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Rourouille

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Tout ce qui a été posté par Rourouille

  1. Bonjour à tous, Mon texte risque d’être long car j’ai beaucoup à dire. Eventuellement, je le publierai sur le forum en plusieurs parties si nécessaire. Mon discours risque de déplaire fortement à certains et de susciter des réactions épidermiques. Malgré cela, bien que je ne cherche pas la polémique, je suis décidée à vous livrer mon ressenti sur mon expérience québécoise avec la plus grande sincérité, sans chercher à édulcorer les faits et ce, dans le souci d’éclairer certains candidats à l’immigration pour qu’ils puissent se poser les bonnes questions avant de faire le grand saut et ce, en fonction de leur situation. Ce texte a donc vocation à être publié sur le forum immigrer.com car les échanges entre ses membres m’ont accompagnée pendant la période de préparation (ainsi que de nombreuses lectures diverses sur le sujet). Je renvoie ainsi, en quelque sorte l’ascenseur, à l’intention des lecteurs silencieux du forum, qui (comme moi avant le grand départ) s’interrogent, en lisant des témoignages, sur leur futur choix de vie. Je souhaite donc préciser, avant d’aller plus loin, que lorsque je parle des « Québécois » (ou des « Français »), je n’emploie cette expression globalisante que pour gagner du temps et éviter des paraphrases du types « les québécois que j’ai rencontrés ». Je parle donc seulement de mon ressenti personnel et donc subjectif (vous avez donc le droit de ne pas être d’accord), au sujet de certains d’entre eux et non de la totalité. En aucun cas, je ne veux que vous considériez que je généralise mes remarques à tous les québécois ou français du fait de ces raccourcis stylistiques dans le texte. De plus, mon objectif est de dépeindre le système québécois, tel que je l'appréhende, et non les québécois en tant que "personnes". Merci d’en tenir compte avant de monter sur vos grands chevaux. Ayant, pendant plus de 3 longues années, préparé notre projet d’immigration au Québec et étant venus préalablement en reconnaissance, à plusieurs reprises, sur des périodes de vacances, notre famille fait partie de ces immigrants français qui ont « sur-préparé » (à mon avis, vu l’investissement et le temps passé) leur départ vers le Québec. Pendant 3 ans, nous avons pesé le pour et le contre, conscients que nous ne trouverions pas un Eldorado sur place et que les différences culturelles étaient fortes. Nous avons finalement choisi de tester le pays pendant une année scolaire depuis Juillet 2015 et ce, avant de nous y investir plus avant comme par exemple avec un achat immobilier. Nous avons, en effet, cette grande chance de pouvoir nous le permettre financièrement, bien que le « Test » en question soit franchement dispendieux, comme on le dit ici. Si, finalement, nous décidons de rentrer en France, nos économies en auront pris un coup important. Nous y laisserions des plumes, comme on dit. Un retour aurait donc de lourdes répercussions financières et a priori, nous ne le souhaiterions pas. Toutefois, après 3 mois de présence ici, nous nous interrogeons encore. Nous souhaitons éviter le syndrome "Nous sommes allés trop loin, cela nous a coûté trop cher, pour faire maintenant machine arrière". Nous souhaitons regarder la réalité en face et ne pas céder à la lune de miel que tout immigrant vit avec son pays d'accueil les premiers mois, car nous devrons statuer sur un retour éventuel au plus tard en Mars 2016, en raison des enfants dont il s’agit de préparer la scolarité où qu’elle soit par la suite. Pour en venir aux faits, au cours de nos séjours antérieurs au Québec, avant notre arrivée en 2015, nous avions déjà repéré les écueils suivants : Une mentalité Nord-Américaine malgré une langue apparentée Cela a été dit et re-dit sur le forum, mais il faut insister : même si les québécois parlent le français québécois, la mentalité du peuple québécois est très clairement Nord-Américaine (pas un soupçon de comportement européen ici). La langue apparentée facilite les échanges avec les français mais les interactions ne ressemblent pas à celles auxquelles nous sommes habitués en France. Il s’agit plutôt de relations similaires à celle qu’un Français pourrait avoir avec un vrai américain de souche, sans la barrière d’une langue fortement étrangère. Je précise aussi (on ne le dit pas assez souvent) que les communications, même en Français, sont loin d’être faciles avec tous les québécois. Les accents, plus ou moins forts, varient en fonction des régions du Québec, ainsi que le vocabulaire. Dans les magasins, quelques vendeuses, dans certaines régions, ne me comprennent qu’avec fortes difficultés (et il en est de même pour moi : je suis parfois obligée de faire répéter 3 ou 4 fois la même phrase ou de passer à l’anglais). Avec le temps, les communications s’améliorent puisque j’emploie de plus en plus le vocabulaire et expressions québécoises et mon oreille a aussi dû un peu s’habituer aux accents différents. En revanche, mes interlocuteurs restent toujours aussi interloqués devant un français « classique ». Rien d’insurmontable mais communication pas toujours aisée tout de même. Le rapport à l’argent Pour revenir à l’aspect « choc culturel », il découle de cette mentalité nord-américaine que le rapport à l’argent est…(je cherche mes mots) SPECIAL, FRONTAL, COMPLETEMENT DECOMPLEXE. Ayant beaucoup voyagé, je comparerai mon expérience québécoise à celle ressentie bien sûr aux Etats-Unis, mais aussi à …VENISE (oui, cela va surprendre). Quel rapport, me direz-vous ? Et bien , à Venise (magnifique, mais véritable attrape-touristes à ciel ouvert), vous payez pour tout : le « coperto » (le couvert dans un restaurant alors que nous n’avez encore rien mangé), la carafe d’eau du robinet, les verres ne vous sont apportés que si vous commandez en plus une boisson décapsulable fort onéreuse, la pause pipi (prix des toilettes indécent), le fait de s’asseoir (interdiction de le faire sur les marches des nombreux ponts afin de pousser le CON-sommateur à le faire plutôt à la terrasse de café ou restaurants forts « dispendieux », et j’en passe… Au Québec, IDEM (ou presque, a un bemol près: les toilettes sont rarement payantes ici). MAIS 1 DOLLAR est 1 DOLLAR. TIME IS MONEY (comme aux Etats-unis). J’avoue que quelques lueurs cupides qui luisent dans les yeux de certains, lorsqu’il est question d’argent, m’effraient quelques peu depuis que je vis ici, pourtant je ne suis pas franchement effarouchable. Toute opportunité de retirer un revenu supplémentaire de la moindre activité est recherchée et dirons-nous sur-exploitée, parfois, il me semble, au détriment de la fidélisation du client. Vous payez pour tout et quelquefois, avant d’avoir eu le service (ou même si vous ne l’avez pas, tant pis), et cela, on ne le lit pas vraiment dans les forums. Par exemple (parce que, vous en voulez des exemples, je le sais, sinon, vous allez dire que tout ceci est le fruit de mon imagination quelque peu désorientée), vous allez chez le dentiste parce que vous avez un abcès (histoire vécue). Bref, la tuile ! Alors que je souffrais affreusement, la secrétaire du 1er professionnel que j’ai rencontré m’a demandé ma carte de crédit 1 seconde et demi après m’avoir lancé « Bonjour, ça va bien ? » et ce, avant 1. que j’ai pu répondre « Non, pas du tout, merci » et surtout 2.d’avoir vu le moindre dentiste. Ceci dit, sur le moment, vu la douleur, j’étais prête à tout donner, cartes de crédit, bijoux, espèces, dents en or, afin tout ce qui aurait permis de me donner accès d’une manière ou une autre à une anesthésie…Un autre dentiste (qui avait également souhaité que je paye avant la consultation) m’a facturé 60$ pour 2 minutes d’examen (ouvrez la bouche, ahh, non, je ne sais pas faire) et une liste de confrères griffonnée sur un post-it vers qui il m’envoyait (vous conviendrez que cela fait cher, le post-it). Ne pensez-vous pas que lorsque le soin n’est pas pratiqué pour cause d’incompétence assumée, il serait plus « commercial » (pour ne pas dire honnête ?) d’offrir les 2 minutes de consultation, et ce, afin de bénéficier d’un bon bouche-à-oreille? (à sa place, j’aurai éprouvé de la honte de facturer, mais visiblement pas ce dentiste québécois, très à l’aise avec ça). Bien sûr, le tout, non-remboursé même avec une belle carte soleil (que je n’avais pas à l’époque de toutes les manières), car les frais dentaires, au Québec, ne sont plus pris en charge pour toute personne âgée de plus de 10 ans (et oui, un peu jeune pour arrêter définitivement les carries !!). Bien sûr, il existe des assurances privées (trop long sujet écarté de notre thématique)… La question de la médecine au Québec est, de toutes les manières, en général problématique et mériterait un long traitement dont il n’est pas ici l’objet. Aucun médecin privé ne facture en dessous de 100$ la visite médicale expéditive (pour les états d’âmes, vous repasserez) et les spécialistes tournent parfois autour de 250$, voire plus, les 10 mn (je ne parle pas de l’orthodontie, comptez 7000$ par enfant pour 18 mois de traitement). Beaucoup de médecins spécialisés ne travaillent que 3 ou 4 jours par semaine sur des horaires ridicules (8h à 12h – 13h à 17h30 !) pour un salaire annuel supérieur à 250 ou 300K$. Ils refusent les nouveaux clients pour pouvoir maintenir leur petit confort. Le serment d’Hippocrate est TRES TRES LOIN, le dieu DOLLAR l’a définitivement envoyé au tapis. Mais il faudrait beaucoup de temps pour étayer cette problématique. Peut-être y reviendrai-je ultérieurement. Dans un autre domaine plus anecdotique, vous réservez votre place de bateau par téléphone, vous payez votre place + un supplément « réservation par téléphone » (pas donné, hein, quelques dollars, mais bon, multiplié par le nombre de passagers, si vous êtes nombreux, cela grimpe vite). Parfois, c’est la réservation sur internet qui est payante (là, on rêve, pas d’intervention humaine, mais coup de bambou quand même). Je ne parle même pas des frais de livraison sur internet en cas de commande à distance (j’ai trouvé un site web qui offrait les frais de livraison à partir de 380$ (sic !) de commande pour de l’épicerie de pâtes alimentaires spécialisées (ça, c’est du geste commercial, malheureusement, il va falloir en commander des pâtes pour profiter de l’ « AUBAINE » !). Les prix sont affichés HORS TAXES, HORS SUPPLEMENTS, HORS les 15% de service (au restaurant), HORS frais de livraison, HORS TOUT en résumé, ce qui est choquant pour un français habitué à des prix TTC et une politique de transparence des prix imposée par la réglementation ! Bref, la note grimpe vite au Québec. Vous pensez vous assoir au restaurant pour consommer un plat à 25 $ (comme affiché sur l’ardoise)? Vous en aurez finalement pour 46 $ (avec Taxes, service et une boisson, pardon, un breuvage). Vous avez votre permis de conduire et une carte grise depuis 15 ans en France, et bien au Québec, vous auriez dû payer 200 à 300$ x15 pour conserver ce « privilège » annuel de conduite. Dans l'école de ma fille, l'"aide aux études" est assurée par d'anciens élèves diplômés, le tout bénévolement bien sûr (ah, le bénévolat et le Québec, il y aurait beaucoup à dire...). En revanche, alors que les études sont déjà payantes, cette heure d'aide par semaine est facturée aux parents si l'enfant participe (vu le tarif indécent, cela paiera largement l'électricité du local et comme vous l'avez compris, la somme demandée ne va pas dans la poche des bénévoles!!). La nature est aussi « privatisée » par différentes initiatives ayant un but lucratif (parfois, sous couvert de respect de l’environnement, parfois sans aucune justification pseudo-écologique). Tiens, l’accès à ce magnifique lac est payant ? Pour se promener dans cette forêt, tiens, payant aussi ? Pour prendre ce bateau à 12h, je dois garer ma voiture ? Mince, un employé de la compagnie de bateau (ou de mèche avec elle) vient d’installer à la va-vite des barrières sur un terrain vague proche de l’embarquement. Il semble camper sur une chaise et un vague parasol. Quelque chose me dit qu’il va falloir raquer en plus du prix des billets. Le terrain, habituellement libre d’accès, devient ainsi payant aux heures de départ des bateaux, et le paiement est bien sûr forfaitaire (20$ all day que ce soit pour une heure ou pour 23h)…Est-ce que la compagnie de bateau a le droit de faire cela ? A-t-elle obtenu une autorisation municipale ? Peu importe, de toutes les manières, si on veut éviter de marcher une demi-heure, il faut sortir la credit card. Sur le bateau, le temps est long (plus de 3 heures) mais nourriture extérieure interdite (même pour les enfants). En revanche, le bar est ouvert (le guide le répète toutes les 10 minutes au micro), ainsi que la boutique de souvenirs…Même principe au parc La Ronde de Montréal. Ici, on paie cher l’entrée mais on n’apporte pas son lunch (interdit). Il faut consommer sur place…Business is always business ! Pas de petites économies. La liste est longue, je vais m’arrêter là, au risque de saoûler… Ce rapport à l’argent très "américain" est important à prendre en compte dans la problématique de l’immigration. Il ne faut pas le sous-estimer. En ce qui me concerne, cet aspect est pour le moins surprenant (choc culturel) pour un immigrant français, habitué à être bichonné par les règles de protection des consommateurs, à se voir proposer de l'eau gratuite en accompagnement des plats, un parking offert pour les clients. Ce rapport est très « dur » relationnellement, et peut être résumé à des échanges types « Bonjour ! Carte de crédit ? Oui, OK. Non, bye», avec un sentiment confus, amer en bouche, d’avoir été accepté à l’immigration que pour