans une job de mécanicien au salaire minimum à Chicoutimi après avoir été ingénieur chez Airbus? Est-ce vraiment cela immigrer? Un mélange d’égoïsme et de sacrifice naïf? Pour un couple qui réussit son pari, combien souffrent en silence? Ce n’est pas évident d’immigrer en famille. La barre est placée très haut. Pendant ce temps, le vent continue d’arracher les feuilles jaunies. Et ces amitiés auxquelles je m’étais habitué.
  17. 4 points
    Petite confidence : avant 35 ans je n'avais jamais envisagé de vivre au Canada. Pourtant, en couple, avec 2 enfants, ma routine quotidienne c'était : quitter la maison trop tôt - avant le réveil des enfants - pour éviter les embouteillages vers Bruxelles; faire de longues journées de travail. Et presque devoir me justifier pour partir avant 18h; rentrer à la maison trop tard. Souvent après le souper des enfants. Parfois même après leur heure de coucher. Je me disais que les choses allaient changer. Mais elles ne changeaient pas. Alors au final, je garde l'impression d'avoir manqué l'essentiel avec mes enfants. Ce n’était pas le plan. Voyage initiatique En 2012, ma conjointe et moi avons décidé une pause professionnelle. Prendre une respiration de six mois pour faire le tour des Annapurnas ou vivre un "Rendez-vous en terre inconnue". Du team building familial. Quelque part loin de notre zone de confort. Tiens, au Canada par exemple. Nous avons parcouru différentes provinces : le Nouveau Brunswick, l'Ontario, la Colombie Britannique et le Québec. Ça n'a pas toujours été simple. Mais nos enfants de 3 et 5 ans ont beaucoup aimé partager cette aventure familiale. Au fil des mois, nous nous sommes interrogés : "bon, qu'est-ce que ça prendrait pour vivre ici? Est-ce que c'est réaliste?" Tranquillement nous avons commencé à faire des todo list, étudier les opportunités d'emploi, réseauter, imaginer différents scénarios, identifier les risques, calculer des budgets, dresser des plans d'action... Projet de vie 2.0 Avec une préparation adéquate et un bon plan de match, il suffit juste de dérouler les étapes pour atteindre ses objectifs. Démonstration... De retour en Belgique, il ne nous aura ainsi fallu que très peu de temps pour négocier un contrat d'embauche aux Journées Québec, assurer la reconversion professionnelle de ma compagne, mettre de l'ordre dans nos affaires puis remonter dans un avion. Toujours suivant le plan, nous sommes arrivés à Sherbrooke avec deux emplois dans nos valises. Nos enfants se sont parfaitement intégrés dans leur école bilingue anglais/québécois. Six mois après notre arrivée, nous construisions notre maison. Notre cabane au Canada, blottie au fond des bois, avec des écureuils et tout le tralala de la chanson. Que dire de plus? Le matin, c'est devenu un plaisir de prendre le petit-déjeuner. En famille. Et les enfants sont priés d'oublier le bus : c'est moi qui les dépose à l’école. J'ai découvert que j'aime ça. Dix minutes après, je suis déjà à mon bureau. Aucun embouteillage. Ça aussi, j'aime. Ma fille fait un spectacle à l’école? Mon boss trouve normal que je prenne une heure pour aller l'encourager. La famille avant tout. Je capote. Les fins de semaine, ce ne sont pas les lacs qui manquent dans la région pour aller nager ou pêcher. Fréquemment nous partons cueillir des fruits de saison, camper, skier, patiner, faire des partys avec nos voisins ou amis, etc. Nous voulions augmenter notre qualité de vie. Objectif atteint ! Évidemment, tout n'est pas rose. Immigrer n'est pas sans risques. Surtout en couple. Avec des enfants. Avec un statut temporaire. En région. Etc. Plutôt que de devoir réfléchir aux problèmes une fois au pied du mur, c'est beaucoup plus rassurant d'anticiper des solutions suffisamment en amont. En tout cas, pour ce soir, cela me donne l'occasion de profiter des couleurs automnales, confortablement installé sur mon patio, face au lac, un verre de vin en main et citant Hannibal - grand philosophe du XXe siècle : "J'adore quand un plan se déroule sans accroc". Bonne planification dans vos projets !
  18. 4 points
    On fait souvent reference a "L'art de la guerre" dans les seminaires de strategie, leadership et autre cursus de gestion. Pourquoi ne pas aussi en tirer des pistes pour affronter les Journees Quebec ? #1: « On n’entreprend pas une action qui ne repond pas aux interets du pays. » Pour rappel, les Journees Quebec c'est : - plus de 12.000 candidats CV soumis pour les dernieres editions - environ 300 postes offerts - quelques 500 convocations a des entrevues - plus de 1.600 entretiens sur place - et au final : une petite centaine d'embauches a Paris Le principal objectif est de permettre a des entreprises de rencontrer des travailleurs specialises dans des domaines en penurie de main-d'oeuvre au Quebec: technologies de l'information, aeronautique, finance, metallurgie, soins de sante... En plus des Journees Quebec a Paris, de nombreuses autres campagnes de recrutement sont organisees, parfois avec les memes entreprises, pour les memes postes: Toronto, Washington DC, New-York, Lyon, Bruxelles, Barcelone, Tunisie, Sao Paulo... #2: « Qui ignore les objectifs strategiques des autres princes ne peut conclure d’alliance. » Quelques questions triviales posees en entrevue : "que savez vous de notre entreprise?", "pourquoi pensez-vous etre la personne que nous cherchons?", etc. En faisant ses devoirs, on trouve des precisions sur les postes ouverts, plus de contexte, les autres membres de l'equipe, les coordonnees d'une personne de contact, le profil d'autres candidats, des informations sur la culture d'entreprise, les futurs projets, les risques, etc. #3: « Ne differez pas de livrer le combat, n’attendez pas que vos armes contractent la rouille, ni que le tranchant de vos epees s’emousse. La victoire est le principal objectif de la guerre. » Deux observations: - Il n'est pas imperatif d'avoir une Residence Permanente, un CSQ ou 20 ans de carriere pour decrocher un emploi au Journees Quebec. - Ne pas hesiter a etudier le profil de toutes les entreprises. Beaucoup de postes a pourvoir ne sont pas affiches sur le site des Journees Quebec. #4: « Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. » Les entreprises ne recrutent pas uniquement en faisant defiler 1.600 candidats en 2 jours/an. Les Journees Quebec peuvent aussi servir a : - faire connaissance (reseautage, reserve de recrutement, etc.) - se renseigner sur le Quebec - conclure, avec la signature d'un contrat, des discussions commencees bien avant Avoir une vision claire de ses objectifs aide a choisir quels kiosques visiter, dans quel ordre et pour y dire quoi. #5: « Considerez qu’avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n’en fait point a peu de chances de gagner ! » Une fois admis aux Journees Quebec, il y a un libre acces a tous les recruteurs! Pour assurer son billet d'entree, voici peut-etre une question a se poser : ais-je plus de chances d'obtenir une invitation en me melangeant aux 10.000 autres candidats developpeurs JAVA, ou en visant une niche avec beaucoup moins de concurrence ? #6: «Se connaitre et connaitre l'autre, cent batailles sans danger. Se connaitre sans connaitre l'autre, une victoire suivie d'une defaite. Ne connaitre ni soi ni l'autre, a chaque bataille une defaite certaine. » Devant certains kiosques, on trouve: - d'un cote : une foule impresionnante - de l'autre cote : une ou plusieurs personnes extenuees a force de decrypter des centaines de CV un par un pour deviner leur pertinence. Il arrive qu'un recruteur passe de personne a personne a la recherche d'une competence bien precise. Ensuite, c'est: invitation a sortir du rang, CV a refaire a la minute en detaillant cette expertise, entrevue et bingo! C'est la demonstration qu'un CV d'une page, bien redigee, peut largement suffire. #7: « Les guerriers victorieux gagnent d’abord et vont ensuite en guerre, tandis que les guerriers defaits vont a la guerre puis cherchent a gagner. » Il est relativement facile de discuter de son CV avec de vrais recruteurs quebecois: pertinence du contenu, points a ameliorer, pretentions salariales, autres entreprises ou postuler, etc. Les opportunites ne manquent pas: vacances, voyage exploratoire, reseaux sociaux, skype out, sonetel.com, monster.ca, indeed.ca, linkedin... #8: « Les espions des ennemis vous serviront efficacement, si vous mesurez tellement vos demarches, vos paroles et toutes vos actions, qu'ils ne puissent jamais donner que de faux avis. » Avant et apres les Journees Quebec, on peut s'attendre a un pic de frequentations sur ses pages internet (google results, facebook, linkedin, etc.) C'est sans doute l'occasion de mettre en avant ses realisations, son portfolio, ses recommandations, ses publications, des articles de presse... Plus loin dans le processus, les recruteurs n'hesiteront pas a se renseigner aupres de vos anciens employeurs. #9: « Les habiles guerriers ne trouvent pas plus de difficultes dans les combats; ils font en sorte de remporter la bataille apres avoir cree les conditions appropriees. » On repete souvent que pour qu'une candidature soit gagnante il ne faut pas hesiter a personnaliser sa lettre de motivation, trouver le nom de la personne a qui adresser son CV, adapter le contenu a la fonction, telephoner pour faire un suivi, etc. Avec une experience utilisateur relativement decevante, le site web des Journees Quebec n'est heureusement pas l'unique moyen pour contacter un recruteur. #10: « Jamais guerre prolongee ne profita a aucun pays. » Les entrevues s'enchainent a un rythme industriel. Le defi des Journees Quebec : etre percutant en moins de 15 minutes, Capable de demontrer sa parfaite adequation avec la fonction convoitee, etre pret a basculer en anglais et avoir un vocabulaire comprehensible pour des Quebecois. #11: « Soyez meme sur vos gardes, apres que vous aurez eu toutes les apparences d'une victoire complete. » Deux anectodes : - A ma premiere participation, j'avais fait une forte impression le samedi a un kiosque. Sauf que le dimanche, il y a eu visiblement de meilleurs candidats. - Avec une autre entreprise, apres avoir etre selectionne pour un second tour, une personne des RH m'annoncait avoir finalement procede a un recrutement interne. #12: « Les opportunites se multiplient lorsqu’elles sont saisies. » Plutot que d'avoir une pile de CV a distribuer, ca fait sans doute plus de sens de discuter d'abord avec un recruteur, recolter un maximum d'informations, adapter sa lettre de motivation et le contenu de son CV ensuite, et enfin: envoyer le tout a la bonne personne. #13: « C’est pourquoi une armee doit etre preste comme le vent, majestueuse comme la foret, devorante comme la flamme, inebranlable comme la montagne; insaisissable comme une ombre, elle frappe avec la soudainete de la foudre. » Pour se deplacer facilement d'un kiosque a l'autre, et etre pret a une longue attente, il n'est sans doute pas utile de s'encombrer d'un manteau, une sacoche d'ordinateur, une pile de CV dans une main, le plan des kiosques dans l'autre main, etc. La cravate est facultative. Seuls un sourire et la decontraction devraient etre de rigueur. #14: « Tout le succes d'une operation reside dans sa preparation. » Voici en substance, les propos qu'un recruteur m'a un jour tenus au debut d'une entrevue: "Bonjour. Merci d'etre venu. Nous avons lu avec beaucoup d'interet votre CV, on vous recontactera bientot pour fixer une entrevue skype. Mais la tout de suite, on aimerait surtout entendre votre conjointe: ce qu'elle pense de votre presence ici, le degres de votre preparation en tant que couple/famille, ses inquietudes, ses projets personnels...." #15: « Generalement, celui qui occupe le terrain le premier et attend l’ennemi est en position de force; celui qui arrive sur les lieux plus tard et se precipite au combat est deja affaibli. » Arriver juste a temps pour une entrevue a 15h, ne laisse pas de temps pour faire le tour de tous les kiosques. #16: « Quel que soit le lieu de votre campement, bon ou mauvais, il faut que vous en tiriez parti. » Emporter sa brosse a dent, et prevoir un hotel a proximite peut avoir de nombreux avantages: continuer des discussions autour d'un verre, eviter de reprendre la route epuise en soiree, repasser aux Journees Quebec le lendemain... #17: « Ne negligez pas de courir apres un petit avantage lorsque vous pourrez vous le procurer surement et sans aucune perte de votre part. » Les Journees Quebec offrent de nombreux bonus: - ateliers/presentations: CV quebecois, nouvelles procedures d'immigration... - services: relocalisation, banques, assurances, informations sur la RAMQ, ecoles... - renseignements sur differentes villes: Quebec, Montreal, Drummondville, Sherbrooke - un kiosque du MIDI ou poser toutes ses questions - des stylos et autres goodies a collectionner Meme avec un billet d'avion et un contrat en poche, cela reste interessant d'assister aux Journees Quebec. #18 « Lorsque le monde est en paix, un homme de bien garde son epee à son cote. » De retour des Journees Quebec, il faut deja preparer la suite : - dresser un plan de match pour etre plus efficace a la prochaine occasion - preparer les entrevues skype, les tests techniques, etc. - etre pret a partir au Quebec dans les 2 semaines apres la signature d'un contrat #19: « Si le vainqueur d’une bataille ne s’attache pas à consolider les resultats de sa victoire dans les villes et territoires qu’il a conquis, cela est de mauvaise augure. » D'annee en annee, on retrouve souvent les memes kiosques, les memes entreprises et les memes personnes. Developper d'excellentes relations avec les personnes presentes peut s'averer tres utile. #20: « Ne repetez pas les memes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulieres. » A chacun de vivre sa propre experience !
  19. 3 points
    Jefke

