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Showing content with the highest reputation since 03/28/2019 in Blog Entries

  1. 2 points
    Bonjour à tous, Tout d'abord je me présente : Je m'appelle Laurent et j'ai 48 ans. Mon ami en a 52. Mon ami à vécu 22 ans au Quebec et est revenu en France en 2015 pour raisons familiales. N'étant pas resté assez longtemps sur le sol Canadien lors du dernier renouvellement de sa résidence permanente, bien que sa carte soit toujours en cours de validité, il doit lui aussi reprendre le processus d'immigration depuis le début ! Cela fait deux ans que nous nous sommes rencontrés et cela fait deux ans que je l'entends dire qu'il veut retourner au Quebec, qu'il ne trouve pas sa place dans la société Française etc... Bien installé dans ma petite vie (bon salaire, horaire de bureau etc...) je l'écoutais d'une oreille amusée sans pour autant envisager une seule seconde de partir vivre ailleurs qu'en France. Et puis le déclic : - A 48 ans il est temps de faire ce que j'aime, de partir à l'aventure ( avec quand même quelques garanties)......Alors j'accepte de tenter l'expatriation au Quebec. Début des démarches : Nous nous sommes inscrits sur ARRIMA en juillet 2019. Bien entendu pas d'invitation reçue à ce jour ! Le 31 Octobre nous avons participé à une réunion d'information avec Objectif Quebec où j'apprends qu'une possibilité d'immigration peut se faire via la reprise des études ! Re Déclic : - Pourquoi ne pas suivre une formation professionnelle dans un métier qui me passionne depuis toujours à savoir la coiffure ? Passer par la formation professionnelle permet d’intégrer le programme PEQ ( programme d’expérience Québécoise). A ce jour il faut suivre une formation de 1800h or la coiffure ne fait que 1455h...Premier écueil sur notre route... Je déclenche un RDV Skype avec " Accès étude Quebec" et durant ce RDV j'apprends que mon conjoint, bénéficiera d'un permis ouvert durant mes études ( 14 mois) + permis post étude ( 14 mois) pour un total de 28 mois. Ce permis lui permettra, en tant que conjoint d'un étudiant, de postuler pour bénéficier du PEQ ! On se lance donc et je m'inscris au CFP de Montreal avec une rentrée prévue le 31/08/2020. Nous sommes donc à ce jour en attente de la lettre d'admission du CFP afin de pouvoir entamer les démarches d'immigration à proprement parler. Suite au prochain épisode.....
  2. 2 points
    Iberys03

    Expatriation épisode 2

    Réception ce soir le 09 décembre de la lettre d’acceptation du CFP de Verdun à Montreal pour une rentrée scolaire le 31/08/2020. Enfin quelque chose de concret dans nos démarches, ça fait du bien et le moral est regonflé. Nous allons maintenant attaquer le plus dure à savoir les démarches d’immigration pour obtenir les permis et visas nécessaires. On croise les doigts pour que tout fonctionne correctement et que le prochain billet sur ce blog soit plein de réjouissances ! Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année.
  3. 2 points
    Adieu été indien. Adieu paysages de carte postale. Place à la grisaille et au spleen automnal. Les feuilles se raccrochent désespérément à leur branche. Mais pour combien de temps encore? Elles finiront par manquer de chlorophylle et dépérir au pied des arbres. Ou elles se laisseront emporter par le vent. Épuisées. Comme tous ces immigrants qui finissent eux aussi par lâcher prise. C’est déprimant de voir autant de connaissances quitter les Cantons de l’Est. Mes amis liégeois Nous étions arrivés dans la région à la même période. Le courant est passé tout de suite. Lui: était venu pour un postdoctorat à l’université de Sherbrooke. Elle: a cumulé une job dans un callcenter et un quart de nuit dans un fastfood. Ce n’était pas à ça qu’elle aspirait en immigrant. Mais il fallait bien payer les factures. En septembre, ils sont partis poursuivre leur aventure sur Québec. En espérant y trouver mieux. Mes maudits français Au début c’était intéressant d’écouter leurs commentaires critiques. Puis c’était devenu tellement systématique et méchant que je me demandais ce qu’ils faisaient encore ici. Elle: recrutée aux Journées Québec. Lui: est sorti d’une grande école française, l’une des meilleures paraît-il. En fait, je n’en sais rien. Et beaucoup d’employeurs québécois non plus, apparemment. Ça l’a vexé pas mal. Une fois leur Résidence Permanente acquise, et après avoir râlé contre tous ces gens incapables de reconnaître la valeur de son prestigieux diplôme, il a convaincu sa blonde de déménager à Montréal. Revenir dans sa zone de confort. Travailler pour une grande entreprise bien française. Nos partenaires de tennis L’accès aux courts de tennis extérieurs est gratuit. A la belle saison, c’est excellente opportunité pour se maintenir en forme et de faire des rencontres. Elle: ex-architecte, s’occupait de sa garderie familiale. Lui: auditeur financier, avec un permis temporaire. Ils se voyaient s’installer ici, construire une fermette au milieu des bois, chasser l’orignal, etc. Et puis bardaf : l’entreprise l’a mis à pied. Tout a basculé. Cela fait présentement plusieurs mois qu’il peine à rebondir. Le bassin d’emplois est restreint en région. Grosse remise en question de leur projet d’immigration. Le Canada n’est peut-être pas l’Eldorado imaginé. Nos voisins boliviens Ils étaient arrivés au Canada sans parler un mot de français et avec presque rien. Présentement, ils ont l’une des plus jolies maisons du voisinage. Lui: a quitté la Bolivie il y plusieurs années. Depuis, il s’est fait une place à Sherbrooke. Elle: après plusieurs années a finalement trouvé une job à la hauteur de ses attentes. A 2 heures de route. Fatiguée de faire la navette, elle a fini par prendre un appartement en ville. Ça semblait plus pratique. Vraiment? Il paraît qu’un couple de nouveaux arrivants sur 2 finit par se séparer. Même avec la plus grande motivation, les motifs sont nombreux pour refaire ses valises,immigrer un peu plus loin ou rentrer dans son pays d’origine : insatisfaction professionnelle, choc culturel, éloignement familial, hiver trop long, difficultés financières, intégration difficile, chicanes de couple, déception globale…. Une idée noire qui tourne, tourne et tourne en rond dans un petit appartement peut vite faire remonter à la surface beaucoup de ressentiments. Une job stimulante et une rémunération confortable aident beaucoup à apprécier la qualité de vie au Canada. Clairement, l’épanouissement professionnel est l’une des meilleures clés pour réussir son immigration. Pourtant je vois beaucoup de personnes autour de moi qui ont mis leurs ambitions professionnelles entre parenthèses pour suivre leur conjoint(e). Elles se disent (ou se font dire) : tout est possible au Canada, quand on veut on peut, il suffit de, on s’adaptera, on cherchera sur place… Mais, et si on ne trouvait rien de satisfaisant? Comment être heureux dans son couple si on doit se contenter d’un poste d’agent d’accueil alors qu’on a été conseillère RH avec 10 années d’expériences hors Canada? Comment rester optimiste quand cela fait 3 ans qu’on est coincé dans une job de mécanicien au salaire minimum à Chicoutimi après avoir été ingénieur chez Airbus? Est-ce vraiment cela immigrer? Un mélange d’égoïsme et de sacrifice naïf? Pour un couple qui réussit son pari, combien souffrent en silence? Ce n’est pas évident d’immigrer en famille. La barre est placée très haut. Pendant ce temps, le vent continue d’arracher les feuilles jaunies. Et ces amitiés auxquelles je m’étais habitué.