être un porte-monnaie sur pattes de plus (même si les québécois ne sont pas mieux traités, mais disons, et c’est, à mon avis, leur grand malheur, ils y sont habitués). Le départ malgré tout Malgré tout ce qui a été dit plus haut, comme vous le constatez, nous avons quand même quittés la France en famille, cet été, puisque cela fait 3 mois que nous sommes installés, et le tout ayant profondément conscience des obstacles qui se dresseraient devant nous, ainsi que du fossé culturel. Pour résumer et parce que le but de mon texte n’est pas de s’appesantir sur mon cas personnel, disons que notre envie de changement, de connaître une expérience internationale et relever de nouveaux défis étaient plus forts, à l'époque, que nos craintes. Les défis depuis notre installation Je peux à présent vous dire, au bout de 3 mois sur place, qu’en matière de défis, nous en voulions et bien, nous voilà servis ! Nous avons découvert d’autres spécificités de la société Canadienne qui apparaissent au grand jour, depuis que nous y vivons et que de courts séjours n’avaient pas permis de révéler. Afin de faire gagner au temps à certains lecteurs, je pense que je suis en mesure d’en énumérer quelles unes : Commençons en 1er par: Le système bancaire et la problématique de la côte de crédit Tout d’abord, pour revenir au nerf de la guerre, c’est-à-dire à l’argent (car ne nous y trompons pas, toute la problématique de l’immigration tourne autour de ça), le système bancaire canadien est TRES différent du système européen. Il fonctionne selon le modèle nord-américain avec comme outil indispensable, la CARTE DE CREDIT, le tout articulé autour de la COTE DE CREDIT du consommateur pour colonne vertébrale. J’ai donc découvert à mon arrivée que le précieux sésame (la carte de crédit, indispensable pour payer certaines dépenses et surtout commander sur internet) était difficile à obtenir pour un immigrant sans travail immédiat (pas impossible, mais il faut ramer). En effet, votre côte de crédit vous ouvre (ou pas) les possibilités de crédit (comme obtenir une carte de crédit, acheter une voiture, ou une maison). Malheureusement, il faut de nombreuses années sans pépin et avec des revenus réguliers pour construire une bonne côte de crédit. Lorsque vous arrivez sur le territoire québécois, vous êtes comme un « nouveau-né » financièrement parlant. Zéro historique de crédit. Quelque que soit votre âge ou vos accomplissements professionnels et immobiliers en pays étranger, vous partez comme un jeune de 18 ans qui commence sa vie et qui a toute sa côte de crédit à construire. Autrement dit, obtenir une carte de crédit, immédiatement et sans travail, cela va être difficile, acheter une voiture à crédit, très difficile, emprunter pour acheter une maison, quasi impossible (du moins, les premières années). Chers immigrants, idéalement, il faut venir avec beaucoup, beaucoup d’économies, surtout si vous arrivez en famille et avez plus de 30 ans (sinon, vous ne serez pas choqué de rester locataires, comme en France, durant vos jeunes années, avec le bémol toutefois, de voir les propriétaires demander à consulter votre historique de crédit avant d’accepter de vous louer, historique que vous n’avez pas (si vous avez suivi), ce qui ne facilite pas les relations et vous oblige parfois à quelques contournements de la loi, comme le versement en avance de plusieurs mois de loyers pour obtenir un bon logement convoité par des québécois pure laine, disposant, eux, les chanceux, d’une côte de crédit…). Bref, l’absence d’historique de crédit pour un immigrant est TRES problématique, mais curieusement, on n’en parle pas beaucoup sur les forums. Et que dire du fonctionnement même de la Côte de Crédit ?? Le Canada a copié son voisin américain il y a plusieurs années en s’inspirant des scores de solvabilité mis en place par les Etats-Unis (système génial lorsqu’on voit ce que cela a donné en 2008, avec la crise des subprimes !). Les modalités de calcul de cette côte de crédit sont OPAQUES et reposent sur des formules mathématiques de scoring avec des variables pondérées (formules de calcul qui différent selon les 2 organismes privés concurrents qui vous octroient une note de solvabilité en fonction de vos comportements bancaires et de remboursement). Bref, un petit chèque impayé ? Un retard de paiement hydro-Québec ? et c’est la cata assurée, vous voilà rétrogradés dans votre notation. Vous devrez ramer comme un damné plusieurs années (6 ans pour être précise) pour faire oublier cet écart, grâce à un comportement de parfait petit soldat qui paie rubis sur ongle, sans discuter, toutes ses factures. Que penserait la CNIL française de ceci ? Pour du fichage, nous y sommes en plein dedans. Pour le droit à l’erreur ou au pépin financier ponctuel, en revanche, nous en sommes très éloignés. Bref, la pression financière est forte sur les épaules des nord-américains et elle sera encore plus forte sur les épaules des immigrants qui arrivent car ils disposent de moins de temps pour faire leurs preuves. Je vous propose de continuer ultérieurement mon texte, si vous le voulez bien, car comme vous le devinez, il me reste plein de choses à dire. Prochain sujet: la pression sociétale au Québec, comme dans toute l'Amérique du Nord d'ailleurs.(je pense que ce point est primordial mais je ne lis que très rarement des avis sur ce sujet).
  2. Nous voici en famille, au Québec, depuis bientôt 22 mois, à présent. J’avais posté un petit bilan sur le forum, à l'occasion de nos 14 mois de présence où je pesais les + et les – de notre expérience d’immigration. Je dois avouer qu’à présent, les choses ont évolué et la balance penche plus nettement vers les aspects négatifs. La cause de cette perte d’équilibre ? Je trouve, à la longue, la vie québécoise « lourde » à gérer pour une maman de 4 enfants, qui travaille. Bien sûr, je compare avec ma vie « française » d’avant (oh, je sais, c’est pas bien, il est conseillé, pour maintenir sa santé mentale, de devenir amnésique dès le passage de la douane). Pourtant je ne peux pas cacher la conclusion de mon introspection : ma vie de mère de famille était logistiquement plus facile en France (et pas qu’un peu) ! J’avais pourtant déjà ( !) tous mes enfants (ils sont nés en France) et une charge de travail aussi importante. Je précise qu’avant notre expatriation, nous n’étions pas aidés, non plus, par la famille française, ni par les amis, pour des raisons d’éloignement. Ainsi le décalage que je ressens en termes de charge logistique familiale ne peut pas s’expliquer par l’absence de proches, d’autant que les enfants grandissant : je devrais au contraire me sentir allégée de certaines contraintes (comme les couches par exemple, qui ne sont plus qu’un mauvais souvenir depuis quelques mois…). J’ai donc essayé de comprendre pourquoi mon temps était phagocyté à l’excès au Québec (je n’ai pas pu poser mes fesses pour lire un bouquin depuis que j’ai posé le pied ici). Mes journées (hors temps de travail) sont souvent finalement gaspillées en tâches/obligations diverses et variés qui n’existent pas en France. J’ai donc voulu faire la liste des nouvelles obligations auxquelles je dois faire face depuis que je vis au Québec et je me suis rendu compte que la liste était longue, longue … - Au Québec, je perds mon temps à préparer 4 boîtes à lunch, 5 soirs par semaine, pour mes enfants Oui, certaines écoles proposent des « snacks » (pizzas ou hot-dogs, parfois frites) ou des services externes dits « traiteurs » (pardon, mais après avoir tenté de commander plusieurs plats du menu, le verdict a toujours été « cher » pour ma part, et « dégueulasse » pour la part des enfants). Je n’ai donc pas trouvé de cantines ou de « self », dignes de ce nom dans les établissements scolaires québécois, avec choix de menus variés cuisinés (entrée, plat, dessert), d’où la nécessité de préparer toutes les veilles d’école des boîtes à lunch pour mes chères têtes blondes (une boîte à préparer, ça va, mais 20 par semaine, j’avoue que cela me pèse sacrément). - Au Québec, je perds mon temps à habiller mes enfants comme des oignons Et oui, les matins où la température est indécente, j’avoue que la routine de l’habillage des enfants me donne des vertiges. Vérifier les mitaines, les cache-nez, les bonnets, les affaires de dessous et celles de dessus (Quoi tu as encore perdu un de tes gants?), leur faire lever les bras au-dessus de leur tête pour vérifier qu’ils peuvent encore bouger (Oui, c’est bon…) et les regarder partir avec leur démarche de cosmonaute (LOL) me semblent être supportables sur la durée que pour les personnes nées ici, habituées depuis la naissance à tant de contrariétés vestimentaires. En complément de cela, la garderie me demande, à chaque changement de température, de modifier le trousseau de ma fille (En Septembre : pantalon de pluie, coupe-vent, gants imperméables, bottes de pluie, bonnet, écharpe, cache-cou. Dès Novembre : pantalon de neige, manteau de ski, moufles, bonnet taillé pour les températures québécoises, cache-cou. Début Avril : Veste et sur-pantalon doublé de polaire et toujours avoir un bonnet à portée de main. En Juillet : crème solaire, maillot, serviette de bain, casquettes, mais encore le pantalon et bottes de pluie dans le sac au cas où.) ! Bref, vous l’avez compris : la logistique vestimentaire est compliquée au Québec et est particulièrement chronophage pour toute mère de famille soucieuse du confort de ses enfants. - Au Québec, je perds mon temps à cuisiner, TOUT ce qui est « cuisinable », à cultiver TOUT ce qui est « cultivable » On a beau dire ce que l’on veut (Je sais JEAN TALON c’est EXTRAORDINAIRE, le plus grand marché à l’européenne en Amérique du Nord, mais 1. C’est pas à côté de chez moi 2. Comparé à beaucoup de marchés de grandes villes françaises, pardon, mais… il n’y a rien de spectaculaire !!), l’offre alimentaire reste réduite au Québec (et même, si elle progresse d’année en année). La qualité, en plus d’être rare, y est très chère. Ainsi, les produits qui me facilitaient la vie en France et que je trouvais à deux rues de chez moi (les surgelés Picard, les pâtes brisées ou feuilletées roulées toutes prêtes, les galettes de sarrasin ou de froment prêtes à cuire, le pain Bio sous vide à cuire au four, les desserts lactés déclinés sous toutes leurs formes dans les supermarchés français, les épices et mélanges d’herbes congelées, etc…) et bien, je les concocte à présent moi-même. De mon avis, les légumes que l’on trouve ici dans les supermarchés n’ont pas vraiment de goût (aspect plastique, luisants, mais gorgés de flotte, les tomates sont des catastrophes). De plus, leur prix a augmenté de 13% sur un an (oui 13% entre 2015 et 2016) !! Alors, au bout d’une année de présence ici, j’ai décidé de cultiver un minuscule potager, mais la météo réduit les possibilités. Je me suis aussi rapprochée de quelques producteurs/fermes pas trop éloigné(e)s pour me faire livrer des paniers de légumes mais cela reste saisonnier, seulement 5/6 mois de l’année (pas de livraison bien entendu en hiver). Enfin, vu le prix québécois des volailles et des œufs, j’en suis à me demander si je ne vais pas prochainement acheter des poules et aménager un poulailler (chauffé ??)…Et j’avoue qu’en raison de l’assommoir fiscal que constitue la Société des Alcools du Québec, même un alambic pour produire notre gnôle locale nous semble à présent une bonne idée, après avoir payé de la piquette achetée à la SAQ à des tarifs dignes d’un champagne millésimé en France!! Donc, si on continue dans la lancée, dans 10 ans, mon mari, mes enfants et moi-même seront plus proches des « survivalistes » qui se nourrissent en totale autarcie, que des simples consommateurs européens que nous étions avant d’immigrer (vous savez, les français chanceux, qui passent, en un clic, leurs courses au supermarché, de produits variés, goûteux et compétitifs en prix ?). Bref, que de temps passé/perdu/gaspillé à se procurer des produits alimentaires de qualité ! D’autant qu’au Québec, il n’existe pas de « Drives » qui permettent de récupérer dans l’heure, dans un supermarché, une commande de courses complètes passée sur internet. Il faut se déplacer physiquement à l’ancienne, ramener ses bouteilles consignées, comme dans les années 60 en France. Tout cela me prend du temps, grignote mes loisirs. - Au Québec, je perds mon temps à « magasiner » pour essayer de ne pas me faire entuber constamment De plus, toute personne soucieuse de son budget doit absolument éplucher les circulaires pour tenter de préserver son budget. L’expérience m’a prouvé, en effet, que les marges des magasins québécois sur les produits de consommation sont vraiment maximales. Le consommateur raque plus qu’il ne le ferait si la concurrence entre enseignes était réelle. Car, au fil des jours qui passent, je reste convaincu que le marché canadien n’est pas si libéral et qu’il est difficilement pénétrable pour de nouveaux acteurs. Le gâteau est partagé entre grosses entreprises historiques (les distributeurs alimentaires, les banques…) qui s’entendent pour conserver leurs marges. Le marché européen est en réalité bien plus concurrentiel, ce qui implique des prix plus compétitifs pour les consommateurs. Les marges des entreprises européennes y sont d’ailleurs souvent trop faibles (problème de rentabilité et de pérennité) car les frontières entre pays européens sont ouvertes (et le lobbying moins efficace). De plus, l’inflation en France est quasi-nulle. Donc, au Québec, on peut s’acheter un fer à repasser 59 dollars et le trouver le lendemain affiché à 39 dollars dans le même magasin (car proposé à ce prix réduit pour deux jours seulement dans la circulaire). Ces promotions sauvages me font douter constamment de la pertinence de mes achats. J’hésite