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B@bouk

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About B@bouk

  • Rank
    En cours d'adaptation

Profile Information

  • Gender
    Famille
  • Statut
    installé depuis + 1 an
  • Date d'arrivée
    23-07-2015
  • Profession
    Responsable RH et éducateur spécialisé
  • Pays d'origine
    France
  • Pays de résidence
    Québec

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  • Website URL
    https://www.facebook.com/Qu%C3%A9bec-Paradis-796769593774015/

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  1. Il me prend, parfois, le temps de me poser et de jeter un bref coup d'oeil dans le rétroviseur. Histoire de voir si la route empruntée était la bonne. Aujourd'hui, donc, je m'arrête et coupe le moteur. Où en suis-je ? Qu'ai-je fait jusqu'ici ? Bref retour en arrière. Août 2012 : après avoir réfléchi depuis plusieurs années à l'idée de venir nous installer au Québec (l'envie de venir manger une tire d'érable le jour de Noël étant très forte), nous somme donc venus, en famille, pour un voyage de prospection. Une boucle effectuée sur 3 semaines nous a menés de Montréal, à Québec, puis Tadoussac, le fjord du Saguenay, le lac Saint-Jean, les Laurentides, et Trois Rivières. Une vraie découverte. Un coup de coeur. Et l'envie, pourquoi pas, de venir s'installer plus longtemps que 3 semaines. De retour en France, la décision n'a pas tardé : le processus d'immigration était lancé ! Septembre 2012 : Envoi de la demande d'évaluation comparative des diplômes. Première confrontation avec notre alliée durant cette longue étape : la patience. Et oui, il en faut ! C'est, à mon avis, un bon moyen de tester la motivation à partir. Car de la patience, il en a fallu pour atteindre cette première étape. Le précieux document est arrivé à la maison en novembre 2013. Plus d'un an plus tard. Décembre 2012 : Envoi du dossier de demande du Certificat de Sélection pour le Québec. Celui-ci nous sera retourné en mars 2013, pour documents manquants. Coup au moral. Merde ! Trois mois de perdus. Tout est décalé dans le temps. Pas grave, on renvoie le tout. Mars 2013 : Renvoi du dossier dûment complété (il faut toujours, toujours, toujours, tout, tout, tout vérifier, re-vérifier, re-re-re-vérifier...). On nous l'avait bien dit pourtant ! Mars 2014 : Obtention du CSQ. Ça aura été rapide. Notre dossier est passé prioritaire, au regard de nos domaines de formation. Nous étions alors dans d'autres projets personnels et professionnels. Le temps avait fait son travail de sappe. On se fixe donc à nouveau sur l'objectif Québec. Mai 2014 : Envoi du dossier fédéral. On patiente. On se prépare un peu plus. On prépare également un peu plus la famille, les proches. Pas simple. Octobre 2014 : Visite médicale. Les choses se précisent. À compter de ce jour, nous savons que, si le dossier est accepté, nous avons un an pour nous présenter à la frontière. Janvier 2015 : Confirmation de Résidence Permanente ! On claque le champagne. On trinque, tout en restant sur la réserve. On a du mal a partager cette joie que tous, dans notre entourage, ne partagent pas forcément. On l'accepte. On ne juge pas. On comprend. Nous sommes heureux, et angoissés. Plus le droit de faire machine arrière. On y va pour de bon ! Juillet 2015 : On atterrit dans ce nouveau "chez nous". On se sent seuls, vraiment. Entre le dire, le préparer et y être, il y a une très grosse marche. Mais, nous l'avons franchie sans (trop) de difficultés. Août 2015 : Début des recherches d'emploi. Nous avons peu d'économies devant nous et trouver une job est LA priorité ! Septembre 2015 : Nous trouvons tous les deux un emploi, dans nos domaines, à quelques semaines d'intervalle. On respire mieux. Un nouveau cap est franchi. Juillet 2016 : Première bougie sur notre gâteau québécois. Premier bilan. Un an déjà et une belle réussite jusqu'à ce jour. Nous ne regrettons ni les hauts, ni les bas. Nous commençons à nous poser, à nous projeter. Nous avançons. Bon, jusqu'ici, la route est plutôt bonne. On redémarre. Moteur !
  2. Allo ! Belle initiative que ce sujet. Nous sommes installés sur Québec depuis un peu plus d'un an. SI je peux aider ou répondre à des questions, ce sera avec plaisir. Bonne réussite à toutes et tous.
  3. @yann43 : ne me mets pas la pression, hein ! Lol @ trefle : Nous avons trouvé chacun un emploi dans notre domaine. Il aura suffit d'un mois me concernant et de deux mois pour ma douce moitié. Le club de recherche d'emploi nous a bien aidés. La chance aussi. Merci à toutes et tous pour vos retours. Walt Disney disait "Si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire". À méditer donc !
  4. Bilan après un an (ou presque). Chaque projet d’immigration est unique. Il n’appartient qu’à ceux qui le vivent et reste fondamentalement dépendant des conditions dans lesquelles il émerge. Chaque personne, qui quitte son pays pour aller s’installer dans un autre, projette des attentes, des envies ou des besoins dans sa volonté de changement. Si certaines expériences apportent des clés, des indices sur ce qu’il faut faire, ou pas, aucune ne peut vraiment se calquer à la nôtre. Aussi, ce bilan dressé après un an passé ici, n’est que le nôtre. Uniquement le nôtre. Notre expérience peut se partager, mais ne doit pas être perçue comme une vérité, ni comme une réalité qui s’impose à tous. Elle n’est que le reflet de ce que nous avons découvert et vécu, en lien avec notre parcours de vie et avec les attentes que nous avions placées dans ce désir de départ. Chaque projet d’immigration est unique. Émigrer, immigrer, est une épreuve et une aventure. Peu importe ce que nous cherchons dans ce nouveau départ, peu importe les motivations qui nous poussent à le faire, cette expérience est une épreuve. Une épreuve personnelle et familiale. Une épreuve difficile humainement, socialement et professionnellement. Une épreuve qui nous transforme. Mais c’est également une aventure extraordinaire, qui nous amène à nous dépasser, à affronter nos