  4. 1 point
    Iberys03

    Expatriation épisode 3

    vendredi 20 décembre, expédition par courrier des documents utiles pour la demande de CAQ. Avant l'envoie papier, une inscription en ligne est nécessaire. A ce stade pas de soucis particuliers pour remplir les formulaires et fournir les documents demandés. Là où cela se complique c'est à l'étape suivante : demande du permis d'étude ! On passe du Québec au Canada et jongler entre les deux systèmes n'est pas forcément aisé. ON NOUS DEMANDE ALORS DES TAS DE DOCUMENTS, DES PREUVES EN TOUT GENRE... EXEMPLE : prouvez que votre conjoint rentrera en France à l'issue de vos études. ( billet d'avion retour, RDV médicaux...) Dans la mesure où ma formation durera 14 mois et que j'envisage le permis post étude, comment prouver le retour en France dans 28 mois ? je comprends qu'il faille au Fédéral des documents et preuves divers afin de faire un tri sélectif des milliers de demandes qu'ils doivent recevoir, mais ce qui me fait sourire c'st qu'aussi bien en France qu'au Canada, le mur de la bureaucratie s'élève à chacune de vos avancées . Tellement peur de faire une bêtise et de se voir refuser le permis d'étude que nous envisageons de nous faire assister par un cabinet d'avocat spécialisé en immigration , j'ai contacté le cabinet Brunel et j'attends leur réponse. Allez, haut les cœurs et en avant . Suite au prochain épisode....
  5. 1 point
    Maîtriser le français est essentiel pour réussir son intégration au Québec, mais est-ce suffisant pour assurer la réussite de son immigration? La question est ouverte. Pour ce qui me concerne, avec un statut de travailleur temporaire, je ne veux écarter aucune option. Il est possible que mes enfants fassent leur vie au Québec tout comme il est possible qu’un jour ma compagne me convainque de poursuivre notre aventure en Nouvelle-Zélande, que nous migrions en Amérique du Sud ou simplement que nous nous installions dans une autre province canadienne. Qui sait de quoi notre avenir d'immigrant sera fait ? D’ici là mes enfants continuent leur scolarité dans une école bilingue. Et voici quelques éléments que je partage sur l’avantage d’être bilingue en tant que nouvel arrivant. Autant que je me souvienne, en Belgique, être trilingue est un prérequis de base pour la beaucoup d’emplois de qualité. C’est sans doute pour cela qu’encore aujourd’hui, j’ai du mal à me faire à l’idée que beaucoup de mes voisins québécois maîtrisent si imparfaitement l’anglais. Ici, en Amérique du Nord. Ici, dans la région de Sherbrooke. Nous avons pourtant une présence anglophone relativement importante - à Lennoxville ou North Hatley par exemples - et la frontière US n’est qu’à une trentaine de minutes. Pendant les périodes touristiques, la gêne est palpable. Quand nous vivions à Toronto, ma conjointe a travaillé un temps dans l’aéronautique. Après quelques jours seulement, elle devenait le principal point de contact notamment de tous les fournisseurs québécois. Outre ses habiletés, ce qui a justifié cette promotion rapide : elle était la seule personne parfaitement bilingue dans tout son département. Une qualité différentielle qui s’est avérée gagnante. Dans un économie globale, être unilingue peut vite devenir un handicap. Il y a quelques mois, je discutais avec un informaticien de Chicoutimi. Il m’expliquait qu’après plus de 25 années dans la même compagnie québécoise, certains collègues qui étaient rentrés en même temps que lui sont, depuis, devenus directeurs. Lui a sans doute atteint prématurément l’apogée de sa carrière. Il aurait pu évoluer vers plus de responsabilités : diriger des équipes au Canada ou en Inde, négocier avec des fournisseurs d’autres provinces, etc. Mais à l’évidence sa non-maîtrise de l’anglais ne lui permet pas de nourrir de trop grandes ambitions. Résultat : la compagnie a recours au recrutement international pour chercher à l’étranger des gestionnaires parfaitement bilingues. Le Canada est officiellement un pays bilingue. Mais avec un seuil de 18% d’après les chiffres du dernier recensement. Cela laisse pas mal de place pour les immigrants qui auront pris la peine d’investir du temps et tout l’effort nécessaire pour maîtriser les deux langues nationales. Pour les autres, cela reste dommage de vouloir immigrer au Québec par défaut, parce qu’on ne maîtrise hélas que le français. Au contraire, arriver sur le marché du travail en présentant des compétences que la plupart des Canadiens n’ont malheureusement pas c’est, d'après ma petite expérience personnelle, une excellente carte à jouer pour booster son immigration. Particulièrement lorsqu’on sort de nulle part, avec un diplôme délivré par un établissement inconnu, des références professionnelles suspectes et des recommandations douteuses. Voilà sans doute pourquoi aussi, même lors des Journées Québec, la plupart des recruteurs prennent quelques instants pour sonder le bilinguisme des candidats à l’immigration. Alors, le bilinguisme: un avantage plus important qu'il n'y paraît?