donc à acheter au prix normal, ne sachant pas si le lendemain le prix ne sera pas baissé de 40% pour les chanceux qui auront eu la magnifique idée d’attendre 24h. De la même manière, j’ai déjà acheté une crème solaire 9 dollars, alors que son prix courant était 19 dollars, ce qui m’a donné le sentiment de surpayer le produit toutes les fois suivantes où je l’ai acheté. La conséquence de ces « ventes flash » est que le client doit se rendre chez Métro pour se procurer des bleuets en promo, chez IGA s’il veut acheter des torchons soldés, chez Wallmart pour débourser 3 dollars de moins sur son shampooing habituel. Dans ces moments intenses de magasinage, je regrette donc les prix serrés d’un Leclerc (qui tente systématiquement d’afficher moins cher et qui offre en ligne un site permettant de comparer le prix des produits) et les périodes fixes de soldes légales en France au cours desquelles il est possible d’acheter à prix « aubaines » deux fois par an. On peut ainsi prévoir de planifier des achats importants au cours de ces soldes et ne pas passer sa vie à attendre une ristourne éventuelle en consultant les circulaires avec frénésie (ce qui constitue une énorme perte de temps et d’énergie). - Au Québec, Je perds mon temps (et mon essence) à aller chercher mon courrier La distribution de courrier à domicile a disparu partiellement dans certaines zones géographiques (voir http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/12/11/97002-20131211FILWWW00505-canadala-poste-ne-distribue-plus-le-courrier.php) : les boîtes aux lettres sont regroupées dans un centre « communautaire » où il faut se déplacer pour récupérer son courrier (pratique lorsqu’on a une entorse ou simplement la grippe !). Je ne sais pas comment on fait lorsqu’on est vieux et fatigué, quand on n’a pas le permis de conduire, peut-être peut-on demander dérogation pour être livré…. Je vous laisse imaginer le déplacement que cela engendre quand il fait nuit, qu’il fait -15°, que la journée de travail est finie mais qu’il faut encore faire un détour pour aller chercher son courrier. Une fois, ça va, mais plusieurs fois par semaine, cela use à la longue…Du moins, moi, cela me court sur le haricot. - Au Québec, je perds mon temps à faire 4 déclarations fiscales pour mon foyer En France, je rédigeais une seule déclaration d’impôts pour mon foyer (M. ET Mme). Au Québec, il faut en faire quatre fois plus (2 pour Mme (provincial et fédéral), 2 pour M. (Provincial et Fédéral)). Pour m’aider dans cette tâche, je peux recourir soit à un expert-comptable (bonjour la douloureuse, autour de 280 dollars de l’heure), soit à HR Block (cher pour la qualité médiocre du service), soit acheter un logiciel spécial Impôts. A-t-on déjà vu cette nécessité en France (où pourtant il est communément admis que les impôts y sont déjà compliqués) ? Jamais autour de moi, en France, aucun amis ou membre de ma famille a mandaté un comptable ou acheté un logiciel pour faire sa déclaration d’impôts. Pourquoi ? Parce que malgré la mauvaise presse faite autour des impôts français, ils restent 10 fois plus simples à déclarer que les impôts québécois et canadiens. De plus, rien n’est fait pour aider le pauvre contribuable québécois : pas de possibilité de rencontrer physiquement un agent des impôts au niveau fédéral (les bureaux ne reçoivent plus la clientèle). Pire, suite à des coupes budgétaires, les contribuables canadiens rencontrent des difficultés extrêmes pour parvenir à joindre l’agence du revenu du Canada par téléphone : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/726119/agence-revenu-appels. Bref, il faut au minimum un logiciel informatique ou mieux, une maîtrise en fiscalité pour comprendre les formulaires québécois (et leurs innombrables annexes), le tout couplé à de pénibles heures de réflexion pour parvenir à pondre, enfin, une déclaration provinciale, puis québécoise. Franchement, n’a-t-on pas mieux à faire dans sa vie que passer 3 jours complets par an, embrumé dans les exigences fiscales de notre pays d’accueil ? - Au Québec, je perds mon temps à trouver un médecin pour ma famille et je perds mon temps à attendre dans son cabinet Et oui, en France, mon médecin de famille passait, la journée même de mon appel, visiter à domicile mon petit troisième lorsque ce dernier avait trop de température. Si le toubib était en vacances ou trop occupé, je pouvais toujours joindre SOS MEDECINS (concept totalement « extra-terrestre » au Québec où on s’estime chanceux si on obtient un rendez-vous dans les 2 semaines (quand on arrive enfin à voir le médecin, l’enfant est guéri, les miracles de la nature sont intervenus). Au Québec, j’ai attendu plusieurs mois avant de trouver un médecin de famille et j’attends parfois 2 à 3 semaines pour que ce dernier daigne recevoir en consultation un de mes enfants. Pendant ce temps, je me débrouille, le soigne en auto-médicamentation à mes frais exclusifs bien sûr. Parfois la maman de famille nombreuse que je représente ressent une grande lassitude quand la problématique santé est multipliée par le nombre d’enfants à soigner (je ne parle même pas des bobos des adultes, on ne s’écoute pas (finies les visites de prévention), on espère simplement que le corps ne nous fera pas un coup de grisou…). - Au Québec, je perds mon temps à entretenir ma voiture (je vois plus mon garagiste que mon toubib) Je crois que je n’ai jamais autant vu le garagiste que depuis que nous vivons au Québec. J’ai presque l’impression qu’il fait partie de la famille. Car, tous les 2/3 mois (j’ai vérifié et j’ai repris mes factures depuis notre arrivée ici) , je lui rends une visite (fort coûteuse au demeurant) : deux fois par an, il faut changer les pneus (hop chez le garagiste), après évidement il y a les révisions (je ne sais pas pourquoi les constructeurs les prévoient si rapprochées en Amérique-du-Nord, euh, si, peut-être, vous avez dit Business ??), et aussi le traitement antirouille, rendu obligatoire pour protéger la voiture, en raison du sel déversé pour déneiger les routes. J’ai également connu deux pannes en 18 mois, liées au mauvais état des routes québécoises. Car, au Québec, le système de freins et vos amortisseurs morflent pas mal…Et je peux vous affirmer que j’ai mieux à faire de ma vie que d’aller chez le garagiste ! - Au Québec, je perds du temps à me conformer aux règles et règlements parfois ubuesques mais que tout le monde fait appliquer à la lettre (même quand c’est con) A notre arrivée, l’école primaire publique de mon fils a exigé pour son inscription de Septembre un justificatif de domicile sous forme de factures (C’est le règlement, que voulez-vous). J’ai expliqué que nous avons loué à partir de Septembre et que par conséquent, je ne disposais pas encore de facture énergie ou téléphone. J’ai donc proposé de produire une copie du bail (Refusé, car « non-sécuritaire » ???), une attestation sur l’honneur (Refusé, car … ce n’est pas un truc pratiqué ici), une attestation d’assurance (Refusé, ce document n’est pas dans la liste des docs acceptés). A la question : « mais comment faire ? », mon interlocutrice m’a répondu « Appelez Hydro Québec pour obtenir une facture rapide et revenez me voir ». Hydro Québec a bien voulu délivrer une attestation d’ouverture de compte à l’adresse concernée, mais m’a expliqué n’envoyer de factures qu’après un mois de consommation (Octobre, donc, si vous suivez bien). Je propose donc à la dame de la scolarité une attestation d’ouverture de compte Hydro Québec. De nouveau, refusée. Me voici alors face à un dilemme : dois-je faire perdre un mois de scolarité à mon fils pour cause de non-production d’une facture d’électricité que je ne détiens pas encore ou continuer à chercher une solution? J’ai finalement souscrit un abonnement supplémentaire de téléphone mobile qui a accepté de m’adresser une facture sur le champ (abonnement payable en avance) et ai pu inscrire mon fils. Bref, j’ai failli désespérer et ai consacré une énergie folle à cette simple inscription administrative. En France, j’aurai réussi à trouver un arrangement plus rapide avec mon interlocuteur. Celui-ci aurait accepté une attestation d’assurance pour permettre à mon fils de faire sa rentrée et en Octobre, aurait attendu bien sagement la « Vraie » facture pour valider la domiciliation. Dans le même ordre d’idée, je crois avoir déjà raconté, à notre arrivée, comment CostCo avait au départ refusé que nous devenions membres car les seules pièces d’identité avec photo en notre possession était un passeport français et un permis de conduire français (nous n’avions pas encore reçu le permis de conduire québécois ni la carte soleil). A la tête de la gentille employée CostCo qui nous a demandé « mais pourquoi il a cette drôle de couleur, votre passeport ? », nous avons compris que cela allait être compliqué. Nous étions déjà lassés à l’idée de devoir parlementer. Pour comparaison, je garde en souvenir ce cas récent, mais à l’issue opposée, d’une voiture neuve achetée dans une des plus grosses concessions automobiles de France (pas un boui-boui, donc). Le règlement était clair : Paiement par virement ou chèque de banque, et affiché sur la porte d’entrée. Or, pour des raisons de timing (il fallait que nous repartions le jour-même avec la voiture), pas de possibilité d’attendre la réception des fonds (SEPA 24 à 48h) ou de retirer un chèque de banque. Notre demande a bien posé problème, mais finalement, après discussions et appel à la hiérarchie, nous avons obtenu une dérogation, avons payé avec un chèque classique et sommes repartis avec la voiture le jour-même. La concession française a pris un risque certain (c’était une grosse somme en plus) mais a préféré tenter la chance et ne pas perdre un client. Je ne pense pas que ce genre d’arrangement aurait été possible au Québec, car, ici, on ne rigole pas avec le risque (combien de fois entends-je : « Ce n’est pas sécuritaire » ?), on ne rigole pas avec l’argent, ni avec les moyens de paiement. J’ai plusieurs fois éprouvé l’expérience de vouloir acheter un produit au Québec, mais de ne pas disposer du BON moyen de paiement. Par exemple, ne pas avoir ma carte de débit sur moi et vouloir payer chez Dollarama, vouloir prendre un funiculaire mais ne pas avoir de liquide, voir sa carte de crédit Mastercard refusée car le magasin n’accepte que les Visa, ne pas pouvoir obtenir de remboursement sur une carte de crédit car il ne s’agissait pas de la carte qui avait payé le produit au moment de l’achat initial, etc… Le paiement mensuel (et manuel, même si cela se fait en ligne) de sa carte de crédit, avant échéance du relevé, constitue aussi pour moi une drôle d’obligation chronophage et complètement anachronique, qui mériterait d’être abolie (nous sommes au 21ème siècle quand même) pour faire gagner du temps au consommateur. Pourquoi ne pas envisager un prélèvement automatique directement du compte chèque vers la carte de crédit du montant du relevé (si jamais la somme est disponible bien sûr et que le client y a consenti) ? Mais je crains que pour de sombres raisons mercantiles (si on automatise, les oublis de paiement de la carte de crédit seront moins nombreux et donc les sommes facturées à titre d’intérêts seront moins juteuses), les banques n’y ont pas intérêt. Elles préfèrent que le client utilise son temps précieux pour effectuer (ou oublier) son paiement mensuel. Bref, je regrette ces contrariétés au quotidien, concernant le système bancaire, les moyens de paiement, et l’application aveugle des règlements, qui, à mon avis, occupent inutilement le temps disponible. - Au Québec, on perd aussi du temps de vie à déneiger/ramasser les feuilles qui tombent en masse/tondre Je ne pense pas que je doive développer cette partie. Tout le monde, à la lecture du titre, s’imagine aisément que le déneigement ne constitue pas l’activité la plus intellectuellement stimulante du monde. Dans le même ordre d’idée, nous avons été impressionnés par la quantité de feuilles imputrescibles que nous avons dû ramasser à l’automne (je n’ai pas compté les sacs, mon dos s’en souvient encore), mais également par la vitesse de pousse du gazon en été (je comprends mieux la réussite des entreprises de déneigement et de tonte !). Tout cela contribue à grignoter un peu plus mon temps libre. - Au Québec, on travaille plus et on oublie les 35h/semaine et les 5 semaines de congés payés Et oui, j’ai aussi perdu en temps de disponible pour ma famille depuis que je suis là. Je travaille 40 heures par semaine (je perds donc 5 heures hebdomadairement et 2 semaines de congés payés à l’année. Mon mari, qui ne pouvaient pas appliquer les 35 heures en France, du fait de ses responsabilités, travaille autant au Québec, mais a perdu 4 semaines de congés payés (il bénéficiait de 6 semaines en France). Mais dans ces conditions, comment trouver le temps d’aller chez le garagiste ? Je propose donc de conclure sur les mots suivants : Cet article m’a pris du temps à sa rédaction (j’aurais pu faire d’autres choses passionnantes comme étudier en profondeur les nombreuses circulaires promotionnelles qui ornent ma table de cuisine ou faire le point sur mes multiples cartes de crédit Visa/Mastercad/débit). J’espère donc que cela ne sera pas en vain et que ce petit texte fera réfléchir certaines familles qui s’interrogent avant de sauter le pas vers l’immigration. En résumé : Le Québec, super sympa pour des jeunes-qui-n-en-veulent, accros à la junk-food, qui habitent en appart, qui prennent le métro et qui n’ont pas d’enfant à nourrir-sainement-habiller-chaudement ! Pour les familles nombreuses, soucieuses d’une qualité de vie, de loisirs et de temps libre non-passé à diverses obligations logistiques chronophages, vous l’avez compris, je suis plus dubitative.