    Astuce #09 - les grands-parents

    Vivre a l'etranger avec des enfants nous a amene a redefinir nos relations familiales. Fini les grands repas de famille le dimanche. Fini de deposer les enfants chez leurs grands-parents pour la fin de semaine. Fini les tartes de bonne maman. Fini les histoires de grand-pere les soirs d'hiver. Avec la distance, il a fallu reinventer le role des grands-parents. Base arriere ? Aussitot que nous avions projette de partir vivre au Canada, nous avons commence a trier et vendre. Nous avions aussi decide qu'apres notre voyage exploratoire, nous retournerions vivre quelques mois chez nos parents. L'opportunite de : faire des economies; etre prets a repartir au Canada rapidement et le plus leger possible; partager un maximum de temps ensemble; nous menager un endroit ou rebondir en cas de retour. Les enfants ont beaucoup apprecie. Leurs grands-parents aussi. Relation a distance ? Dans notre panoplie d'immigrants nous avions : des telephones intelligents, des tablettes connectees en permanence, des webcams, etc. Les premiers mois nous passions beaucoup de temps sur skype. Mais avec le temps, les communications longue distances se sont faites plus irregulieres et souvent plus courtes. Coup de main ponctuel ? Comment font les nouveaux arrivants avec plusieurs jeunes enfants ? Une garderie pour ma cadette: 45$/jour. L'ecole publique pour mon plus vieux, mais avec des cours qui s'achevent a 14h30 : 7.3$/jour pour rester au service de garde. Et chaque mois il faut prendre une gardienne pour les journees pedagogiques et les absences pour maladie. Sans oublier de trouver des camps de jour pour les conges scolaires... Avec un droit a seulement 15 jours de conge payes et aucune aide financiere en tant que travailleurs temporaires, l'eloignement devient vite tres pesant. Heureusement, des nos premiers mois au Canada, nous avons pu compter sur la visite de nos proches. A tour de role, nos parents venaient passer quelques semaines/mois avec nous. Une presence tres appreciable dans notre aventure au bout du monde. Par exemple : avec leur soutien et quelques meubles trouves sur kijiji, nous avions cree un coin ecole dans notre salon. Les grands parents ont parfaitement joue leur role de professeurs invites dans notre ecole a la maison en organisant des activites scolaires en matinee et des sorties culturelles/sportives en apres-midi. Les enfants ont ainsi pu trouver leurs marques tout en douceur dans notre nouvel environnement. Pendant ce temps nous pouvions nous concentrer pleinement sur d'autres facteurs d'integration : benevolat, reseautage, travail... Bonus : nous avons epargne plus de 1000$/mois ! Supervisa et residence permanente ? Il est possible de parrainer ses parents. En attendant, deja en beneficiant d'un super visa, les parents de ma conjointe peuvent aller et venir a leur guise; rester quelques jours avec nous ou plus d'un an. Et c'est toujours un plaisir de les accueillir au Canada. Leur montrer l'avancee de nos projets et partager du bon temps ensemble. Un bilan personnel Quand nous avions annonce a notre entourage notre volonte de partir vivre au Canada, certaines reactions avaient etes tres reservees. Pourtant, aujourd'hui, le resultat est positif : notre aventure au Canada nous a permis d'ameliorer notre relation avec nos enfants. Et - curieusement - avec nos parents aussi; nos enfants partagent beaucoup de temps avec leurs grands-parents. Sans doute meme davantage que certains de leurs amis canadiens; recemment le gouvernement federal a double le nombre de super visas pour parents/grands-parents. Pourquoi ne pas en profiter ?
  20. 3 points
    Dans sa biographie, Boucar Diouf, raconte ceci au sujet de son arrivée au Québec pour y poursuivre ses études universitaires : “avant mon départ, j’ai eu une semaine de cours intensifs sur le choc culturel et l’adaptation à la culture québécoise. Par contre, on avait omis de me parler du choc thermique. C’est ce que j’ai compris lorsque j’ai découvert l’hiver du Québec en robe africaine”. On a beau s’y préparer, l’hiver canadien garde souvent des surprises. La dernière semaine de février nous avions des journées à +18°C. Une semaine plus tard, il a fallu ressortir les pelles et les grosses couvertures; la température ressentie était descendue à -30°C. L’hiver sera encore notre réalité pour plusieurs semaines. Mais cela n’empêche pas de déjà dresser un bilan sur les leçons à retenir. Ce que j’aime toujours : les enfants sont en pleine forme. Certes les températures sont relativement extrêmes mais le froid est sec et plus supportable qu'en Europe. Les aérosols et autres rendez-vous incessant chez le pédiatre sont un lointain souvenir. les factures Hydro raisonnables malgré nos baies vitrées et les températures hivernales. Autant notre premier appartement était une passoire thermique, autant pour notre maison, je dois reconnaître, les canadiens maîtrisent le froid. la surabondance d'activités gratuites ou à prix modérés : festivals des neiges chaque fin de semaine de janvier/février, pistes de ski à moins de 20 minutes de chez nous, patinoires sur lac, glissades sur tube, etc. les grande tablées. La famille est toujours la bienvenue, mais nous pouvons aussi compter sur nos amis québécois pour venir partager un lapin à la bière, des pralines maison ou encore notre tiramisu au spéculoos. un noël blanc avec toutes les maisons décorées de guirlandes lumineuses. Certains budgets se chiffrent joyeusement en milliers de dollars. Mais qu'importe : c'est beau. profiter des paysage magnifiques autour d'un feu, avec des marshmallow grillés et un bon verre de vin chaud. Ce que j’ai découvert : le Yukigassen : une activité qui combine le hockey, le ballon-chasseur et le jeu du drapeau. Le but du jeu est d’éliminer ses adversaires pour voler leur drapeau. C’est un sport complet avec de la technique, un bonne dose de stratégie, et une rapidité d'exécution. A essayer. Ou à regarder. le pelletage semble être une cause majeure de crise cardiaque. Du coup, cette année, j’ai revu ma technique. les soirées Fondue locales : une occasion pour savourer des fromages et des vins québécois agréablement goûtus. mes clés. Un matin de décembre, je m’étais rendu compte que j’avais perdu mes clés en jouant avec mes enfants. Mais avec près d'1m20 de neige tout le long de mon terrain, il aura fallu patiemment attendre le redoux pour retrouver mon trousseau de clés dans le jardin. Ce que je vais devoir améliorer : la constance dans l’effort. Un vendredi soir, j’étais trop fatigué pour déneiger et saler l’allée. Après tout, on peut bien s’accorder une pause, non ? Grave erreur. Le lendemain, impossible de bouger ma voiture. Trop de neige, trop de glace. Ce genre de procrastination se paie au prix fort. les décorations solaires pour Noël. L’idée était de réduire les risques de court-circuit ainsi que les factures d’électricité. La mauvaise surprise : à cause d’un ciel couvert les lumières s'éteignaient trop vite, ou parfois même ne s'allument pas. des semelles antidérapantes à crampons. Je pensais ne pas en avoir besoin jusqu'à ce que je me ramasse plusieurs gamelles dans ma propre cours. Manque de chance, à ce moment-là, le stock de crampons à 5$ était déjà écoulé dans tous les Canac de la région. Trop tard. Une anecdote pour nouveaux arrivants Le petit gars s’appelle Martin. On a largement eu le temps de faire connaissance lui et moi. Avec sa famille, il vient de France. Ils sont arrivés il y a moins d’un hiver. Son père travaille à l’occasion à Montréal. Et ce matin-là, ce dernier a fait ce qu’il a certainement fait à d’autres reprises : il est arrivé un peu plus tôt devant l’école, a fait un bref arrêt pour débarquer son fils de 10 ans et a rapidement repris la route en anticipant les impacts des conditions climatiques sur les 150km d’autoroute. Heureusement que le matin mon chemin passe devant cette école. Il faudrait rappeler aux nouveaux arrivants de toujours surveiller les bulletins météo en hiver. Dès 7h du matin. Que ce soit à la télé, à la radio ou sur les réseaux sociaux. Déjà 2 fois cette année, les commissions scolaires de la région ont fermé les écoles à cause des conditions climatiques. Et chaque année, j’ai l’impression, il y a toujours un ou deux enfants étrangers qui se font malheureusement surprendre à un arrêt de bus ou devant un établissement fermé. Dans les meilleurs des cas. Sans doute une autre leçon à retenir pour un hiver prochain. En attendant, allons profiter du temps des sucres.
  21. 3 points
    Sur base de mes experiences personnelles, voici une serie d'astuces utiles pour son immigration. Ou pas. Astuce #08 : retour sur les bancs d'ecole En preparant mon immigration au Canada, parmi toutes les questions qui sont arrivees se trouvait celle d'un retour eventuel aux etudes : "dans quelles mesures cela peut-il apporter une valeur ajoutee a mon projet" ? Il existe une multitude de formations possibles. Des formations de quelques jours ou de quelques mois. En journee ou en soiree. Pour valider ses acquis ou pour se preparer a de nouveaux defis. Pour etoffer son CV en vue de convaincre un recruteur, ou pour patienter en attendant sa residence permanente. Voici quelques suggestions puisees autour de moi. Enrichir cette liste ou l'etendre a d'autres pays que la Belgique ne doit pas etre complique. 1- Ameliorer son anglais Ce n'est jamais inutile de consacrer quelques heures pour rafraichir ses connaissances. Et pourquoi pas, se preparer a l'IELTS ou au TOEFL. 2- Developper un hobby Perfectionner ses talents de menuisier, de couturiere, d'accordeoniste, de ferronnier, de chocolatier, de brasseur, ou n'importe quelle autre habilete peut etre un investissement payant. Au pire : ca peut aider a briser la glace avec les voisins. Au mieux : une passion peut evoluer vers une activite complementaire. Voire beaucoup plus. 3- Chercher le diplome manquant Beaucoup de grandes ecoles et d'universites proposent des formations continues pour adulte. Un diplome pertinent supplementaire dans ses bagages peut parfois faire la difference pour reussir son immigration. 4- Rebondir en IT Les entreprises canadiennes recrutent beaucoup d'informaticiens. Pourtant la penurie de main d'oeuvre qualifiee en IT n'est pas propre a l'Amerique du Nord. De fait, il y a quantite de formations disponibles, avec des passerelles a tous les niveaux. Exemples : Bachelier en sciences informatiques Master en Sciences informatiques Master de Specialisation en Informatique et Innovation Il y a quelques annees, les industries belges signalaient un manque flagrant d'analystes d'affaire. S'en est suivi la mise sur pied de programmes specifiques de formation avec beaucoup de publicite. Les conditions d'acces sont particulierement souples. Ca reste sans doute l'un des chemins les plus accessibles pour se reorienter en IT, meme sans affinite avec les codes informatiques. 5- Et pourquoi pas un 3eme cycle ? Il existe de nombreux cursus post-universitaires disponibles aussi en horaire decale. Une facon d'approfondir ses competences aupres d'experts. Mais surtout : reseauter ! Exemples : D.E.S. en finance Executive Master in Management Ma compagne et moi avons suivi plusieurs de ces formations, avec differents benefices : completer nos CV : l'experience et la motivation ne suffisent pas toujours. Un diplome (supplementaire) peut aider a se demarquer des autres candidats aux Journees Quebec. reseauter : les alumni et autres associations professionnelles sont d'excellents moyens pour developper son reseau. Rencontrer des personnes avec un vecu international a partager, se faire recommander des entreprises/contacts, etc. C'est toujours utile pour un voyage de prospection. avantage financier : lorsque l'employeur peut intervenir partiellement ou en totalite dans les couts (conge education paye, conge individuel de formation, etc.), pourquoi se priver ? gagner du temps : une fois les demarches d'immigration lancees, une periode d'attente commence. Qui peut durer quelques mois ou plusieurs annees. Ce temps peut etre mis a profit pour anticiper son integration. Pourquoi attendre par exemple d'arriver en Ontario pour chercher un cours d'anglais ? Ou se retrouver etre la seule personne d'un 5@7 qui ne tienne pas debout sur des patins a glace ?
  22. 3 points
    Le permis de travail temporaire (PTT) est un deal suppose gagnant-gagnant. D'un cote : un employeur qui malgre tous ses efforts peine a trouver une personne competente pour occuper un poste desesperement vacant. De l'autre cote : moi. A priori, j'avais toutes les qualifications requises pour me porter candidat. Alors pourquoi pas ? Chacun a ses raisons pour accepter ou refuser de partir avec un permis de travail. En voici quelques-unes. Pourquoi suis-je parti avec un permis de travail temporaire ? 1. Je ne rajeunis pas Idealement, l'age maximum pour immigrer est de 35 ans via le CSQ. Chaque annee supplementaire diminue son score de 2 points. 29 ans via Entree Express. Chaque annee supplementaire diminue son score de 5 points. 2. Trop d'attente tue l'attente Le traitement d'une demande d'immigration peut prendre plusieurs annees. Difficile de prevoir quelle sera encore ma motivation pour le Canada a ce moment-la. Peut-etre serais-je entretemps installe en Nouvelle Zelande, en Nouvelle-Caledonie, ailleurs ou simplement satisfait de ne pas partir. Avec les enfants qui grandissent, le deracinement est a chaque fois plus difficile. 3. Trop vieux pour ces c* Le traitement d'une demande d'immigration peut prendre plusieurs annees. Et s’agrementer de divers irritants : la non-reconnaissance de l’experience a l’etranger, des greves parmi les agents de l’immigration, des outils informatiques qui bloquent toute demarche, des politiques qui justifient des modifications de regles et d’exigences tous les six mois... 4. L'oeuf ou la poule Nouveau Brunswick, Quebec, Ontario, Colombie Britanique... Difficile de choisir ou et comment immigrer : CSQ pour le Quebec, Entree Express pour le reste du Canada, Nomination des provinces pour une region en particulier, etc. Beaucoup de personnes se lancent d'abord dans un processus d'immigration puis cherchent ensuite un emploi. La demarche inverse me convient mieux : a partir de toutes les propositions que j'ai pu decrocher pendant mon voyage exploratoire et aux Journees Quebec , j'ai commence par selectionner les offres qui correspondaient a mes criteres. Puis ensuite, j'ai regarde la region la plus interessante pour deposer mes valises. 5. Paperless Des tonnes de documents a rassembler meticuleusement et ensuite patienter qu'un officier d'immigration juge que toutes les virgules sont a la bonne place : j'ai trouve cela redhibitoire. A choisir, je prefere me retrousser les manches, chercher un employeur et le convaincre de mes competences profesionnelles. Le seul document administratif qui, a mon sens, vaille vraiment la peine d'y consacrer des heures, c'est un contrat de travail. 6. Incertitudes financieres Le travail est l'une des principales cles pour une integration reussie. Or, selon Statistique Canada, en 2011, le taux de chomage au Canada etait de l'ordre de 6%. Et pour les immigrants tres recents : 14.2%. Avec un revenu inferieur de 30%. Et combien de temps faut-il habituellement a un nouvel arrivant pour trouver un emploi satisfaisant ? 2 semaines ? 6 mois ? 1 an ? Demissionner et vivre de nos economies en attendant que le reve americain se realise ? Pas sur que ma femme et mes enfants auraient longtemps apprecie. 7. Sans passer par la case depart L'experience canadienne/quebecoise semble indispensable pour decrocher un emploi de qualite. Et il ne faut pas - parait-il - avoir peur de recommencer au bas de l'echelle. Voire, par du benevolat. Mais, s'il est possible d'immigrer au Canada sans devoir recommencer sa carriere de zero ou etre livreur de pizza, pourquoi pas ? 8. Carpe diem Le risque qu’un employeur licencie un travailleur - meme s’il a ete recrute a grands frais a l'etranger - existe toujours. Le Canada n’est pas une exception dans ce domaine. 9. Pyramide de Maslow Savoir qu'un employeur, a plus de 5500km, s'interesse a mon profil et qu'apres toutes les verifications, tous les tests, tous les rounds de selection, et parmi plusieurs milliers de candidats c'est precisement sur moi qu'il veut investir : c'est pas mal engageant. Si mes employeurs precedents m'avaient manifeste autant d'estime, je ne serais peut-etre pas au Canada aujourd'hui. 10. Canada bilingue Comme mentionne precedemment, l’un des avantages d’arriver au Quebec avec visa de travail est de pouvoir offrir une education bilingue a mes enfants, a cout raisonnable. 11. Classe affaire Des entreprises comme Bombardier mettent a disposition des conseillers legaux pour traiter toutes les demandes legales : permis de travail, prolongation, residence permanente, etc. J'apprecie pas mal aussi qu'un employeur, en plus de s'occuper des demarches administratives, prenne en charge les questions logistiques : billets d'avion, fret, chauffeur a l'aeroport, panier de fruits dans la suite de l'hotel, accompagnement personalise, soutien professionnel pour ma conjointe... Ces petites attentions encouragent a s'investir en retour. 12. Responsabilite partagee Aujourd’hui, a bien regarder dans mon entourage, je ne connais aucune entreprise qui a du se separer d’un travailleur temporaire. Par contre, je connais de nombreuses personnes qui ont attendu (ou attendent) leur CSQ pour poursuivre leur aventure ailleurs. A la tres grande deception des employeurs qui ont beaucoup investi. Et qui sont maintenant pris au piege : comment expliquer au gouvernement, a leurs employes et aux futurs candidats cette serie de demissions ? Personnellement, j’apprecie le principe de ce deal : le travailleur temporaire doit se battre au quotidien pour justifier son recrutement a l’etranger l’entreprise doit offrir les meilleures conditions de travail pour retenir son travailleur temporaire. 13. Les cles du pouvoir Avec mon permis de travail temporaire, je ne me suis jamais senti dans une situation precaire. Parce qu'avant de m'engager, j'ai pris le temps de bien evaluer mon employeur ainsi que mon confort pour depasser ses attentes. Parce que si mon employeur voulait me remercier apres quelques semaines/mois et tous les efforts consentis ca aurait ete un cuisant aveu d'echec de sa part. Mais aussi parce qu'avec les dernieres reformes en matiere d'immigration, je doute qu'il ait conserve toutes ses chances aupres du gouvernement pour recruter un profil comparable a l'etranger. J'ai toujours ete serein sur mon avenir en tant que travailleur temporaire.
  23. 3 points
    Je me souviens encore du jour où j'ai décidé de m'expatrier en famille : "Quel beau projet, excitant, courageux... mais tellement stressant !" À l'approche du grand départ, la pression se faisait de plus en plus oppressante et les questions s'enchaînaient dans ma tête : "Mes enfants vont-ils s'intégrer ?", "Comment vont-ils vivre l'éloignement du reste de la famille", "Que va-t-il se passer si notre vie ne nous plaît pas là-bas ?". À juste titre selon moi, car il ne s'agissait pas d'une mince affaire (dans le style "À quoi inscrit-on Junior cette année : babyfoot ou cerf-volant ?"). Non, c'était du sérieux et cela impliquait que chacun des membres de la famille allait devoir (et surtout vouloir) s'adapter : nouvelle vie, nouveau pays, nouvelle culture, nouveaux amis et parfois nouvelle langue. Pour mener ce projet à bien et en faire une réussite, des discussions furent nécessaires bien sûr, ainsi qu'une bonne préparation administrative, matérielle et psychologique. Bien sûr, certains rabats-joie n'ont pas manqué de juger cette décision d'inconsciente, égoïste, irréfléchie, et de me faire part de leur incompréhension. Régulièrement culpabilité et doutes vinrent ainsi freiner (et même gâcher) mon excitation, ma joie et mon impatience, durant les mois précédant le grand départ. Sans parler de quelques nuits blanches et de tablettes de chocolat englouties... Pourtant... c'est certainement l'une des meilleures décisions que mon conjoint et moi ayons prise de notre vie, autant pour nous que pour les enfants. Car une merveilleuse aventure nous attendait (ce qui ne l'empêcha pas d'être parsemée d'embûches). Et si (comme je l'étais au début) vous êtes persuadés que s'expatrier en solo ou à deux est plus simple et plus pratique qu'avec ma tribu : vous vous trompez ! Hormis lors de la préparation : alors oui, en effet (moins de paperasse, pas de recherche d'école ou de garderie, vaccins, budget, etc), mais une fois sur place : que nenni !!!! Voici selon moi 5 arguments de poids prouvant que partir vivre à l'étranger en famille présente de nombreux avantages. Partir vivre à l'étranger avec ma famille m'a notamment permis de : 1- RESSERRER LES LIENS FAMILIAUX Face aux difficultés et à l'inconnu, l'humain a tendance à chercher refuge auprès de ses proches et ça tombe bien, on est de cette race ! Le dicton "L'union fait la force" s'est avéré particulièrement vrai durant notre expatriation : bravant les épreuves de la vie à l'étranger, les uns comme les autres avons fait preuve de plus de solidarité et de confiance entre nous que dans notre pays natal. Rien de tel que l'expatriation pour souder une famille : on se fait plus de confidences, on partage plein de beaux moments rien qu'à nous, et on se forge des souvenirs en famille inoubliables. 2- S'INTÉGRER PLUS VITE ET PLUS FACILEMENT Vive l'école ! Grâce à elle, nos chers bambins se sont rapidement fait de nouveaux amis et ont découvert avec joie que l'amitié dépassait les frontières. Mais bonne nouvelle, elle a également été profitable à nous, les parents. Personnellement, étant d'une nature plutôt timide, toujours à cours de sujets de conversation et peur d'ennuyer les autres avec des platitudes, l'école s'est avérée être en effet un magnifique vivier de connaissances et d'amis. Les parents qui amenaient leurs enfants à cette école ayant plein de points communs avec nous (les enfants bien sûr, le quartier, les préoccupations et les activités extra-scolaires), l'approche s'est avérée plus facile, ainsi que les discussions, plus ou moins sérieuses selon les journées : devoirs, profs, poux, ... Et la cerise sur le sunday, comme ils disent au Québec : les entraînements et les matchs de nos progénitures ! Rien ne vaut d'attendre (désespérément) des heures sur un banc pour entamer une conversation avec un autre "commis d'office" : le temps passe plus vite, je vous le garantis ! 3- APPRENDRE UNE LANGUE BIEN PLUS RAPIDEMENT* Ayant choisi l'Espagne comme pays d'adoption pour notre petite famille et ayant fait Allemand (oui, je sais... en langue vivante 1, en plus ! Pour ma défense "Mutti" était prof d'allemand, alors j'ai pas eu le choix...) et Anglais à l'école, je redoutais l'apprentissage de cette nouvelle langue. Et je ne m'étais pas préparée mentalement à me faire couper l'herbe sous le pied par mes enfants de 3 et 5 ans : la fréquentation de l'école locale et des petits voisins, sans oublier leur cerveau moins "ridé" et plus spongieux que le mien, ont eu raison de ma méthode Assimil. Oui, bon, voilà : mes enfants ont appris l'Espagnol ET le Valencien à une vitesse fulgurante, et moi, à une vitesse d'escargot (j'ai remis à plus tard l'apprentissage du valencien pour ma part !). Valorisant pour eux ("Je parle mieux que Maman", "Papa, avec ton accent pourri, on comprend rien", "Maman elle arrive pas à prononcer le double R", "Papa, constipado, ça veut pas dire qu'on arrive pas à faire caca, ça veut dire enrhumé), challengeant et attendrissant pour moi : tout le monde y trouve son compte et j'ai appris l'espagnol bien plus rapidement que si je m'étais installée en Espagne sans enfants. * Je suis arrivée au Canada avec mon conjoint en 2004, et nous y sommes restés durant 10 ans et où nous nous sommes même "reproduits" . Puis nous avons décidé de nous lancer dans une nouvelle aventure : ma famille et moi sommes actuellement en Espagne. 4- POSITIVER En m'expatriant, j'ai réalisé que contrairement aux idées reçues, la vie à l'étranger n'était pas toujours idyllique : elle est régulièrement ponctuée et ternie par des moments de doutes et/ou de blues. Ayant testé l'expatriation également à deux (avant de nous "reproduire"), je vous confirme qu'avoir des enfants avec soi m'ont empêchée de me morfondre et à "pleurer sur mon sort", même lorsque mon moral n'était pas au top. Car notre "devoir" de parent consiste à faire figure haute devant eux, adopter une "positive attitude" et passer outre notre propre mal du pays. Face aux crises de mes enfants les premières semaines de notre arrivée (ils ne voulaient pas aller à l'école, car ils n'arrivaient pas à communiquer), leur papa et moi avons dû redoubler d'efforts et de patience pour les rassurer et leur prouver au quotidien le bien-fondé et les bienfaits de l'expatriation. Pour cela, on s'attachait quotidiennement à insister sur les bons côtés de leur nouvelle vie, et à les féliciter et à les encourager pour leur rapidité et facilité d'adaptation. Mine de rien, en agissant ainsi, je vous garantis que je n'ai jamais eu le temps de m'apitoyer sur mon sort. Et cela m'a d'autant plus fait apprécier les bons côtés de cette belle aventure familiale. 5- DÉCOUVRIR, DÉCOUVRIR, DÉCOUVRIR Suite logique du point précédent, pour que nos enfants (et nous bien sûr) apprécient leur vie à l'étranger, on a fait en sorte (bon, surtout au début) de rendre extraordinaire chaque journée libre : en visitant un nouvel endroit, en participant à une activité locale, en assistant à une fête traditionnelle, en allant à la rencontre de gens du coin, etc. Bref pas question de rester cloîtrés à la maison : même encore maintenant, on sort dès qu'on peut et on essaie de faire de chaque sortie une aventure... (alors que seule, je vous avoue que je cèderais régulièrement à la tentation de rester à la maison, de passer des heures sur Internet ou devant la télé avec une belle boîte de Ferreros ou un paquet de chips... mais de passer à côté de beaucoup de choses ! ) En résumé, partir vivre à l'étranger avec ma tribu ne m'a pas épargnée de son lot de peurs, d'efforts et d'écueils, mais si je devais le refaire, je le referais : vivre cette belle aventure familiale en vaut la chandelle ! Et 1 image valant 1000 mots : "Si vous voulez aller vite, allez-y seul. Si vous voulez aller loin, allez-y à plusieurs." Alors vous, votre expatriation en famille, vous l'avez vécu (ou vous l'imaginez) comment ? PS : N'hésitez pas à aller faire un tour sur mon blog EXPATRIATION, TOURISME ET COMPAGNIE et à vous abonner pour ne rater aucun billet , et sur ma page Facebook Expatriation, Tourisme & Cie.
  24. 3 points
    La semaine dernière, ma fille a raconte son histoire devant ses amis de maternelle. Si elle m'avait prévenu, j'aurai voulu participer, lui préparer des supports visuels pour illustrer : la grande traversée du Canada que nous avons faite en famille papa et maman qui sont fâchés de courir des kilomètres et des kilomètres dans les couloirs de l'Administration après des documents que personne ne semble connaître le nouveau jeu auquel papa a participe : "faire le pied de grue pendant des jours pour obtenir des certificats de travail et des recommandations de ses anciens employeurs" comment papa et maman sont devenus presque fous après des heures de discussion au téléphone pour obtenir leurs historiques d'assurance automobile les parents super contents d'avoir trouvé du travail, dans une ville du Canada ou on n'a même pas été les grands-parents super pas contents quand papa et maman ont quitté leur travail pour partir a l'aventure, a 6000km la tristesse que nous avons eu en laissant toute une vie derrière nous : famille, amis, maison, voitures, vélos, le piano qui ne rentre pas dans une valise, la cabane au fond du jardin et les tonnes de jouets comment papa et maman racontent qu'ils ont effectué les 12 travaux d'Hercules et terrasse de nombreux dragons notre super accueil a l'aéroport: la grande voiture, les fleurs, le panier avec plein de super collations, des canadiens super gentils... Mais ma fille n'a pas besoin de moi pour raconter notre histoire. Les principales épreuves que nous avons traversées, elle les a vécues aussi, a sa manière. Elle sait exprimer clairement tout ce qu'elle aime et ce qu'elle aime moins. Avec beaucoup de bon sens. Et c'est dommage... Pris dans le tourbillon de notre vie quotidienne, Il aura fallu attendre le Canada pour vraiment prendre le temps de l'ecouter. Et prendre conscience combien le temps passe avec les enfants est très précieux.
  25. 3 points
    Il est 6 heures et quelques, le travail commence à ralentir dans le studio, de mon bureau j'entends peu à peu le silence s'installer à l'étage. Beaucoup de mes artistes sont partis, la majorité en fait, restent juste les habituels. Les animateurs qui en mettront toujours un peu plus que demandé sur leur scène parce qu'ils aiment le travail bien fait, mes directeurs artistiques qui aiment autant que moi ce qu'on fait et qui passeront me voir avant de partir, pour s'assurer que la journée s'est bien passée et demander si de nouveaux projets s'en viennent pour leur unité, si je prévois de muter des artistes, si j'ai bien lu leurs messages. Dans une demi-heure, le seul qui passera encore sa tête dans l'encadrement de ma porte, c'est notre René, l'homme de ménage, qui va venir me raconter sa petite blague quotidienne et me demander si oui ou non Marc Bergevin va finir par aller chercher un gros attaquant pour épauler les petits joueurs du CH. En général c'est là que je commence à répondre à mes courriels en retard, ceux qui ont besoin de concentration pour être écrits. Dans un quart d'heure maximum je sentirai une vibration dans ma poche, un SMS qui me dira "j'ai faiiiiiim, aweyyy rentre donc" de la part de ma blonde et comme d'habitude je lui dirai, "mais oui, une demi-heure max". Mais ce soir, j'avais le goût plutôt d'écrire ici mon premier billet. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, pas que je pense avoir grand chose de plus à dire que les autres, mais surtout, pourquoi pas ? Ce qui me fait "prendre la plume" ce soir, c'est que tout va bien. Vraiment. J'avais envie en quelques mots de dire à quel point j'aime tous ces petits rituels. Sentir toute cette vie autour de moi et avoir l'intime conviction d'y avoir une place. J'ai aimé le Québec du moment où j'y ai mis le pied, à l'aéroport, il y a 6 ans, et je ne l'en aime que d'avantage aujourd'hui. C'est comme une relation avec la femme ou l'homme de votre vie. Passé le coup de foudre, la passion des premiers mois, ce qui fait que vous l'aimez ce n'est plus la perfection qu'il ou elle incarne, la magie, l'attraction irrépressible, c'est au contraire tout le reste. Le quotidien, la confiance, l'impression de partager quelque chose, d'être aussi important pour l'autre que l'autre l'est pour vous. Ce sont les mille défauts, tout ce qui rend l'autre particulier et unique. Ce soir je n'avais pas envie d'écrire une longue lettre, de donner des leçons ou d'émettre de grandes vérités, juste le goût de vous dire que oui, on peut être Français et se sentir parfaitement chez soi ici.
  26. 3 points
    lanasy