craintes, à remettre en cause nos acquis, à sortir de notre zone de confort ; une aventure propice à la remise en question, à l’introspection, qui nous apprend beaucoup sur nous-même. Une aventure riche d’enseignements et d’apprentissages, pour nous, pour nos enfants. Voilà donc bientôt un an que nous avons foulé le sol de cette nouvelle vie. Un projet qui a vu le jour voilà plus de dix ans, après le visionnement d’un reportage sur une famille qui traversait le continent américain, avec pour objectif d’aller manger du sirop d’érable coulé sur une petite cuillère de neige, à Québec, le soir de Noël. Une fois la télévision éteinte, nous nous étions dit que, nous aussi, nous ferions cela un jour. Sans y prêter trop attention, le projet a mûri dans nos têtes. Le Québec était toujours en toile de fond, malgré notre vie qui se poursuivait ailleurs. Jusqu’à ce séjour de découverte, à l’été 2012, qui a définitivement scellé notre désir de tenter l’aventure. En décembre de la même année, le dossier d’immigration était lancé. Deux ans et demi de procédures administratives plus tard, le projet est devenu réalité. Le 23 juillet 2015, toute la petite famille (deux adultes, notre fille de 13 ans, notre fils de 10 ans et notre vieux toutou) a posé le pied en terre inconnue, avec quatre valises, quelques cartons, et de quoi subsister quatre ou cinq mois sans travail. Rien de plus. Tout un défi ! Le sentiment prédominant chez moi le jour de notre arrivée a, sans conteste, été la solitude. Une fois passées la longueur des procédures, l’excitation du déménagement, la tristesse des au-revoir, une fois achevées les dernières procédures au bureau de l’immigration et après avoir entendu de la bouche de la préposée la petite phrase libératrice « bienvenue au Québec », ce projet d’immigration s’est révélé à moi, dans toute sa réalité, le soir où nous nous sommes retrouvés seuls, tous les quatre, avec nos valises, dans la maison que nos amis nous ont si gentiment prêtée pour notre première nuit à Montréal. Une solitude qui s’est accompagnée d’un flot de questionnements, de craintes et d’angoisses. Une solitude engendrée par nos seuls choix. Une solitude à affronter et à assumer. Le début de notre vie québécoise. Il est incroyable de constater comment, dans ces moments où nous perdons tous nos repères, nos instincts les plus primaires se réveillent en nous. Manger, boire, dormir, s’assurer que tout notre petit monde va bien. Voilà les premières préoccupations, très matérielles, qui ont été les nôtres en ce premier jour. Subvenir à l’essentiel. Passer symboliquement le cap de la première nuit pour pouvoir se dire « un jour de passé, c’est bon. Il peut y en avoir plein d’autres alors. » Une réflexion qui peut sembler idiote, mais qui a été la mienne et ces premiers instants. Le deuxième jour, s’est posée la question du toit à mettre sur notre tête. Le contact téléphonique avec le propriétaire, établi depuis la France et finalisé par la signature du bail, a été bon. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce n’était qu’un bout de papier signé à des milliers de kilomètres, sans garantie autre que la parole donnée, et que des surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent toujours survenir. Nous concernant, cela a été une bonne surprise. Tout s’est déroulé pour le mieux et, même s’il nous a fallu plusieurs jours pour nettoyer et investir les lieux, nous avions enfin un domicile à Québec. Soulagement. Les premières semaines de cette nouvelle vie ont été bercées au rythme des procédures administratives, encore et toujours. Cela nous a permis de nous familiariser peu à peu avec la ville, que nous parcourions en bus, par choix de ne pas investir dans une voiture. Notre logement est situé en plein centre-ville et ce poste de dépenses n’a pas été, volontairement, prévu au budget (nous optons, depuis bientôt un an, par les déplacements en transports en commun et avons recours à de la location ponctuelle de voiture pour les jours où ce besoin se fait sentir. Un bon compromis pour nous). Mais revenons à ces premiers jours, rythmés par les démarches administratives. Certains diront qu’elles sont fastidieuses. Peut-être. Pour nous, chacune d’elle a marqué un point de fixation à notre pays d’accueil. Le numéro d’assurance sociale, indispensable pour travailler, première victoire. La carte d’assurance maladie, le permis de conduire québécois, l’obtention de notre carte bancaire, autant de procédures qui ont scellé cette nouvelle appartenance à la société québécoise. Jusqu’à l’obtention de notre carte de résidents permanents, que nous avons si longuement attendue et qui a achevé de faire de nous des citoyens, au sens symbolique du terme. Migrants, résidents permanents, certes, mais citoyens dans nos têtes. S’intégrer dans cette nouvelle société, n’a pas été difficile. L’état d’esprit dans lequel cette démarche se fait importe beaucoup. Nous étions influencés par notre première expatriation hors du territoire métropolitain français, lorsque nous sommes partis vivre six ans à l’île de la Réunion. Même si la Réunion est un département français, sa culture, son histoire, sa situation géographique, son climat et son mode de vie singulier nous ont conduits au même effort d’intégration que celui que nous menons ici. Ne pas venir en conquérant. Cela est important. Essentiel même. Ne pas arriver en comparant, même si la réalité fait que cela arrive parfois. Nous avons toujours eu à cœur, à la Réunion comme au Québec, de laisser s’exprimer notre envie de connaitre, d’apprendre, de découvrir, de nous confronter à de nouvelles cultures, à d’autres manières de vivre, de penser et de faire, avec respect et humilité. Tout comme nous avons toujours eu le souci de ne pas passer pour les Z’oreils, au sens péjoratif du terme, à la Réunion, nous avons le même souci de ne pas passer pour les maudits français, ici. Je pense qu’à ce jour, nous suivons fidèlement cette ligne de conduite. Notre fille aînée, âgée de treize ans, a été parti prenant dans cette aventure, à