  3. Rourouille

    Les premiers mois d'une famille immigrante africaine

    Bonjour @sanogoabbc, J'ai lu avec un grand intérêt votre témoignage et je vous remercie d'avoir pris le temps de l'écrire. La lecture de ces quelques déconvenues professionnelles m'ont incité à répondre sur ce fil, alors que je ne suis pas intervenue sur le forum depuis un petit moment, et que je suis rentrée en France depuis quelques mois après deux ans passés au Québec en Famille. La succession d'emplois décrite dans votre message (ainsi que la pénibilité de ces derniers) m'a, en effet, rappelé ce qu'a vécu un couple d'amis français (ainsi que d'autres personnes autour de nous, mais je vais m'apesantir sur le cas de ce couple car je le trouve emblématique): lui était en France haut cadre commercial dans une entreprise de dosettes de café (What else?) et elle visiteuse médicale pour un labo pharmaceutique américain. Arrivés au Québec en résidence permanente, leurs CV envoyés un peu partout ne les ont pas aidés à trouver d'emplois équivalents à ce qu'ils avaient quitté. Au bout de quelques mois, après avoir accepté des boulots commerciaux "jetables" avec des objectifs impossible à atteindre, des jobs de telemarketing ou physiquement éprouvants, ils ont changé leur fusil d'épaule. Ils ont suivi des formations et Madame s'est reconvertie dans la garde d'enfants. Monsieur s'est installé en solo pour offrir des services en "thérapie énergétique". Quelques mois, plus tard: ce couple, sans enfant, vivait très mal ce déclassement à la fois social et financier. Ils survivaient plus qu'ils ne vivaient, d'autant qu'ils étaient habitués à un grand confort financier en France. Ils ont plié bagage et sont de nouveau installés en France depuis Septembre, pas trop loin de chez moi! Ne leur parlez du Québec, leur visage se fige. Ils ont juré de ne plus y mettre un pied, même en vacances. Ils y ont déjà laissé trop de $, disent-ils! Ainsi, ce que vous vivez, me semble être le lot de beaucoup d'immigrés qu'ils viennent d'Afrique ou pas. Les débuts sont difficiles sauf si on a la chance d'arriver avec une proposition d'emploi, ce qui a été notre cas. Certainement est-ce encore plus compliqué quand on vient d'Afrique...Mais finalement, tout dépend de l'endroit que vous avez quitté pour venir vivre au Québec. Lorsqu'on quitte la Côté d'Ivoire ou d'autres pays dont on connait l'actualité et le contexte, on n'est pas dans la même position que lorsqu'on quitte la France. Décider de quitter des pays "politiquement compliqués" pour offrir un meilleur avenir à ses enfants au Québec ne vous place pas dans le même état d'esprit que décider de quitter la France pour tenter "pour le fun" une aventure internationale au Québec et y rester éventuellement si on s'y trouve mieux (ce qui était le projet de notre famille, mais qui finalement a avorté, car on ne s'est pas trouvé "mieux" au Québec). Je pense que le Québec a principalement, à mes yeux, deux énormes avantages à offrir: - la sécurité - la qualité de son enseignement et de ses écoles. La génération qui immigre (vous-même et votre épouse) sera un peu, du moins au début, la génération "sacrifiée" au Québec: en effet, les expériences et diplômés obtenus ailleurs ne sont pas souvent reconnus à leur juste mesure au Québec et les parents immigrés 1ère génération se retrouvent dans votre position, à tout devoir durement et longuement reconstruire. En revanche, pour vos enfants, ces derniers seront "labellisés" québécois (écoles québécoises, diplômes québecoises, 1er job québécois et côte de crédit construite dès qu'ils gagneront leurs premiers $) et certainement, à ce jour, pourront-ils jouir d'une sécurité, puis d'une position sociale meilleure au Canada qu'en Côte d'Ivoire (à ce que j'en sais, mais je reste très humble sur ce sujet). Un jour, dans un message, @Laurent m'a répondu que les québécois n'étaient pas des "chialeurs" car ils avaient cette sagesse d'accepter de faire avec les choses sur lesquelles ils n'avaient pas d'emprise et qu'ils ne pouvaient changer. Je n'ai pas répondu à ce message à l'époque, mais je vais le faire aujourd'hui: oui, les québécois, ont raison de ne pas chialer sur ce qu'ils ne peuvent pas changer. Mais le français (contrairement aux immigrés de pays compliqués politiquement) "chiale" quand il est au Québec, parce qu'il a généralement une énorme chance: il peut faire disparaître d'un coup d'avion magique certains inconvénients du Québec en le quittant pour retourner dans un pays qui offre une qualité de vie importante, la France, et le tout, sans hypothéquer l'avenir de ses enfants ni les mettre physiquement en danger (quoiqu'en pensent certains esprits chagrins du forum)! Ainsi, pour revenir au sujet d'origine, @sanogoabbc, je souhaitais vous dire de persévérer. Votre courage, mais aussi parfois et je vous le souhaite la chance et une seule bonne rencontre peuvent tout changer, et vous permettrent d'accéder votre épouse et vous même à des postes épanouissants assez rapidement, même si parfois les bonnes choses peuvent mettre du temps à arriver. Je vous souhaite le meilleur dans votre nouveau pays d'accueil, ainsi qu'à vos enfants.
  4. Toujours là après 14 mois! Je souhaite faire un petit point, même si il est encore prématuré pour moi de faire un bilan et d'en tirer une conclusion définitive. Voici donc ma liste personnelle des points + et – , tels que je les perçois, concernant la vie au Québec. Les ENORMES points positifs offerts par le QUEBEC, de mon point de vue : - La SECURITE physique et routière Pour moi, il s’agit du point #1 qui pourrait justifier, à lui seul pour certains (cela dépend du pays d’où on vient), une installation définitive au Québec ! Le vélo reste longtemps devant la maison sans qu’il ne soit volé dans la demi-heure. Pas de regards malsains dans les rues, pas d’interpellation type « Mamzelle, z’êtes charmante » (Enfin, j’ai un peu passé l’âge mais je pense à mes filles). Pas de crainte de prendre les transports communs, de rentrer seule le soir. Liberté de s’habiller en short, en jupe et en talons, sans se demander si cette tenue estivale ne constitue pas un appel suicidaire à l’agression. Décidément, quel bonheur de pouvoir déambuler avec une telle liberté vestimentaire ! Et je citerai également la sécurité de la conduite en général : je ne me sens pas oppressée sur la route par les comportements dangereux des autres (peu d’alcoolémie au volant, peu de dépassements de vitesse, comportement citoyen en général au volant, sauf rares exceptions bien sûr) - L’EDUCATION L’école me semble généralement TRES qualitative. Que ce soit, en primaire, secondaire ou au CEGEP, les expériences de 3 de mes enfants qui sont scolarisés sont très positives. Le programme international est un véritable plus pour l’épanouissement des enfants. Les heures de bénévolat qui sont exigées dans ce cadre sont idéales pour placer l’enfant devant les réalités du monde actuel. Les niveaux de maths, physique/chimie, sciences humaines me semblent globalement plus élevé qu’en France (Par exemple, le niveau de maths de 4ème secondaire « maths enrichis » est quasiment celui qui est abordé en France en 1èreS !!). D’ailleurs, les québécois (canadiens en général) sont toujours bien placés dans les concours internationaux de mathématiques, souvent derrière les chinois, bien sûr ! Mais disons que la France est souvent dans les choux en comparaison dans ces compétitions). Les professeurs sont impliqués, connectés aux nouvelles technologies et super disponibles. Ils ressemblent plus à des coachs qu’aux pédagogues français fonctionnarisés qu’on ose à peine déranger. L’accompagnement de l’enfant dans son « cheminement » est positif, énergique, bien qu’exigeant (devoirs, peu de vacances…). - LA POLITIQUE FAMILIALE La politique familiale est très généreuse au Québec. Quand vous arrivez au Québec avec des enfants, vous serez heureux de découvrir les garderies à petits prix journaliers et pourtant régulièrement contrôlées par le gouvernement. De plus, le montant des prestations familiales (allocations fédérale et provinciale, dont le soutien aux enfants) est tout à fait correct et comparable voire supérieur à celui de certains pays européens, même nordiques. - Le COUT GLOBAL de la vie quotidienne Certains produits ou services sont plus chers qu’en France (alimentation type fromages, vins, téléphone mobile, internet, taxes « foncières », médicaments, dentistes, avocats, comptables…), d’autres moins chers (logement, électricité, eau, essence, voitures, alimentation bas et moyenne gamme…) mais globalement les postes les plus onéreux et importants dans une vie hormis ce qui touche à la santé, tels que maison, voiture…, sont plus accessibles. Ainsi, quand je m’attarde sur mes comptes personnels annuels, la facture pour une famille de 6 personnes avec 4 enfants est moins élevée au Québec de l’ordre de 20% (ce qui n’est pas rien !) SOUS RESERVE que l’on se donne la peine de « magasiner » et qu’on choisisse scrupuleusement avec qui on fait affaire (sinon, gare aux factures salées des dentistes, garagistes…). Autrement dit, on s’en sort globalement bien financièrement dans sa vie quotidienne au Québec, si on reste à l’abri des « accidents de la vie » (j’y reviendrai dans la liste des - ). - La NATURE et les SAISONS La beauté des paysages, des grands espaces, de la faune (oiseaux, écureuils, ratons-laveurs, etc…), et la splendeur du changement de saisons. Je viens d’une région française, où le climat alterne entre grand soleil/grande chaleur et pluie/grisaille. Ici, les saisons sont véritablement marquées. Le temps se mesure à leur alternance. L’automne est superbe, vous le savez tous, l’hiver, bien que rigoureux, offre de magnifiques compensations (activités, paysages enneigés). Le printemps est pour moi la saison la plus décevante car très tardive dans ses manifestations (Avril-mai) mais il promet l’arrivée de l’été, la nature explose. Puis le soleil devient très présent, la chaleur (et la moiteur) également. Et de nouveau, l’automne et ses couleurs chatoyantes reviennent. Un régal pour les yeux. - Un esprit BON ENFANT dans les relations non-commerciales La mentalité « grand enfant » des nord-américains en général, québécois en particulier, qui se mobilisent pour les fêtes avec un extraordinaire bon esprit et le sens de l’émerveillement presque enfantin (au bon sens du terme) : décorations des maisons pour Halloween et Noël, déguisements dans les écoles et au bureau le 31 octobre (mon chef dans une combinaison Hot-Dog géante, c’est quand même le must). On trouve des déguisements « zombi » même pour les chiens et chats vendus dans les supermarchés ! Chants de Noël garantis en boucle dans les magasins dès le 1er Décembre, énorme choix d’articles de décoration, et j’en passe…Bref, un esprit festif génial qui aide à avaler la pilule de l’hiver qui approche ! Les autres points positifs de mon point de vue (dans le désordre) : - La civilité des québécois qui attendent sans s’impatienter dans une file - Les activités proposées en nombre et à tarif accessible - L’architecture des maisons bois récentes, type cottage, et même des collectifs, architecture que je trouve particulièrement agréable à regarder - Le soin que les québécois apportent à leurs maisons et à leurs voitures en général (état impeccable des habitations, aspect « cosy », jardin au cordeau, voitures dans un état de propreté comme si elles sortaient de la concession (mais comment font-ils ???)). - La saveur des bleuets, du sirop d’érable, de certains fromages d’ « icite » et le homard - Les lits King très confortables, ainsi que les gros « électroménagers », parfaits pour les grandes familles - Le prix des voitures à l’achat et le prix de l’essence, vraiment intéressants - Certains vêtements de marque que l’on peut acheter à des prix très accessibles (Tommy Hilfiger, levis,…) et la présence de la marque Old Navy (groupe GAP), super et pas cher - L’existence des DOLLARAMA ! Je suis tombée en amour avec ses magasins, j’y vais 3 ou 4 fous par semaine, pour le plaisir. J’y achète de tout et n’importe quoi - La gratuité de l’eau - L’air bien moins pollué en particules fines qu’en Europe - Les salles et les fauteuils berçants d’allaitement que l’on retrouve avec une assez grande fréquence dans les centres commerciaux ou parcs touristiques, et qui offrent beaucoup de confort et d’intimité aux jeunes mamans - J’en oublie bien sûr, je vous laisse compléter avec vos idées personnelles Voici, à présent, de mon point de vue, Les ENORMES points négatifs du Québec : - L’accès au système de SANTE Je ne détaillerai pas ici cet aspect. Chacun aurait beaucoup à dire et cette thématique a été rabâchée sur le forum. Disons que l’aspect ACCES aux soins est problématique. En revanche, il me semble qu’une fois que le patient est ENFIN entré dans le système (il a obtenu un RDV chez un spécialiste), la prise en charge est tout à fait correcte. La problématique est qu’elle peut subvenir tard et faire perdre de longues semaines parfois vitales au patient. Ce dernier est généralement complètement impuissant en matière de délais (sauf à avoir de la famille dans le corps médical qui passe des coups de fils aux bonnes personnes), souvent infantilisé et trimballé par les interlocuteurs de la santé. A bout de compte : l’impression d’un gâchis alors que les médecins québécois sont globalement d’un (très) bon niveau sur le plan académique (sur le plan humain, c’est un autre sujet). Egalement, le coût des soins DENTAIRES est problématique : Un détartrage effectué par un hygiéniste dentaire (ce n’est pas le dentiste qui s’y colle, et heureusement, car sinon, quel serait le tarif de la demi-heure !) : 120 dollars. Une carie ? 