    Je me lance...

    Premier voyage au Quebec: Aout 2009... Un collègue et ami qui vient de s'expatrier me tanne pour que je vienne lui rendre visite à Montreal. Pourquoi pas? Je suis toujours partante pour decouvrir de nouveaux horizons. Ni une ni deux , je reserve mon billet et ammène 3 copines avec moi. Plus on est de folles plus on rit !!! Avant le départ j'organise un peu le périple: ce sera une semaine sur la route (Quebec, Toronto, Ottawa...) et une semaine à Montreal même. Je ne sais pas si c'est parceque j'étais avec mes copinettes d'amour ou si c'est parceque j'ai rencontré de belles personnes avec lesquelles j'ai pu tisser des liens, mais je me suis sentie bien à Montreal. Les personnes que j'ai eu à croiser m'ont inspiré la sympathie. La vie m'a semblé plus calme, moins stressante (je suis Parisienne..enfin Francilienne donc mon quotidien c'est plutot la course et le stress). Et surtout j'ai rencontré une multitude de francais qui m'ont assuré qu'ils ne retourneraient à Paris pour rien au monde. Les vacances c'est génial, mais j'ai une vie à Paris, il faut aller travailler et retrouver ses bonnes habitudes. A cette époque je suis une acharnée du travail, et j'adore ca... Etrangement, le retour de Montreal ne se passe pas comme les retours de mes autres voyages; je sens la nostalgie m'envahir et je me pose un tas de questions, et je revasse: "Et si je vivais la bas??!!" Au depart, je garde ca pour moi, puis au fil des mois l'idée etant toujours dans ma tete j'echange avec les gens qui m'entourent. Les avis sont unanimes: "lance toi, tu n'a que 26 ans, tu es celibataire et tu n'as pas d'enfant, lance toi". J'ai un peu peur, mais j'y pense serieusement... Quelques mois plus tard, on me confie un gros projet au travail qui est une chance inouie pour quelqu'un de mon age. Je reste; ca ne se presentera pas 2 fois dans ma vie. Quelle excuse! Ca me permet de ne pas prendre LE gros risque de partir. 1 an apres mon premier voyage: je repars à Montreal 10 jours 2 ans apres mon premier voyage: j'y pense de temps en temps 3 ans apres mon premier voyage: une amie s'expatrie au Quebec; je l'envie. Un ami vient d'avoir sa residence permanente; je l'envie à mort. Pourquoi pas moi? Parceque je vais avoir 30 ans? Parceque j'ai un super boulot? Parceque je suis proprietaire d'un appartement au top? Oui mais... A force de reflexion, a force d'introspection: je ne peux pas rester ici à me poser encore et toujours la même question, a envier les gens qui partent. Allez, je me lance....
  27. 3 points
    Vaste et important sujet qu’est la recherche d’emploi pour tout nouvel arrivant, où qu’il se trouve. Le nerf de la guerre pour faire court. Il faudra un peu plus qu’un CV et une lettre de motivations mises aux normes locales, certes un bon début. Il faut toujours commencer par le commencement, n’est-ce pas? Je commencerai d’abord par quelques considérations d’ordre général. L’erreur première que font beaucoup de nouveaux émigrants est de penser qu’ils vont rapidement trouver un travail au même niveau et au même salaire que ce qu’ils avaient dans leur pays d’origine. La courte réponse à cela est : probablement pas. Bien sûr, il y aura toujours quelqu’un qui aura trouvé l’emploi parfait du premier coup, mais ce n’est pas légion. Ce qui ne signifie pas qu’il va falloir forcément passer par la case « livreur de pizzas » non plus. Je reviens sur ce point plus tard. Le deuxième piège est de sous-estimer son niveau d’Anglais. Dois-je rappeler que l’Anglais est la seule langue officielle de la province, et que tout se fait dans cette langue? A en croire certains –qui n’ont probablement jamais mis les pieds à Vancouver- il vaut mieux parler Mandarin ou Cantonnais pour trouver un emploi et vivre ici. Parler le Chinois vous sera aussi utile ici qu’à Tombouctou, tout simplement parce qu’il y a déjà toute la main d’œuvre native sur place. Pour en revenir à l’Anglais, votre niveau dictera le type d’emploi auquel vous pourrez prétendre. Plus il sera bas et moins vous pourrez trouver quelque chose d’intéressant. Donc, évaluez honnêtement votre niveau d’Anglais et partez de là, bien avant de regarder votre expérience et vos diplômes étrangers! Et en passant, un employeur potentiel n’aura aucune difficulté à déterminer votre niveau en entretien d’embauche. Si votre niveau est vraiment trop bas, faîtes tout ce qui est possible pour parler tout le temps Anglais. Prenez des cours au besoin. Côté travail, vous devrez prendre ce qui se présente, en général de « l’alimentaire » payé au salaire minimum ou à peine mieux : plongeur, livreur de pizzas, caissier de supermarché….Dure réalité, mais ici il faut vraiment parler Anglais si vous voulez faire quelque chose d’intéressant professionnellement! Pour ceux ayant un meilleur niveau, ce n’est pas pour autant que vous pourrez faire la fine bouche. Pour en revenir au premier point, avant de retrouver votre ancien niveau, il faudra faire vos preuves. Tout ce qui n’est pas Canadien n’est globalement pas reconnu ici. Visez dans votre domaine, mais un ou deux échelons plus bas que ce que vous faisiez dans votre pays d’origine. Par exemple, en France j’étais sur des emplois type assistante de direction, ici j’ai commencé comme réceptionniste. Si cela ne marche pas dans votre domaine premier, voyez si vos compétences sont transférables dans un autre domaine. Ayez un plan A et un plan B, voire un plan C. Le but est de rentrer sur le marché du travail dans un délai raisonnable et de mettre la fameuse expérience locale sur votre CV. Par-delà le début de l’intégration, il y a aussi une autre raison limpide pour laquelle il faut travailler: le coût de la vie très élevé ici. Il y a souvent de la désinformation à ce sujet, notamment pour les compatriotes Français. A Vancouver, presque tout est plus cher, et encore plus quand on vit sur des économies. Si l’on vous propose un premier emploi dans votre domaine, mais à un niveau et salaire inférieurs à ce que vous espériez, acceptez! Vous n’êtes nullement obligé d’y rester toute votre vie. Vous cherchez et ne trouvez pas pour diverses raisons? Revoyez vos options. Soit vous tapez dans « l’alimentaire » tout en cherchant mieux, ou vous tentez votre chance ailleurs. Mais n’attendez pas d’être au bord du précipice financièrement! Ce qui m’amène à la troisième erreur. Beaucoup s’entêtent à ne chercher que sur Vancouver et notamment au centre-ville. Ici, tout le monde veut travailler -et vivre- au centre-ville. En tant que nouvel arrivant, vous allez être en concurrence avec tous les citoyens Canadiens, les autres résidents permanents, les étudiants et les PVT de toute l’agglomération. Autant dire que cela fait beaucoup de monde pour un petit centre-ville! Il ne faut pas hésiter à sortir de Vancouver et regarder dans des villes comme Burnaby, New Westminster, Surrey, Delta, Langley….etc. Parfois, il faudra même sortir de la région Vancouveroise et aller sur une ville différente. Rien ne vous empêche de revenir sur Vancouver plus tard. Dans la recherche du premier emploi, il faudra souvent faire des concessions, ce qui n’est pas toujours facile, j’en conviens. Mais si vous ne prenez pas un peu sur vous les premiers temps, le « retour aux sources » risque d’être rapide. La suite au prochain billet…..
  28. 2 points
    Iberys03