  6. 1 point
    Bilan après un an (ou presque...) Chaque projet d’immigration est unique. Il n’appartient qu’à ceux qui le vivent et reste fondamentalement dépendant des conditions dans lesquelles il émerge. Chaque personne, qui quitte son pays pour aller s’installer dans un autre, projette des attentes, des envies ou des besoins dans sa volonté de changement. Si certaines expériences apportent des clés, des indices sur ce qu’il faut faire, ou pas, aucune ne peut vraiment se calquer à la nôtre. Aussi, ce bilan dressé après un an passé ici, n’est que le nôtre. Uniquement le nôtre. Notre expérience peut se partager, mais ne doit pas être perçue comme une vérité, ni comme une réalité qui s’impose à tous. Elle n’est que le reflet de ce que nous avons découvert et vécu, en lien avec notre parcours de vie et avec les attentes que nous avions placées dans ce désir de départ. Chaque projet d’immigration est unique. Émigrer, immigrer, est une épreuve et une aventure. Peu importe ce que nous cherchons dans ce nouveau départ, peu importe les motivations qui nous poussent à le faire, cette expérience est une épreuve. Une épreuve personnelle et familiale. Une épreuve difficile humainement, socialement et professionnellement. Une épreuve qui nous transforme. Mais c’est également une aventure extraordinaire, qui nous amène à nous dépasser, à affronter nos craintes, à remettre en cause nos acquis, à sortir de notre zone de confort ; une aventure propice à la remise en question, à l’introspection, qui nous apprend beaucoup sur nous-même. Une aventure riche d’enseignements et d’apprentissages, pour nous, pour nos enfants. Voilà donc bientôt un an que nous avons foulé le sol de cette nouvelle vie. Un projet qui a vu le jour voilà plus de dix ans, après le visionnement d’un reportage sur une famille qui traversait le continent américain, avec pour objectif d’aller manger du sirop d’érable coulé sur une petite cuillère de neige, à Québec, le soir de Noël. Une fois la télévision éteinte, nous nous étions dit que, nous aussi, nous ferions cela un jour. Sans y prêter trop attention, le projet a mûri dans nos têtes. Le Québec était toujours en toile de fond, malgré notre vie qui se poursuivait ailleurs. Jusqu’à ce séjour de découverte, à l’été 2012, qui a définitivement scellé notre désir de tenter l’aventure. En décembre de la même année, le dossier d’immigration était lancé. Deux ans et demi de procédures administratives plus tard, le projet est devenu réalité. Le 23 juillet 2015, toute la petite famille (deux adultes, notre fille de 13 ans, notre fils de 10 ans et notre vieux toutou) a posé le pied en terre inconnue, avec quatre valises, quelques cartons, et de quoi subsister quatre ou cinq mois sans travail. Rien de plus. Tout un défi ! Le sentiment prédominant chez moi le jour de notre arrivée a, sans conteste, été la solitude. Une fois passées la longueur des procédures, l’excitation du déménagement, la tristesse des au-revoir, une fois achevées les dernières procédures au bureau de l’immigration et après avoir entendu de la bouche de la préposée la petite phrase libératrice « bienvenue au Québec », ce projet d’immigration s’est révélé à moi, dans toute sa réalité, le soir où nous nous sommes retrouvés seuls, tous les quatre, avec nos valises, dans la maison que nos amis nous ont si gentiment prêtée pour notre première nuit à Montréal. Une solitude qui s’est accompagnée d’un flot de questionnements, de craintes et d’angoisses. Une solitude engendrée par nos seuls choix. Une solitude à affronter et à assumer. Le début de notre vie québécoise. Il est incroyable de constater comment, dans ces moments où nous perdons tous nos repères, nos instincts les plus primaires se réveillent en nous. Manger, boire, dormir, s’assurer que tout notre petit monde va bien. Voilà les premières préoccupations, très matérielles, qui ont été les nôtres en ce premier jour. Subvenir à l’essentiel. Passer symboliquement le cap de la première nuit pour pouvoir se dire « un jour de passé, c’est bon. Il peut y en avoir plein d’autres alors. » Une réflexion qui peut sembler idiote, mais qui a été la mienne et ces premiers instants. Le deuxième jour, s’est posée la question du toit à mettre sur notre tête. Le contact téléphonique avec le propriétaire, établi depuis la France et finalisé par la signature du bail, a été bon. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce n’était qu’un bout de papier signé à des milliers de kilomètres, sans garantie autre que la parole donnée, et que des surprises, bonnes ou mauvaises, peuvent toujours survenir. Nous concernant, cela a été une bonne surprise. Tout s’est déroulé pour le mieux et, même s’il nous a fallu plusieurs jours pour nettoyer et investir les lieux, nous avions enfin un domicile à Québec. Soulagement. Les premières semaines de cette nouvelle vie ont été bercées au rythme des procédures administratives, encore et toujours. Cela nous a permis de nous familiariser peu à peu avec la ville, que nous parcourions en bus, par choix de ne pas investir dans une voiture. Notre logement est situé en plein centre-ville et ce poste de dépenses n’a pas été, volontairement, prévu au budget (nous optons, depuis bientôt un an, par les déplacements en transports en commun et avons recours à de la location ponctuelle de voiture pour les jours où ce besoin se fait sentir. Un bon compromis pour nous). Mais revenons à ces premiers jours, rythmés par les démarches administratives. Certains diront qu’elles sont fastidieuses. Peut-être. Pour nous, chacune d’elle a marqué un point de fixation à notre pays d’accueil. Le numéro d’assurance sociale, indispensable pour travailler, première victoire. La carte d’assurance maladie, le permis de conduire québécois, l’obtention de notre carte bancaire, autant de procédures qui ont scellé cette nouvelle appartenance à la société québécoise. Jusqu’à l’obtention de notre carte de résidents permanents, que nous avons si longuement attendue et qui a achevé de faire de nous des citoyens, au sens symbolique du terme. Migrants, résidents permanents, certes, mais citoyens dans nos têtes. S’intégrer dans cette nouvelle société, n’a pas