140 dollars. Un traitement orthodontique pour un enfant : 7000 dollars. Tout simplement indécent. - Le marché canadien est fortement REGLEMENTE ce qui créé des rentes de situations pour certaines grosses entreprises et empêche les PME de se développer Au Canada, il n’existe pas de bataille « sanglante » sur les prix ou alors, c’est pour la galerie. La concurrence est réglementée. Le marché Canadien est en réalité préservé de l’entrée de concurrents agressifs par des normes protectionnistes assez fortes sur beaucoup de produits (Normes Ulc pour les produits électriques, normes pour le lait, les œufs, monopole de la SAQ pour les alcools et vins, contraintes d’étiquetage pour les vêtements, imposition de notices bilingues Français-anglais, etc…). Les barrières à franchir (et les coûts) pour importer au Canada sont telles que le nombre d’acteurs sur chaque marché est réduit en général aux grosses entreprises déjà présentes historiquement (et qui s’entendent entre elles). Les PME n’ont pas la place ni les moyens de grossir. Ainsi, si vous souhaitez racheter une entreprise au Québec, vous aurez le choix entre des CENTAINES de restaurants, des dépanneurs, des garderies pour enfants ou…personnes âgées, et autres magasins de proximité. Il faudra batailler ferme pour trouver une jolie entreprise bénéficiaire (les PME hors pépites technologiques ne parvenant que très rarement à dégager des profits pérennes). Autre exemple, le marché bancaire est définitivement fermé, avec un nombre de convives définis (les BIG 6) qui se partagent le gâteau après s’être entendus les uns les autres, avec la bienveillance des autorités. Le gouvernement canadien limite la concurrence étrangère des entreprises de téléphonie sans-fil, ce qui induit les tarifs indécents des abonnements cellulaires (Canada 2ème pays OCDE le plus cher en la matière). La réglementation sur les médicaments est telle que les rentes sont assurées sur les médicaments autorisés. D’ailleurs, les pharmacies québécoises n’ont pas le droit de faire de la publicité sur le prix des médicaments sur ordonnance, ou de faire des rabais sur ces derniers, ce qui maintient les prix à des niveaux élevés. - Un fort CORPORATISME créant des rentes de situation pour certains professionnels De la même manière, les ordres professionnels imposent règlementations, certifications, formations purement québécoises, ainsi qu’un coût d’affiliation annuel, par l’effet d’un protectionnisme déguisé en hypocrite protection du consommateur. On retrouve ici la mentalité très « business » nord-américaine. On ne rigole pas avec les honoraires que vous devez payer dès que vous recherchez un conseil. Vous avez besoin d’un avocat ou d’un expert-comptable ? 280 dollars de l’heure hors taxes pour un bon professionnel Rive Sud (on peut atteindre 400 dollars de l’heure voire plus à Montréal). Ce dernier vous téléphone pour savoir où vous en êtes car il n’a pas de vos nouvelles ? Il vous facture le temps de conversation téléphonique (1/4 d’heure = ¼ de 280 dollars sur votre prochaine facture) alors que c’est lui qui est demandeur et à l’initiative de l’appel. Le client se transforme une cash-machine ! Disons que les professionnels vendent très chèrement leur précieux diplôme québécois. - Le FICHAGE permanent, considéré comme NORMAL car SECURITAIRE Listons les faits : vous consommez avec votre carte de crédit, vous empruntez ? Vous obtenez donc votre fameuse côte de crédit consultable par tout créancier autorisé. Vous êtes fiché. Vous souhaitez souscrire une assurance-vie ? L’organisme va, avec votre autorisation (mais finalement, vous êtes obligés de la donner), demander copie de votre dossier médical à votre médecin de famille. Tout ce que vous avez confié peut se retourner contre vous. Un exemple lu dans un article de journal : une mère n’avait pu assurer une de ses filles qui avait subi un abus sexuel (la mère s’en était ouverte à son médecin) car l’assurance considérait que la fillette était à risque de dépression. Résultat : la victime pénalisée pour l’agression subie dans son enfance ! Bref, attention aux confidences chez le médecin ! Vous avez un accrochage en voiture ou vous changez l’huile de votre moteur ? L’incident, mais aussi l’entretien, est noté dans votre « Carproof ». L’acquéreur de la voiture saura tout du passif du véhicule ! Votre voiture est donc fichée aussi, votre nombre de points d’inaptitude est transmis également à votre assureur ! D’ailleurs, si vous souhaitez obtenir une réduction sur votre assurance auto, il vous sera proposé un petit appareil à placer dans votre voiture qui enregistrera vos accélérations, votre vitesse, l’horaire de vos déplacements. Quelle horreur ! Vous voilà équipé d’un trackeur. De plus, les caméras de surveillance sont omniprésentes dans les rues et servent même à signaler les voitures dont les tickets d’horodateur ont dépassé la limite. Les conversations téléphoniques commerciales sont quasiment toutes enregistrées, soi-disant « à des fins de formation ». L’enregistrement est à usage interne exclusif ou produit sur demande d’un juge. Bref, votre vie en Amérique du Nord (La situation est pire aux Etats-Unis !) ne vous appartient plus! J’avoue que le coté BIG BROTHER me semble décliné à l’infini et à l’au-delà ! Mais que font les commissions « informatique et liberté » ? Il me semble que de toutes les manières, tout le monde s’en fiche et il est déjà trop tard… - Un marché du travail dynamique en EMPLOIS PEU QUALIFIES mais en INADEQUATION avec la politique d’immigration actuelle Si vous recherchez un poste de commis, vendeur/euse, serveur/euse, chauffeur/livreur, gardienne d’enfant, dame ou monsieur d’entretien à la personne ou au ménage, et j’en oublie… vous êtes au bon endroit. En deux semaines, vous serez embauché avec des perspectives d’évolution assez rapides si vous faites l’affaire. Si vous souhaitez être assistant(e), secrétaire, conseiller ventes (ou après-vente) au téléphone, ou ce type d’emplois, vous trouverez facilement si et seulement si …vous êtes Bilingue !! Il vaut mieux à Montréal être un anglophone sans parler un mot de français qu’un francophone qui ne parle pas un mot d’anglais. En revanche, si vous arrivez avec un BAC+1 et supérieur, hors informatique et infirmier, AIE AIE. Une recherche sur les sites d’emploi sur le critère de la scolarité « Universitaire » exigé est éloquente. Consultons par exemple le site Placement Québec : 451 annonces exigent un niveau universitaire sur 8219 annonces, soit 5,48% (A noter, sur ces annonces, la moitié concerne le secteur INFORMATIQUE). Donc, actuellement, seulement 2,74% seront susceptibles de vous correspondre si vous avez un niveau universitaire hors informatique. Disons le autrement : 94,52% ciblent des demandeurs d’emploi qui ont arrêté l’école au niveau secondaire ou collégial (niveau première ou max BAC+1 en France,). Pensez-vous donc qu’avec votre BAC+5 école de commerce, histoire de l’art ou sciences sociales, cela va être facile ? Non, cela risque d’être une grosse galère, sauf si vous êtes prêts à travailler au départ comme commis et de monter les échelons un à un. La politique d’immigration actuelle privilégie au contraire le recrutement d’immigrants qualifiés et diplômés, alors que le marché du travail québécois est tourné à presque 95% vers des personnes qui n’ont même pas l’équivalent du niveau BAC français. Bref, BIG PROBLEM dans la stratégie. Le tout couplé à un fort corporatisme dans lequel les ordres professionnels québécois ne reconnaissent pas toujours les diplômes obtenus à l’étranger et la situation devient explosive. D’où le nombre important de retours d’immigrés qualifiés dans leur pays d’origine afin de ne pas vivre sur la durée une trop longue rétrogradation dans leur position sociale. - Une certaine INSECURITE en cas « d’accidents de la vie » Comme en Amérique du Nord, ATTENTION aux accidents de la vie : un échec scolaire en secondaire ? Adieu CEGEP réputés et universités prisées. Une maladie grave ? Si mauvaise assurance, le coût des soins et médicament peut devenir prohibitif et ensuite, il sera très difficile (voire impossible) de souscrire certains contrats d’assurance (assurance-vie par exemple). Un divorce houleux ? C’est en chemise qu’il est possible de se retrouver (votre avocat, lui, s’achètera un nouveau chalet grâce à vous). Un accident de voiture ? Le véhicule, s’il est réparable, deviendra de toutes les façons difficilement revendable d’occasion (cause historique carproof), votre assurance peut vous résilier ou vous augmenter l’année suivante, sans compter les franchises diverses dans les remboursements et frais médicaux éventuels. Une faillite ? Et bien, cette dernière vous rendra insolvable 7 ans (merci le système côte de crédit). Vous passez par la case « Prison » ? Cela sera très difficile de louer un logement, de trouver du travail, d’être assuré d’obtenir un crédit car votre casier judiciaire est demandé très régulièrement dans les démarches que vous entreprendrez. Bref, il vaut quand même mieux avoir un passif judiciaire immaculé, être aisé financièrement, bon conducteur, en bonne santé et excellent à l’école et en affaires. Le concept de la « seconde chance » ne semble pas très répandu sur le continent américain (En France, on laisse une 3ème, 4ème, voire 15ème chance…ce qui est l’extrême inverse et produits des effets forts négatifs sur la sécurité par exemple) Les autres points négatifs du Québec, à mon avis, dans le désordre : - Le climat pour les récalcitrants au froid, on ne s’étendra pas sur la question et par conséquent, les coûts plus importants engendrés par les amplitudes thermiques (entretien des voitures, toitures…) - Le permis de conduire et les droits d’immatriculation payables annuellement comme aux Etats-Unis (attention de ne pas perdre de points sur le permis aussi sinon ça augmente vite…) - Pas de possibilité de faire de petits voyages dépaysants pas chers à cause des distances - L’offre alimentaire qui se diversifie mais qui reste bien moins étoffée qu’en Europe. Si on veut manger bon en goût et pour la santé, il faut payer assez cher - Les taxes qu’il faut payer, même à l’acquisition d’un véhicule d’occasion (alors qu’elles ont déjà été payées à l’achat du véhicule neuf) - La quadruple peine quand on prend un PV : 1. La perte de points 2. L’amende à payer dans les 30 jours 3. L’augmentation du renouvellement du permis de conduire l’année prochaine en fonction du nombre de points d’inaptitude 4. L’augmentation de votre assurance l’année prochaine toujours en fonction du nombre de points d’inaptitude. On comprend mieux pourquoi les québécois font attention au volant ! - Le magasinage à l’ancienne, avec déplacement physique en magasin et coupons de réduction en mains, et la consigne des bouteilles plastiques et verre, à rapporter en magasin, comme en France il y a vingt ans ! - Les impôts hyper compliqués à déclarer en double, à la fois au niveau le fédéral ET du Québec, sans possibilité de rendez-vous physique pour se faire aider car il n’y a plus aucun guichet ouvert au public (pour le fédéral), d’où le recours onéreux à des organismes privés type HR Block - Le système bancaire compliqué avec cartes de débit / carte de crédit à rembourser dans les 30 jours après réception du relevé mensuel
  5. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @jo19963 j'ai lu certaines conversations où il était reproché aux personnes de lancer un sujet et de ne jamais revenir sur le fil pour répondre. On disait assez facilement d'eux qu'ils étaient des trolls. Pour ma part, je me sens légitime à répondre au sujet que j'ai moi-même lancé, d'autant que ce que j'y lis me semble ne pas pouvoir rester sans réponse. A priori, vous préféreriez que je retourne à mes boîtes à lunch. Vous seriez peut-être soulagée de ne parler qu'avec ceux avec qui vous êtes d'accord. Belle illustration d'ouverture d'esprit. Plus sérieusement, j'estime avoir le devoir de témoigner de mon ressenti et expérience afin d'apporter un angle de vue différent à la ligne éditoriale de ce forum. Peut-être que cela pourra servir à quelqu'un. Mais il est vrai que, vu les réactions, je partage votre avis: il s'agit peut-être d'une perte de temps supplémentaire, et je vous rassure, mon magasinage concernant mon billet en aller simple est déjà fait.
  6. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @PhilMp: elles n'auront pas besoin. Elles sont hyper rentables et en monopole. La Marché canadien des banques est fermé à tout nouvel entrant. Les banques Canadiennes sont au nombre de 7 et elles se sont organisés pour le rester. Ils n'existent donc entre elles qu'une concurrence de façade qui ne prodit que des effets à la marge (petit taux promotionnel par ci par là, à tour de rôle). A tous ceux qui ont eu le courage de lire ce fil de conversation jusqu'au bout: mon mari et moi-même sommes restés locataires au Québec pendant 22 mois, sans acheter alors qu'on le pouvait, car il n'était pas concevable pour nous de prendre des risques sur un emprunt hypothécaire tel qu'il est conçu en Amérique du Nord (Car oui, @kuroczyd ce n'est pas un problème québécois, cette affaire de taux). Nous sommes en effet trop bien habitués (nous avons déjà acheté 3 fois en France) à souscrire un emprunt avec de la sécurité sur la durée (mensualité fixe, taux fixe et faible, durée connue). De plus, le niveau des taux sont historiquement bas au niveau mondial, et à moins d'une grande surprise, ils ne pourront que remonter à plus ou moins grande échéance. Qu'arrive-t-il alors si on a acheté sa maison x milliers de dollars, qu'on rembourse déjà une mensualité de 40% des revenus et que le taux flambe quelques années après l'achat? Nous avons 4 enfants et il n'est pas question de nous placer en situation d'insécurité. Ce genre de soucis n'est pas pour moi, ni celui de devoir renégocier son taux avec la banque tous les ans. Franchement, les banques en France sont comme toutes les banques du monde, de "grandes voleuses", mais elles offrent cette quiétude qui me semble correspondre avec une certaine Dolce Vita. @crazy_marty: ce n'est pas de la mauvaise foi. Ce n'est pas du bitchage. Ce sont des faits. Et puis le disque est rayé dans vos réponses (chialage, risible, etc...). Si tout cela était aussi risible, vous ne prendriez pas le temps de me répondre. Beaucoup de québécois ignorent les pratiques bancaires étrangères. S'ils étaient au courant, peut-être auraient -il envie d'obtenir de meilleur conditions de leur banque. Vous avez oublié de parler de la taxe de bienvenue, non? Même si les frais de notaire sont très élevés en France en comparaison, la tranquillité d'esprit de ne pas risquer une remontée de taux...justement pour moi est une qualité immense car votre taux de 2,19% il est garanti comme de temps?
  7. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @Automne et @kuroczyd : ce sont des faits. Vous avez les liens internet à consulter pour le prouver. Si, cela vous deplaît, faites pression au sein d'associations de consommateurs auprès des banques canadiennes pour qu'elle arrêtent de faire un énorme profit sur le dos de leurs clients particuliers. Je pense que si les consommateurs canadiens ruaient plus dans les brancarts, "chialaient" un peu plus comme dirait Automne, et bien des conditions meilleures pourrait être proposées par les banques. Les banques françaises font beaucoup moins de profit que les canadiennes (elles sont d'ailleurs moins solides, ce qui est aussi un problème) et par conséquent, sont plus frileuses pour prêter (elles prennent plus de risques sur leur clientèle de particuliers). Alors, oui, elles prêtent moins facilement. Elles exigent un taux d'endêtement maximal de 33% des revenus par foyer. Quand on se voit refuser un prêt en France, parce qu'on est à 34% d'endêtement, oui on râle. Mais c'est aussi une façon de protéger le consommateur de lui-même. La crise des subprimes n'aurait pas été possible en France. Il n'empêche que quand vous êtes solvables, votre prêt est beaucoup moins risqué qu'au Canada.