    Expatriation épisode 2

    Réception ce soir le 09 décembre de la lettre d’acceptation du CFP de Verdun à Montreal pour une rentrée scolaire le 31/08/2020. Enfin quelque chose de concret dans nos démarches, ça fait du bien et le moral est regonflé. Nous allons maintenant attaquer le plus dure à savoir les démarches d’immigration pour obtenir les permis et visas nécessaires. On croise les doigts pour que tout fonctionne correctement et que le prochain billet sur ce blog soit plein de réjouissances ! Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année.
  29. 2 points
    Sur base de mes experiences personnelles, voici une serie d'astuces utiles pour son immigration. Ou pas. Astuce #06 : l'ecole, a presque 6 ans, au Quebec Au Canada, l'ecole maternelle commence a 5 ans et le primaire a 6 ans. A condition d'avoir 6 ans avant le 1er octobre. Que faire alors lorsqu'on est parent d'un enfant de 6 ans moins quelques jours seulement ? Lorsque nous avons quitte la Belgique, mon fils frequentait deja l'ecole primaire. Mais au Quebec, trop jeune de quelques jours, il ne respectait plus les criteres d'admissibilite. Il y avait donc un choix a faire : se resigner : le remettre en maternelle en attendant de lui faire recommencer sa 1ere primaire a la rentree scolaire suivante s'insurger : chercher un psy comprehensif et pousser pour obtenir une derrogation Personnellement, nous avons prefere une autre option pour nos enfants. La charte de la langue française ("Loi 101") fixe le francais comme langue officielle du Quebec. Toutefois - privilege d'arriver au Quebec avec un permis de travail temporaire - nous n'etions pas soumis a cette contrainte. Nous avons donc fait usage de notre liberte pour inscrire notre fils dans un etablissement public anglophone. Avec plusieurs considerations: nous vivons presentement a moins d'une heure des Etats-Unis dans notre region, les cours d'anglais pour enfants sont excessivement dispendieux et/ou avec des listes d'attentes interminables les ecoles anglophones que nous avons visites nous ont seduits par leur programme educatif et leurs moyens pedagogiques nos enfants ont besoin d'etre continuellement stimules, d'apprendre en permanence. Ayant deja fait une premiere primaire, mon fils avait un relative avance sur ses camarades. Pour eviter l'ennui, et le sentiment d'etre penalise en retournant en maternelle, nous lui avons lance un nouveau defi: acquerir la meme aisance d'expression en anglais. Apres seulement quelques mois : il etait capable de lire/ecrire en anglais. Apres quelques annees : sa maitrise des langues est impressionnante. Un bon investissement pour evoluer dans un Canada bilingue. Autre detail qui nous a conforte dans notre choix : dans notre ecole, nous croisons beaucoup d'enfants issus de familles anglophones mais aussi de nombreux autres francophones, qui vivent comme nous au Quebec avec un statut temporaire. Rencontrer d'autres familles avec qui nous partageons autant de points communs, c'est pas mal interessant au quotidien.
  30. 2 points
    Jefke

    Ce sandwich servi au Québec

    Jamais un mot trop haut, un geste déplacé ou encore une engueulade. J'ai toujours trouvé les Canadiens, et les Québécois, très agréables. Pour manifester, les enseignants se rassemblent joyeusement le long des routes en brandissant des pancartes, sans aucunement gêner la circulation. Les policiers, eux, expriment leur mécontentement en changeant de pantalon de service. C'est fascinant cette absence apparente de rapports conflictuels. La diplomatie au quotidien Puis on plonge plus profond dans la culture locale. On devient plus attentif aux subtilités. On acquiert progressivement cette indéfinissable "Expérience Québécoise". Il m'aura ainsi fallu un certain temps avant de m'apercevoir qu'entre un compliment et une bonne nouvelle, mon propriétaire glissait discrètement des choses moins agréables. Hop hop hop ! Ni vu ni connu. Et en bon adepte de la technique des compliments sandwich, il ne perdait jamais sa bonne humeur. Il aurait pu nous aviser franchement que nos voisins se plaignaient du bruit, que c'est inacceptable, que nous donnons une mauvaise éducation à nos enfants, etc. Au contraire, il est passé nous voir et a trouvé formidable que nos enfants s'adaptent aussi facilement à leur nouveau cadre. Mieux, puisqu'ils débordent d'énergie, il nous a suggéré de nombreuses activités dans la région : camps de jour, cours de musique, clubs sportifs... Nous avons tellement apprécié cette discussion que ce n'est qu'après coup que nous avons réalisé ce qui avait sans doute motivé sa visite. Fin diplomate. Chapeau. Et que dire lorsqu'il est venu s'assurer que nous étions confortablement installés ? Il a fait le tour du logement pour identifier tous les travaux à faire. Charmante attention. Isolation des fenêtres, poignées d'armoires, peinture qui s’écaille, nettoyage de la cheminée... Tout a été vérifié. Minutieusement. Il s'est inquiété de savoir si niveau emploi nous avions trouvé nos marques, si nous comptions rester dans la région ou pas, etc. Nous lui avons partagé nos projets. Il nous a partagé son avis et nous a encouragés. Excellent échange. Comme d'habitude. Que demander de plus ? Un propriétaire au petit soin de ses locataires. Super. C'est quand nous avons reçu son courrier la semaine suivante que nous avons mis son intérêt en perspective. Nous avions soudain l'impression qu'il était venu s'assurer que nous n'avions absolument aucune intention ni aucune raison de quitter cet appartement alors que le loyer allait augmenter de 10%. Tranquille, le bonhomme. On n'avait rien vu venir. Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. " Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. (extrait "Le Corbeau et le Renard", Jean de la Fontaine) Aujourd'hui quand quelqu'un me complimente, j'ai le sourcil interrogateur qui se lève. Un réflexe. Derrière ses flatteries, je sais que Maître Renard s’en vient avec quelque chose que je vais possiblement ne pas apprécier. Alors surtout ne pas lâcher le camembert ! Des compliments qui parfois n’en sont pas vraiment Dans ma compagnie, on distribue beaucoup de compliments : pouces levés, coups de chapeau, nomination pour l'employé du mois, trophée pour l'employé du trimestre... Dans le même temps, on n'hésite pas à remercier sur l'heure des salariés. Histoire sans doute de maintenir l'équilibre de l'Univers. Mais un compliment ne protège de rien. Maître Corbeau peut en témoigner. Ce n'est pas exceptionnel qu’une personne reçoive des compliments et soit invitée à faire ses cartons juste après. Il n’y a pas si longtemps, mon boss s'était déplacé spécialement pour me voir. Pendant que je l'écoutais, une lumière orange clignotait dans ma tête. Mille questions se bousculaient. Des félicitations ? Vraiment ? Pourquoi à ce moment précis ? Est-ce que j'ai vraiment réalisé quelque chose d'exceptionnel ? C'est positif pour ma prochaine évaluation ou est-ce qu’il y a un loup caché quelque part ? Je me souviens mes premiers mois de travail au Québec. J'étais sur mon petit nuage. Je recevais beaucoup d'éloges. En fait, je ne recevais que ça. Je réclamais des remarques constructives, mais j'étais incapable de les saisir. Je m’attendais à ce qu’ici aussi, si quelqu’un voulait me faire une critique, il fronce les sourcils et parle avec un ton grave. Aussi, ça m'a pas mal surpris lors de ma première revue de performance quand mon bosse sorte une longue liste de points à améliorer. L'atterrissage a été rude. Un choc culturel. Mais la leçon a été apprise. Quand un entrepreneur me fait des compliments, je check son travail plusieurs fois. Quand la dame de la garderie me raconte que ma fille a été formidable, je comprends tout de suite qu’elle a regardé la Reine des Neiges en boucle toute la journée au lieu d’avoir des activités pédagogiques. Quand mon banquier me félicite, je prends tout mon temps pour bien relire chaque ligne de ses documents. J’en ai mangé des compliments sandwich. Suffisamment pour savoir que certains peuvent avoir un arrière-goût nauséeux . Un dernier sandwich pour la route ? Les années ont passées. Hier, je menais un point d’évaluation avec un collègue, nouvel arrivant au Canada. Je tenais vraiment l’occasion d’une bonne engueulade pour bien mettre les poings sur les i. Et puis j'ai repensé à mon ancien propriétaire et à sa façon de se faire apprécier.même quand il t’annonce avec un grand sourire la pire nouvelle pour toi. Et j’ai joué ma game comme il me l’a appris. Toute en finesse. Pour limiter les réactions violentes. Ce qui a été dit Ce qui aurait pu se dire ailleurs Il me semble que ton intégration se déroule très bien, correct ? Ça fait déjà un moment que tu es avec nous. Tu es toujours en phase d'intégration quand un stagiaire est complètement autonome après 2 semaines. C’est pas possible ! Est-ce que tout le monde dans l’entreprise te consacre suffisant de support ? Pourquoi est-ce qu’il faut encore te tenir la main ? Ton approche analytique et systématique est très innovante. Tu saoules tout le monde à remettre toujours tout en question ! C’est intéressant, mais je pense qu’on n'est encore très loin d’être rendu à ce niveau ici. Qu’en penses-tu ? Mais quand vas-tu enfin arrêter de jaser et faire ta job ? Et sinon, comment vois-tu ta contribution dans l’équipe ? As-tu la même impression que nous autres: que tu n’apporte rien ? De ce que je vois, je pense que ton projet risque d’entrer dans une phase délicate. Bon. Malheureusement, j'ai une mauvaise nouvelle pour toi... J’imagine qu’on devra sans doute procéder à quelques ajustements. Une grosse cible est dessinée dans ton dos Il risque d’y avoir pas mal de pression prochainement. Dès que tu franchiras la porte, un snipper t'attend Mais c’est normal dans la vie d’un projet Allez, si tu veux chialer, ne te gêne pas. La boîte de kleenex est là pour ça. Et une fois qu’on aura traversé ces turbulences, ça ira beaucoup mieux, tu verras. Ta remplaçante est plus mignonne que toi, moins chère et prête à bosser beaucoup plus dur. Ca ne peut être que mieux. Ça sera super fun. Tout le monde a hâte de travailler avec elle Tu es partant ? Voilà, tu peux aller vider ton cubicule maintenant. A bien y réfléchir, la société québécoise est autant, sinon plus violente que les autres. Mais avec ses spécificités culturelles, un grand sourire, et quelques compliments pour enrober le tout, les choses passent souvent mieux. Enfin... ça dépend pour qui.
  31. 2 points
    Sur base de mes experiences personnelles, voici une serie d'astuces utiles pour son immigration. Ou pas. Astuce #03 : logement temporaire/moyen terme Premiere etape a prevoir lorsqu'on a fixe une destination: le logement. Voici mes bonnes adresses pour trouver une toit pour quelques jours ou quelques mois. 1/ Logement temporaire AirBnb est un bon complement a Booking. Dans les deux cas, on peut avoir de tres bonnes surprises, comme de tres mauvaises. 2/ Logement moyen terme Avant il y avait Kijiji et craiglist. Mais ca, c'etait avant. Depuis que j'ai decouvert PadMapper, je n'utilise principalement plus que cet outil. Essayer, c'est l'adopter ! Et dommage pour la chicane avec Craiglist. Quelques experiences: piege frequent: une annonce illustree avec des photos prises il y a plusieurs annees. Grosse deception lorsqu'on reclame des photos supplementaires ou lorsqu'on mandate une personne de confiance pour effectuer un visite. sous-location: il est facile de reprendre le bail d'un precedent locataire, generalement avec 1 ou 2 mois de rabais. Mieux: vu le nombre eleve de logements desesperement libres, j'ai pu negocier un magnifique condo en plein centre ville avec des conditions encore plus avantageuses. airBnB: recemment, au Quebec, un hote a tente de me faire payer plusieurs milliers de dollars de degats immaginaires. Ca prend enormement de temps et d'energie pour regler ce probleme quand tout se regle simplement par des poignees de mains. Et au retour de vacances, j'aurais aime faire autre chose. arnaque tordue: il y a 3 ans, j'avais trouve une superbe location sur Toronto pour un prix derisoire : villa de plein pied, piscine interieur, proximite de tout, etc. La proprietaire etait charmante par courriel. Elle m'avait pas hesite a me fournir son passeport neerlandais pour prouver son identite. Je me suis tout de suite senti en famille. Nous avons parle du pays, etc. Puis, a sa demande, j'ai envoye une copie de mon passeport et des documents pour tout doucement preparer le contrat de location. Sur son insistance pour que je paye le premier loyer en avance : doutes, recherches sur internet. Il s'agissait d'une mecanique assez basique: utiliser le passeport d'une precedente victime pour appater de nouveaux pigeons. Heureusement ce passeport a expire depuis, et personne n'a encore porte plainte contre moi. A ma connaissance.
  32. 2 points
    2 semaines en France après 2 ans d’absence. 2 semaines à profiter de toutes les personnes qui m’ont tant manquées, à déguster les quelques petites choses que je ne trouve pas ici, à m’émerveiller de la beauté des villes, à dévaliser Minelli et San marina (entre autres). J’ai fait le plein d’amour, d’amitié, de tendresse, de fous rires...et de chaussures!. J’ai retrouvé tous ceux que j’avais laissés comme si nous nous étions quittés la veille, avec un immense plaisir. J’ai arpenté les rues de Lyon en me sentant chez moi, fait le tour de mes anciennes habitudes avec délectation. Dans cet environnement si familier, entourée de tous mes proches, j’ai été prise d’une envie de retour. Il ne fait pas froid. Tout me semble tellement plus facile. Nos familles sont disponibles et plus chaleureuses que jamais. Mes enfants retrouvent leurs cousins. Je revois enfin mes frères. Je retrouve l'ambiance de hall de gare de la maison familiale. Avec du monde qui entre et qui sort sans cesse. Papa qui referme les portes et éteint les lumières derrière tout le monde en maugréant. Maman cuisine, ça sent bon. Je revois ma meilleure amie, ma soeur, mon ange gardien. Petite, j'étais déjà distraite et souvent dans la lune. La maîtresse avait même écrit sur mon bulletin:"Attention, Séverine ne sera pas toujours là!". Elle se trompait. Depuis la maternelle elle est là pour moi. 33 ans d'amitié sans failles, je me trouve bien folle d'être partie si loin d'elle alors qu'elle me tend son bébé tout neuf. Je retrouve la Nounou de mes enfants, qui tout compte fait était aussi la mienne Toujours aussi réconfortante, souriante et avec une énergie incroyable. Je retrouve mes anciennes collègues. Mes poulettes. Celle avec qui j'ai travaillé pendant presque 10 ans, celles avec qui j'ai traversé 3 plans sociaux et un rachat mais aussi plein d'espoirs, de rêves, de galères quotidiennes, de cafés dégueux, de virées shopping, de hammam, de fous rires. Pourtant Montréal me manque. L’ambiance, la douceur de vivre malgré le climat. Ce mélange de calme et d’énergie indefinissable. L’accent. La neige. Les trajets en luge pour aller à l'école. Les expressions. Les "chu pu capabe", les "inquiète toi pas", les "toute va bien". Mes amis de là bas, que je connais depuis moins longtemps mais avec qui j'ai des relations si fortes. Les bains flottants.Les magasins toujours ouverts. Les grands espaces. La bonne humeur permanente. Le sens du fun. La liberté de tout recommencer. On m’a dit que je n’avais pas changé. Et pourtant…j’ai le coeur bien plus grand, avec un nouveau pays et plus de monde dedans Cet article est tiré de mon blogue: Les tribulations d'une française à Montréal: https://www.facebook...ncaiseAMontreal
  33. 2 points
    Alors c'est sûr, tu pars vivre au Canada ou au Québec ? Alors, si séduire n'est pas ton truc, désolée mais il va falloir t'y mettre ! Car OUI : s'expatrier et séduire = même combat ! Je plante le décor : disons qu'on en est au stade où après avoir déclenché chez toi des envies (d'aventures, de chaleur humaine, de changement), le Canada t'a tellement séduit qu'après t'être sérieusement renseigné, tu as décidé de "passer à l'action" (= y vivre quelques temps). Arrive donc le moment fatidique, tellement attendu, celui où tu veux "conclure" (hommage au passage à Jean-Claude Dus...), à savoir réussir ton expatriation : Voilà donc 5 commandements à respecter, pour éviter un « râteau » (= rentrer chez toi) : 1- OUVERT ET SOURIANT, TU TE MONTRERAS ! Dès ton arrivée, tu ne devras avoir qu'un but : t'intégrer, le plus rapidement possible ! Pour cela, il va falloir vite te faire des amis (tout du moins des connaissances), sous peine de finir comme Micheline et de trouver le temps long. Les Canadiens sont reconnus pour leur accueil, leur chaleur et leur ouverture d'esprit. Le chemin est donc déjà à moitié parcouru, tu as de la chance! Pour leur donner envie de te connaître, agis comme lors d'un premier rendez-vous : montre-toi curieux, enjoué, heureux d'être là, intéressant, amusant, souriant, … tout en restant naturel bien sûr. Et côté candidats à séduire, n'hésite pas à "ratisser large" : propriétaires d'appart, voisins, employeurs, colocs, autres expatriés, commerçants, gouvernement, etc. Tes efforts de séduction/réseautage seront récompensés le jour de ta première fois : premier coup de fil provenant d'un Canadien, première offre d'emploi, première invitation faite par un Canadien (au restaurant, à une soirée ou si tu es plus dans le virtuel : comme ami Facebook). 2- ADIEU À TA ZONE DE CONFORT, TU DIRAS ! Conquérir un pays, c'est comme conquérir un coeur : ça se mérite ! Out la routine, les soirées pépères devant la TV, la politique du moindre effort... J'espère que tu es prêt(e) car tu vas devoir sortir de sa zone de confort, exercice très exigeant et nécessitant beaucoup de courage, de persévérance et de motivation. Besoin de quelques exemples? En voici à la pelle : refaire un CV, améliorer ton anglais (si si, même si tu vis au Québec), trouver un appart, un emploi, une école, les produits dans les rayons du supermarché, faire du bénévolat pour réseauter, t'abonner (électricité, tél, etc), remplir des formulaires, t'inscrire dans les administrations et j'en passe! Et ce, bien sûr, en gardant le sourire, même dans des moments de solitude, de découragement ou d'échec. MAIS quelle auto-satisfaction tu éprouveras, lorsque tu auras atteint ton but ! Promis, ça vaut le coup. 3- JUGÉ, TU SERAS ! Ah ben oui, ma ptit' dame ! Un nouveau pays, c'est comme un nouveau flirt : pas question pour l'entourage de laisser leur cher/chère petit(e) protégé(e) tomber dans les bras de n'importe qui. C'est une "ZONE PROTÉGÉE", bien plus encore que le patrimoine de l'Unesco ! Les Français, Belges, Suisses & Co défilent au Canada, et surtout au Québec. Alors quand les Canadiens, et de surcroît les Québécois, voient un "étranger" s'installer dans LEUR pays, il est légitime qu'ils se méfient et qu'ils l'observent, pour déterminer s'il sera un « Maudit Français » ou un cousin, et s'il va repartir après le premier hiver ou adorer la neige. À toi de les rassurer et de gagner leur coeur : respecte-les, respecte leur pays, leur accent, leurs coutumes, leur façon de vivre. La confiance, ça se mérite et ça se gagne moyennant beaucoup d'efforts et de patience. Et si tu es sûr que cette nouvelle contrée est faite pour toi, et que tu la mérites, tu devrais passer cette épreuve sans trop de problème ! 4- DES SACRIFICES, TU FERAS ! Quand on rencontre quelqu'un, on met sa propre vie entre parenthèses (au moins dans les débuts...) car « l'être aimé passe avant tout, et donc avant soi. De la même façon qu'en amour, vivre au Canada (oui ailleurs) te demandera de nombreux sacrifices. Tu vas devoir te priver de pas mal de trucs, matériels ou non : plus de repas en famille, plus de voiture (car tu n'auras certainement pas les moyens de t'en acheter une dès ton arrivée), plus de 35h, plus de vacances à ne savoir qu'en faire et surtout plus de petits sablés, caramel au beurre salé, cannelés, Petits Écoliers, saucisson d'Auvergne, foie gras, Comté, choucroute, confit de canard, moutarde de Dijon ... j'arrête car tu as de la bave qui dégouline au coin de ta bouche. (Ah si! Tu les trouveras certainement, mais à des prix indécents !!!!) Es-tu prêt à sacrifier ces petits rendez-vous qui te tiennent tant à coeur ? Bref, prépare-toi à changer de mode de vie dans les débuts de ta vie au Canada. MAIS je te promets que ça vaut le coup ! 5- AVEUGLÉ PAR SA BEAUTÉ, TU SERAS ! As-tu remarqué que lorsque tu tombes amoureux, tu ne vois que les qualités de l'être aimé et que tu ne lui trouves aucun défaut (au début tout du moins) ? Bonne nouvelle : quand tu vas arriver au Canada, tu vas ressentir la même excitation et cette impression de "tout-nouveau-tout-beau". Tu admireras de nombreuses facettes de ce nouveau pays, et tu ne pourras pas t'empêcher de lui trouver bien plus de qualités que ton "ex" (ton pays d'origine). Le dépaysement te comblera de bonheur, tu auras des papillons dans le ventre à chaque rencontre, à chaque découverte, à chaque instant. Bref, à ton arrivée dans ton nouveau pays, profite de la période "WOW !", car ça, ça n'a pas de prix. En résumé : CARPE DIEM ! Alors, prêt à tomber amoureux du Canada et partir à sa conquête ? Je laisse le mot de la fin à Jean-Claude Dus, le Roi de la drague : VAS-Y, FONCE !!!
  34. 2 points
    Jefke