été difficile. L’état d’esprit dans lequel cette démarche se fait importe beaucoup. Nous étions influencés par notre première expatriation hors du territoire métropolitain français, lorsque nous sommes partis vivre six ans à l’île de la Réunion. Même si la Réunion est un département français, sa culture, son histoire, sa situation géographique, son climat et son mode de vie singulier nous ont conduits au même effort d’intégration que celui que nous menons ici. Ne pas venir en conquérant. Cela est important. Essentiel même. Ne pas arriver en comparant, même si la réalité fait que cela arrive parfois. Nous avons toujours eu à cœur, à la Réunion comme au Québec, de laisser s’exprimer notre envie de connaitre, d’apprendre, de découvrir, de nous confronter à de nouvelles cultures, à d’autres manières de vivre, de penser et de faire, avec respect et humilité. Tout comme nous avons toujours eu le souci de ne pas passer pour les Z’oreils, au sens péjoratif du terme, à la Réunion, nous avons le même souci de ne pas passer pour les maudits français, ici. Je pense qu’à ce jour, nous suivons fidèlement cette ligne de conduite. Notre fille aînée, âgée de treize ans, a été parti prenant dans cette aventure, à l’opposé de son frère. Elle s’est toujours montrée investie auprès de nous et a toujours fait sentir sa volonté de mener le projet à son terme. Elle a également, très certainement, dissimulé et tu beaucoup de ses appréhensions et de ses craintes, par souci de nous préserver. Je sais qu’elle a pu vivre, en silence, des moments difficiles et je comprends parfois certaines de ses réactions virulentes, qui ne sont pas uniquement liées à la simple manifestation de son adolescence naissante. Partir avec des enfants, les faire embarquer dans notre train, n’est pas chose facile, même lorsqu’ils adhèrent, à minima, à notre projet. Il faut savoir décoder certains comportements et prendre le temps de parler. La rentrée scolaire a été chargée d’émotion. Un sentiment très particulier m’a envahi, lorsque j’ai laissé mon fils de dix ans traverser la cour d’école à l’appel de son nom. Je l’ai regardé partir, dos à moi, vers de nouveaux camarades, un nouvel instituteur, une nouvelle école, une nouvelle vie. Lui qui n’a jamais adhéré à ce projet, qui a toujours catégoriquement refusé de nous accompagner, qui aurait tant voulu rester en France, auprès de ses amis, de notre famille, et que nous avons déraciné de force. Je l’ai regardé partir, perdu au milieu de cette foule bruyante, me cherchant du regard, subissant tant bien que mal une situation qu’il avait toujours refusée, faisant visiblement des efforts pour ne pas céder à la panique et aux larmes. Je me suis dit que nous avions le devoir de réussir. Coûte que coûte. Il le fallait. Impossible d’échouer, car il ne nous le pardonnerait jamais. Le temps a fait son œuvre et notre garçon semble aujourd’hui heureux, ou tout du moins content, de cette nouvelle vie. Mais il nous a reproché longtemps, et nous reproche encore parfois, le déracinement que nous lui avons fait vivre. Immigrer, tout quitter, c’est aussi assumer le risque que nos enfants ne partagent pas notre projet. Un obstacle très sérieux à prendre en compte et à vivre. Une expérience parfois douloureuse pour tous. Le dialogue est toujours ouvert à la maison et chacun peut exprimer ses ressentis sans crainte d’être jugé. Libérer la parole est d’une aide précieuse dans des circonstances difficiles. Nous prenons régulièrement le temps de laisser nos enfants parler, verbaliser, exprimer leurs émotions face à cette nouvelle vie. Nous constatons qu’au fil du temps, ils l’apprécient et parviennent à se tisser un nouveau réseau social. Ils nouent de nouvelles amitiés, se créent de nouveaux repères, montent de nouveaux projets. Ils avancent, ils s’adaptent. Comme nous. S’adapter, s’intégrer, sont des mots qui, pour nous, ont été synonymes de travail. Nous sommes venus au Québec sans emploi. Trouver un travail à des milliers de kilomètres de distances, sur un marché du travail très flexible, dans lequel tout peut se jouer en quelques heures seulement, nous est apparu vain. Nous avons opté pour le pragmatisme en nous disant que notre dossier d’immigration avait été retenu et classé prioritaire, au regard de nos domaines de formation (responsable d’établissement pour personnes âgées ou dépendantes concernant mon épouse et éducateur spécialisé me concernant). Cela signifiait pour nous, au regard des critères drastiques d’immigration fixés par le Canada et le Québec, que nos métiers trouveraient certainement des débouchés ici. C’était un pari sur l’avenir à prendre. Nous l’avons pris. Depuis le début de notre projet, nous savions que nos économies ne nous permettraient pas d’aller au-delà des fêtes de fin d’années si nous ne trouvions pas rapidement de travail. Trois semaines après notre arrivée, le temps de nous installer, nous avons intégré un club de recherche d’emploi. Ces clubs permettent de réseauter rapidement et de faciliter l’accès au marché caché du travail. Ainsi, si 20 à 30% des offres de travail sont disponibles à tous sur internet ou dans divers supports d’annonces, l’essentiel des postes à pourvoir (entre 70 et 80% selon les chiffres avancés au sein du club de recherche) se trouve par le biais de l’exploration du marché caché (annonces paraissant à l’interne des entreprises, postes allant s’ouvrir sans affichage officiel, bouche-à-oreille, démarchage informel d’employeur, rencontres diverses, etc.). Il nous a fallu travailler autour de notre CV, nous préparer à démarcher de potentiels employeurs, à passer des entrevues d’embauche, nous adapter à de nouvelles terminologies d’emplois, accepter de repartir de plus bas (peut-être le plus difficile). Une véritable remise en cause à faire, qui n’a pas été des plus simples. Nous avions, mon épouse et moi-même, des emplois satisfaisants en France, qui nous permettaient de vivre correctement. J’étais employé de la fonction publique. Un emploi des plus stables. L’acceptation, le deuil de cet emploi, n’a pas été facile. Il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer ce changement. Malgré les difficultés, cette expérience