  8. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Puisque le sujet est arrivé sur la question des banques, et si on parlait crédit, immobilier par exemple (prêt hypothécaire au Québec)? Comparons ce qui est proposé en France: on propose un vrai taux fixe sur 25 ou 30 ans de manière classique (régulière) et très répandue. Oui, vous avez bien lu, le taux reste fixe, n'augmente pas quoiqu'il se passe à l'avenir. Vous n'avez pas à vous poser la question de le bloquer sur 1,2,3, ou 5 ans ou de le renégocier tous les ans (quelle perte de temps ENCORE§). Il est FIXE une fois pour toute pendant 25 ans. Par exemple, sur 25 ans, taux moyen régulier proposé actuellement sur le marché = 2% (FIXE, sur 25 ans, prêt fermé comme on dit au Québec, c'est à dire que si on rembourse par anticipation on doit payer une IRA (3% du montant du capital restant mais plafonné généralement à 1500 euros à négocier). Ce qu'on appelle IRA (Indemnité Remboursement Anticipé se négocie: si vous avez un bon profil, et bien vous pouvez obtenir zéro IRA). Donc, si on a négocié, on se retrouve avec un prêt comme on dit au Québec OUVERT avec un taux fixe pendant 25 ans à 2%, remboursable à tout moment pour zéro indemnité de remboursement anticipé. Pendant 25 ans, si on rembourse mensuellement son prêt, on n'entend plus parler du banquier. voir http://www.empruntis.com/financement/actualites/barometres_regionaux.php Comparons Avec ce qui est proposé au Quebec: voir Desjardins (désolée, je suis chez Desjardins) https://www.desjardins.com/taux-rendement/financement/prets-hypothecaires/ Pour le prêt le plus proche qui est proposé par rapport à ce qui ce fait le plus commun en France, nous retrouvons donc un taux fixe fermé classique de ...6,10% sur une durée de seulement 10 ans (au lieu de 2% sur 25 ans)!!! Autrement dit, après 10 ans, votre taux de 6,10% n'est plus assuré. Il est donc inutile de dire qu'en raison de ce taux trop élevé, personne ne va choisir un prêt fermé fixe sur une durée aussi longue. Pour un taux régulier variable ouvert, Desjardins propose du 3,70% (entièrement variable sur toute la durée du prêt, bonjour le risque quand on sait que les taux sont quasi au plancher et remonteront tôt ou tard). Sinon, on retrouve un taux promotionnel fixe sur seulement 1 an chez Desjardins de 1,84% (à renégocier tous les ans, horreur, comme si on avait que ça à faire), qui dès la deuxième année passe au taux régulier d'au moins 3,14%.WOW, quelle aubaine. On comprend mieux pourquoi les banques canadiennes sont les plus solides du monde puisque en cas de remontée des taux, le risque est supporté par le client.
  9. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Des discours comme celui de @PhilMP sont ahurissants, comme ceux de certains autres commentateurs ici sur ce forum, ou sur facebook. Si j'ai écrit le texte que j'ai écrit, à les écouter, ce ne peut qu'être en raison de "tares" personnelles: je n'aime pas m'occuper de mes enfants, je ne suis pas organisée, je n'ai pas préparé mon immigration, j'ai des attentes élevées, je suis une "chialeuse", je suis une "assistée", etc...Il ne leur reste que ce point d'attaque car il est difficile de m'attaquer sur le fond. La seule erreur, à mon sens, que j'ai faite dans mon texte, est quand j'ai évoqué la nécessité de payer mensuellement sa carte de crédit, alors qu'il existe une proécédure automatique, mais à ma décharge, je ne le savais pas et il semblerait que beaucoup d'autres, depuis plus longtemps que moi au Québec, à lire les commentaires, ne le savaient pas non plus. Alors, il reste les attaques personnelles. Normalement un texte qui dit: - Au Québec, il n'y a pas de cantine, on doit se prendre la tête pour l'habillement, les boîtes aux lettres personnelles sont en train de disparaître, on a 4 déclarations d'impôt à faire au lieu d'une, on ne rigole pas avec les règlements, on ramasse la neige et les feuilles plus qu'en France, etc...reflète seulement la réalité, et ne devrait pas attiser autant les passions. En réaction au texte de départ de cette discussion, j'ai lu (surtout sur facebook) des trucs insensés du type: "on ne veut pas de toi au Québec, rentre-chez toi" (comprendre en France), puis un français répond : "Ah, non, ici, on n'en veut pas non plus (comprendre toujours en France). Zut,flûte, je pars où, alors? Prions pour que mon vol retour Air Transat reste coincé au dessus de l'Atlantique, pour faire plaisir à toutes ces aimables personnes... Si j'étais issue d'une minorité ethnique, je pense que ce type de propos aurait provoqué une volée de bois vert à leurs auteurs, mais là, non, au contraire, pluie de like, bisous, coeurs avec les mains...Que cela dégouline la pensée unique qui ne tolère aucun son de cloche discordant. J'ai même lu plusieurs commentaires de personnes en attente de leur CSQ, qui n'ont jamais vécu au Québec, qui ont 22 ans, pas de conjoint, pas d'enfants, pas de maison, pas de travail, et qui commentent pour dire que ce que j'écris est faux. Que ces personnes immigrent d'abord, trouvent un travail, fassent 4 enfants, vivent au Québec, et on en reparle lorsqu'elles en seront à rappeler leur déménageur international pour réserver leur container retour. Mon impression est que nous avons à faire, non pas à des commentateurs, mais à des militants et parfois, à de féroces convertis (des français immigrés au Québec qui ne tolèrent aucune critique sur leur pays d'accueil). Attention, la pente est savonneuse quand l'esprit critique est anesthésié pour servir des causes politiques. Je rajouterai que lorsqu'on trouve un paradis, on est normalement tenté de le garder pour soi. Je ne comprends donc pas cette passion de vouloir convaincre autrui d'immigrer au Québec.
  10. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @philMP: Quel beau donneur de leçons vous êtes! Vous comptez maintenant m'apprendre à élever des enfants et à tenir une maison ? Vous croyez que je gère une famille et une maison pour la 1ère fois de ma vie (je n'ai pas 20 ans et je n'ai pas attendu d'être au Québec pour pondre mes 4 enfants d'un coup, à vous écouter...). Figurez-vous que j'avais déjà une maison en France et 4 enfants avant d'arriver au Québec. Relisez-mon texte. Donc qui êtes-vous pour vous permettre une telle condescendance? Vos commentaires ont pour seul but de me faire passer pour une mère indigne, doublée d'une feignasse. Tout pour décrédibiliser mon discours plutôt que d'accepter de regarder une réalité qui dérange. Quel manque d'élégance!
  11. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @PhilMP @juetben J'assume complètement ma position et confirme à 100 pour cent ce que j'ai écrit. Je ne suis donc pas à l'origine des changements de titres. J'aime bien le dernier proposé, je trouve qu'il résume bien aussi, mais je n'ai pas demandé de modification. @Laurent Pouvez vous nous expliquer d'ailleurs à tous pourquoi vous pensez que ce dernier titre convient mieux que les précédents? Ce serait sympa et éviterait que PhilMP fasse des suppositions éloignées des faits.
  12. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Quand je pense qu'il y en a certains qui disent que je suis de mauvaise foi, alors que dans les réponses dans ce sujet on peut y lire, en vrac, des arguments qui me semblent être des summums caractérisés de malhonnêteté intellectuelle (je n'ai pas hiérarchisé mes remarques, mais c'est tout et n'importe quoi). J'illustre mes propos: - une famille de 4 enfants, ce n'est pas une famille nombreuse d'après un commentaire. D'après certaines réponses, il faudrait en avoir 9 ou 10 pour pouvoir porter cet étendard et avoir le droit de la ramener. Il faut savoir que seulement 2,7% des familles au Québec ont 3 enfants et plus (bref, avec cette définition seules 0,01 % des familles sont des familles nombreuses). Bon. Je viens donc d'apprendre que je n'ai qu'une toute petite famille...Pourtant, je ne compte plus les remarques de Québécois qui me disent "Wow, vous avez 4 enfants? C'est courageux!" Ces gens-là avaient élevé en général, un enfant ou max 2, et semblaient déjà bien éprouvés rien qu'à l'idée de s'en souvenir. - J'ai aussi pu lire "Le Drive a déjà été tenté au Québec fin des années 1950 et comme cela ne marche pas, l'idée a été abandonnée". Donc, ça ne marche pas. Passons à autre chose. Le fait que depuis 1958, le taux d'équipement voitures ait augmenté, et qu'internet ait modifié les habitudes de consommation et permette de commander sans se déplacer avec visualisation instantanée des produits disponibles, ne changent donc rien? Ca a été tenté, pas la peine d'y revenir donc. Ok, soyons satisfaits de tout cela. - Le fait que le médecin du labo mettent 15 jours à valider les analyses, les envoie par fax au médecin de famille qui doit les valider à son tour avant de les transmettre au patient, c'est super! A quoi ca servirait d'avoir ses résultats par mail dans la journée? Hein? Ah quoi? Pourquoi faire vite quand on peut faire lentement en donnant toujours plus au médecin du pouvoir de contrôle sur la vie des gens... - J'ai lu aussi, à quoi ça servirait de lire ses résultats directement par mail, puisque n'étant pas médecin, il ne faut pas se croire sorti de la cuisse de jupiter (ce qui veut dire si on est pas médecin, on est donc idiot)et qu'il n'était pas possible de lire les fourchettes indiquées pour vérifier qu'on était dans la normalité sans se tromper ou tomber dans une grave anxiété. J'ai cru comprendre aussi qu'on risquait à cause de tout cela de tomber dans l'hypocondrie et de refuser les vaccins pour les bébés, et que tout cela conduisait à la malnutrition, etc...Aie, aie, aie. Quoi dire? - J'ai lu aussi de graves contre- vérités diverses sur la France, et autres fadaises, telles que la rigolotte référence au salaire indécent des laborantins qui seraient exploités. Leur salaire moyen est de 1915 à 2328 euros par mois source Google. C'est vrai qu'il ne leur manque que le fouet. Je passe aussi sur les médecins français fans de golf et qui pressurisent l'infirmière pour qu'elle donne ses prélèvements avant midi...Tout cela, décidèment, prouve que les résultats d'analyses par mail dans la journée, c'est vraiment une énorme bêtise!! Vous avez raison, je suis convaincue. - Au sujet du faible débit internet, au France, oui, le débit moyen est à la traîne, mais les villes sont dotées de la fibre qui progresse vitesse grand V et qui propose des vitesses hallucinantes à de plus en plus de monde. voir http://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/2-millions-d-abonnes-fibre-en-france-mais-debit-moyen-a-traine-n61781.html. Mes amis ont tous la Fibre, que ce soit orange ou free pour des prix variant de 29,99 euros à 39,99 euros mensuels pour de la consommation ILLIMITEE. Les débits annoncés sont - Jusqu’à 1Gbit/s en débit descendant. - Jusqu’à 200 Mbit/s en débit montant. Les débits réels descendants réels sont souvent plus proches de 500 Mbits/s mais cela reste de l'instantané (le film se télécharge en quelques secondes!!!) Il y a très peu de coupures avec la fibre, plusieurs TV sont branchées en wi fi, et plus de 300 chaines pour le prix. Il est vrai que la fibre est en cours de développement et il faut habiter en ville pour en bénéficier (toutefois, je suis originaire d'une ville plutôt modeste et tous mes amis ont la fibre). - Au fait, en parlant de coupures, je vous ai parlé du nombre de coupures électriques que nous avons eues au Québec depuis que nous habitons là? Je ne vous parle pas d'internet, mais d'électricité (plus de lumière, plus de chauffage, plus de wifi )! Noel 2015, au moment de mettre la dinde dans le four électrique, panne jusqu'au lendemain midi. C'était un peu tristouille. - En plus, je lis que le concours de l'Eurovision n'est pas prestigieux!! Alors, là, c'est ce qui me met le plus en boule. Quel manque de respect! Bref, comme vous l'aviez compris, la référence à l'eurovision était de l'humour, mais il semblerait que vous ne riiez qu'à vos propres blagues. La lecture de tout cela me laisse entendre que : soit: les personnes qui commentent n'ont pas vécu en France depuis de longues années Soit, ont des lectures biaisées de la réalité Certains doivent être réfractaires au progrès ou adorent payer très cher le monopole des fournisseurs internets au Québec.