    Notre brigadiere scolaire

    Chaque matin en conduisant ma fille, je trouvais fantastique tous ces benevoles qui donnent de leur temps a chaque intersection pour permettre a nos enfants de traverser les routes en toute securite. Ils sont toujours la. Qu'il pleuve, qu'il neige, ou qu'il y ait milles choses plus interessantes a faire ailleurs. Ca semblait tellement normal de les voir dans le paysage. Et puis, j'ai eu un petit pincement quand j'ai decouvert que ce n'est peut etre pas qu'un choix... Brigadier scolaire, c'est un metier (exemple: Offre d'emploi : brigadier scolaire sur appel). Difficile. Chichement paye. Avec des horaires impossibles. Pas evident de vivre decemment de cela, ou meme de completer sa journee avec un autre emploi. J'ai souvent vu des personnes d'un certain age assurer cette fonction. Mais pas exclusivement. Joannie, n'a pas la cinquantaire. Je devine que sa vie n'est tous les jours rose. La semaine derniere, en se rendant au parc a cote de leur garderie, les enfants n'ont pas fait qu'echanger quelques phrases avec elle. Ils lui ont apporte du chocolat, une cafe chaud, et ont aussi prepare une chanson pour lui rechauffer le coeur. Lorsque ma fille ma racontee sa journee, elle etait tres fiere de cette initiative. Moi aussi. Cette nouvelle annee commence bien. En passant, voici une video sur le meme theme...
  35. 2 points
    10 ans au Canada, ça en fait des souvenirs... et des aventures ! Il faut dire qu'en venant y vivre, j'avais énormément d'attentes envers l'hiver. Bon, je l'avoue, je l'assume : mes rêves étaient des clichés pour la plupart (motoneige, traîneau à chiens, raquettes, patins à glace...) mais à ceux qui s'offusqueront en disant que ce sont des activités de touristes, je réponds que je m'en fous ça m'est égal ! "J'ai trippé en maudit" (je me suis éclatée à fond ), j'ai vécu des moments forts en émotion. Bref, J'AI RÉALISÉ MES RÊVES ! C'est ça qui compte dans la vie, non ?!? Bien sûr j'ai eu de la chance (quoique... n'hésitez pas à relire le chapitre 2 des Trucs infaillibles pour rater son expatriation) puisqu'en travaillant dans une agence de voyages canadienne réceptive*, j'ai été dans les meilleures conditions pour assouvir TOUTES mes envies et mes rêves d'expat' (car il faut admettre que certaines coûtent TRÈS cher). Et de toutes ces expériences hivernales, je garde des souvenirs inestimables, loufoques pour la plupart, et très souvent comiques (enfin... après coup en fait ). Si le ridicule tuait, je serais morte une bonne dizaine de fois...). J'ai décidé de partager ici mon Top Aventures avec vous (je le ferai en plusieurs fois car cela serait trop long) : 1- Aventure la plus orgiaque conviviale Avis aux diabétiques et aux producteurs de mauvais cholestérol : passez vite à l'aventure suivante, sous peine de frustration intense... (ou préparez-vous à prendre votre traitement mensuel en 1 fois, avant de vivre cette aventure ! ) Pour vivre cette aventure, rendez-vous dans le lieu le plus convivial que je connaisse : ZE Cabane à sucre, durant le "temps des sucres" (au mois de mars). Avant de vivre cette aventure, je l'avoue humblement, je n'avais aucune idée de ce que c'était, car elle ne faisait pas partie de mes rêves "canadiens". Entre nous, je soupçonne les Québécois d'en garder jalousement le secret, pour éviter d'être envahis par des hordes de touristes... Bref, voilà ce qui vous attend et qui m'a tant plu : partager une tablée avec des amis et des inconnus, de la nourriture à gogo, une overdose de sucre et de gras, une bonne bière, de la musique en live, une ambiance de folie et pour conclure de la "tire sur neige" (sirop d'érable fait maison, versé bouillant sur de la neige). Je salive rien que d'y penser... Ici, on arrose allègrement tous les plats de sirop d'érable, même les plats salés : omelette, jambon, etc, et on découvre le vrai ketchup, les fameuses oreilles de criss, ... Et on en sort en ayant desserré notre ceinture de 3 crans... Précision qui a son importance : Je parle ici de cabanes à sucre authentiques**, qui sont souvent toutes petites et perdues dans une érablière, à l'abri de la recette. À bannir donc, bien sûr : les usines à touristes qui emploient des messieurs pour garer les bus sur le parking...) et qui se disent cabanes à sucre, alors que le sirop d'érable n'est même pas fabriqué sur place. 2- Aventure la plus marrante Bienvenue dans l'une de mes régions préférées au Québec : le majestueux Fjord du Saguenay. Imaginez la scène : un temps superbe (froid mais avec un soleil étincelant), un ciel bleu magnifique, une neige d'un blanc aveuglant et un cadre paisible, hallucinant, dépaysant au possible. Et moi, au milieu de tout ça, en train de filmer de loin une copine faire du traîneau à chiens. Ma copine, donc, était seule avec un attelage de 4 chiens surexcités : c'était leur première "ride" (course) de la journée. L'attelage suivait celui du musher (guide de traîneaux à chiens), qui "ouvrait" la route. C'était la première fois pour ma copine et il faut savoir qu'en général, faire du traîneau à chien (et non du chiens de traîneau !) est une activité assez facile : on est debout sur un traîneau tiré par des chiens (qui, par habitude et par discipline, suivent le traîneau de devant) et le traîneau suit les traces du traîneau précédent : bref, rien de bien compliqué... en apparence... Bref, voilà ma copine qui, après avoir disparu à l'arrière d'une petite montagne, surgit à nouveau, mais au sommet de la montagne, toute fière. Zoom sur la "pro" qui commence à prendre (trop ?) de l'assurance et qui décide de laisser le guide prendre un peu d'avance sur elle, pour bénéficier de plus de liberté. Mais qui dit sommet, dit descente... et qui descente, dit vitesse ! Tiré par les chiens enivrés par l'excitation et la facilité, le traîneau de ma cops s'emballe et commence à descendre la montagne à une allure impressionnante. Je "dé-zoome" donc pour filmer la descente du traîneau de mon amie dans ce cadre magnifique, et là... c'est le drame ! À la fin de la descente il y avait un virage serré que les chiens ont bien négocié, ainsi que le traîneau... mais PAS ma copine ! J'ai eu le chance (le bonheur ?) de la voir se faire éjecter du traîneau lors du virage: M-É-M-O-R-A-B-L-E !!! 3- Aventure la plus décevante Si un matin vous vous levez comme moi tout excités à l'idée de réaliser l'un de vos clichés rêves canadiens, à soir la pêche sur glace, et si vous vous imaginez déjà, tel un trappeur, en train de : faire un trou dans la glace (bien hâte qu'on me montre comment... une manivelle peut-être ?) accrocher un hameçon sur un fil, et fixer le fil au bout d'un bâton taquiner le goujon (bon en fait c'est un expression, car si comme moi, vous ne savez même pas ce qu'est un goujon, et encore moins quel type de poisson peut survivre à cette température ! ) guetter votre fil (que l'on s'imagine pendu au bout d'un bâton, tel un David Crocket) espérer réussir à attraper un poisson Et bien... préparez-vous à tomber de haut ! Car dans la plupart des endroits où la pêche sur glace est possible (il s'agit souvent d'hôtels ou de complexes touristiques qui vendent cette activité pour faire plaisir aux touristes et divertir les familles), vous ne vous sentirez plus touriste japonais que trappeur puisque : le trou est déjà creusé à votre arrivée les lignes sont déjà installées et n'ont pas besoin d'être tenues les poissons sont de "vulgaires" truites ensemencées ET affamées vous sortirez 5 poissons en moins de 30 minutes vous allez avoir très froid puisque vous n'aurez rien à faire, même pas à tenir la ligne Bref... grosse déception en perspective ! Mais rassurez-vous : il y a moyen de faire de la pêche blanche "authentique", en allant à Sainte-Anne de la Pérade (en Mauricie) pour aller à la pêche aux petits poissons des Chenaux (généralement de la dernière semaine de décembre à la mi-février) ou dans la Baie des Ha-Ha (non ce n'est pas une blague ! ) dans le Fjord du Saguenay. 4- Aventure la plus émouvante C'était lors d'une balade à traîneau à chien en Mauricie. Ce n'était pas ma première fois pourtant, et j'avais adoré les précédentes : il faut savoir que les guides de chiens de traîneau que j'ai rencontrés étaient de gens passionnés. Sans oublier les décors enneigés, généralement féériques. Cette fois-là pourtant, la magie a opéré encore plus que d'habitude et ce, dès le départ : un guide rien que pour nous (mon conjoint et moi), de vrais Huskies et Malamutes d'Alaska (pas croisés avec des chiens de races "standards"...), un temps de rêve et un décor fabuleux, typique de la Mauricie (l'une de mes régions préférées) : alternance de forêts de feuillus, de conifères et de lacs. Le summum de la balade a été la traversée d'un lac gelé sur plusieurs centaines de mètres : un peu de stress (la glace va-t-elle rompre ? ) mêlée à de la béatitude face à l'immensité qui nous entoure, la beauté du paysage, la force et l'engouement des chiens, la vitesse du traîneau, la chaleur du soleil qui nous fait du bien. Un sentiment fabuleux d'être seul au monde et de faire corps avec la nature. Bref, émotion à son paroxysme, quoi. Je vous souhaite sincèrement de vivre cette expérience une fois dans votre vie ! Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui. Les prochains épisodes arriveront bientôt. En attendant, n'hésitez pas à aller faire un tour sur mon blog https://lcomet.wordpress.com/ * Une agence de voyages canadienne réceptive est une agence spécialisée dans l'organisation de voyages dans son propre pays pour des touristes. Celle** pour laquelle j'ai travaillé est spécialisée dans l'organisation de séjours pour les Francophones qui viennent passer des vacances au Canada. ** Pour les adresses, n'hésitez pas à m'envoyer un email à laurence.comet@gmail.com : je vous enverrai des adresses avec plaisir. Ces adresses ne sont aucunement sponsorisées, je tiens à le préciser. Seulement des endroit où j'ai "trippé".
  36. 2 points
    Bonsoir à tous, Après avoir lu vos nombreux témoignages suite à votre arrivée au Québec, je constate, avec grand regret, que plusieurs d'entre vous se heurtent à de nombreuses difficultés d'intégration. Que ce soit dans votre démarche de recherche d'emploi (reconnaissance de la formation et des compétences acquises à l'étranger, etc.), sur le plan financier (frais inhérents pour le permis de travail, le permis d'étude, le logement, etc.) ou sur le plan social (choc culturel, isolement, etc.), il semblerait que vivre au Québec, lorsqu'on est étranger, est beaucoup moins facile qu'il n'en parait. Par ailleurs, vous êtes nombreux à faire part du manque d'information concernant les avantages et inconvénients auxquels vous pouvez faire face avant, durant et après votre arrivée au pays d'accueil. Vous êtes alors déçu, voire désenchanté et vous éprouvez la désagréable impression d'être livré à vous-même... Heureusement, des sites comme celui-ci vous permettent d'échanger, de trouver de l'information sur les programmes gouvernementaux et autres, d'obtenir de nombreux conseils judicieux et même, pourquoi pas ?, de faire de nouvelles rencontre. Mes parents ont, eux aussi, vécu des expériences similaires au vôtres. Sans compter qu'à l'époque (il y a plus de 30 ans), ils n'avaient ni famille ni amis ici. Par contre, je leur suis éternellement reconnaissante d'avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout et de nous avoir donné la chance, à ma grande sœur et moi, de nous établir et de grandir au Québec. Je suis extrêmement fière de leur accomplissement; élever 6 enfants dans un contexte économique difficile et dans un pays où la culture et les mœurs diffèrent complètement de ceux du pays d'origine n'est pas une mince affaire. Aujourd'hui, âgée de 34 ans, mère de 2 magnifiques bambins (Trystan et Pearl) et exerçant un travail passionnant en collaboration avec mon conjoint (nous sommes courtiers immobiliers), je peux être également fière de mes réalisations, tant sur le plan personnel que professionnel. Finalement, à vous tous, je vous souhaite au plus profond du cœur bon courage et surtout, ne perdez pas espoir. S'établir dans un pays étranger est ardu, certes, mais notre capacité d'adaptation fait de nous des êtres exceptionnels, non ? ''La patience est amère mais SON FRUIT EST DOUX !''
  37. 2 points
    Salut à tous, Cela fera au mois de mars 5 ans que je suis arrivé au Québec, et citoyen depuis 4 mois. Je dirais qu'il y a du positif et du négatif. Depuis 5 ans, je vis à Montréal, et j'adore cette ville. Il y a en tant de choses à faire à Montréal même et aux alentours. Nous pratiquons tous les sports d'hiver et d'été. La qualité de vie dans cette est très appréciable je peux le dire, Normand d'origine et ayant vécu plus de 13 ans en région parisienne. J'aime tellement ce pays que j'ai mis plus de 4 ans à retourner en France. Même si les québéquois paraissent très sympathiques et très ouverts, il est quand même très difficile de s'en faire des amis, mais ça, je ne suis pas le seul à le dire. J'ai surtout des amis immigrés. Un gros point négatif au Québec est sur le plan du travail. Je trouve, et nous sommes beaucoup de Français à le penser, qu'il est très difficile de trouver un travail intéressant et vraiment payant, sauf si on travaille en informatique. Les québéquois sont quand assez "racistes", il faut le dire, et ont beaucoup de mal à accepter les français au travail. Même au bout de 5 ans, j'ai beaucoup de mal à trouver quelque chose de vraiment intéressant, à part dans des petites compagnies sans réelle évolution interne.Je travaille dans la même compagnie depuis 2 ans, et je me prend toujours des réflexions, oh toi le français..., et je sens bien que même si c'est c'est dit sur le ton de la rigolade, il y a toujours un fond de vérité. Et pourtant, je suis quelqu'un de très sociable. On a toujours l'impression d'être à part. Autre point très négatif au Québec, c'est l'imposition, comparé aux autres provinces. Il faut le savoir, le Québec est la seule province où il y a une double imposition sur le revenu (fédérale et provinciale) , et la part du Québec est très élevée. La TVQ a augmenté de 2 points depuis que je suis arrivé, et vu le gouvernement actuel, je pense que nous allons encore payer plus. Nous sommes surtaxés au Québec. Bref, aujourd'hui, je m'interroge de plus en plus sur un avenir au Québec... J'y pense tous les jours et je commence à faire mes recherches pour partir en Alberta, terre où, d'après ce que me disent tous ceux qui ont sautés le pas, on vit beaucoup mieux qu'au Québec. Les salaires sont meilleurs, l'imposition est beaucoup moins élevée, il n'y a pas de taxes provinciales, et l'immobilier n'est pas beaucoup plus cher qu'a Montréal. Bref, je ne connaîs personne qui regrette d'avoir quitté le Québec pour l'ouest. Je vais laisser une dernière chance au Québec et me laisse le temps de vendre mon condo début 2015 pour trouver un vrai emploi. Mais à bientôt 40 ans, je ne vais pas m'enfermer dans une situation sans avenir, je n'ai pas changé de pays pour ça..Si ce n'est pas le cas, je partirais pour trouver un emploi soit à Calgary ou à Edmonton... Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes. Alex
  38. 2 points
    Aloane