l’opposé de son frère. Elle s’est toujours montrée investie auprès de nous et a toujours fait sentir sa volonté de mener le projet à son terme. Elle a également, très certainement, dissimulé et tu beaucoup de ses appréhensions et de ses craintes, par souci de nous préserver. Je sais qu’elle a pu vivre, en silence, des moments difficiles et je comprends parfois certaines de ses réactions virulentes, qui ne sont pas uniquement liées à la simple manifestation de son adolescence naissante. Partir avec des enfants, les faire embarquer dans notre train, n’est pas chose facile, même lorsqu’ils adhèrent, à minima, à notre projet. Il faut savoir décoder certains comportements et prendre le temps de parler. La rentrée scolaire a été chargée d’émotion. Un sentiment très particulier m’a envahi, lorsque j’ai laissé mon fils de dix ans traverser la cour d’école à l’appel de son nom. Je l’ai regardé partir, dos à moi, vers de nouveaux camarades, un nouvel instituteur, une nouvelle école, une nouvelle vie. Lui qui n’a jamais adhéré à ce projet, qui a toujours catégoriquement refusé de nous accompagner, qui aurait tant voulu rester en France, auprès de ses amis, de notre famille, et que nous avons déraciné de force. Je l’ai regardé partir, perdu au milieu de cette foule bruyante, me cherchant du regard, subissant tant bien que mal une situation qu’il avait toujours refusée, faisant visiblement des efforts pour ne pas céder à la panique et aux larmes. Je me suis dit que nous avions le devoir de réussir. Coûte que coûte. Il le fallait. Impossible d’échouer, car il ne nous le pardonnerait jamais. Le temps a fait son œuvre et notre garçon semble aujourd’hui heureux, ou tout du moins content, de cette nouvelle vie. Mais il nous a reproché longtemps, et nous reproche encore parfois, le déracinement que nous lui avons fait vivre. Immigrer, tout quitter, c’est aussi assumer le risque que nos enfants ne partagent pas notre projet. Un obstacle très sérieux à prendre en compte et à vivre. Une expérience parfois douloureuse pour tous. Le dialogue est toujours ouvert à la maison et chacun peut exprimer ses ressentis sans crainte d’être jugé. Libérer la parole est d’une aide précieuse dans des circonstances difficiles. Nous prenons régulièrement le temps de laisser nos enfants parler, verbaliser, exprimer leurs émotions face à cette nouvelle vie. Nous constatons qu’au fil du temps, ils l’apprécient et parviennent à se tisser un nouveau réseau social. Ils nouent de nouvelles amitiés, se créent de nouveaux repères, montent de nouveaux projets. Ils avancent, ils s’adaptent. Comme nous. S’adapter, s’intégrer, sont des mots qui, pour nous, ont été synonymes de travail. Nous sommes venus au Québec sans emploi. Trouver un travail à des milliers de kilomètres de distances, sur un marché du travail très flexible, dans lequel tout peut se jouer en quelques heures seulement, nous est apparu vain. Nous avons opté pour le pragmatisme en nous disant que notre dossier d’immigration avait été retenu et classé prioritaire, au regard de nos domaines de formation (responsable d’établissement pour personnes âgées ou dépendantes concernant mon épouse et éducateur spécialisé me concernant). Cela signifiait pour nous, au regard des critères drastiques d’immigration fixés par le Canada et le Québec, que nos métiers trouveraient certainement des débouchés ici. C’était un pari sur l’avenir à prendre. Nous l’avons pris. Depuis le début de notre projet, nous savions que nos économies ne nous permettraient pas d’aller au-delà des fêtes de fin d’années si nous ne trouvions pas rapidement de travail. Trois semaines après notre arrivée, le temps de nous installer, nous avons intégré un club de recherche d’emploi. Ces clubs permettent de réseauter rapidement et de faciliter l’accès au marché caché du travail. Ainsi, si 20 à 30% des offres de travail sont disponibles à tous sur internet ou dans divers supports d’annonces, l’essentiel des postes à pourvoir (entre 70 et 80% selon les chiffres avancés au sein du club de recherche) se trouve par le biais de l’exploration du marché caché (annonces paraissant à l’interne des entreprises, postes allant s’ouvrir sans affichage officiel, bouche-à-oreille, démarchage informel d’employeur, rencontres diverses, etc.). Il nous a fallu travailler autour de notre CV, nous préparer à démarcher de potentiels employeurs, à passer des entrevues d’embauche, nous adapter à de nouvelles terminologies d’emplois, accepter de repartir de plus bas (peut-être le plus difficile). Une véritable remise en cause à faire, qui n’a pas été des plus simples. Nous avions, mon épouse et moi-même, des emplois satisfaisants en France, qui nous permettaient de vivre correctement. J’étais employé de la fonction publique. Un emploi des plus stables. L’acceptation, le deuil de cet emploi, n’a pas été facile. Il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer ce changement. Malgré les difficultés, cette expérience a été des plus concluantes, puisque nous avons eu la chance de retrouver facilement du travail. Des rencontres fortuites, des coïncidences heureuses, mais aussi la volonté et l’acharnement à vouloir décrocher quelque chose vaille que vaille, ont eu raison de nos doutes. Un mois après notre arrivée, j’ai retrouvé un emploi. Un mois plus tard, mon épouse travaillait. Le soulagement ressenti a été énorme, même si la réalité de ce marché du travail fait que rien n’est jamais joué d’avance et qu’il faut se préparer à être débarqué du jour au lendemain. Nous connaissons les règles de ce jeu et les avons acceptées, en nous disant que s’il est facile de perdre son emploi, il est également facile d’en retrouver un. La peur n’évitant pas le danger, nous profitons de chaque jour et le prenons pour ce qu’il est : une vie à lui tout seul. Des bilans, nous en avons fait. Plein. Quotidiennement ! Lorsque notre vie est à ce point bouleversée, chaque expérience est l’occasion de faire le point, ou presque. Certains jours ont été plus prospères que d’autres. Le cap des premiers