  13. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Les classements américains avec en résultat, le Canada en n°1 sur la qualité de vie, c'est comme le concours Eurovision avec la Finlande qui vote tout le temps pour la Suède. Peu importe la qualité de la chanson, La Finlande donne toujours ses "12 points" à sa voisine pour d'obscures raisons un peu politiques... En tout cas, en ce qui me concerne, vu du petit bout de ma lorgnette, ma qualité de vie a diminué depuis mon arrivée au Québec. J'en suis la première désolée. Mais comme le U.S. News & World Report n'est pas venu m'interroger, ni moi, ni les quelques autres chialeurs professionnels que ce forum a vu passer depuis des années et qui sont, depuis le temps, certainement rentrés dans les jupons de leur mère patrie...le résultat est donc là. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: je n'ai pas dit que la qualité de vie était mauvaise au Canada, j'ai dit qu'elle était moins bonne qu'en France, du moins pour une maman qui travaille avec 4 enfants. La qualité de vie au Québec, versus une majorité de pays, et encore plus, comparativement aux zones du monde où le matin en se réveillant, on se demande si on sera encore en vie le soir, si on aura le droit de s'exprimer auprès de son mari/patron/voisin et/ou si on trouvera à manger dans les magasins, est excellente. Il est certain que lorsqu'on on est réfugié au Canada, je pense qu'il est facile de penser qu'on a trouvé un paradis. A mon avis, il reste même plus agréable de vivre au Québec que dans certains états du Nord des Etats-Unis. Du moins, moi, à choisir entre Montréal et New-York par exemple, je reste au Québec sans hésiter. Car les problèmes de Boîte à lunch, l'habillement oignon des enfants, météo avec neige à pelleter, coût de la santé, qualité, diversité de l'alimentation et règlements appliqués à la lettre avec surveillance citoyenne de chacun par chacun sont encore plus flagrants. Pourtant, les Etats-Unis jouissent d'une image hyper positive, en général, en France (Certainement grâce (à cause) des valeurs véhiculées depuis la fin de la seconde guerre par le cinéma hollywoodien).... Peu de mes concitoyens refuseraient une green card alors que je ne suis pas sûre qu'à terme, ils ne reviendraient pas, eux aussi, en Europe. Ainsi, comparé à la France, qui, certes, rencontre deux lourds problèmes de société (le chômage et la sécurité) qui parfois, poussent les gens à s'expatrier, la vie quotidienne canadienne me semble plus compliquée. Il y manque la Dolce Vita (Douce Vie, littéralement), le fait de laisser couler, et de se laisser couler dans la vie, de pouvoir s'arranger, négocier, trouver des chemins de traverse, et non toujours faire comme c'est marqué dans le règlement. Les classements "Canada n°1" confèrent au pays un côté "Bon élève", qui reçoit de belles appréciations des professeurs, mais qui finalement cache beaucoup de failles sous sa belle chemise blanche et ses cheveux bien coiffés. Le "trop beau" m'a toujours semblé un peu suspect. Tellement lisse. Et ces failles, personne ne semble avoir intérêt à en faire la publicité... La France est loin d'être parfaite, mais elle, elle ne dit pas qu'elle l'est.
  14. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Voyez, je n'avais même parlé du problème des prises de sang. En France, on appelle un labo le soir à 17h, on a rdv le lendemain ou le surlendemain, à 7h30 si on a besoin d'une prise de sang à jeun. Puis, à 15h, le jour-même les miracles de la médecine doublée de la technologie : nous recevons un petit mail sur le smartphone avec les résultats. Et oui...tout ça dans un labo public. Je ne parle même pas des infirmières libérales qui peuvent venir le matin chez vous vous faire votre prise de sang alors que vous êtes toujours au lit, en pyjama.Bien sûr dans cette deuxième option, comme votre échantillon ne sera déposé au labo que dans la journée, vous aurez les résulats (toujours par mail) que le lendemain...Alors peut-être que certains vont dire que dans les campagnes, c'est plus compliqué. Peut-être. Mais moi je vous parle d'une comparaison grande ville française/ grande ville québécoise (Montréal). Quand je pense au calvaire que j'ai vécu pour récupérer les résultats de ma seule prise de sang effectuée au Québec: - 15 jours après, je n'avais aucune nouvelle. J'appelle mon medecin de famille, je tombe évidemment sur sa secrétaire, qui vérifie: elle n'a rien reçu. Elle me dit que c'est normal qu'avec les fêtes (cétait en Décembre), cela prend plus de temps. Janvier arrive, toujours rien. La secrétaire envoie un fax (un fax, non, mais, cela existe encore ces machins-là? et les courriels, ce ne serait pas plus rapide?) pour relancer. Une semaine après. pas de nouvelles, alors je rappelle. Ah oui, le médecin de famille a bien reçu les résultats mais il n'a pas eu le temps de les regarder. Comme demain, il ne sera pas là (il travaille aussi certains jours à l'hôpital), il pourra peut-être les regarder jeudi. Bref, quasi un mois pour obtenir un résultat, somme toute banal. La médecine québécoise infantilise les patients qu'elle considère comme incapables d'interpréter des analyses sans paniquer. Avec la pénurie de médecins, je conseille l'abandon du fax pour gagner du temps, parce que là, entre les explications du type "le fax s'est perdu", "le médecin n'a pas eu le temps de regarder ses fax", c'est un temps fou perdu pour le patient...
  15. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @quebeclove5014: en tant que "chialeuse", je m'adresse donc aux seules personnes susceptibles de me comprendre, à savoir les "chialeurs", présents, passés et en devenir, déjà au Québec ou en passe d'arriver. Ainsi, puisque cette catégorie de personnes n'est pas la bienvenue, vous devriez me remercier: peut-être que mon petit texte vous évitera d'en accueillir d'autres à l'avenir. Franchement, je vous rends service. Les autres, les "esprits positifs et ouverts" viendront quand même, quoiqu'ils lisent. Ensuite, si vous aviez lu un de mes précédents messages, vous sauriez que nous avons effectivement l'intention de rentrer vivre en France. Seulement, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Nous attendions les résulats de l'election présidentielle française pour acter notre décision, ainsi que la fin de l'année scolaire pour déménager. Retour prévu cet été.
  16. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @quebeclove5014: vous ne servirez pas votre cause en voulant éviter les débats. Vous ne tolérez donc que les messages "sirop d'érable, grands espaces et nuées de roses", à ce que je comprends. Ne regrettez pas, dans ces conditions, que les immigrants ne se soient pas assez renseignés avant, s'ils n'ont pas la possibilité de lire un autre son de cloche. En finir par évoquer la "xénophobie" (contre qui, les Africains? Je n'ai pas compris, tout ça parce que je dis que les boîtes à lunch sont pénibles, les impôts compliqués et l'absence de poste à domicile regrettable?) se rapproche du point Godwin. Pour revenir au sujet: Les boîtes à lunch, ce n'est pas si simple, comme le laissent entendre une majorité de personnes de ce forum. A noter la problématique des boîtes à lunch n'est pas spécifique au Québec. C'est pareil dans tout le Canada et aux Etats-Unis, et dans d'autres pays du monde. La France fait office de pays priviliégiés avec ses cantines présentes dans quasiment toutes les écoles. Je vous laisse découvrir deux liens: http://myfrenchcity.com/edition-nationale/vie-pratique-usa/vie-quotidienne-usa/lunch-box-cauchemar-americain/ et surtout: le casse-tête des boîtes à lunch ici http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/683996/boite-lunch-allergies Pourquoi les boîtes à lunch, ce n'est pas simple? D'abord, car cela prend du temps, multiplié par le nombre d'enfant, de l'équipement (un emballage type boîte en tissu doublée isotherme par exemple, des contenants pour verser les plats, des contenants pour l'eau, des couverts, une serviette) et la nécessité de les nettoyer (prévoir de doubler les contenants repas afin de les faire passer au lave-vaisselle le soir alors que leur double est prêt à partir, rempli déjà rangé dans la boîte à lunch du lendemain). Ensuite des problématiques diverses se greffent à cette logistique (le goût des enfants se heurte souvent aux souhaits des parents qui préfèrent préparer des légumes que des pâtes et aux réglements scolaires). 1. Problème de contenu Il s'agit de constituer des repas variés, appéciés de ses propres enfants, équilibrés (sinon, autant les laisser manger un hot dog tous les midis au snack) et qui ne comportent pas d'allergènes (psychose nord-américaine sur les allergies voir l'article "casse-tête des boîtes à lunch"). La problématique doit de plus s'accompagner de cette question: dans le cas où l'enfant n'aura pas accès au micro-onde, ou s'il n'en a pas le temps car la pause du midi est courte et que les micro-ondes seront pris d'assaut, est-ce que le repas sera mangeable froid? Il faut tenir compte des réglements scolaires qui interdisent donc les aliments suceptibles de provoquer des allergies (la liste se rallonge tous les ans), les aliments trop gras ou sucrés (pas de friandises, pas de barres chocolatées...). 2. Problème de contenant Les contenants lunch en verre rectangulaires (2,50 dollars chez IKEA) sont idéales pour le micro-onde mais elles se cassent. J'en rachète une tous les 15 jours environ. Pourquoi? La pause du midi est courte et les micro-ondes peu nombreux dans les écoles. Alors, les boîtes verre ou plastique sont mises emplillées au micro-onde par 3 ou 4. Un enfant prend sa boîte du dessous un peu brutalement, et c'est les deux du dessus qui tombent et se cassent. Double-peine: l'enfant dont la boîte vient de tomber au sol ne mangera pas à midi de repas chaud (tout le repas est par terre) et les parents doivent racheter un nouveau contenant. A cela se rajoute le programme écologique 'anti-déchets" des écoles: un enseignant passe dans les rangs pendant le dîner des enfants et inspecte les couverts et contenants. Si la boîte à lunch de l'enfant est "green" (comprendre pas de plastique, pas d'emballage papier, pas de bouteille eau plastique, mais un contenant en verre, des couverts métal, une gourde pour l'eau et une serviette papier) alors l'enfant reçoit un bon point (et les parents, pour devoir laver le tout le soir, ils reçoivent quoi?). Il existe donc une pression sociétale portant à la fois sur le contenu et le contenant. Le parent doit donc certes préparer une boîte à lunch, mais une boîte à lunch répondant à la fois aux besoins nutionnels de l'enfant, aux goûts de l'enfant et conformes aux directives de l'école.
  17. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Les remarques du type "fallait se renseigner avant" sont stériles, même si j'ai remarqué que c'était le premier réflexe de beaucoup. Car comme pour conduire une voiture, on a beau se "renseigner" avant, lire des livres sur la mécanique, essayer de comprendre comment marche un moteur, et comment on pilote, tant qu'on n'est pas au volant, on ne sait pas bien comment cela se passer. Il faut être humble sur ce point et l'avouer. Pour répondre à @resterzen : Je pense en effet ne pas avoir détaillé (ou mal) les raisons de notre venue Nous sommes venus ici pour trois raisons principales (je n'ai pas voulu m'apesantir dessus avant ou parfois les ai-je balayées d'un revers de main car je sais que notre profil n'est pas le plus fréquent). Nous avons en effet un profil de gens d'affaires bien que nous ayons suivi le programme travailleurs qualifiés en raison de nos diplômes et expériences (plus rapide). - l'envie de partager une expérience à l'international en famille, pour voir comment ça se passe ailleurs. Le Québec était une possibilité parmi d'autres, mais l'usage du français était rassurant pour l'intégration scolaire des enfants. Nous lisions énormément de bien sur ce pays. Mon mari est allé à diverses réunions de présentation à Paris et nous avons passé plusieurs vacances hyper agréables en diverses saisons au Québec avant de prendre notre décision. J'ai été séduite par l'air pur québécois (intolérable Diesel français), les paysages superbes, etc... - une opportunité professionnelle qui s'est présentée au Québec que nous aurions regrettée de ne pas avoir saisie. - un climat des affaires favorables aux TPE/PME (nous avions un projet d'investissement au Québec que nous allons abandonner) Nous ne sommes pas venus ici pour fuir quoique ce soit. Nous avions en France un excellent confort, une bonne optimisation fiscale (parce que sinon, je comprends que l'on parte aussi pour cela!), de bonnes écoles avec de bonnes cantines. Le climat français que nous avons quitté était tendu, avec des craintes croissantes concernant l'insécurité et les risques terroristes mais nous étions en zone plus préservée que l'Ile de France, bien que personne ne soit à l'abri. Nous n'avions pas de problèmes professionnels. Je ne peux donc pas témoigner de problèmes de chômage, en France, je pense qu'ils sont pourtant la cause n°1 de tous ces départs de jeunes vers d'autres contrées. Ce que j'ai écrit dans mes messages successifs sur le forum était à chaque fois "Ma Vérité du moment". Je n'ai pas essayé de dire autre chose que ce que je pensais sur le moment. Je suis consciente qu'il ne s'agit que de MA Vérité et qu'en plus, ma vision evolue en fonction des événements. Je suis passée par plusieurs étapes, différentes, ce qui peut -être vous a laissé penser que je perdais en crédibilité parce que parfois je voyais les choses avec une nouvelle teinte. Pourtant, toutes les anecdotes, mon ressenti, etc à chaque fois sont des histoires vraies. Quand je me relis, j'estime ne pas avoir travesti mes opinions, si ce n'est que parfois je les ai un peu édulcorées pour éviter de subir trop de "bashing" (d'où l'utilisation du mot de fin "dubitative"). Pardon, mais j'ai décidé d'être franche. Pour aller au bout de la transparence, et pour effectivement prouver que mes dires vont prochainement être en concordance avec mes actes, sachez que nous sommes actuellement en France pour quelques jours, sur le point de rentrer à Montréal, car les enfants doivent quand même ne pas trop manquer l'école. Nous avons souhaité revenir sentir l'atmosphère (cela faisait de nombreux mois que nous n'étions pas rentrés) et voir le résultat des élections en France pour ne pas faire l'erreur d'un retour après avoir fait celle de l'aller. Effectivement si Marine le Pen était passée Dimanche, je pense que je resignais pour 5 ans de pelletées de neige ! Je me rends compte que mon bonheur ne passe pas par la réussite professionnelle, mais par le temps que je peux dégager pour ma famille et pour moi. ET la France a bien des problèmes mais elle offre du temps à ses concitoyens. S'il y a bien quelque chose qui file et qui ne se récupère pas, c'est le temps. Et pour l'instant avec la santé, il me semble que ce sont les deux biens les plus précieux, intimement corrélés. Je pense (bien qu'il faille encore que nous statuions sur ce point) que nous prendrons la décision d'un retour définitif dès la fin de l'école autour du 20 juin. Certes, je vous avoue que la logistique que cela représente par avance me freine beaucoup (commander un container en sens inverse, vendre les voitures, etc...) mais j'ai besoin de retrouver une certaine "Dolce Vita" européenne. Je souhaite rajouter trois choses: 1. Lorsque je m'"hyper" préparais (je plaisante, ne criez pas), avant de prendre la décision du départ vers le Québec, je lisais beaucoup sur tous les forums. je lisais disons 80% de positif et 20% de négatif. Or, dès qu'un message négatif est émis par un immigrant, il est combattu très vigoureusement. J'ai pensé que ces mauvaises expériences étaient le fruit de grossières erreurs puisque cette personne était largement minoritaire et souvent décrédibilisée (ne me dites pas que vous tentez de faire la même chose avec moi?). Pour cette raison, j'ai voulu témoigner à mon tour pour donner mon expérience négative, car peut-être certains immigrants ayant les mêmes préoccupations que moi se sentiront concernés et réfléchiront deux fois au lieu d'une. Ainsi si certains immigrants font l'erreur de venir, c'est peut-être parce que une certaine réalité, bien que dite (je ne dis pas qu'elle est cachée), est édulcorée, minimisée, tempérée, ou pondérée avec d'autres arguments (oui, tu travailles au Québec 40h avec 2 semaines de vacances, Mais tu es plus cool au boulot, les relations sont meilleures, tu sors à 16h et si ton petit est malade, ton patron te donne le jour, etc...). Il n'en reste pas moins qu'on a moins de temps pour soi. Et ça c'est une réalité. Et que le travail "domestique" lié à la météo (déneiger, habiller en multicouches...) prend du temps supplémentaire sur ce temps qu'il y a en moins. 2. Je sortirais de cette expérience très admirative pour les Nords-américains, Québécois en Particulier. Je trouve ce peuple, travailleur, courageux,fier pour les bonnes raisons. Je souhaiterai pouvoir passer du temps à détailler cela mais ce sera l'occasion peut-être d'un nouvel échange avec vous. 3. Merci @Mark-Beaubien, @Cherrybee @Demina47 @cartesienne1 @Amqui et tous les autres bien sûr, pour vos conseils Malgré les échanges parfois tendus, parfois compréhensifs, vous donnez du temps. Bravo ! PS: je suis encore là si vous voulez me "Hater"!! et puis je ne suis pas encore rentrée définitivement. Alors il y a encore de belles perspectives... Tremble, France, il n'y a pas de raisons que je ne vous donne pas de nouvelles pour critiquer l'hexagone après mon retour...Comme c'est ma spécialité
  18. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @kuroczyd: le monde entier, je ne sais pas, mais les pays avec des méteos un peu froides pourraient y trouver un intérêt?