    2 ans au Québec :

    Un bilan ça sonne toujours comme un début et une fin, mais pas pantoute ! Je fais un bilan parce que c'est un chiffre rond et que le 17 octobre ça fait exactement 2 ans qu'on a le droit de travailler au Québec. ( grâce à notre permis de travail temporaire ). Qu'est ce que cela signifie 2 ans d'une expatriation ? Pour nous de façon factuelle : - Une fausse couche à 3 mois de grossesse. - Un premier logement ne correspondant pas à nos attentes ( dommage pris sur internet de France, à mon avis à ne pas recommander ! ) - 30 000 euros dépensés ( coût de tous investissements c'est purement personnel, reconnaissance de diplôme, permis de travail à renouveler chaque année et achat de voiture compris ) - 2 déménagements sur place. - Je crée un blog et je raconte mes aventures, c'est dans un premier temps à l'adresse de ma famille et de mes amis mais rapidement je vois l'affluence de personnes inconnues qui visitent mon site et qui rêvent d'aventures ou qui sont tout simplement dans le cas de l'expatriation comme nous. - Je me remets en question sur la faisabilité de retravailler comme infirmière au Québec car je postule dans tous les hôpitaux de Saguenay et aucun ne souhaitent me prendre pour le stage de reconnaissance. - Mon fils de 4 ans et demi se sent isolé, il était à l'école en France et là, il est avec maman toute la journée. On en profite pour faire des activités mais il lui manque la socialisation avec d'autres enfants, je vais donc à la bibliothèque ou au Mac Do ( seul endroit au Saguenay ou vous trouverez une aire de jeux pour enfants couverte ( en hiver c'est mieux ) ) Je me lie d'amitié avec la femme d'un collègue à mon mari qui a un enfant, elle est Québecoise, c'est pour moi l'occasion de lui poser de multiples questions sur les choses de la vie de tous les jours qui m'interpellent car différentes de ce que je connais. - Premier Noël seuls sans la " grande famille". On est un peu nostalgique des repas conviviaux ou tout le monde parle en même temps, ou les rires éclatent et les chants de noël ( en allemand dans mon cas) sont l'occasion de déployer ses organes vocaux à tue-tête. Non... nous cette année là ce fut Skype ( avec une très mauvais connexion) Là on se dit c'est poche quand même ... L'année qui va suivre est alors une année de transition pour tout mettre en place , retrouver des habitudes, s'en créer de nouvelles et surtout aller de l'avant : - Nous nous prenons en main et réalisons une transformation physique et mental grâce à de saines habitudes de vie : mon mari perd 27 kg et moi 15 kg, grâce à des programmes américains de fitness sur dvd bien qu'à la maison avec mon enfant, sans ressource pour m'évader et faire des séances à l'extérieur, suivre le programme à la lettre, faire les séances quotidiennes, le groupe de motivation sur Facebook, ça m'a donné un bon coup de pieds au cul pour ne pas me laisser sombrer dans le larmoiement et les excuses. - J'ai décidé d'être chroniqueuse sur le forum Immigrer.com afin d'aider du mieux les personnes en phase d'expatriation, les infirmières qui rêveraient de changer de continent, les familles avec des enfants, bien que ne travaillant pas dans mon domaine qui est le soin à la personne je reste dans ce domaine en apportant mes conseils, mes erreurs à toutes personnes me le demandant. - À la fin de notre première année je savais que j'allais commencer mon stage d'adaptation, j'avais accepté un job de testeuse de jeux vidéos en attendant mon stage. - Nous avons alors une belle gang d'amis avec qui nous fêtons les fêtes de fin d'année de plus notre famille vient nous rejoindre pour de mémorables vacances de Noël. On est chargé à bloc en cette fin d'année 2013. La deuxième année est alors une succession de remise en questions, nous nous faisons un nouveau plan de vie : - Je pars alors début janvier 2014 pour 6 mois à 550 km de ma famille afin de réaliser mon stage de reconnaissance de diplôme à Sainte Justine à Montréal ( l'hôpital des enfants par excellence , je suis puéricultrice et si je dois partir pour faire mon stage autant que cela soit un plus dans mon CV. Je rentre alors tous les 10 jours pour retrouver ma famille, j'essaie de ne pas y penser mais chaque jour je suis seule dans mon petit appart ( que j'ai eu la chance de trouver à un prix imbattable et en face de l'hôpital en plus ) mais j'ai le cœur gros et je me dis : " je veux du mieux pour ma famille mais je suis loin des gens que j'aime... Je m'occupe d'enfants en service mais mon enfant est loin de moi... "C'est l'occasion pour mon époux de se débrouiller tout seul et il y arrive avec brio ! - Mon beau-père décède subitement fin janvier ! ( vivre un décès soudain alors qu'on est à 6000 km de sa famille c'est pas facile déjà en tant normal, mais là on se sent perdu ). - Nous devons choisir entre se déplacer pour les obsèques de mon beau-père ( avec qui nous entretenions des rapports distants ) et le fait que depuis un an était prévu notre venue en été pour des évènements heureux, mariage baptême... L'argent rentre tout de même en ligne de compte et je viens à ce moment de commencer mon stage à Montréal.... donc je ne peux partir, et mon mari ne peux laisser notre fils ( alors âgé de 5 ans ) seul chez des amis au Saguenay.... - J'ai alors l'opportunité de devenir coach de motivation pour aider les gens à se remettre en forme comme nous, cette opportunité me fait l'effet d'un déclic. Pourquoi ne pas faire ce que j'aime et apporter mon aide aux gens en dehors de la maladie ? En alliant santé hygiène de vie, et horaire de travail à la maison je me sens plus épanouie ! ( et oui je suis enfin reconnue Infirmière, Clinicienne ! Mais je n'ai pas le goût de travailler à l'hôpital au Saguenay...) Je me dépasse chaque jour, je me rends compte aussi que cette opportunité d'être à mon compte me rend libre et j'apprécie cet état de fait . Je reçois aussi un retour très positif de reconnaissance auprés des participants de mes groupes de motivation. - Nous retournons en France pour les vacances d'été, on laisse notre fils de 6 ans rester dans notre famille en France pendant les vacances à 6000 km afin qu'il se crée des souvenirs avec ses cousins et grand-mères...Pour nous la séparation est dure, le voyage en France nous a permis de nous rendre compte que nos choix d'expatriation nous ont ouvert l'esprit et nous on apporté en qualité de vie. On se sent moins stressé, la densité humaine aidant, les gens sont alors plus souriants et ça fait vraiment du bien. Voilà vous savez tout, en 2 ans nos besoins essentiels ont évolué. Il y a des hauts et des bas à notre situation, mais si nous étions restés en France n'y en auraient-t-ils pas eu également ? J'aime notre nouveau NOUS et c'est grâce à : - La découverte d'une nouvelle culture, avec de nouvel us et coutumes, une autre façon de voir la vie. - La rencontre avec des personnes de tous les milieux de tous le pays, de nouvelles amitiés se sont créées . - Le dépassement personnel chaque jour, sortir de sa zone de confort, aller vers l'autre, aller vers l'inconnu même si ça fait peur on s'en trouve enrichi. - Mon cheminement professionnel qui m'a amené à me reconvertir de mon travail d'infirmière en coach de motivation pour se remettre en forme autant physique que bien-être mental. - Un nouvel état d'esprit plein d'optimisme, de " je sais que c'est possible, si je m'en donne les moyens ! " Vous pouvez me contacter sur ma page Facebook Une Française et son Beach Body si vous souhaitez vous remettre en forme ou sur mon blog les Aventuriers du Fjord
  39. 2 points
    J'ai passé mes vacances en France. De retour dans mon pays natal, ma ville d'adoption m'a particulièrement manquée. Lorsqu'on me demandait pourquoi, j'avais du mal à répondre: "Je m'y sens bien" était la seule réponse qui me venait à l'esprit, assez décevante pour mes interlocuteurs curieux, j'en conviens. Alors depuis que je suis rentrée, je guette ce qui rend Montréal si attachante à mes yeux: A Montréal, quand on croise le regard de quelqu'un, il sourit, automatiquement, gratuitement, sans attendre rien en retour. A Montréal, on te tutoie et on ne te demande pas: "Comment allez vous aujourd'hui? - Non, on te demande: "Ça va bien aujourd'hui?" Parce que de base, il n'y a pas de raison que ça aille mal. A Montréal, je défie n'importe qui, dans n'importe quel quartier, d'arriver à marcher plus de 2 mètres (allez 1 mètre même, immobile, même!) avec une carte ouverte dans les mains sans que quelqu'un ne vienne lui demander s'il a besoin d'aide et où il veut aller. A Montréal, on peut marcher, jouer, courir, pique-niquer ou organiser un BBQ sur les pelouses dans les parcs. A Montréal, on ne court pas ni on se bouscule dans le métro, même aux heures de pointe. A Montréal, au restaurant, la serveuse va te conseiller, parce que tu as commandé la même entrée que ton amie, de la prendre en plat principal et de la partager:"Parce que t'en auras plus et ça reviendra moins cher". A Montréal, on célèbre la première tempête de neige avec la même ferveur que les premières températures positives...Le reste du temps on chiale qu'il fait trop froid ou trop chaud! A Montréal, une fille peut porter des jupes et des talons sans se faire mater grossièrement ou se faire traiter de salope. A Montréal, quelqu'un m'a couru après pour me remettre le billet de 20$ qui était tombé de ma poche sans que je m'en aperçoive. A Montréal, si tu chantonnes dans l'allée du supermarché parce que tu aimes bien la toune qui passe à la radio, la personne que tu croises va probablement reprendre le refrain en coeur et te lancer un:"Maudit qu'elle est bonne cette toune là!", voir esquisser des pas de danse. A Montréal, ça sent le BBQ et on entend les rires sur les terrasses de mai à octobre. A Montréal, dès qu'il fait plus de 10 degrés, c'est l'été! Montréal, à l'image des ses habitants, est une ville chaleureuse, reconnaissante de son histoire mais tournée vers l'avenir, ouverte, cosmopolite, fun et délicieuse à vivre ! Montréal, je t'aime ! Et vous, avez-vous des coups de coeur à partager sur votre ville? Cet article est tiré de mon blogue: Les tribulations d'une française à Montréal: http://mhlps.wordpress.com Vous pouvez également suivre ma page facebook où je partage mes découvertes québécoises: https://www.facebook...ncaiseAMontreal
  40. 2 points
    soulman

    Harcèlement moral

    "Gros porc", "sale bougnoule", "pd", "fayot", "salope"... Combien de fois a-t-on entendu ça quand on était enfant, ado, dans les cours de récré, le bus qui nous amenait en sortie scolaire, sur le chemin du retour de l'école ? Peut-être en étiez-vous victime, peut-être faisiez-vous partie des "bourreaux" ? Peut-être encore faisiez-vous juste partie de cette majorité silencieuse qui de par sa neutralité, sa peur ou sa complaisance accepte, tolère, se rend complice ? Pour beaucoup d'adultes, ça ne semble "pas grave". "Ils s'amusent", "rien de bien méchant". Mais où s'arrête le jeu, l'insulte gratuite mais sans rancune et où commence le harcèlement moral ? Le bullying, comme on dit ici, en Amérique du Nord. On en a beaucoup parlé, au Québec, les 2-3 dernières années. Une journée spéciale sur l'intimidation, quelques reportages sur ces adolescents, ces enfants qui ont choisi de se donner la mort pour ne plus avoir à subir, parce que personne ne les avait entendus, écoutés. Indignation, incompréhension, écœurement devant ce phénomène amplifié par les réseaux sociaux. Se faire intimider, insulter, railler, humilier c'est déjà pas évident, mais devant des millions de personnes ça semble encore pire. Et pourtant quoi de neuf ? Est-ce qu'on ne voyait pas la même chose dans ces ères pré-internet, où on se parlait plus des Chevaliers du Zodiaque que des dernières vidéos sur Youtube ? Ou une montre Casio avec calculatrice était aussi tendance que le dernier iPhone ? Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont pires que nous l'étions ? Et surtout, aujourd'hui, que faisons-nous, en tant qu'adultes, parents, enseignants pour trouver des solutions ? Je ne me lancerai pas dans un débat sociologique sur comment éradiquer l'intimidation, le harcèlement quel qu'il soit. C'est un sujet passionnant que j'affectionne particulièrement et sur lequel je débattrais volontiers pendant des heures. Mais si je souhaitais en parler sur ce forum lié à l'immigration c'est parce que, peut-être pour la première fois de votre vie vous allez vous retrouver dans le rôle du "marginalisé", de celui qui est différent. Est-ce que c'est mal ? Bien sûr que non, c'est juste un constat, une certitude qu'on peut vivre de bien des façons. Peut-être qu'enfant vous n'aviez rien de notable, ni gros, ni petit, ni grand, ni maigre, pas de nom à double sens qui peut être raillé. Ni très timide ni trop voyant, capable de vous fondre dans les murs ou suffisamment sûrs de vous pour ne pas vous faire écœurer. Mais en arrivant dans un nouveau pays, une nouvelle culture, vous allez peut-être pour la première fois de votre vie vous sentir différents. Ne plus faire partie de la "majorité" peut décontenancer et d'une façon ou d'une autre vous force à vous poser de nouvelles questions sur vous et sur les autres. Il n'y aucune recette magique, chaque histoire est unique et chacun va réagir différemment. Certains vont à peine le ressentir. D'autres vont se refermer sur eux-mêmes, se rapprocher d'autres Français, en souffrir, s'en plaindre. D'autres encore vont s'en servir comme d'une motivation et une incitation à en faire encore davantage pour s'intégrer et vivre leur immigration pleinement. Apprécier au quotidien ce sentiment de dépaysement qui vous a poussés à partir, à tenter l'aventure. Dans certains cas ça ne sera qu'un constat, quelques décalages par rapport à vos collègues ou voisins, des références que vous n'avez pas, mais parfois ça pourra devenir un fossé, une barrière qui pourraient vite vous paraître insurmontables. Dans ce cas-là, parlez-en, communiquez, n'hésitez pas à aller chercher des conseils chez ceux qui pourraient vivre la même chose que vous. Ne taisez pas la moindre souffrance, le moindre doute. En 2006 j'avais écrit un roman graphique, Comme un Papillon, qui parlait du suicide chez l'enfant. Oui, oui, je sais, c'est super gai J'en ai un peu parlé je crois dans ma présentation. En tant qu'éducateur spécialisé j'avais vécu tellement de cas d'enfants qui pour des raisons incompréhensibles pour nous préféraient mettre fin à leur vie. C'est arrivé plusieurs fois que ces gestes ne soient que des appels au secours, mais plusieurs sont arrivés malheureusement à leur fin sans que personne ne puisse comprendre ce qui les avait amenés là. Ça m'avait montré à quel point on sous-estime grandement des notions telles que la dépression, le harcèlement, la détresse psychologique. On a toujours l'impression que pour un enfant, "ça va passer". Mon éditeur insistait pour qu'à la fin du roman l'enfant finalement change d'avis, pensant que le message était suffisamment passé. Mais c'était hors de question, le seul but de cet ouvrage était de montrer aux parents qu'un enfant de 10 ans pouvait pour une raison ou une autre décider de se tuer. Le suicide est la deuxième cause de mortalité pour les moins de 20 ans. J'ai finalement changé d'éditeur et même si ça peut paraître complètement idiot, j'ai dessiné les 12 dernières pages de mon livre en pleurant. Je ne dirai pas "en pleurant comme un enfant", non, en pleurant comme un adulte conscient et impuissant devant toute cette souffrance. Pourquoi j'écris ça aujourd'hui ? Parce que je suis tombé sur ce trailer, cette bande-annonce choc prélude à un reportage sur france5 la semaine passée je crois : Ça m'a rappelé la polémique l'année passée sur le clip d'Indochine : Et parce que j'avais envie d'en parler avec vous, qui peut-être comprenez un peu mieux aujourd'hui ce qu'ont vécu le petit gros, le Tunisien, l'efféminé de votre classe quand ils étaient ostracisés, rejetés.
  41. 2 points
    soulman

    Citoyen Canadien !