mois est important à franchir. Trois mois ? Six mois ? Le délai varie selon chacun. Me concernant, il a fallu près de huit mois pour stabiliser mon moral, mes humeurs, pour être rassuré et confiant, pour être dans une dynamique plus positive. J’ai réellement connu des hauts saisissants et des bas vertigineux, en l’espace de quelques jours, voire quelques heures. Le prix à payer pour vivre une autre vie. Une autre vie ? Vraiment ? Le processus d’immigration est usant physiquement et nerveusement, même quand il est bien préparé. Il faut être solide pour affronter tous les obstacles qui se dressent devant soi, et nous comprenons que certains puissent renoncer. Nous concernant, nous n’y avons pas pensé. Nous nous sommes dit que nous n’avions pas vécu deux ans et demi de procédures pour abandonner sans nous laisser une chance de réussir. Des échéances ? Nous n’en avons pas. Pas vraiment. Nous ne nous fixons pas de durée pour rester ici. Nous ne savons pas si nous rentrerons, ou pas, un jour nous établir en France, ou ailleurs. Nous profitons de chaque jour en nous disant que l’avenir nous dira quoi faire. Notre intégration se poursuit. Notre réseau social, amical et professionnel se modèle. Nos repères s’ancrent peu à peu. Nous nous posons et sentons une grande fatigue nous gagner. Les mois écoulés n’ont pas épargné les organismes. Malgré les difficultés, nous savourons le goût de cette expérience. Nous sommes heureux de vivre les changements que nous avons occasionnés, car les changements, même radicaux, sont toujours bénéfiques. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, sur nos capacités d’adaptation. Nous savons qu’il faut tenter sa chance lorsque l’occasion se présente. Aujourd’hui, nous sommes conscients des risques que nous avons pris en réalisant ce projet. Même s’ils étaient anticipés et planifiés, les vivre a été une expérience et une aventure formidables. Tout n’est pas, non plus, encore gagné et beaucoup d’obstacles risquent encore de se dresser sur notre route. Mais nous restons confiants. Confiants en nous-mêmes, confiants en nos enfants et confiants en l’avenir.
  5. Bilan après un an (ou presque...) Chaque projet d’immigration est unique. Il n’appartient qu’à ceux qui le vivent et reste fondamentalement dépendant des conditions dans lesquelles il émerge. Chaque personne, qui quitte son pays pour aller s’installer dans un autre, projette des attentes, des envies ou des besoins dans sa volonté de changement. Si certaines expériences apportent des clés, des indices sur ce qu’il faut faire, ou pas, aucune ne peut vraiment se calquer à la nôtre. Aussi, ce bilan dressé après un an passé ici, n’est que le nôtre. Uniquement le nôtre. Notre expérience peut se partager, mais ne doit pas être perçue comme une vérité, ni comme une réalité qui s’impose à tous. Elle n’est que le reflet de ce que nous avons découvert et vécu, en lien avec notre parcours de vie et avec les attentes que nous avions placées dans ce désir de départ. Chaque projet d’immigration est unique. Émigrer, immigrer, est une épreuve et une aventure. Peu importe ce que nous cherchons dans ce nouveau départ, peu importe les motivations qui nous poussent à le faire, cette expérience est une épreuve. Une épreuve personnelle et familiale. Une épreuve difficile humainement, socialement et professionnellement. Une épreuve qui nous transforme. Mais c’est également une aventure extraordinaire, qui nous amène à nous dépasser, à affronter nos craintes, à remettre en cause nos acquis, à sortir de notre zone de confort ; une aventure propice à la remise en question, à l’introspection, qui nous apprend beaucoup sur nous-même. Une aventure riche d’enseignements et d’apprentissages, pour nous, pour nos enfants. Voilà donc bientôt un an que nous avons foulé le sol de cette nouvelle vie. Un projet qui a vu le jour voilà plus de dix ans, après le visionnement d’un reportage sur une famille qui traversait le continent américain, avec pour objectif d’aller manger du sirop d’érable coulé sur une petite cuillère de neige, à Québec, le soir de Noël. Une fois la télévision éteinte, nous nous étions dit que, nous aussi, nous ferions cela un jour. Sans y prêter trop attention, le projet a mûri dans nos têtes. Le Québec était toujours en toile de fond, malgré notre vie qui se poursuivait ailleurs. Jusqu’à ce séjour de découverte, à l’été 2012, qui a définitivement scellé notre désir de tenter l’aventure. En décembre de la même année, le dossier d’immigration était lancé. Deux ans et demi de procédures administratives plus tard, le projet est devenu réalité. Le 23 juillet 2015, toute la petite famille (deux adultes, notre fille de 13 ans, notre fils de 10 ans et notre vieux toutou) a posé le pied en terre inconnue, avec quatre valises, quelques cartons, et de quoi subsister quatre ou cinq mois sans travail. Rien de plus. Tout un défi ! Le sentiment prédominant chez moi le jour de notre arrivée a, sans conteste, été la solitude. Une fois passées la longueur des procédures, l’excitation du déménagement, la tristesse des au-revoir, une fois achevées les dernières procédures au bureau de l’immigration et après avoir entendu de la bouche de la préposée la petite phrase libératrice « bienvenue au Québec », ce projet d’immigration s’est révélé à moi, dans toute sa réalité, le soir où nous nous sommes retrouvés seuls, tous les quatre, avec nos valises, dans la maison que nos amis nous ont si gentiment prêtée pour notre première nuit à Montréal. Une solitude qui s’est accompagnée d’un flot de questionnements, de craintes et d’angoisses. Une solitude engendrée par nos seuls choix. Une solitude à affronter et à assumer. Le début de notre vie québécoise. Il est incroyable de constater comment, dans ces moments où nous perdons tous nos repères, nos instincts les plus primaires se réveillent en nous. Manger, boire, dormir, s’assurer que tout notre petit monde va bien. Voilà les premières préoccupations, très matérielles, qui ont été les nôtres en ce premier jour. Subvenir à l’essentiel. Passer symboliquement le cap de la première nuit pour pouvoir se dire « un jour de passé, c’est bon. Il peut y en avoir plein d’autres alors. » Une réflexion qui peut sembler idiote, mais qui a été la mienne et ces premiers instants. Le deuxième jour, s’est posée la question du toit à mettre sur notre tête. Le contact téléphonique avec le propriétaire, établi depuis la France et finalisé par la signature du bail, a été bon. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce n’était qu’un bout de papier signé à des milliers de kilomètres, sans garantie autre que la parole donnée, et que des surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent toujours survenir. Nous concernant, cela a été une bonne surprise. Tout s’est déroulé pour le mieux et, même s’il nous a fallu plusieurs jours pour nettoyer et investir les lieux, nous avions enfin un domicile à Québec. Soulagement. Les premières semaines de cette nouvelle vie ont été bercées au rythme des procédures administratives, encore et toujours. Cela nous a permis de nous familiariser peu à peu avec la ville, que nous parcourions en bus, par choix de ne pas investir dans une voiture. Notre logement est situé en plein centre-ville et ce poste de dépenses n’a pas été, volontairement, prévu au budget (nous optons, depuis bientôt un an, par les déplacements en transports en commun et avons recours à de la location ponctuelle de voiture pour les jours où ce besoin se fait sentir. Un bon compromis pour nous). Mais revenons à ces premiers jours, rythmés par les démarches administratives. Certains diront qu’elles sont fastidieuses. Peut-être. Pour nous, chacune d’elle a marqué un point de fixation à notre pays d’accueil. Le numéro d’assurance sociale, indispensable pour travailler, première victoire. La carte d’assurance maladie, le permis de conduire québécois, l’obtention de notre carte bancaire, autant de procédures qui ont scellé cette nouvelle appartenance à la société québécoise. Jusqu’à l’obtention de notre carte de résidents permanents, que nous avons si longuement attendue et qui a achevé de faire de nous des citoyens, au sens symbolique du terme. Migrants, résidents permanents, certes, mais citoyens dans nos têtes. S’intégrer dans cette nouvelle société, n’a pas été difficile. L’état d’esprit dans lequel cette démarche se fait importe beaucoup. Nous étions influencés par notre première expatriation hors du territoire métropolitain français, lorsque nous sommes partis vivre six ans à l’île de la Réunion. Même si la Réunion est un département français, sa culture, son histoire, sa situation géographique, son climat et son mode de vie singulier nous ont conduits au même effort d’intégration que celui que nous menons ici. Ne pas venir en conquérant. Cela est important. Essentiel même. Ne pas arriver en comparant, même si la réalité fait que cela arrive parfois. Nous avons toujours eu à cœur, à la Réunion comme au Québec, de laisser s’exprimer notre envie de connaitre, d’apprendre, de découvrir, de nous confronter à de nouvelles cultures, à d’autres manières de vivre, de penser et de faire, avec respect et humilité. Tout comme nous avons toujours eu le souci de ne pas passer pour les Z’oreils, au sens péjoratif du terme, à la Réunion, nous avons le même souci de ne pas passer pour les maudits français, ici. Je pense qu’à ce jour, nous suivons fidèlement cette ligne de conduite. Notre fille aînée, âgée de treize ans, a été parti prenant dans cette aventure, à l’opposé de son frère. Elle s’est toujours montrée investie auprès de nous et a toujours fait sentir sa volonté de mener le projet à son terme. Elle a également, très certainement, dissimulé et tu beaucoup de ses appréhensions et de ses craintes, par souci de nous préserver. Je sais qu’elle a pu vivre, en silence, des moments difficiles et je comprends parfois certaines de ses réactions virulentes, qui ne sont pas uniquement liées à la simple manifestation de son adolescence naissante. Partir avec des enfants, les faire embarquer dans notre train, n’est pas chose facile, même lorsqu’ils adhèrent, à minima, à notre projet. Il faut savoir décoder certains comportements et prendre le temps de parler. La rentrée scolaire a été chargée d’émotion. Un sentiment très particulier m’a envahi, lorsque j’ai laissé mon fils de dix ans traverser la cour d’école à l’appel de son nom. Je l’ai regardé partir, dos à moi, vers de nouveaux camarades, un nouvel instituteur, une nouvelle école, une nouvelle vie. Lui qui n’a jamais adhéré à ce projet, qui a toujours catégoriquement refusé de nous accompagner, qui aurait tant voulu rester en France, auprès de ses amis, de notre famille, et que nous avons déraciné de force. Je l’ai regardé partir, perdu au milieu de cette foule bruyante, me cherchant du regard, subissant tant bien que mal une situation qu’il avait toujours refusée, faisant visiblement des efforts pour ne pas céder à la panique et aux larmes. Je me suis dit que nous avions le devoir de réussir. Coûte que coûte. Il le fallait. Impossible d’échouer, car il ne nous le pardonnerait jamais. Le temps a fait son œuvre et notre garçon semble aujourd’hui heureux, ou tout du moins content, de cette nouvelle vie. Mais il nous a reproché longtemps, et nous reproche encore parfois, le déracinement que nous lui avons fait vivre. Immigrer, tout quitter, c’est aussi assumer le risque que nos enfants ne partagent pas notre projet. Un obstacle très sérieux à prendre en compte et à vivre. Une expérience parfois douloureuse pour tous. Le dialogue est toujours ouvert à la maison et chacun peut exprimer ses ressentis sans crainte d’être jugé. Libérer la parole est d’une aide précieuse dans des circonstances difficiles. Nous prenons régulièrement le temps de laisser nos enfants parler, verbaliser, exprimer leurs émotions face à cette nouvelle vie. Nous constatons qu’au fil du temps, ils l’apprécient et parviennent à se tisser un nouveau réseau social. Ils nouent de nouvelles amitiés, se créent de nouveaux repères, montent de nouveaux projets. Ils