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Anneetsesdéboires

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Billets posté(e)s par Anneetsesdéboires

  1. Anneetsesdéboires
    Gertrude réalise qu’elle ne comprend pas, rien, plus rien ou si peu.

    Les rues sont vides. Pas bien droite sur le vélo mais enfin seule, Gertrude rase l’asphalte et dans sa tête réinvente une vie où elle ne cesse de reconquérir Montréal.
    Elle se donne le sentiment de pédaler vers son avenir et ce qui reste derrière laisse l’étonnante impression du grouillement.

    Elle dégrise d’une soirée plus bruyante qu’enivrée, session You tube avec la jolie gang, beaucoup trop remplie de vidéo-clip so underground et de gens qui parlent avec ce nouveau terme, « WTF ».

    Hier soir elle et ses compères hurlaient dans un concert engagé, tous pleins de rage et d’une urgence à vivre, minute de silence solennel et tout le barda.
    Au lendemain soir ils sont toujours engagés mais préfèrent écouter de vieux clips, toujours pas remis d’avoir raté les années 60.
    Le souverainisme ça a du beau, surtout le temps d’une soirée.
    Ça perd du sens surtout. Remontant Sainte-Catherine Gertrude a croisé ce gars tout nu accompagné d’un tam-tam. Les membres gesticulant il brandit un drapeau à fleur de lys, qu’elle lui aurait bien foutu au c…

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  2. Anneetsesdéboires
    Décidemment cette ville la tient par les tripes et lui ramène en plâtrées ses souvenirs et ses rêves. Cette ville l’emmerde à toujours la remettre en face de ce qu’elle veut, vraiment.

    Sa casserole en main dans les nuées de rires et de slogans elle se souvient. Quand petite la photo d’un homme en face d’un char soulevait son cœur de révolution. Quand elle regardait « Hair » et chantait dans sa chambre pour répandre la paix. Quand elle dessinait des bonhommes qui se tiennent la main pour faire une ronde autour de la terre.
    Elle ressort les gribouillis passés de soleil et les regarde avec un sourire indulgent. Ridicule, elle soupire dans une pause nostalgique, au souvenir de l’innocence déchue.

    Gertrude ne s’est pourtant jamais levée pour une cause. Elle déteste les gripsous libéraux et encore plus les ramassis de gauchistes tripotant la fatuité hypocrite des bonnes intentions. Elle méprise les illuminés qui prêtent à l’homme des qualités d’harmonie et de vertu dont il est le plus souvent dépourvu, et raille ses amis anarchistes assez présomptueux pour croire la populace capable d’auto gérance et d’équité. Enfin elle ne se reconnaît pas dans cette jeunesse, qui sous couvert d’idéaux manifeste pour satisfaire son voyeurisme et son goût du risque, sans tout-à-fait s’insurger.

    Face à son écran, Gertrude tire une grosse latte sur sa cigarette et dans la fumée épaisse éructe un « crétins », en appuyant sur le « r » pour mieux s’entendre exprimer son mépris.

    « Crétins ».

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  3. Anneetsesdéboires
    Puisque certains succès télévisuels français jouent la carte sexiste sans choquer personne.
    Puisque Carrie Bradshaw n’a pas inventé la poudre mais que le gouvernement canadien considère Elle magazine comme relevant du domaine de la culture.
    Puisque Cannes relègue les femmes au discours d’ouverture (« Tais-toi ! » disait Bérénice Béjot hier soir), au rôle de muse ou d’ambassadrice de beauté, mais les laissent inaptes à tenir une caméra.
    A ce propos, envoyé sur Facebook ce matin :
    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13834#.T7T5beJKwh4.facebook
    Je me donne le droit d’écrire un papier qui tient du guide du routard, du courrier du cœur, et du manifeste féministe de vieille fille aigrie.
    BREF, j’ai revu ce mec. Rencontré au début de mon périple, Bernard est tombé à l’eau avec les fontes.
    Bernard est québécois. Il drague sur le net et peu en vrai. Il a le sens courtois mais il est toujours accompagné de camarades pour éviter les blancs. Bernard promet lacs et montagnes comme le dernier poète ou plus probablement l’escroc magnifique. Dans tous les cas il est fâché avec l’appareil dit téléphone.
    C’était une fin de matinée à touiller des idées molles et fades. Les échos vides ricochaient dans ma caboche. Tout de suite ! Il me fallait des montagnes russes, des remue-ménages, des brouhahas, une petite aventure.
    Heureusement le dimanche était beau et le printemps dans l’air. Une journée à ne rien faire ou boire un café.
    Sous l’injonction, je descends sur Beaubien avec l’envie de l’improviste. Un salut chez David et Caro, ce charmant couple d’amis qui ont la délicatesse de ne pas commencer systématiquement leurs phrases par “Moi et mon chum”, est une agréable introduction à ma petite aventure.