    Ça y est, après un peu moins de 2 ans d'attente, je peux enfin le dire, je suis Canadien ! Arrivé en mars 2007, j'ai lancé la procédure en novembre 2011. Les questions début juillet, et donc la cérémonie mercredi dernier, le 10 octobre. Oui, oui, la totale, l'hommage à la Reine, l'hymne national, les petits drapeaux et tout. On était presque 400, et comme le disait la juge 52 nationalités représentées. Arrivé à 1h, parti à 4h30 avec le papier en main. Qu'est-ce que j'ai ressenti lors de cette journée ? Difficile à résumer, une grande fierté, un honneur, un aboutissement mêlé à un départ. Je pense que chacun de nous peut faire cette démarche pour des raisons différentes. chacune se vaut mais je me suis demandé objectivement pourquoi je souhaitais franchir le pas. Oh c'est sur, déjà ça sera plus facile à la frontière. Je dois souvent me déplacer aux Etats Unis pour le travail et chaque fois je ralentis mes collègues Québécois. C'est rassurant, aussi. De savoir que maintenant, quoi qu'il arrive, je n'ai plus un statut temporaire au Canada. Je n'ai plus besoin de renouveler ma résidence permanente. Des fois qu'un jour ça change. On ne sait jamais. Mes patrons aussi, peut être que ça va les rassurer, leur montrer encore un peu plus que je me sens chez moi ici. Mais ça ce sont des détails "techniques", administratifs. Pas de quoi éprouver la moindre joie alors, si ce n'est que ça. Et pourtant quand je suis sorti de la salle j'avais un grand sourire jusqu'aux oreilles. Pour la perception des autres ? Me sentir plus intégré ? Non. Déjà parce que je me sens parfaitement intégré, personne ne me donne l'impression que je ne suis pas admis, que je suis un étranger. Un passeport n'y changera rien, et je dirais même que citoyen ou pas je resterai toujours de temps en temps "le Français". Mais dit avec affection, parce que j'ai beau avoir perdu presque intégralement mon accent français, pour mes amis Québécois il restera toujours une petite trace, et c'est très bien de même. Comme un anglophone qui malgré un français parfait gardera toujours cette petite touche british sur certaines consonnes. Non, si je suis tellement fier et touché d'être devenu Canadien, c'est juste pour moi. Pouvoir enfin participer à la vie politique, voter, faire mon devoir, m'impliquer encore davantage dans la vie quotidienne. Savoir que quels que soient les choix faits par la population, j'aurai apporté ma voix. Que je ferai partie des statistiques. J'étais heureux comme un enfant aussi parce que, si j'avais fait la démarche de citoyenneté en pensant à mes amis Québécois, j'ai été vraiment touché le jour de la cérémonie par toutes ces familles, ces enfants, ces immigrants comme moi qui sont devenus Canadiens. Certains pleuraient. Beaucoup se sont embrassés. Quand la juge nous a demandé de féliciter nos voisins de gauche et de droite personne ne l'a fait machinalement, les gens se regardaient dans les yeux pour se souhaiter le meilleur. En arrivant dans la salle j'étais fier de faire peut-être encore peu plus partie intégrante du peuple des Rene Levesque, Lafleur, Tremblay, Côté, mais d'un coup je me rendais compte que j'étais également fier de faire partie de cette assemblée. J'étais touché par ces familles, ces 52 nationalités, certains, beaucoup sûrement ont vécu l'enfer avant d'arriver, une vie de souffrance avant d'enfin être accueillis ici. Et pour eux, bien plus que pour nous français, la citoyenneté est la certitude que jamais ils n'auront à retourner contraints et forcés dans un pays qu'ils ont rejeté. Je ne pense pas que j'arriverai à retranscrire exactement ce que j'ai ressenti en mots, mais je vais essayer. J'ai écrit des albums, des livres, des articles sur les bidonvilles de Dharavi en Inde, sur le Rwanda, la Palestine, en ce moment l'histoire que je dessine se situe au Tchad et au Soudan. J'ai été dans tous ces pays, rencontré ces gens, témoigné de leurs douleurs comme de leurs joies. Mais malgré les semaines passées avec eux, dans ces familles, je sais bien que je n'ai fait qu'effleurer leur vie, leur réalité. De voir des ressortissants de tous ces pays réunis ici, au Canada, dans une cérémonie qui leur permet de mettre enfin derrière eux ce qu'ils ont fui, les voir accéder en ce jour comme moi et comme tant d'autres avant nous à la citoyenneté canadienne, ça m'a vraiment ému aux larmes. Oh non, ça va, rassurez-vous, je n'ai pas braillé quand même, je sais me tenir !! Mais j'imaginais ce qu'ils devaient ressentir, les sacrifices qu'ils ont consentis pour donner cette chance à leurs enfants, et je ressentais comme un honneur d'être avec eux à ce moment précis. J'ai passé beaucoup de temps à regarder ces visages, ces regards échangés entre eux, à tel point que finalement je n'ai pas trop eu le temps de me concentrer sur mon expérience personnelle, elle était tellement insignifiante. Et de toute façon, comment se concentrer avec Basile, ce grand Sénégalais au coeur immense et au sourire permanent avec qui j'ai passé de très belles heures. C'est que le hasard est drôle parfois. Quand j'ai été passé les questions, quand on a fini le test on doit aller s'assoir dans une grande salle remplie de monde. Il y a des centaines de personnes, on se place où on veut, certains sont là depuis des heures. Je m'étais donc assis au hasard à côté de ce colosse noir qui semblait si content d'être là. On avait tout de suite sympathisé, l'attente était longue et nous avions plein d'histoires à nous conter. Il avait des jus de fruit en trop, j'avais des biscuits, on a pu donc compléter nos repas Quand c'était à mon tour de passer, on s'est souhaité mille bonnes choses. Arrivé à la cérémonie, on s'est vu de loin, on s'est salué avec un sourire, espérant se voir plus tard, peut-être après. Les places étaient imposées, on avait tous un numéro défini sur notre convocation, on était comme je le disais près de 400, et on s'est quand même retrouvé côte à côte ! Un très beau hasard. Bref, comme d'habitude je m'étale, mais je voulais partager avec vous cette belle journée où je suis devenu canadien, comme les Tremblay, Côté, Ouellet mais également les Baboucar, Khadri, Ngyen.
  42. 2 points
    Je suis devenue Franco-Canadienne l’après-midi du Vendredi 6 Mai 2011, après 22 mois de procédure, celle-ci constituée pour la plupart d’attente et de « silence-radio ». Prendre la citoyenneté Canadienne ce jour symbolisait d’abord pour moi la fin des procédures administratives, puis un cadeau d’anniversaire, anniversaire qui tombait la même semaine. En tant que Française, absolument rien ne m’obligeait à prendre une nationalité supplémentaire. J’avais d’ailleurs quelque peu hésité 2 ans auparavant, quand j’étais devenue éligible pour faire une demande. Puis, finalement je me suis dit que devenir Canadienne pourrait peut-être m’aider à me sentir un peu moins en décalage avec ma société d’accueil et à estomper ce statut d’immigrant un peu trop collant à mon goût. Cela pourrait aussi me permettre de m’impliquer plus dans la vie politique, avec le droit de vote. Et puis, aussi, le fait de ne pas avoir parcouru tout ce chemin « pour rien ». 2 ans plus tard, je peux dire que devenir citoyenne Canadienne m’a aidé avec ce que j’ai décrit plus haut. Toutefois cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais plutôt graduellement. Le 6 Mai 2011, j’avais presque hâte que la cérémonie se termine, afin de retourner à « ma petite vie » et au week-end en perspective. Il y a un moment où j’avais d’ailleurs « décroché », nul doute quand le juge insistait lourdement sur le fait qu’il fallait travailler et faire du bénévolat. Définitivement pas de larme à l’œil ou d’émotion intense ce jour. Au sortir de la cérémonie, je me sentais surtout Canadienne « sur le papier ». Il faut dire que lorsque l’on émigre à l’âge adulte, on ne peut pas devenir « le parfait Canadien ». Il faudrait d’ailleurs s’entendre sur ce qu’est « le parfait Canadien » pour commencer. Sujet sur lequel je ne me lancerai pas! Nous ne sommes pas des « produits » de la société Canadienne, nous n’en sommes pas « issus ». Notre culture d’origine sera toujours présente et occupera aussi toujours beaucoup de place, quoi que l’on en dise. Et c’est bien normal. Pour ma part, la France est le pays qui m’a vu naître et grandir et où j’ai passé le plus clair de ma vie jusqu’à présent. Forcément, ma culture d’origine ne va pas disparaître d’un claquement de doigts. Et, en fait, je ne veux pas qu’elle disparaisse. D’ailleurs, cela me fait bien rire quand j’entends certains compatriotes Français, qui, soit ne sont encore pas ici, ou qui viennent juste d’arriver, clamer haut et fort qu’ils ne sont plus Français et qu’ils vont renoncer à leur nationalité. Ceux-là semblent confondre intégration et assimilation. J’ai un scoop pour eux : le gouvernement du Canada et les Canadiens « de souche » n’attendent pas de vous que vous deveniez plus Canadiens qu’eux. Ils ne vous le demandent pas non plus d’ailleurs. Il n’y a donc pas besoin d’en faire des tonnes! Alors, 2 ans plus tard, est-ce que ma vie a radicalement changé avec la nationalité Canadienne? Non. Bien sûr, il m’est plus facile de me rendre aux États-Unis, et quand je reviens au Canada, les douanes ne me posent plus autant de questions. Je me sens aussi beaucoup plus impliquée dans la vie locale. Mais, est-ce que je me sens Canadienne? J’admets être un peu coincée quant à la réponse à cette question. Et je suis aussi un peu coincée quand on me demande si je me sens toujours Française. La réponse à ces deux questions serait « oui, mais pas complètement ». Pas complètement Canadienne, mais plus complètement Française non plus. Je me sens surtout hybride. Ce mot résume bien ma situation : Franco-Canadienne vivant dans 2 cultures, 2 langues et presque dans 2 pays. Et cela me convient parfaitement!
  43. 2 points
    soulman

    Fierté nationale

    C'est marrant quand même... Quand j'habitais en France, j'étais très partisan de certains sports, les sports collectifs notamment. Foot, basket, handball, rugby... Je suivais les matchs en espérant que notre équipe paraisse le mieux possible, parce que j'aimais ces sports et que tant qu'à faire je voulais qu'on aille le plus loin possible dans ces compétitions. À l'inverse, dans beaucoup d'autres sports je m'en foutais comme de l'an 40. Le tennis, par exemple. Maudit qu'un gars comme Henri Leconte m'énervait. Toujours en train d'acter, d'en mettre des tonnes, de se crier à lui-même. Un show off tellement franchouillard, quand il criait ses "Vas-y Riton" pour se motiver j'avais juste le goût de le voir perdre en 3 manches. C'est surtout que les commentateurs me tapaient sur les nerfs. Quand je regardais le tour de France y en avait que pour les Français, même si ils étaient au fin fond du peloton en train de tirer la langue et de cracher leurs poumons. Sur France2 on s'extasiait d'un Guy Forget, d'un Fabrice Santoro et si dans le fond j'avais rien contre eux, les pauvres bougres, nos journaleux étaient tellement de mauvaise foi que ça me les rendait antipathiques. Oui, j'avoue, quand on est devant sa télé une bière à la main on peut vraiment perdre son temps sur des niaiseries de même. Enfin bref, pour faire court, en dehors des sports que je suivais le plus, où là j'étais le pire des partisans de mauvaise foi, le reste du temps je ne me sentais pas spécialement fier de nos athlètes. C'est donc étrange qu'il m'ait fallu 6000 kilomètres pour commencer à devenir... comment dire... sportivement patriote ? Au quotidien je me concentre toujours sur ce que j'ai plutôt que sur ce qui me manque, quand j'habite un nouveau pays ou une nouvelle ville je m'attache à ce que j'y trouve de plus que dans la précédente, pas de moins. Je ne regarde pas TV5, je n'achète pas de produits Français pour me dire que "c'est bon comme là-bas, diiiiiis" (ok, cette référence faut avoir au moins 35 ans pour la comprendre). Mais par contre je me suis trouvé une belle fierté nationale pour plein de petites choses. La raison principale ? Ma blonde, évidemment ! Elle est Québécoise, quand elle me dit "hey vous êtes forts les Français pour ça ou ça", bin je suis fier. Des exemples ? J'ai quitté la France en partie parce que les querelles incessantes, l'agressivité ambiante me fatiguaient. Mais quand elle me dit "Vous avez de la colonne, vous vous laissez pas marcher dessus", je la contredis pas, ça me donne un côté tough Quand on regarde un bon film français et qu'elle l'aime, comme les Intouchables dernièrement, ça me fait une pointe de plaisir, c'est une cinéphile et avant de me connaître elle ne s'intéressait pas spécialement au cinéma des cousins. Je sais pas pourquoi, le fait qu'ici justement les gens ne sont pas vendus à la France et que les commentaires sont plus objectifs, du coup ça rend les compliments agréables et gratifiants. Ouuh ça n'est pas un mal français, hein, loin de là ! Pour la même raison avec ma blonde on regarde le hockey sur les chaînes anglo. Parce que les fatigants de RDS qui mettent les Québécois sur un piédestal c'est tout aussi insupportable, et qu'on veut avoir des commentaires le plus objectifs possibles. Je pensais à ça l'autre jour en regardant l'US Open, c'était Gasquet contre Raonic, le petit Français courageux contre le grand Canadien mou (je vous le dis, je suis super nationaliste maintenant !). Bin en regardant ça, je me suis senti d'avantage Français que je ne l'ai jamais été, j'avais VRAIMENT envie qu'il gagne, surtout en entendant Yvan "Jacques Mercier" Ponton et sa matante s'extasier devant chaque coup de Milos. Ohhh, joie, quand Richard a fini par gagner ce marathon haletant. C'est dans les cas-là qu'on peut se permettre d'être très beau joueur, genre " Oh mince, il a quand même bien joué Milos, ça va le faire progresser, c'est bien ce genre de matchs et puis anyway, l'un comme l'autre n'a AUCUNE chance contre Ferrer qui va leur botter le cul PARCE QUE L'ESPAGNE EST FORTE DANS TOUS LES SPORTS !!!" Euh, je vous ai dit, que j'étais né en Espagne ?!
  44. 2 points
    Toolle

    Le commencement

    Voilà maintenant plusieurs années que je souhaite immigrer au Québec, et depuis deux ans ma moitié et moi-même étudions vraiment cette possibilité. Il y a un an, je me suis retrouvée sans emplois à la suite de la fin de mon CDD, une reconversion me semblait judicieuse. Je m’inscris à pole emplois et demande une formation en cuisine, un an plus tard toujours pas de formation FRANCAISE. Car entre temps, je me suis rendu au forum emploi à Lyon. Là, j'ai trouvé un stand nommé "Education internationale " "Québec métier d'avenir". Un jeune Québécoise renseigne des gens sur divers formations. Mon tour arrive enfin, je lui demande si il y aurait des formations en cuisine et quel sont les modalités pour prétendre être acceptée. Elle me dit de la contacter par mail, ce que je fais. Et à ma grande surprise j'ai obtenu une réponse dans la journée qui a suivis (alors que j'attend depuis 3 mois une réponse de ma conseillère pole emplois). Dans ce premier mail très courtois, elle m’expliquait les premières démarches à effectuer. A savoir: - Evaluation comparative des études. - demande d’admission au CFP à Trois-Rivières. Lors de ces premières démarches des tas de questions se bousculaient dans ma tête, Education internationale y a toujours répondu très consciencieusement et dans les plus bref délais. 15 jours après l’envoi de mon dossier d'admission je recevais une réponse positive du centre de formation. J'envoyais mon dossier pour le CAQ avec une grande appréhension. Est-ce que mon dossier va passer???? Un mois plus tard je recevais la confirmation par mail de la délivrance de mon CAQ. Ce fut un pur moment de bonheur, la première partie était réussie. Tous les mois Education Internationale prend contact avec moi afin de faire le point sur l'avancement de mon dossier et de répondre aux éventuelles questions que je me poserais. Ils sont vraiment compétant, charmant et très rapide dans leur réponses ce qui est très agréable car cela m'a évité beaucoup de stress supplémentaire. Il y a presque un mois maintenant j'ai envoyé ma demande de permis d'étude et de travail. J'attends avec impatience la réponse, je croise les doigts, j'espère que tout va bien ce passer et du premier coup. Je vous invite à nous suivre sur notre blog fraichement créé: http://lesmuzesl.wordpress.com/
  45. 2 points
    Lesmédias n'en n'ont pas parlé, parce que ça attirerait les foudres. des millions de français en attente d'un papier, celui qui leur permettra d'étudier, de travailler, d'habiter, de retrouver son époux(se) ses enfants.... Quand, en France la RATP ou la SNCF je trouve cela aussi limite. Des millions de parisiens tributaires des transports en commun.... Mais du coup, la vie tourne au ralenti dans Paris et aux alentours. J'irai manifester devant les bureaux à vegreville, ou bien à Buffalo pour tous ceux dont les délais vont être rallongés de mois voire d'années. Je comprends mal les revendications des employés du fédéral, même ceux-ci, qui sont, avouons-le relativement bien payés pour ce qu'ils font. C'est-à-dire apposer des sceaux et délivrer permis et visas de toutes sortes, ,genre juste cocher des cases. Oh oui pour cela je le sais. Je ne rentre tellement pas dans les cases (qui doivent être faciles pourtant!) que on m'a refusé le CSQ et tous les permis de travail. Ça fait un an que j'attends. Pour pouvoir travailler à temps plein dans un territoire, une nation, un pays où je suis depuis 4 ans, et où j'ai un conjoint. N'Y a -t-il pas d'autres moyens que la grève quand vous mettez en péril, même les réfugiés politiques et demandeurs d'asile du monde entier. Mais de quoi parle-t-on? Le Québec veut redorer son français en moults accords avec la France. Je parle très bien le français, et même l'anglais tiens! Je n'arrive à rentrer par aucun moyen légal. j'ai d'autres qualités et compétences, en plus. Mais... La grève comme moyen de pression, bien sûr que ça marche.... Ça marche tellement qu'au Québec... vous avez vu les carrés rouges, des mois et des mois de grève, pour quasiment rien, de valeurs humanistes, socialistes sûrement... qui n'ont même pas eu gain de cause auprès du PQ, celui-là même de Lucien Bouchard, qui lui, semble vieux mais qui a pourtant compris quelque chose. Il y a eu la grève de Poste Canada il y a 2 ou 3 ans, mais... ça ne mettait pas tout le monde dans la misère, une chance on a fedex et autres ups.... Quel est mon moyen de pression à moi, pour qu'on arrête ce non-sens d'attirer les immigrants dont finalement, on veut juste qu'ils aillent peupler le Nunavut ou devenir des spationautes à qui, ça, hein, on la donnerait la nationalité canadienne, et tout de suite. QUand un joueur russe de hockey veut venir s'établir au Québec et jouer dans une Ligue, on lui donne son papier dans la demi-heure.... c'est juste pour vous mettre en perspective. Messieurs et Mesdames agent(e)s d'immigration, quel est votre but? Puisque vous savez qu'en revenant, peut-être un jour au travail vous aurez des millions de dossiers en retard à rattraper, du travail supplémentaire à faire pour arriver à rentrer dans délais pourtant rallongés à l'infini. Vous allez être tellement dépassés par les événements, chers cousins, que vous allez regretter de ne pas avoir choisi comme moyen de pression de délivrer la résidence permanente ou autres titres de séjour à tout le monde. Oh, on va bien évidemment me parler d'éthique. Que vient faire l'éthique exactement là où des millions de gens qui veulent venir parce que le pays leur semble attrayant et pour des raisons absolument personnelles qui leur sont propres, vont attendre et attendre..... jusqu'à en être oubliés.... comme ceux de Buffalo... Comme ceux qui n'arrivent à rien dans ce système, sans pourtant jamais avoir essayé d'en profiter, mais qui au final sont tributaires d'employés de bureau qui remplissent des cases, ont de bonnes assurances, et qui décident de façon tout à fait arbitraires, certes les cases les aident, de délivrer les sésames. Je ferai bien une grève de la faim, je crois qu'il ne me reste que cela comme moyen de pression, mais ça ne marche jamais, au final je mourrais, et on sait bien que ce n'est pas un gouvernement qui devient de plus en plus retors qui aura ma mort sur la conscience. Même s'ils devraient... Enfin... ça ne servirait à rien. Remarquez que la démarche est différente: je me ferai du mal à moi-même pour obtenir ce que je veux plutôt que d'en faire aux autres: ce que sont exactement en train de faire ces employés. Quant à moi je cherche à travailler, mais je n'en ai pas le droit, je cherche des assurances qui veulent bien me couvrir, mais c'est excessivement cher. Je cherche à fonder une famille dans la légalité. Je cherche de la sécurité. Ce qui m'arrive est cruellement injuste, et cela arrive pour une fois à des milliers ou millions d'autres. où mon dossier croupit-il, tandis que l'attente devient l'éternité. On n'en parlera jamais assez. Et je vous incite à trouver une solution rapidement, gouvernements, parce que ça va devenir vraiment difficile de peupler votre grand territoire de pays, qui est une raison, ne nous en cachons pas de faire venir les étrangers chez vous. à cette vitesse, vous allez tous les perdre en chemin, et vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même. Le Jour de La Marmotte, tu connais?
  46. 2 points
    Guest

