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Caro6451

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  1. Bonjour, Nous aussi, nous venions du Sud de la France et nous sommes partis notre toute première année en Estrie. Nous étions à Saint-Denis-de-Brompton, tout près de Magog et de Sherbrooke. Il faut savoir que chaque expérience d'expatriation est unique. Nous passons souvent tous par les mêmes phases — à commencer par la fameuse « lune de miel », cette période du début où tout est nouveau, merveilleux et idyllique —, mais chacun vit ensuite la suite du parcours à sa manière. Un voyage exploratoire est une excellente idée pour se faire une première impression, mais gardez en tête que ce n'est pas tout à fait la réalité du quotidien une fois installés : au début, tout paraît plus beau parce qu'on est dans la découverte. Voici quelques points clés basés sur notre propre expérience : 1. L'école et la garde des enfants Nos enfants avaient 4 ans et 7 ans à notre arrivée. Comme en France, l'école dépend du secteur de résidence, et la nôtre n'offrait pas de maternelle 4 ans (la maternelle n'étant d'ailleurs pas obligatoire à cet âge au Québec). Par chance, nous avons réussi à trouver une place en garderie à Magog, et l'intégration de notre plus jeune s'est très bien passée. Pour notre grande fille, cela a été un peu plus compliqué, notamment en raison d'une expérience difficile avec une éducatrice au service de garde, des groupes d'amis qui c'était déjà fait, ....etc 2. La réalité des distances Je vous conseille vivement de bien analyser les distances sur une carte. Ce qui semble proche à première vue peut prendre beaucoup de temps en réalité. Nous étions installés en forêt et il fallait faire 25 minutes de route pour le moindre déplacement, ce qui est vite devenu très contraignant au quotidien. 3. L'aspect financier et le permis de travail Nous sommes arrivés en PVT, sans offre d'emploi préalable. C'est une formule que je déconseille si c'est possible : une grande partie de nos économies y est passée, le temps que nous trouvions du travail. De mon côté, je n'ai rien pu trouver la première année, car les horaires des garderies et des écoles ne me permettaient pas de faire les trajets tout en allant chercher les enfants à temps (d'autant plus que mon mari faisait 1 h 30 à 2 h de route par jour pour son travail). Si c'était à refaire, nous viendrions avec une promesse d'embauche. Le permis de travail fermé (PTF) offre plus de sécurité financière au départ, même s'il faut rester prudent : si la relation avec l'employeur se passe mal, cela peut vite devenir compliqué. À garder en tête également : pour progresser professionnellement au Québec, il est souvent courant de changer d'employeur tous les 2 ou 3 ans (selon le domaine). Concernant le marché de l'emploi, même si l'on entend souvent que « ça recrute partout », la réalité est plus nuancée : beaucoup d'offres facilement accessibles concernent des emplois très peu rémunérés (comme chez Tim Hortons ou Canadian Tire). 4. Le système de santé Grâce à l'entente préalable entre la France et le Québec, nos enfants ont pu bénéficier de la RAMQ rapidement. Cependant, pour les adultes, l'accès à une couverture complète dépend souvent de l'assurance collective de l'employeur (ce qui n'est pas automatique en permis ouvert). L'accès aux soins reste très difficile : avoir un médecin de famille relève de la chance. On fait très souvent affaire avec des infirmières praticiennes spécialisées (IPS, ou « super-infirmières ») qui peuvent prescrire certains traitements, mais rarement avec des médecins. Quant aux urgences, les temps d'attente y sont encore plus longs qu'en France. 5. Le cadre de vie et la région de l'Estrie Nous avons adoré l'Estrie ! Magog a été mon vrai coup de cœur. Venant du bord de mer en France, retrouver ce petit bout de lac avec son sentier glacé l'hiver juste à côté était féerique. Côté géographie, Sherbrooke est à environ 1 h 30 de Montréal (parfois 2 h avec le trafic), ce qui se fait bien quand on s'habitue aux distances nord-américaines. La région est aussi proche de la frontière américaine, mais plus éloignée des Laurentides ou de la ville de Québec par exemple. Cela fait maintenant 3 ans et demi que nous sommes ici. Une fois la phase d'adaptation passée et les habitudes installées, le manque de la France peut se faire sentir de façon importante (la nourriture, la culture, le climat, la proximité de la famille, etc.). Il y a du bon et du moins bon des deux côtés. Il faut aussi être conscients qu'on peut parfois faire face à des réactions de rejet ou des stéréotypes envers les Français (se faire percevoir comme les « maudits Français » ou « les colons » peut être pesant à la longue). Mais le plus difficile reste souvent la précarité liée aux statuts temporaires, qui donne parfois le sentiment de ne pas être tout à fait chez soi. Ceci n'est bien sûr que notre ressenti et notre propre vécu. Il y aurait encore mille choses à raconter ! Nous sommes des milliers à tenter l'aventure, et même si nous traversons souvent les mêmes étapes, chacun le vit à sa façon. C'est aussi ce qui fait la richesse de l'expatriation ! Bon courage à vous.
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