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  4. Anneetsesdéboires
    Ecrire estompe les heures. Soulagée des images du monde, la tête s’emplit de silence. Elle s’envahit d’imaginaire tandis que les impressions d’enfance sont plus intenses.
    Enfant j’écumais les fonds de ma piscine en compagnie d’un dauphin d’où nous remontions les trésors engloutis. Ils s’entassaient en profusion sous les palmiers, et je les voyais avec autant de conviction que ma mère.
    De toutes parts des images nourrissent ces rêves originels et insidieusement les amoindrissent. Génération à qui l’on donne des rêves tout faits plutôt que de laisser grandir les siens. Il n’est même plus nécessaire de les réaliser puisqu’ils prennent forme trop vite.
    On nous dit servis à l’abreuvoir du monde. Je dois parfois encore renfoncer dans des coins de mon cortex des informations afin de faire place à tout ce que je me dois de savoir.
    Il arrive qu’une aventure oubliée saute à la face de vos pensées, comme un Gollum surgit des puits humides de l’oubli. Le flou d’un clip musical à la télé, le brouillon d’un rêve incohérent, une certaine heure un certain moment dans un soir d’été...
    La ville ne s’étalait pas encore sur les cartes de ma mémoire.
    C’était encore ce sentiment de tomber du ciel. J’attendais un bus dans la rue imprégnée d’un désagréable calme résidentiel. Une lumière passe du rouge au vert… du vert au rouge… Au devant et dans mon dos, à droite puis à gauche, rien de connu. Un western matinal à Montréal.
    Un bus (qui ne soulève pas la poussière) se traîne jusqu’à moi.

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  5. Anneetsesdéboires
    Je n’ai rien tourné depuis un an, je n’ai pas cherché de stage, je ne fais plus de sport, et je ne suis pas allée à New-York.
    En un mois j’ai réussi à me faire traiter de pourceau, petite bourgeoise, gamine lourde, et fille froide.
    Enfin j’ai regardé la feuille grande et vide… et blanche…et surtout vide, d’une trop longue comédie romantique dans laquelle je ne me reconnaissais plus.

    Mois de Mars, quand remontent des fontes les déchets accumulés sous de trop blancs manteaux.
    L’été ranime nos corps et l’hiver nous rafraîchit les idées. Entre temps Le printemps moite et grisailleux écoule sur la vie sa tiédeur, pour la rendre pire que malheureuse, médiocre.

    Et pourtant j’aime la vie.

    Heureusement, le printemps canadien est la saison des cabanes à sucre.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cabane_à_sucre

    Un dimanche de Pâques le joyeux patchwork franco-québecois embarque dans le van de Clara (organisatrice de nos sorties pédagogiques) pour Saint-Anne–des-Plaines et la cabane réservée trois semaines à l’avance, cossue et chaleureuse dans ses rondins de bois.

    L’idée prochaine de mes pieds plantés dans la terre, et de mes yeux endormis d’horizons bucoliques apaisait mon esprit. Fatiguée d’en vouloir au monde et surtout fatiguée de moi-même je battais en retraite.
    Une fois rafraîchie des pluies printanières, je laissais mes griefs contre les travers individualistes de mon environnement, au profit d’un constat plus vrai et pertinent.

    C’était l’âge adulte qui depuis huit mois me tendait les bras pour le meilleur et pour le pire.

    Le suite sur mon blog avec d'anciennes chroniques publiées depuis mon arrivée en Septembre
    http://reves-en-scope.tumblr.com/
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