avancent, ils s’adaptent. Comme nous. S’adapter, s’intégrer, sont des mots qui, pour nous, ont été synonymes de travail. Nous sommes venus au Québec sans emploi. Trouver un travail à des milliers de kilomètres de distances, sur un marché du travail très flexible, dans lequel tout peut se jouer en quelques heures seulement, nous est apparu vain. Nous avons opté pour le pragmatisme en nous disant que notre dossier d’immigration avait été retenu et classé prioritaire, au regard de nos domaines de formation (responsable d’établissement pour personnes âgées ou dépendantes concernant mon épouse et éducateur spécialisé me concernant). Cela signifiait pour nous, au regard des critères drastiques d’immigration fixés par le Canada et le Québec, que nos métiers trouveraient certainement des débouchés ici. C’était un pari sur l’avenir à prendre. Nous l’avons pris. Depuis le début de notre projet, nous savions que nos économies ne nous permettraient pas d’aller au-delà des fêtes de fin d’années si nous ne trouvions pas rapidement de travail. Trois semaines après notre arrivée, le temps de nous installer, nous avons intégré un club de recherche d’emploi. Ces clubs permettent de réseauter rapidement et de faciliter l’accès au marché caché du travail. Ainsi, si 20 à 30% des offres de travail sont disponibles à tous sur internet ou dans divers supports d’annonces, l’essentiel des postes à pourvoir (entre 70 et 80% selon les chiffres avancés au sein du club de recherche) se trouve par le biais de l’exploration du marché caché (annonces paraissant à l’interne des entreprises, postes allant s’ouvrir sans affichage officiel, bouche-à-oreille, démarchage informel d’employeur, rencontres diverses, etc.). Il nous a fallu travailler autour de notre CV, nous préparer à démarcher de potentiels employeurs, à passer des entrevues d’embauche, nous adapter à de nouvelles terminologies d’emplois, accepter de repartir de plus bas (peut-être le plus difficile). Une véritable remise en cause à faire, qui n’a pas été des plus simples. Nous avions, mon épouse et moi-même, des emplois satisfaisants en France, qui nous permettaient de vivre correctement. J’étais employé de la fonction publique. Un emploi des plus stables. L’acceptation, le deuil de cet emploi, n’a pas été facile. Il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer ce changement. Malgré les difficultés, cette expérience a été des plus concluantes, puisque nous avons eu la chance de retrouver facilement du travail. Des rencontres fortuites, des coïncidences heureuses, mais aussi la volonté et l’acharnement à vouloir décrocher quelque chose vaille que vaille, ont eu raison de nos doutes. Un mois après notre arrivée, j’ai retrouvé un emploi. Un mois plus tard, mon épouse travaillait. Le soulagement ressenti a été énorme, même si la réalité de ce marché du travail fait que rien n’est jamais joué d’avance et qu’il faut se préparer à être débarqué du jour au lendemain. Nous connaissons les règles de ce jeu et les avons acceptées, en nous disant que s’il est facile de perdre son emploi, il est également facile d’en retrouver un. La peur n’évitant pas le danger, nous profitons de chaque jour et le prenons pour ce qu’il est : une vie à lui tout seul. Des bilans, nous en avons fait. Plein. Quotidiennement ! Lorsque notre vie est à ce point bouleversée, chaque expérience est l’occasion de faire le point, ou presque. Certains jours ont été plus prospères que d’autres. Le cap des premiers mois est important à franchir. Trois mois ? Six mois ? Le délai varie selon chacun. Me concernant, il a fallu près de huit mois pour stabiliser mon moral, mes humeurs, pour être rassuré et confiant, pour être dans une dynamique plus positive. J’ai réellement connu des hauts saisissants et des bas vertigineux, en l’espace de quelques jours, voire quelques heures. Le prix à payer pour vivre une autre vie. Une autre vie ? Vraiment ? Le processus d’immigration est usant physiquement et nerveusement, même quand il est bien préparé. Il faut être solide pour affronter tous les obstacles qui se dressent devant soi, et nous comprenons que certains puissent renoncer. Nous concernant, nous n’y avons pas pensé. Nous nous sommes dit que nous n’avions pas vécu deux ans et demi de procédures pour abandonner sans nous laisser une chance de réussir. Des échéances ? Nous n’en avons pas. Pas vraiment. Nous ne nous fixons pas de durée pour rester ici. Nous ne savons pas si nous rentrerons, ou pas, un jour nous établir en France, ou ailleurs. Nous profitons de chaque jour en nous disant que l’avenir nous dira quoi faire. Notre intégration se poursuit. Notre réseau social, amical et professionnel se modèle. Nos repères s’ancrent peu à peu. Nous nous posons et sentons une grande fatigue nous gagner. Les mois écoulés n’ont pas épargné les organismes. Malgré les difficultés, nous savourons le goût de cette expérience. Nous sommes heureux de vivre les changements que nous avons occasionnés, car les changements, même radicaux, sont toujours bénéfiques. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, sur nos capacités d’adaptation. Nous savons qu’il faut tenter sa chance lorsque l’occasion se présente. Aujourd’hui, nous sommes conscients des risques que nous avons pris en réalisant ce projet. Même s’ils étaient anticipés et planifiés, les vivre a été une épreuve et une aventure formidables. Tout n’est pas, non plus, encore gagné et beaucoup d’obstacles risquent encore de se dresser sur notre route. Mais nous restons confiants. Confiants en nous-mêmes, confiants en nos enfants et confiants en l’avenir.
  6. Nous concernant, nous nous posons un peu. C'est une épreuve pour laquelle il faut être bien armé. Un topo plus long est en préparation pour le mois de juillet, en prévision de notre premier anniversaire au Québec. À suivre, donc...
  7. Bonjour, les deux sont indépendants. L'évaluation comparative n'a pas d'incidence sur la DCSQ. Elle est utile, par contre, lors des démarches de recherches d'emploi, une fois sur place.
  8. Bonsoir Babouk