    Billet 001

    J'étais tranquillement en train de regarder le match 4 des Bruins VS Blackhawks sur C****+Sport avec une brioche et un jus d'orange, et là je me dis "ce qui manque c'est une biere! ou non, en fait ce qu'il manque c'est une biere à la station des sports avec mon copain et ses chums" et j'ai commencé à faire la liste de ce qui me manque ici en plus de la station des sports et de mon copain: -les BLT -le beurre de peanut -le carnation marshmallow -les sacres -les brunchs -le café campagne à Vaudreuil -la campagne et les villes dans les forets -la maison de mes beaux parents, -Chez maurice à St Lazare -Les foufounes électriques -le festival international de Jazz, les franco, le zoofest, le festival juste pour rire, et tous les festivals des alentours -le centre Eaton, -la ville souterraine en hiver et en été quand il fait très chaud -la neige -le déneigement -les sonneries d'alarme quand les voitures sont mal garées avant que les déneigeuses passent -les gens dans la rues en train d'enlever la neige (la neige me manque) -l'odeur du printemps -la chaleur d'été -les gens sur parc en train de faire du volley -la place des festivals -les casseroles -la sangria sur la terrasse avec les téléphones intelligents à coté -les soirées arrosées, -la Keith's et la Richard's -les barbecues, -les nuits en face des étoiles, -les slush du couche tard -le 24juin et le 1er juillet -les chocolate chip du Starbucks -les lattes citrouille du second cup -Halloween -Noel -le 27décembre et la plus grosse tempête de neige du siècle -le jour de l'an sur la place Cartier à Montréal -Québec et sa ville fortifiée -mes bottes et mon coat d'hiver -l'amour du hockey -la poutine de poutineville, et de la banquise, -le cidre de glace -les tim matin du Tim horton quand on bosse à 4h du mat -les Bagels de St Viateur -la Ronde -les popcorn au beurre -le ciné moins cher le mardi -le quartier des arts -le centre ville la nuit -les statues sur les bancs très creepy la nuit (liste non exhaustive) et surtout -la fierté du bleu roi et de la fleur de lys Je me souviens de tout ça, et ça me manque en esti! Donc à tous les PVT : Profitez à fond de votre année là bas! et NE FAITES PAS DE BILAN AU BOUT DE 2SEMAINES!!! le Québec et le Canada sont bien trop grand pour les résumer en 2semaines!
  47. 2 points
    On entend beaucoup de choses sur Vancouver, qui sont parfois très négatives ou carrément fausses. Alors oui, c’est vrai que la vie est chère, qu’il n’est pas évident pour tout le monde d’acheter, qu’il y a le Downtown Eastside et tous ses problèmes, que les Jeux Olympiques ont coûté des milliards, que la pluie tape sur les nerfs, surtout quand on arrive au mois de Juillet, et qu’il y a un gros risque de tremblement de terre. Aujourd’hui, j’ai décidé de me glisser dans ma bulle - rose bonbon pour certains - et écrire que Vancouver c’est aussi : - Là où l’océan et la montagne se côtoient. Eh oui, ce n’est pas un mythe. Ici, vous pouvez parfaitement aller skier le matin et vous promenez sur la plage l’après-midi. Ou, en Été, vous pouvez tenter la Grouse Grind et vous rafraîchir dans le Pacifique ensuite, ou vous faire bronzer. - Se perdre dans Stanley Park, à pied ou à bicyclette. Véritable bouffée d’oxygène en plein centre-ville avec vue imprenable sur les montagnes et sur la North Shore. J’adore y aller en Automne, car non seulement il y a moins de touristes, mais c’est un festival de couleurs sur les arbres. - Faire du kayak à Deep Cove (North Vancouver), mon petit paradis personnel. - Se promener sur les rues pavées de Gastown et se croire revenu dans une autre époque. - L’expérience culinaire. Une des belles choses de l’immigration est que les immigrants amènent avec eux leurs recettes de cuisine. En plus des traditionnels plats Mexicains-Japonais-Chinois-Indiens, on peut aussi manger Ethiopien, Bulgare, Jamaïcain, Grecque, Serbe, Thaïlandais, Coréen, Malaysien, Italien, Cubain, Afghan, Népalais, Libanais, Iranien…. De quoi en prendre plein les papilles gustatives. On peut aussi boire bières et vins locaux, sans compter les multiples cafés. - Le multiculturalisme. Ici, on célèbre Noël, Le Nouvel An Chinois, la Saint Patrick et Diwali, entre autres, sans que cela ne dérange grand monde. 40% de la population vient d’ailleurs. Plus de 130 pays sont représentés dans l’agglomération, sans oublier les Premières Nations. Il y a toujours une exposition, une conférence ou un concert consacré à un pays ou à un autre. Cela me fait bien rire quand j’entends dire qu’à Vancouver, il n’y a pas de culture. - Davie Street où les couples homosexuels vivent et s’affichent sans que cela ne dérange grand monde non plus. Les homosexuels ont vraiment des droits au Canada, n’en déplaise à beaucoup! - Le style de vie West Coast. On vit quelque peu sur un fuseau horaire différent ici. On n’est pas pressé et pas trop stressé en général. - La verdure. Toute cette pluie sert à quelque chose. Ici pas mal d’arbres ont des feuilles toute l’année et le gazon est luxuriant. Combiné aux températures douces, le Printemps peut faire son apparition dès mi-Février. Il n’est pas rare de voir pousses et bourgeons à cette période. - Écouter la pluie qui tombe quand j’essaye de m’endormir….dans ma bulle, à Vancouver.
  48. 2 points
    Je lis, et reçois de plus en plus de messages, sur ce forum de gens qui se disent prêts à changer de vie, mais dont les questions laissent plutôt penser le contraire. Au début, j’admets avoir bien ri devant certaines interventions, comme celle de membres annonçant avec aplomb qu’ils émigraient dans 6 mois….alors qu’ils n’avaient même pas leur CSQ, ni offre d’emploi; comble, ces mêmes personnes -et beaucoup d’autres-étaient persuadées que le CSQ était suffisant pour immigrer; Et ceux qui pensent qu’avec un PVT, on peut facilement embrayer sur une RP, que c’est « l’affaire de quelques jours »; et puis que si cela ne marche pas, ils feront renouveler leur PVT. Au bout d’un moment, la perplexité a remplacé le rire devant la multiplication de ce même type de commentaires. Je sais que le forum est un lieu d’entraide et de partage, mais avant d’arriver en disant « je veux émigrer au Canada, comment je fais pour obtenir ma Green Card? » il y a quelques petites choses très simples que vous pouvez faire avant et qui répondront probablement à votre question initiale. Cela vous évitera aussi de sortir des perles comme celles citées plus haut. A - Commencer par le commencement : se renseigner de manière pro-active sur les démarches à accomplir pour obtenir un visa. A ce stade, le permis de conduire local et les courses au supermarché sont les derniers de vos soucis! Non, vous ne pouvez pas juste débarquer au Canada et les forumistes ne peuvent pas tout faire pour vous non plus. Informez-vous d’abord sur des sites officiels comme http://www.immigrati...a/fr/index.html ou http://www.cic.gc.ca...igrer/index.asp. De grâce ne vous basez pas sur des articles de journaux ou sur des émissions de télé pour déterminer votre éligibilité. Seuls les services officiels ont l’autorité en la matière. Prenez votre temps et lisez tout, même les petites lignes, surtout les petites lignes en fait. Vous trouverez aussi beaucoup d’infos sur les autres sections de ce site. Vous avez trouvé un programme auquel vous êtes éligibles et vous pouvez faire une demande? Passez au point B. Pour les autres, ce n’est pas la peine de vous acharner. Si vous n’avez pas le profil, pas d’offre d’emploi validée, si les quotas sont atteints, vous ne pouvez rien faire. Immigrer ou partir temporairement est devenu beaucoup plus difficile car le Canada a une politique d’immigration choisie et impose des tas de conditions. Soit vous attendez de nouveaux quotas, soit vous essayez d’avoir le profil pour faire une demande, ou vous passez à autre chose. B- Suivre les instructions à la lettre et affiner son projet. Là encore, prenez votre temps et lisez attentivement tous les formulaires, y compris les petites lignes. Si on vous demande des copies certifiées conformes de vos diplômes, faîte-le. Si on vous demande de signer telle page, faîte-le aussi. Regardez bien où envoyer la demande et assurez-vous d’avoir joint tous les documents requis, sans exception. Si vous avez un doute, demandez de l’aide. Si le doute persiste, contactez l’ambassade ou le bureau auquel vous devez faire votre demande, c’est la meilleure solution. Une fois le dossier envoyé, continuez d’affiner votre projet. Dire que vous voulez immigrer pour les grands espaces et la gentillesse des gens, c’est bien, mais ne vous fera pas vivre. Sur le forum, il y aura toujours des membres qui auront eu un projet similaire au vôtre et qui partageront leurs expériences. Parfois, on ne vous dira pas ce que vous voulez entendre. Et non, ce n’est pas forcément pour vous décourager ou vous faire renoncer, mais pour vous donner une vision de la réalité sur place et peut-être vous éviter certaines erreurs. Comme pour tout, faites vos propres recherches et ne vous basez pas uniquement sur ce que l’on vous dira. C- Patienter, vivre et profiter. A moins de partir en PVT ou d’avoir une offre d’emploi validée, il n’y a pas de « vite » ou de « plus vite possible » dans les procédures administratives. La patience est le mot d’ordre dans un projet d’immigration. Elle sera souvent testée et mise à rude épreuve, bien au-delà de l’attente du visa. Obtenir un visa RP peut être très long, mais reste le plus facile, n’en déplaise à beaucoup. J’admets aussi sourire en lisant des commentaires type « obtenir le CSQ a été l’étape la plus stressante de toute ma vie »…. .Bref, relativisez! Ne vivez pas que pour l’arrivée du courrier. N’appelez pas l’ambassade 15 fois pour savoir où en est votre dossier. Utilisez ce temps d’attente pour préparer le meilleur départ possible et régler vos affaires. Et surtout profitez de vos proches. Une fois parti, vous ne les verrez plus aussi souvent, et en plus de la distance géographique il faudra aussi gérer l’abîme du temps qui passe. Bonne chance à tous ceux qui sont en pleines démarches!
  49. 2 points
    Ma plus grande crainte ici est de passer pour une « maudite française ». Pour mes compatriotes, je rappelle ce que ce terme signifie au Québec. Il n’est pas très flatteur. En gros cela désigne certains français comme : prétentieux, arrogant, radin, chauvin, incapable de parler Anglais correctement mais persuadé d’être bilingue, qui compare tout avec la France, pense que la gastronomie Québécoise se résume à la Poutine, et, qui, enfin, râle tout le temps…(et fort en plus). Le portrait est certes caricatural mais j’en ai croisé, des comme ça…Je reste donc vigilante et tente de ne surtout pas coller à ce stéréotype. Malheureusement, il semblerait que cela me rattrape. Il m'est même arrivé de commettre ce genre de trucs horribles, digne de la pire des maudites françaises : - Après avoir glissé pour la 3ème fois sur une plaque de verglas, je m’exclame (fort) « putain de bordel de merde y’en a marre de cette neige de merde… » sous le regard désapprobateur des autres passants… Oui, c’est mal…mais on est début avril... - Je grille tous les gens qui font la queue devant le bus l'air de rien, puis je me retourne et m'exclame en me retournant « oh pardon je ne savais pas, j'avais pas vu » ...MAIS il tombe des cordes , je n’ai pas de parapluie et je sors de chez le coiffeur (c’est une circonstance atténuante, non?...) - J’oublie le pourboire de la coiffeuse qui a massacré la tête de mon fils - Je m’agace quand la serveuse ne comprend pas que je veuille un Brounize et pas un « Brownie » parfaitement prononcé à l’américaine "braowniii"… - Je soupire quand une vendeuse me dit « ce s’ra pas long » parce que je sais, par expérience, que mon rapport au temps est très différent du sien… C’est dit…j’ai honte et je m’en confesse ici, je ne recommencerai plus…je combattrai sans cesse la maudite française en moi ;-) Cet article est tiré de mon blogue: Les tribulations d'une française à Montréal: http://mhlps.wordpress.com et la page facebook où je partage mes découvertes québécoises: http://www.facebook.com/LesTribulationsDuneFrancaiseAMontreal
  50. 2 points
    Quand on immigre, il y a plusieurs étapes marquantes. Beaucoup au début: premier condo, première voiture avec la plaque “je me souviens”, première rentrée scolaire, premier été des indiens, première cabane à sucre, premières chutes en patins, ... Après “ma” première grosse tempête de neige, je me souviens m’être agacée après mon fils de 5 ans parce qu’il ne marchait pas assez vite: - “mais enfin Paul, qu’est-ce que tu fais à genoux??? C’est normal que tu n’avances pas!!!” - “mais maman, j’suis pas à genoux!!!!”… Le pauvre avait de la neige jusqu’à mi-cuisse! Puis il y a le moment où vous croisez des Français fraîchement arrivés qui sont persuadés que vous êtes Québécois, ceux qui ne sont pas très sûrs et vous demandent d’où vous venez. Vient après l’automatisme de certaines expressions, celles dont on ne trouve plus l’équivalent en français de France. Le moment où on ne dit plus peindre mais peinturer, disputer mais chicaner, être enervé mais être en crisse sans même sans rendre compte. On ne ferme plus la porte on la barre, on éteint plus les lumières on les ferme. Puis petit à petit, on trouve ses repères, on apprivoise la langue, la façon de vivre et le quotidien, bien qu’encore exotique après 2 ans, se banalise. Pourtant une nouvelle étape a été franchie. Ce soir, je vais chercher mon fils à l’école, il me saute dessus en me montrant le paquet de gommes (chewing-gum)donné par son amie; - “ Maman, j’peux-tu en pogner une?” ... Cet article est tiré de mon blogue: Les tribulations d'une française à Montréal: http://mhlps.wordpress.com et la page facebook où je partage mes découvertes québécoises: www.facebook.com/LesTribulationsDuneFrancaiseAMontreal


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