a été des plus concluantes, puisque nous avons eu la chance de retrouver facilement du travail. Des rencontres fortuites, des coïncidences heureuses, mais aussi la volonté et l’acharnement à vouloir décrocher quelque chose vaille que vaille, ont eu raison de nos doutes. Un mois après notre arrivée, j’ai retrouvé un emploi. Un mois plus tard, mon épouse travaillait. Le soulagement ressenti a été énorme, même si la réalité de ce marché du travail fait que rien n’est jamais joué d’avance et qu’il faut se préparer à être débarqué du jour au lendemain. Nous connaissons les règles de ce jeu et les avons acceptées, en nous disant que s’il est facile de perdre son emploi, il est également facile d’en retrouver un. La peur n’évitant pas le danger, nous profitons de chaque jour et le prenons pour ce qu’il est : une vie à lui tout seul. Des bilans, nous en avons fait. Plein. Quotidiennement ! Lorsque notre vie est à ce point bouleversée, chaque expérience est l’occasion de faire le point, ou presque. Certains jours ont été plus prospères que d’autres. Le cap des premiers mois est important à franchir. Trois mois ? Six mois ? Le délai varie selon chacun. Me concernant, il a fallu près de huit mois pour stabiliser mon moral, mes humeurs, pour être rassuré et confiant, pour être dans une dynamique plus positive. J’ai réellement connu des hauts saisissants et des bas vertigineux, en l’espace de quelques jours, voire quelques heures. Le prix à payer pour vivre une autre vie. Une autre vie ? Vraiment ? Le processus d’immigration est usant physiquement et nerveusement, même quand il est bien préparé. Il faut être solide pour affronter tous les obstacles qui se dressent devant soi, et nous comprenons que certains puissent renoncer. Nous concernant, nous n’y avons pas pensé. Nous nous sommes dit que nous n’avions pas vécu deux ans et demi de procédures pour abandonner sans nous laisser une chance de réussir. Des échéances ? Nous n’en avons pas. Pas vraiment. Nous ne nous fixons pas de durée pour rester ici. Nous ne savons pas si nous rentrerons, ou pas, un jour nous établir en France, ou ailleurs. Nous profitons de chaque jour en nous disant que l’avenir nous dira quoi faire. Notre intégration se poursuit. Notre réseau social, amical et professionnel se modèle. Nos repères s’ancrent peu à peu. Nous nous posons et sentons une grande fatigue nous gagner. Les mois écoulés n’ont pas épargné les organismes. Malgré les difficultés, nous savourons le goût de cette expérience. Nous sommes heureux de vivre les changements que nous avons occasionnés, car les changements, même radicaux, sont toujours bénéfiques. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, sur nos capacités d’adaptation. Nous savons qu’il faut tenter sa chance lorsque l’occasion se présente. Aujourd’hui, nous sommes conscients des risques que nous avons pris en réalisant ce projet. Même s’ils étaient anticipés et planifiés, les vivre a été une épreuve et une aventure formidables. Tout n’est pas, non plus, encore gagné et beaucoup d’obstacles risquent encore de se dresser sur notre route. Mais nous restons confiants. Confiants en nous-mêmes, confiants en nos enfants et confiants en l’avenir.
  7. 1 point
    Si tu es un(e) Français(e) qui vit au Canada, voici un scoop : sache que tu ne passes pas inaperçu(e) au supermarché ! Et oui, c'est comme ça : même si tu vis depuis longtemps au pays des grands espaces, et que tu te sens complétement intégré(e), tes gènes français te trahissent lorsque tu fais tes courses ! Voici la preuve par 16 : 1- Tu RÂLES... ... parce qu'il y a la queue, parce que tel produit est trop cher, parce qu'il fait trop froid/trop chaud dans le supermarché, parce que tu ne trouves pas tel produit, etc. Bref, tu râles... (Mais c'est normal : c'est dans ta nature !) 2-Tu "tiques"... ... quand un employé te soutient que le Cheez Whiz c'est du fromage. 3- Tu es très critique... ... au sujet de certains produits que tu vois en rayon (et parfois même, tu te "lâches" à voix haute). 4- Tu te tords de rire... ... en lisant le descriptif ou la traduction de certains produits. 5- Tu rêves... ... de "gruger" en caisse, pour passer plus vite (mais tu ne le fais pas car iciTTE, les gens sont civilisés). 6- Tu ne comprends toujours pas... ... ce que font les "Jello" dans le rayon des yaourts/yogourts (ni comment on peut aimer ça, d'ailleurs...). 7- Tu hallucines encore et toujours... ... devant le prix du fromage. 8- Tu restes toujours sceptique... ... devant le côté "bon pour la santé" des baby-carottes (qui n'ont de "baby" que le nom...), les reines de la trempette. 9- Tu apprécies... ... qu'iciTTE, il y ait toujours un employé pour t'aider à mettre tes achats dans des sacs. 10- Tu soupires... ... en te rappelant que tu dois passer à la SAQ en sortant, puisqu'il n'y a que des vins de m***** vendus en supermarché. 11- Tu te demandes pourquoi... ... on trouve du lait UHT en France, et pas au Canada (et si tu connais la réponse, mets-la dans les commentaires STP, car je ne sais toujours pas pourquoi, après 10 ans au Canada). 12- Tu regrettes le temps... ... où tu habitais à côté d'un Picard. 13- Tu trépignes... ... en attendant le "petit" colis de victuailles que ta mère t'a envoyé de France. #EnManque #MerciMaman 14- Tu jouis littéralement... ... en découvrant dans ton supermarché, pour la 1ère fois depuis ton installation, des Galettes Saint-Michel... ! NB : Réaction identique également possible après avoir découvert du foie gras, des confitures Bonne Maman, des lardons, du caramel à la fleur de sel, de la pâte feuilletée à dérouler, des Petits Écoliers, des herbes de Provence, etc. 15- Tu fais l'ouverture du magasin quand tu sais... ... qu'un fromage français est en promotion... 16- Mais parfois... ... tu arrives trop tard et il n'y en a déjà plus (et là, c'est le drame !)... ********************************* Alors, penses-tu encore passer pour un "local" quand tu fais les courses, depuis que tu vis au Canada ? Si j'ai oublié une réaction, rajoute-la dans les commentaires STP ! La liste ne demande qu'à être allongée... Et si tu as aimé ce billet, abonne-toi à mon blog : Expatriation, Tourisme & Cie !