    J'ai lu votre message avec beaucoup d’intérêt, bravo c'était long, et lent :-)

    Mais vous avez pu concrétiser votre rêve.

    Cependant, j'ignore si vous allez lire mon message, Je compte deposer ma demande pour Mon Projet Quebec en mois de juin. 

    Je voudrais faire une attestation d'équivalence de mes diplômes auprès d'un bureau reconnus du CIC. Pourriez-vous me conseiller ou me communiquer si cela est possible une ou deux adresse.

    Pour information, j'ai fais l’évaluation comparative mais cette dernière n'est pas une équivalence de diplôme, 

    Je vous en remercie par avance.

     

       

     

    1. B@bouk

      B@bouk

      Bonjour,

       

      merci pour votre message.

      Je ne connais pas d'adresse pour un bureau qui procède à des équivalences autres que l'évaluation comparative qui, elle, nous a suffit à ce jour pour faire valoir nos diplômes sur le marché du travail.

      Je vous souhaite bon courage pour votre projet.

      La vie est belle ici.

       

      Au plaisir.

      Nicolas

  9. La demande d'évaluation comparative n'influe pas pour le CSQ, Elle est utile sur le marché de l'emploi.
  10. Bon, j'ai lancé l'idée, donc je partage aussi notre expérience. Nous sommes ici depuis bientôt 5 mois. Nous avions trouvé un appart depuis la France. Pas de mauvaise surprise, bien situé, mais petit pour une famille de 4 plus un gros chien. Nous prévoyons de quitter à la fin de notre bail en juillet. C'est un meublé tout équipé. Idéal pour poser les valises et vivre quelques mois. Situé en plein coeur de ville de Québec, il nous évite l'achat d'une voiture. Nous utilisons les transports et louons un char quand on en a besoin. Côté boulots, rien à dire. Nous sommes rapidement passé par un club de recherche d'emploi. Idéal ! 2 jobs trouvés en moins de 2 mois, grâce au réseau créé lors du club. Ma femme a trouvé un emploi permanent à temps plein dans son domaine (RH). Quand à moi, j'ai trouvé un job d'éduc pour 5 mois et j'ai été renouvelé jusqu'au mois de mai. Impeccable. Les enfants trouvent leurs marques dans leurs nouvelles écoles. Ils pétillent et respirent la joie. Tout baigne pour eux, même si le petit de 10 ans réclame encore ses copains de France. Le changement de vie est difficile, même si nous avions déjà connu cette expérience voilà 10 ans en partant vivre à l'île de la Réunion. Nous savions que ce serait une épreuve, de nouveaux repères à se faire, de nouveaux risques à prendre. Mais entre l'imaginer et le vivre, il y a, pour nous, un écart qui n'est pas toujours facile à vivre au quotidien. Notre niveau de vie a diminué. Notre rythme de vie quotidien est plus soutenu (merci les transports et les promenades du chien !). La précarité du travail se ressent. On a l'impression d'y perdre un peu pour le moment. On se soutient l'un l'autre. On y croit. On fera le point dans un ou deux ans et on avisera. Nous avons souhaité tenté l'expérience pour ne pas regretter de ne pas l'avoir fait. Il nous faut assumer ce choix et nous laisser du temps pour voir ce que cela donne. Partir ou rester, nous ne présageons de rien à ce jour. Le temps nous dira quoi faire. Wait and see.
  11. Hey, la clique, 2015 arrive à son terme dans quelques jours. Toutes celles et ceux qui ont fait vivre ce sujet sont partis, installés, où en passe de l'être. Je vous propose, pour clore 2015, que chacun fasse un retour de son installation, de sa nouvelle vie, histoire de dire que nous nous sommes portés, soutenus, conseillés et que nous nous faisons retour de ces nombreux changements. Qu'en dites vous ?
  12. Salut la clique ! Quelques nouvelles après déjà 4 mois passés ici. On s'adapte doucement à notre nouvelle vie. Les transitions ne sont pas toujours des plus simples, même si nous avons la chance d'avoir trouvé deux jobs en moins de deux mois. L'adaptation des enfants se fait en douceur. Tiens, à ce propos, notre fille nous a dit qu'une camarade de sa classe arrivait de France depuis quelques jours et que ses parents seraient passés par le forum. Elle est scolarisée sur Québec. Si besoin d'infos, nous sommes là ! Pour le reste, j'avoue connaitre des hauts et des bas, tant la création de nouveaux repères et de nouvelles habitudes de vie peut parfois être complexe. Nous sommes pourtant super bien entourés, avec un tissu social et amical qui se crée doucement, 2 jobs, 2 enfants scolarisés qui s'épanouissent, un toit au-dessus de la tête et à manger dans l'assiette. Mais, même choisi et pleinement réfléchis, un changement comme celui-là demande d'être soudés et solidaires, car c'est une vraie épreuve. Mais, avec le temps, tout finira par se caler. Il faut juste.... du temps. Notre page facebook nous permet de partager ces différentes émotions et notre quotidien ici. Une photo par jour. C'est un défi ! Allez, la bize à toutes et tous. Je passe moins souvent sur le forum, mais pense bien fort à vous !
  13. Juillet 2015 : Le grand départ. Ce mois a été marqué par notre départ pour Québec. Derniers coups de collier avant de partir, dernières mises au point, dernière craintes. Voilà comment nous les avions traduits : "Ca yest, les inscriptions scolaires des enfants sont faites ! Notre grande entrera en 1ère année du secondaire et notre fils en 5ème année de primaire, à Québec. C'est un soulagement et le signe que notre projet continue d'avancer. Côté déménagement, les choses avancent même si nous courons encore après la date définitive d'enlèvement de nos cartons, prévue aux alentours du 16 juillet... Nous relançons le déménageur ces jours-ci. Les voitures sont quasiment vendues. Nous sommes rassurés." Quelques jours plus tard, "la date de déménagement est quasiment fixée : entre le 15 et le 17 juillet 2015. Toute la liste de nos effets doit être bouclée ce week-end afin que le déménageur puisse évaluer la taille du camion à nous envoyer. On avance (enfin, j'espère !...)" Et enfin, "Les déménageurs passent aujourd'hui !Nous sommes prêts pour le grand saut ! Dans une semaine, nous décollons.... Que le temps passe !!!" Pour prolonger notre expérience québecoise et faire partager nos rencontres et découvertes, nous avons décidé de créer une page Facebook : "Québec paradis", avec pour objectif de retracer nos aventures par le biais d'une photo par jour ! En voici le lien : https://www.facebook...796769593774015 Fin juillet, nous vivions les derniers instants sur le sol français : "Visite médicale obligatoire passée par notre toutou hier au soir. Il est autorisé à voyager avec nous et poursuit donc cette aventure ! Décollage demain. Derniers rangements. Derniers coups de balais. Etat des lieux de la maison cet après midi." Nous livrions nos pérégrinations quelques jours plus tard : " Après avoir retrouvé internet, voici le récit de nos dernières heures en France et de nos premières heures au Québec ! Quelques heures avant le départ. Dernier coup de collier pour tout boucler. L’état des lieux de la maison s’est déroulé sans encombre. On part manger à l’extérieur. Au retour, énorme orage, pluie diluvienne, nos serviettes de toilette et la caisse de transport du chien, laissée dehors, sont trempées. Plus rien pour prendre la douche. Le coussin de transport du toutou est fichu… Pas grave, on se débrouille. Deux serviettes retrouvées dans un coin feront l’affaire pour nous et les duvets de notre dernière nuit feront office de coussin pour la cage du chien. On s’endort. Epuisés. Jour J. Nous sommes levés tôt. Le temps de sortir les affaires et de vider la maison (le propriétaire, malgré l’état des lieux de la veille, nous a autorisés à dormir cette dernière nuit dans la maison. Merci !) et des amis arrivent pour nous accompagner à l’aéroport. On charge les voitures et on part. Nous