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Emploi au Québec : comment Hédia a donné une première chance à Alejandro

 

Voici l'une de trois histoires inspirantes de professionnels immigrants établis qui ont redonné au suivant en accueillant dans leur entreprise des immigrants plus récents, dans le cadre du programme Interconnexion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

 

 

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Hedia Bahri est présidente et cofondatrice des Technologies Targipsum inc. Sa petite entreprise située à Brossard offre à des acteurs importants du secteur du transport et de la logistique, comme Robert Transport, des services informatiques en lien avec la solution Roadnet. 

 

Roadnet est une application présente dans 67 pays; Alejandro Lopez en sait quelque chose. En Colombie, il a travaillé avec Roadshow, un logiciel concurrent. En octobre 2015, alors qu’il participe à une activité de réseautage d’Interconnexion visant à mettre en contact une cinquantaine de nouveaux immigrants avec des entreprises de leur secteur, Alejandro entend prononcer dans la salle le nom du logiciel Roadnet. En cherchant un peu, il trouve Hedia, venue découvrir de nouveaux talents pour agrandir son équipe. Hedia ouvre grand les yeux en écoutant Alejandro. Il est embauché quelques jours plus tard.

 

Alejandro admet qu’avant cette expérience concluante avec le programme Interconnexion, il ne croyait pas que le réseautage permettait de trouver un emploi. Il s’y est décidé grâce à une amie qui lui a dit : « Je connais une personne qui a fait la même activité et a trouvé son employeur. » En plus, il s’était promis d’essayer tout ce qu’on lui proposerait pour s’intégrer professionnellement.

 

Ainsi, depuis son arrivée à Montréal en janvier 2014, une fois le choc climatique passé, il a multiplié les démarches : recherche d’emploi structurée avec l’organisme L’Hirondelle, reconnaissance des acquis et des compétences avec le Collège Champlain et, surtout, cours de langues. Alejandro voulait devenir bilingue. Le jour, il a étudié le français, et le soir, l’anglais. Il vient de s’inscrire à HEC Montréal et passera, en mai prochain, l’examen pour devenir membre de l’Ordre des ingénieurs.

 

C’est manifestement cette détermination qui a charmé Hedia. Il faut dire qu’en matière d’emploi, Hedia croit à l’attitude avant l’expérience ou les diplômes. D’un dynamisme renversant, elle prône par l’exemple. Originaire de Tunis, Hedia immigre à Montréal en 1996. À peine une semaine après son arrivée, marchant sur la rue Sherbrooke, elle entre à la Banque Scotia. Plutôt que de solliciter un emploi, elle demande au responsable si elle peut l’aider à « résoudre un de ses problèmes ». Le lendemain, elle commence à travailler en informatique. De ce premier emploi au Canada, Hedia obtiendra « la plus belle lettre de recommandation de sa vie ».

 

Elle réalise par la suite une carrière montante chez Sprint Canada (devenue Rogers). En 15 ans, elle obtiendra 11 promotions et voyagera dans plus de 52 pays pour représenter l’entreprise. Parmi les 30 000 employés de la firme, elle est nommée 7 fois employée de l’année. Mais, en 2008, une maladie grave atteint son jeune fils. Elle est forcée de revoir ses priorités. Elle ne peut plus se permettre de voyager six mois par année. Hedia reprend contact avec l’entrepreneuriat avec lequel elle avait flirté en Tunisie. En 2013, elle lance Technologies Targipsum inc.

 

Quand on lui demande ce qui permettrait d’améliorer l’intégration économique des immigrants à Montréal, Hedia est volubile. Elle pense que les entreprises devraient être plus patientes et donner une chance aux immigrants. Après tout, elles ne risquent rien en offrant un stage. Elle juge aussi que les immigrants devraient mieux se préparer aux exigences de l’emploi visé. Elle se rappelle son premier contrat à l’étranger, où elle a été envoyée sans connaissance du secteur. « J’ai trouvé le lexique des télécommunications sur Google et je l’ai appris par cœur pour réussir à signer le contrat avec le client. » Elle compte appuyer Alejandro pour qu’il développe une telle confiance devant les clients.

 

Alejandro est très confiant par rapport à son avenir au Québec. Il a l’énergie pour apprendre, dit-il. Il est heureux et, bien que célibataire, compte fonder une famille ici. D’ailleurs, il semble maintenant bel et bien convaincu du pouvoir du réseautage : « Est-ce que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain organise aussi du speed-dating? », lance-t-il en terminant.   

 

Par Marie-Christine Ladouceur-Girard

Directrice, Développement, diversité métropolitaine

Chambre de commerce du Montréal métropolitain

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