  8. 1 point
    L’autre soir, en faisant mon épicerie, j'ai croisé mon conseiller financier. Après m'avoir reconnu, il m'a salué par mon nom. Sans hésiter. C'est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Avant le Canada, mes relations n’ont jamais été terribles avec les banques. Je suis pourtant resté plus de 20 ans avec la même institution financière. Le nom, le logo et même le personnel a souvent changé. Mais sans aucun bénéfice personnel. Jamais personne n'a semblé savoir qui j'étais sans au préalable devoir regarder ses fiches. Histoire sans doute de bien me faire sentir que je n'étais qu'un petit dossier anonyme et misérable. Juste bon à subir docilement l'augmentation annuelle des frais en tout genre. Au canada, avantage au client Bien entendu, même au Canada, les banques ne sont pas là pour donner de l'argent. Il ne faut pas rêver. Mais c’est tout de même le jour et la nuit pour ce qui concerne la relation clientèle. De nombreuses entreprises gagneraient à envoyer leurs cadres faire un stage au Canada. Voici quelques exemples qui pourraient les inspirer…. Dans les premières semaines de mon immigration, j'ai beaucoup apprécié les ateliers d'information organisés pour expliquer le système bancaire canadien aux nouveaux arrivants : comment retrouver des services équivalents à ce que je connaissais, la signification des sigles locaux (REER/CELI/REEE/...), mes obligations fiscales en Europe, etc. Bien sûr, je n'ai pas hésité à contacter différentes banques, histoire d'entendre différents sons de cloche. Mais à chaque fois, j'ai pu obtenir un rendez-vous dans un délai très bref et discuté longuement avec un conseiller. Waouh ! Toujours la même disponibilité pour partager des conseils. Et si nos discussions devaient déborder, ça n’a jamais été un problème. C'est comme arriver dans une agence bancaire à cinq minutes de la fermeture. Non seulement, personne ici ne m'a jamais dit "désolé on va fermer, revenez demain", mais s'il faut passer encore 30 minutes avec moi, le personnel l'a toujours fait avec un grand sourire. Dans beaucoup de domaines on répète mécaniquement que le client est roi. Mais il faut vraiment être au Canada pour vivre cette qualité d’attention. Le choix d'une banque Choisir une banque est l'une des premières priorités pour un immigrant. Car après tout, ça ne fait pas de sens de garder tout son argent sous un matelas. Mais quelle banque choisir ? Le marché est tellement concurrentiel que la plupart des places se marquent à la culotte. On pourrait toujours choisir une banque sur des critères de proximité, de maillage, de type de ristournes (boni dollars ? points air miles ? ...), de coûts de services ou même de goodies. L'avantage en tant que nouvel arrivant, c'est de bénéficier d'offres préférentielles pendant les premières années. Alors pourquoi se priver ? Desjardins, BMO, BNC, RBC, ScotiaBank, HSBC, TD Bank… Toutes déploient beaucoup d’efforts pour séduire les immigrants. On aurait tort de ne pas profiter de ce rapport de force pour essayer et comparer différentes solutions. Et comme si dérouler un tapis rouge pour les nouveaux arrivants n'était pas suffisant, les banques sont prêtent à accueillir l'argent des immigrants mais aussi celui des futurs immigrants. Pour preuve : il est tout à fait possible d’ouvrir un compte bancaire au Canada à distance, avant même d’y poser un pied, ou sur place avec un statut de touriste. J’ai vécu ces deux expériences. Un banquier plutôt qu'une banque Ouvrir un compte en banque au Canada, ce n’est vraiment pas compliqué.J’ai ouvert des comptes pour collectionner Ipad, télévision, et autres cadeaux de bienvenue. Puis, je n'ai pas hésité à partir ailleurs. Les néons et offres promotionnelles, c'est bien pour attirer le chaland. Mais ensuite il faut travailler pour le fidéliser. Même au sein d’une même banque, la qualité de la relation avec un conseiller fait toute la différence. Il est tout à fait possible qu’un jour j’opte pour une banque en ligne. Mais d’ici là, en tant que nouvel arrivant, j’ai surtout cherché des conseils pour démarrer les choses correctement. Alors un banquier qui a une vraie empathie, parce qu'il a personnellement vécu une expérience d'immigration ou parce qu'il a une expertise dans l'accompagnement de nouveaux arrivants qui me ressemblent, moi, ça me rejoint davantage qu’un expert financier dont l’horizon se limite à la Beauce et qui me regarde avec des gros yeux quand je lui demande à quoi sert encore un chéquier au XXI siècle. Il y a des tonnes de sujets qui peuvent sembler tellement évidents pour un Canadien. Mais voilà, je ne suis pas Canadien. En fait, en tant qu’immigrant récent, je n'ai pas besoin de conseils. Merci bien. Je veux juste des conseils pertinents s'il vous plaît. Sans que j'ai à systématiquement poser de question pour obtenir des débuts de réponse. Parce que c’est impossible de savoir tout ce que j’ignore. Et si ce n'est pas un conseiller bancaire qui m'explique spontanément pourquoi et comment bâtir mon historique de crédit, qui l'aurait fait à mon arrivée au Canada ? Qui m'aurait guidé pour faire le ménage dans mes produits financiers en Belgique/France ? Ça prend quand même un certain vécu pour discuter avec moi de mon retour éventuel, à l’heure de la retraite ou précipitamment en cas d’imprévu. Pour l’immigrant que je suis, trouver le bon interlocuteur, qui comprend suffisamment mes défis, c'est juste essentiel. Bien sûr il arrive que des conseils soient à côté de la plaque. Et prodiguer des conseils pertinents n’empêche pas mon banquier d'essayer, de temps en temps, de me vendre des produits maison hors de prix. C'est de bonne guerre. A moi de faire mes devoirs. N'empêche, si un jour il changeait d’institution, il est possible que je le suive. Qu'importe le nom de la banque. Pourquoi pas. Ça fait bizarre mais je suis content que mon banquier canadien me reconnaisse en ville. A force d’échanger, nous avons appris à nous apprécier en tant que personnes. Je n'ai jamais cru cela possible avant d'immigrer. Étonnant. Nous ne sommes pas rendus à être des amis facebook – faut pas pousser - mais il figure dans mes favoris téléphoniques. Je mesure qu'un avis d’expert, surtout quand il est question de sous, c’est toujours bon à prendre dans le démarrage d'une aventure.