sommes émus. L’arrivée à l’aéroport se passe très bien. La caisse du chien est extrêmement volumineuse, ce qui nous permet de passer devant tout le monde pour enregistrer les bagages et de découvrir les dédales de l’aéroport de Lyon avec notre encombrant compagnon. Nous le laissons à proximité des pistes, au poste de gendarmerie, là où les objets très volumineux peuvent embarquer. Dernier au revoir au toutou. Il part. Nous rejoignons la salle d’embarquement, après les au revoir difficiles avec nos amis. L’avion a un peu de retard, mais rien de grave. Nous y sommes presque ! Nous embarquons finalement, pour décoller quelques minutes plus tard. C’est parti ! Le vol se passe sans aucun problème. Nous trouvons le service d’Air Transat très satisfaisant. Arrivée à Montréal, sept heures quarante plus tard. Nous sommes ravis. Le passage en douane est une formalité. Quelques questions sur le pourquoi de notre immigration, présentation des passeports, l’agent nous demande de la suivre… Elle nous accompagne jusqu’aux services de l’immigration. « Bienvenue au Canada », nous lance-t-elle avant de repartir. Emotion. Dans la salle du bureau d’immigration, nous sommes les seconds. Au bout de quelques minutes, on appelle notre numéro. L’agent des services d’immigration canadienne vérifie nos documents, CRP, CSQ, B4, passeports, et nos coordonnées à Québec. Quelques photocopies et quelques signatures plus tard (à peine 15 minutes), elle nous souhaite elle aussi une bonne arrivée au Canada et nous indique que nos cartes de résidents permanents arriveront d’ci deux mois à notre domicile. Génial ! Nous passons ensuite au guichet des services d’immigration du Québec. Vérifications de nos CSQ, de nos passeports. Vu que nous pouvons fournir les documents attestant que nous avons suivis les modules du SIEL (Service d’Intégration En Ligne), nous sommes dispensés des rendez-vous d’information auprès des services d’immigration et d’intégration. En 15 minutes à peine, l’affaire est bouclée ! « Bonne installation au Québec, et bonne chance ! ». Ca y est, nous y sommes !!! Nous partons récupérer nos bagages et notre chien qui, contre toute espérance, s’est montré détendu et calme en nous attendant. Il patiente sagement dans sa cage, suscitant la curiosité de plein de personnes lorsque nous nous déplaçons avec lui. Le spray hormonal apaisant délivré par notre vétérinaire y est sans doute pour quelque chose. Il nous a facilité la vie, à lui et à nous !!! Second passage auprès des douanes car nous voyageons avec un animal. Nous galérons à nous déplacer avec la cage, qui ne tient pas sur un chariot. Le douanier vérifie le carnet de santé de notre animal. Rien à signaler. « Normalement, cette visite est payante, mais vu que vous venez pour la première fois, ça ira. ». Il n’est pas trop gentil ce douanier ?!!! Super ! On s’en va, non sans l’avoir expressément remercié. Nous quittons l’aéroport, une heure trente après avoir quitté l’avion. Tout est donc allé très vite pour nous. Cueillette de la voiture de location et départ pour Montréal chez des amis qui nous prêtent très gentiment leur maison pour la nuit alors qu’ils sont en vacances en France. Vraiment tip top, nos amis ! On récupère les clefs chez des voisins et on se pose. Enfin ! Après quelques courses et un léger repas vite avalé, nous nous effondrons sur nos lits. Epuisés. Depuis que nous nous sommes levés le matin, 21 heures se sont écoulées. 03 heures du matin, nous sommes réveillés. Décalage horaire oblige, nous ne dormons plus. On parle, on discute, on échange des émotions. C’est un moment étrange. Décalé. Au petit matin, nous partons pour Québec. Nous redécouvrons les paysages qui nous ont tant plus voilà trois ans, lors de notre voyage ici. Nous arrivons à la pension où notre chien va séjourner quelques jours, le temps que nous nous posions et que nous prenions nos repères. Dur de le quitter… Nous arrivons à Québec, nous mangeons un bout sur place et filons à notre appartement où notre propriétaire nous attend. Visite des lieux. Nous sommes ravis. Notre propriétaire, un monsieur en retraite, prend gentiment le temps de nous accompagner à pieds pour une visite du quartier. Boutiques, restaurants, bonnes adresses, écoles, il nous montre tout, avant de m’accompagner en voiture à l’autre bout de la ville pour que je puisse y rendre notre véhicule de location. Il me ramène jusqu’à l’appartement en me faisant visiter la ville pour me montrer quelques points de repères. Avant de me laisser, il me tend un paquet contenant une bouteille de vin. « Tenez, c’est pour vous. Bienvenue au Québec. » Elle n’est pas belle la vie ? Ca y est, nous sommes chez nous ! Lundi, les démarches NAS et RAMQ sont faites, ainsi que l’ouverture du compte Desjardin et réception de nos cartes de débit. Pour le NAS, 10 minutes ont suffit. Il n’y avait personne devant nous. Pour la RAMQ, 45 minutes ont permis de tout boucler. Ici encore, personne devant nous. Le top ! Depuis ces derniers jours, nous nous consacrons essentiellement au grand nettoyage de notre appartement que les précédents locataires ont laissé dans un état lamentable. On se refait peu à peu un petit nid. On visite, on sort, on découvre. Il y a comme un air de vacances dans l’air… On profite doucement !" Août 2015 : transition(s) Les démarches administratives et les recherches d'emploi battent leur plein. Peu de temps pour savourer. "Réception ce jour de nos 4 cartes d'assurance maladie. 10 jours entre le dépôt du dossier à la RAMQ et la réception des cartes. Efficace ! A compter de lundi prochain, nous allons intégrer un programme d'aide à la recherche d'emploi d'une durée de trois semaines, nous donnant accès à toutes les techniques québécoises de recherche d'emploi, et notamment le moyen d'accéder au marché caché du travail. Nous espérons pouvoir optimiser nos chances de retrouver rapidement une job. Les enfants sont inscrits en camp de jour, où ils sont depuis déjà 2 semaines, histoire de s'immerger parmi un groupe d'enfant de leurs âges. C'est vraiment pas mal car ils se familiarisent avec les pratiques québecoises. Du coup, ils prennent le bus tous seuls (ils ont 10 et 12 ans). Ils pourraient rester seuls à la maison la dernière semaine d'août. Nous ne savons pas encore. Ca fait beaucoup de changement. Nous qui hésitions à les lâcher chez nous, petit village de campagne de 800 habitants, voilà que nous les laissons prendre seuls le bus dans une métropole qui en compte 500 000 ! Mais bon, le côté sécuritaire de la ville y est pour beaucoup. On s'y sent vraiment bien." Fin août, "réception de nos permis de conduire. Super !! Le container arrive à Montréal, après 4 semaines de voyage. Correct. Ca frétille au niveau du boulot. Quelques touches qui donnent espoir. Opération dédouanement. 6h de route. 2h30 sur place. 32 guichets potentiels. 3 d'ouverts. Le fun ! Mais bon tout est en ordre. On ne va pas trop se plaindre." Et puis, le bonheur ! "Job de 3 mois décrochée en tant qu'éducateur en Cegep. Le fun ! On souffle." Septembre 2015 : les bonnes nouvelles s'enchainent. " Mon épouse vient de décrocher sa job ! Travail permanent à temps plein à deux pas de la maison. Et voilà, nous sommes rendus à un très bon état de notre projet. Nous soufflons enfin." Octobre 2015 : fin du processus. " 3 de nos cartes de résidents permanents sont arrivées. La 4 ème ne devrait pas tarder. Ça y est, nous touchons à la fin de notre processus. Nous sommes résidents permanents du Canada !!! Le fun !" Au milieu du marasme du quotidien, nous prenons le temps de mesurer les avancées faites depuis trois ans. C'est dingue. Notre rêve est devenu réalité. A nous de le mener plus loin. Encore. Toujours.
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