  19. Rourouille

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    @laurent: votre commentaire préféré, ce n'est pas celui-ci: "Tiens! Ben voilà, en partie, pourquoi nous sommes revenu en France!"??? Et moi qui vous pensais impartial. déçue, déçue.... Sur facebook, au moment présent: 42 J'aime 6 Ha Ha 4 J'adore 2 Oh 1 fâché Je vais donc retenir le positif et les likes! @automne: Dur pour l'ego un petit article comme le mien? Je vous sens un peu tendue Je ne parle pas de "cueillette" en magasin. DRIVE à la française: On ne descend pas de sa voiture, le coffre est chargé à l'abri des intempéries. En France, ce service est GRATUIT (pas de frais de préparation). C'est marqué sur le bandeau de la photo. Je suis d'accord avec vous: ça fait envie ! Voici l'image ;
  20. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @Mark-Beaubien: chaque fait pris isolément n'est pas "grave", c'est l'accumulation qui enlève de la qualité de vie. Pour les cantines en France, je ne parierai pas sur le fait qu'il n'existe pas quelques écoles sans cantine. Cela doit bien se trouver,en cherchant bien. Toutefois, à titre personnel (je commence à vieillir mais je ne suis pas encore trop "vieille"), je n'ai jamais eu connaissance autour de moi, dans ma famille, amis, pour moi-même ou mes enfants, d'écoles dans cantine. Et je pense que 90%, voire 95% des écoles françaises proposent une cantine, un self, un service traiteur, avec des menus équilibrés sur la semaine (VOIR http://fr.sodexo.com/home.html/ SODEXO est l'entreprise qui fournit beaucoup de repas, et les français maugréent souvent contre leur qualité médiocre, même si ces repas explosent en variété qualité, etc...ce que j'ai pu trouver dans les écoles au Québec pour l'instant). La dernière école française (dans un village) de mes enfants proposait une cantine assez proche de celle décrite dans le reportage: http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/michael-moore-cantine-normande-video-1128383.html avec cuistot dédié, même si je pense que le poisson était proposé seulement le vendredi et jamais de noix de St Jacques (comme dans le reportage, mais il est vrai que c'est en Normandie). En revanche, un repas Bio par semaine était proposé et choix sur commande de plats végétariens. Le tout pour 4,20 euros TTC le repas. Alors oui, le choc est rude. Voir l'article qui accompagne la vidéo: "La scène est filmée dans une de nos communes normandes: un repas de cantine classique...Enfin, pas pour un américain! Des vrais repas servis dans des vraies assiettes, des repas équilibrés ( entrée, plat, fromage, dessert), des pichets d'eau...Pour Michael Moore, le célèbre documentariste américain, un repas digne d'un restaurant. Et qu'on trouve dans l'Hexagone dans beaucoup de nos écoles."
  21. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @Demina47: je suis surprise effectivement de l'histoire du paiement automatique. Depuis 22 mois, j'ai demandé à ma Caisse Desjardins à 3 reprises (1 fois lors de la souscription de la Visa, une autre fois un an après et même récemment), si on pouvait ne plus s'occuper de cette corvée et automatiser le paiement de la CB une fois par mois. A 3 reprises, 3 conseillers différents (1 qui m'est attitré, l'autre au comptoir, 1 autre en remplacement) m'ont dit que NON, il faut le payer sur internet après réception du relevé à partir de ACCESD. Alors je ne sais pas ..Je vais revenir les voir, mais est-ce que cela change d'une caisse à l'autre...Est-ce que je suis tombée sur des incompétents?Est-ce que Desjardins propose le service?
  22. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    Bien, bien. Pour répondre à tout ça: En toute objectivité, je le dis car je ne veux pas que cela porte à confusion: mon mari fait le maximum (déneigement, habillement, repas, ménage ..., le tout quand il est là. Or, il est souvent en voyage du lundi au vendredi, pas toujours, mais souvent donc...A part lui demander de se cloner rapidement, ou de démissioner, je ne vois pas bien d'issue. Comme moi-même, j'adore mon travail, il a même pensé à d'autres options professionnelles, même s'il n'est pas normal d'en arriver là. Donc, ce n'est pas une question de lutte des sexes, et de "femme opprimée" comme on tente de déplacer le débat. Ce premier point étant clarifié, j'ai eu envie de chercher un peu de statistiques sur le web. Et voilà un petit graphique: Qu'est-ce que je vois? Non seulement le nombre de familles nombreuses diminuent au Québec entre 2000 et 2006 (ce qui est, il est vrai, une tendance générale dans les pays développés), mais ma famille de 4 enfants représente seulement 2,5% des familles avec enfants au Québec (la famille de 5 enfants du frère d'Azarielle 0,7% des familles, ce qui est très peu. BRAVO à lui, chapeau BAS. J'espère qu'il a de la famille sur place qui l'entoure...). 85,4% des familles québécoises choisissent donc de s'arrêter à maximum 2 enfants, et presque une famille sur 2 décide de ne faire qu'un seul enfant. Je le redis: presque une famille québécoise sur deux n'aura qu'un enfant unique ! (On a juste un peu l'impression que la boîte à lunch et l'habillage oignon pèsent quand même un peu sur l'envie d'un petit deuxième...?)... Surtout, si on se lance dans la comparaison avec la France : http://www.leparisien.fr/societe/demographie-en-france-une-famille-sur-cinq-est-une-famille-nombreuse-13-01-2015-4442991.php. Taux de natalité Québec: 1,50 enfant/ femme (en dessous du taux de renouvellement de la population qui est à 2) vs Taux de natalité France: presque 2 enfants/femme (1,99 pour être précise, record de natalité en Europe). (Question en l'air, comme ça: La faible taux de natalité n'est-elle pas la raison principale du recours massif à l'immigration pour un pays comme le Canada?) Alors oui, il y a les allocs en France, qui encouragent, mais elles sont du pipi de chat comparativement aux montants des aides pour les enfants canadiens et québécois, qui sont TRES généreuses. Et bien, cela ne semble pas suffire à encourager les familles québécoises à se lancer dans les Bébés 3, 4 et plus. Bizarre, Bizarre... D'où mon interrogation: continuez-vous à penser que la charge logistique que je ressens depuis mon arrivée au Québec est de ma faute et de celle de mon mari (on s'y prend comme des pieds, on l'a bien compris, je ne sais pas déléguer, mes standards sont hyper hauts et mon mari est le pire des machos...). Parce que si oui, et que le Québec est une terre qui simplifie la vie des familles, alors il faut m'expliquer pourquoi le taux de natalité n'est pas plus haut, et pourquoi ce sont les foyers issus de personnes immigrées qui font augmenter le taux de natalité et le nombre d'enfants moyen par foyer (autrement dit pas les québécois car ils savent d'avance la logistique qui les attend (sans parler des coûts)...en cas de famille nombreuse)!!! Autre chose, quand on choisit d'avoir des enfants, une famille nombreuse a fortiori (du moins, c'est ma conception), c'est évidemment pour s'en occuper le mieux possible. Alors, les familles de 3,4,5 ou 6 enfants où l'aîné(e), qui n'a rien demandé à personne, se retrouve à avoir en charge les plus jeunes de la fratrie, cela me rappelle certaines familles françaises jusqu'aux années 1960, dont les cadets vous disent en toute franchise "J'ai été élevé par ma soeur, mes parents étaient trop occupés". Est-ce quelqu'un s'interroge pour savoir si à 10 ans, il est normal pour une soeur aînée d'assurer moultes tâches ménagères à la place des parents? Pour ma part, mon mari et moi-même auront élevé chacun de nos enfants du n°1 au n°4, différemment certes mais avec le même investissement. Chacun aura eu le temps de rêver, grandir, jouer sans devoir se préoccuper des mitaines du plus petit ou de la boîte à lunch de n°3. Bien sûr, qu'à partir d'un certain âge, je demande à mon aînée de prendre graduellement en charge de plus en plus de choses, de donner des coups de main. Mais je lui demande principalement de s'occuper de sa vie à elle, pas de celle de la fratrie. Voilà ma conception de la parentalité car le choix que nous avons fait avec mon mari d'avoir une famille nombreuse n'a pas à être trop pesante pour aucun de mes enfants, qu'ils soient l'aîné ou le dernier. C'est notre choix à nous. Je vous souhaite à tous bonne réflexion.
  23. Rourouille

    Au Québec il manque la Dolce Vita Française

    @jo19963: non, mais, bien que très aidant et présent quand il le peut, mon mari voyage beaucoup pour son travail. Toutefois, il a bien compris que les visites chez le garagistes, pour moi, c'était fini
  24. @qwintine: je ne dis pas le contraire. Les méthodes de scoring des assurances sont les mêmes d'un côté ou l'autre de l'Atlantique. Mais c'est bien la législation qui affectent les pratiques des assureurs et ici, l'assuré n'est pas protégé à la hauteur de sa cotisation. La législation est le résultat d'actions de lobbying d'associations de consommateurs en Europe, ce qui équilibre les forces. D'où ma question, qui défend correctement le consommateur en Amérique du Nord? C'est plutôt le sort des grands groupes et compagnies qui est pris en compte par le législateur nord-américain (faut pas fâcher IG ). En France, malgré une législation plus en faveur de l'assuré, les assurances ne font pas faillite (ce sont des groupes très lucratifs, au contraire voir AXA). Donc je laisse à chacun le soin d'imaginer les profits réalisés de ce côté-ci de l'Atlantique par les assurances. Ensuite, tu dis que j'étais à risque pour les assurances en France, mais ce n'était pas l'avis de mon assureur qui cherchait à me garder alors que je l'avais mis en concurrence (les assurances font du gringue à des profils comme moi car il existe bien pire que moi!!): ceux qui ont de gros accidents avec des blessés, ceux qui conduisent sous stupéfiant ou alcool, ceux qui roulent à 200 sur autoroute limitée 130, ceux qui une fois par an font repeindre une pièce différente de la maison avec prise en charge de l'assurance habitation (oh, zut, encore un dégât des eaux)...Est-ce que les québécois utilisent leur assurance habitation pour de régulières petites embellies de leur maison ou pour une réfection toiture comme j'ai pu le constater en France? Non, simplement inimaginable ici car l'assurance ne garderait pas longtemps un tel profil.
  25. @qwintine: Oui, je trouve le curseur différent en Europe, du moins en France (je n'ai jamais été assurée en Belgique). Pour obtenir un bon prix d'assurance ici, à l'arrivée, j'ai demandé mon historique d'assurance à MAIF. J'avais deux voitures assurées, une maison, un petit appartement locatif. L'historique était chargé: des dégâts eaux dans l'appartement, des dégâts suite à une tempête, et des bris de vitres dans la maison, un remboursement de remise en état d'une porte suite à une tentative de cambriolage, quelques accrochages non-responsables voitures et un remorquage suite à une panne + je crois un changement de pare-brise. Et bien, aucune augmentation de primes, pas de refus d'assurances et un bonus 50 à vie. Bref, pas de problème et ça roulait, ma poule, d'une année sur l'autre avec le sentiment d'être bien assurée en cas de pépins (petits comme gros). Franchement, j'aurais fait autant de réclamations au Québec, j'en serais où??? et Bien, soyons clair, à un niveau de prime prohibitif voire non-assurable dans le système classique car effectivement à la 3ème réclamation, le client est OUT ici. Donc l'assuré s'auto-censure: il ne réclame que les gros sinistres et paie le reste de sa poche, en plus des primes annuelles.
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