  9. 1 point
    Dans sa biographie, Boucar Diouf, raconte ceci au sujet de son arrivée au Québec pour y poursuivre ses études universitaires : “avant mon départ, j’ai eu une semaine de cours intensifs sur le choc culturel et l’adaptation à la culture québécoise. Par contre, on avait omis de me parler du choc thermique. C’est ce que j’ai compris lorsque j’ai découvert l’hiver du Québec en robe africaine”. On a beau s’y préparer, l’hiver canadien garde souvent des surprises. La dernière semaine de février nous avions des journées à +18°C. Une semaine plus tard, il a fallu ressortir les pelles et les grosses couvertures; la température ressentie était descendue à -30°C. L’hiver sera encore notre réalité pour plusieurs semaines. Mais cela n’empêche pas de déjà dresser un bilan sur les leçons à retenir. Ce que j’aime toujours : les enfants sont en pleine forme. Certes les températures sont relativement extrêmes mais le froid est sec et plus supportable qu'en Europe. Les aérosols et autres rendez-vous incessant chez le pédiatre sont un lointain souvenir. les factures Hydro raisonnables malgré nos baies vitrées et les températures hivernales. Autant notre premier appartement était une passoire thermique, autant pour notre maison, je dois reconnaître, les canadiens maîtrisent le froid. la surabondance d'activités gratuites ou à prix modérés : festivals des neiges chaque fin de semaine de janvier/février, pistes de ski à moins de 20 minutes de chez nous, patinoires sur lac, glissades sur tube, etc. les grande tablées. La famille est toujours la bienvenue, mais nous pouvons aussi compter sur nos amis québécois pour venir partager un lapin à la bière, des pralines maison ou encore notre tiramisu au spéculoos. un noël blanc avec toutes les maisons décorées de guirlandes lumineuses. Certains budgets se chiffrent joyeusement en milliers de dollars. Mais qu'importe : c'est beau. profiter des paysage magnifiques autour d'un feu, avec des marshmallow grillés et un bon verre de vin chaud. Ce que j’ai découvert : le Yukigassen : une activité qui combine le hockey, le ballon-chasseur et le jeu du drapeau. Le but du jeu est d’éliminer ses adversaires pour voler leur drapeau. C’est un sport complet avec de la technique, un bonne dose de stratégie, et une rapidité d'exécution. A essayer. Ou à regarder. le pelletage semble être une cause majeure de crise cardiaque. Du coup, cette année, j’ai revu ma technique. les soirées Fondue locales : une occasion pour savourer des fromages et des vins québécois agréablement goûtus. mes clés. Un matin de décembre, je m’étais rendu compte que j’avais perdu mes clés en jouant avec mes enfants. Mais avec près d'1m20 de neige tout le long de mon terrain, il aura fallu patiemment attendre le redoux pour retrouver mon trousseau de clés dans le jardin. Ce que je vais devoir améliorer : la constance dans l’effort. Un vendredi soir, j’étais trop fatigué pour déneiger et saler l’allée. Après tout, on peut bien s’accorder une pause, non ? Grave erreur. Le lendemain, impossible de bouger ma voiture. Trop de neige, trop de glace. Ce genre de procrastination se paie au prix fort. les décorations solaires pour Noël. L’idée était de réduire les risques de court-circuit ainsi que les factures d’électricité. La mauvaise surprise : à cause d’un ciel couvert les lumières s'éteignaient trop vite, ou parfois même ne s'allument pas. des semelles antidérapantes à crampons. Je pensais ne pas en avoir besoin jusqu'à ce que je me ramasse plusieurs gamelles dans ma propre cours. Manque de chance, à ce moment-là, le stock de crampons à 5$ était déjà écoulé dans tous les Canac de la région. Trop tard. Une anecdote pour nouveaux arrivants Le petit gars s’appelle Martin. On a largement eu le temps de faire connaissance lui et moi. Avec sa famille, il vient de France. Ils sont arrivés il y a moins d’un hiver. Son père travaille à l’occasion à Montréal. Et ce matin-là, ce dernier a fait ce qu’il a certainement fait à d’autres reprises : il est arrivé un peu plus tôt devant l’école, a fait un bref arrêt pour débarquer son fils de 10 ans et a rapidement repris la route en anticipant les impacts des conditions climatiques sur les 150km d’autoroute. Heureusement que le matin mon chemin passe devant cette école. Il faudrait rappeler aux nouveaux arrivants de toujours surveiller les bulletins météo en hiver. Dès 7h du matin. Que ce soit à la télé, à la radio ou sur les réseaux sociaux. Déjà 2 fois cette année, les commissions scolaires de la région ont fermé les écoles à cause des conditions climatiques. Et chaque année, j’ai l’impression, il y a toujours un ou deux enfants étrangers qui se font malheureusement surprendre à un arrêt de bus ou devant un établissement fermé. Dans les meilleurs des cas. Sans doute une autre leçon à retenir pour un hiver prochain. En attendant, allons profiter du temps des sucres.
  10. 1 point
    La réussite est individuelle Je ne suis probablement pas le seul qui – quelque part au milieu de sa réflexion - a envisagé le Canada en ces termes : « des gens sans talents exceptionnels, avec moins de qualifications et moins d’expériences ont pourtant bien réussi au Canada. Alors, si ça va pour eux, c’est certain que ça devrait aller pour moi ». Qui n’a pas passé du temps à glaner des statistiques ou à vérifier les durées moyennes des procédures ? Quel candidat à l’immigration n’est pas aussi impatient qu’un enfant la veille de Noël d’être au Canada quand il entend que des nouveaux arrivants trouvent un premier emploi seulement quelques jours après leur arrivée ? On se compare. On se rassure. Mais au final, est-ce que ça fait vraiment du sens ? Il n’y a pas deux immigrants identiques. Il n’y a pas deux parcours identiques. Les exigences qu’il fallait satisfaire l'année dernière n’auront peut-être plus rien à voir avec celles qui seront effectives dans quelques semaines. Chaque cas est unique. Essayer de comparer ce qui, par nature, est complètement différent conduit à des conclusions aléatoires. Le taux de chômage parmi les immigrants, le nombre élevé de séparations ainsi que toutes ces annonces sur kijiji/craiglist de personnes bradant leurs biens pour financer un retour à la case départ sont là pour l’attester : le succès des uns n’implique aucunement la réussite des autres. Des rencontres extraordinaires Les moyennes et autres statistiques sont trompeuses. Un immigrant modèle, ça n’existe pas ! Ce qui a pu réussir pour les uns n'est absolument pas une garantie de succès pour les autres. Malgré tout, voici quelques rencontres faites ces derniers mois que je trouve particulièrement inspirants : - Pendant les fêtes, nous étions invités dans les environs de Québec. De l'extérieur, la maison ressemblait à toutes les autres. Rien d’exceptionnel. Jusqu’à ce que je découvre au détour d’une photo, que la discrète mère de famille est la fille d’un chef d’état. Aussitôt, je me suis demandé où étaient les murs en marbre, les voitures de luxe et tout le bling bling mentionné dans les magazines people. Mais c'était juste une famille ordinaire au Canada. J’aime cette idée que chaque immigrant, indépendamment de son passé, peut se forger une nouvelle vie. Immigrer, c’est l’occasion de prendre un nouveau départ. - A 20 minutes de Vancouver, j’ai fait la rencontre de P., d’origine suisse. Il est devenu multi-millionnaire en vendant son application informatique de gestion de portefeuille à une entreprise nationale. Dans mes connaissances, nombreux sont les Canadiens (surtout anglophones) qui exercent une deuxième activité dans leur sous-sol ou dans leur garage : ébénisterie, peinture, ferronnerie, cours de musique, salon de coiffure, saisie de déclarations d’impôts, etc. C’est une excellente idée, je trouve, d’investir ainsi l’espace dont on dispose chez soi. Plutôt que d’y entasser des bidules et de la poussière, c’est plutôt malin d’en faire un terrain de jeu, y devenir son propre patron et qui sait, poser les fondations d’une entreprise qui ira conquérir le monde. - J’ai rencontré K. à Victoria. Ses enfants ont tous grandi au Canada. Parfois il pense leur faire découvrir leurs origines néerlandaises. Peut-être feront-ils ce voyage initiatique un jour. En attendant, ses fils exploitent une plantation de canneberge pendant leur temps libre et sa cadette s’occupe de la vente sur facebook. Cela leur offre un joli revenu d’appoint pour financer leurs extras : croisières dans les Caraïbes, semaine de sports d’hiver, etc. Depuis que nous sommes au Canada, nous essayons nous aussi de développer la fibre entrepreneuriale auprès de nos enfants. - R. est arrivé à Sherbrooke dans les années ’80, pour étudier à l’université. Aujourd’hui, il est à la tête de plusieurs commerces. Ses affaires sont florissantes. On le retrouve dans de nombreuses associations : chambre de commerce, parade de Noël, fêtes de quartier, actions communautaires, etc. Acteur très impliqué dans la vie sociale, c’est aussi un mécène particulièrement généreux. Et comme si cela n'était pas suffisamment altruiste, il trouve encore du temps pour aider les nouveaux arrivants à réaliser leurs projets. Un ancien immigrant qui à son tour aide d’autres immigrants. - D. est arrivée au Québec il y quelques mois avec son mari recruté depuis le Sri Lanka. Cela ne fait pas longtemps qu’elle suit des cours de francisation, mais il faut l’entendre. C’est juste impressionnant ! Elle est aujourd'hui capable de passer une entrevue téléphonique en français alors qu’il y a moins d’un an elle n’en connaissait pas un mot. Du coup son CV est relégué au niveau d’un accessoire anecdotique. Rien qu’à l’entendre, on ne peut qu’être convaincu que, dans un temps très court, elle est capable d’identifier un problème, évaluer sa priorité et mettre en œuvre tous les efforts nécessaires pour le résoudre. Alors évidemment, devant sa démonstration d’efficacité, les employeurs se sont battus pour lui pour proposer le poste qu’elle voulait. Les efforts paient. C’est un plaisir de côtoyer des immigrants aussi déterminés à déjouer les préjugés. C’est le genre de rencontre qui pousse à toujours en vouloir beaucoup plus. Et ce ne sont pas les défis qui manquent : la résidence permanente, une maison, la citoyenneté, des revenus à 6 chiffres, des vacances à Cuba, un chalet, un appartement en Floride, etc. - En 1992, P. a fui la guerre avec seulement quelques livres dans une valise. Il a atterri avec sa famille dans la région de Sherbrooke. Le manque de perspective professionnelles, la complexité du français et le froid les ont poussés hors du Québec. Présentement en Ontario, leur aîné est pilote dans l’armée de l’air canadienne et leur cadette achève ses études de médecine. Ils ont une maison spacieuse, des SUV neuves dans leur allée, un bateau de 27 pieds pour profiter de l’été… Pourtant, leur regard est triste, parfois éteint. Comment être heureux, me racontent-ils, quand tout ce qu’ils ont leur rappelle que leur village a été littéralement rasé et leurs proches tués sous leurs yeux ? L’abondance qu’ils ont ici ne peut pas remplacer le peu ce qu’ils ont perdu dans les horreurs de la guerre. Immigrants, nous avons tous une histoire unique Il y a possiblement des leçons à tirer de ces expériences. Mais la plus importante à mon sens est la suivante : derrière chaque immigrant, il y a une histoire exceptionnelle à découvrir. Ces témoignages, plus qu’autre chose, sont de formidables motivants dans mon parcours d’immigrant. J’aime être challengé ainsi par l’expérience des autres. Alors nul doute que cette année sera encore l’occasion de nouvelles aventures et de nouvelles rencontres marquantes. Rendez-vous autour d’une bière ?


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