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Le syndrome du «repatrié»


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Édition du 09 Novembre 2022

À LA CHASSE. L’été dernier marquait un tournant pour moi, car j’aurai désormais passé plus de temps au Québec qu’en France. Comment me sentirais-je si je devais rentrer? Assurément, je vivrais un choc culturel. Retourner dans son pays d’origine après plusieurs années n’est pas un retour, mais une arrivée. Je me souviens d’ailleurs un jour, dans un café, à Paris, m’être fait répondre en anglais par le serveur qui croyait que j’étais une Américaine bilingue. Misère!

Récemment, je rencontrais une candidate qui a passé une grande partie de sa carrière en Asie. Son retour est plus difficile et ardu qu’elle ne l’avait envisagé. Elle se sent touriste chez elle et elle a perdu ses repères. Elle constate qu’elle ne parle plus tout à fait le même langage même si elle est francophone. Les recruteurs n’arrivent pas à reconnaître et à valoriser son expérience. Elle réalise qu’elle avait, à tort, idéalisé son retour. Ses anciens employeurs ne sont pas connus ici, ses rôles et responsabilités ne résonnent pas de la même façon. Elle a le sentiment de repartir à zéro pour se rebâtir une crédibilité et une légitimité.

Étrangement, il est plus facile d’arriver dans un environnement non familier. L’absence d’historique de vie et de relations vous amène à vous positionner dans un rôle de «novice» et de faire preuve d’humilité pour vous faire accepter. La «repatriation» s’apparente à l’immigration.

Après la joie des retrouvailles, l’accueil par les amis et la famille finit par se tiédir inévitablement. Ce qui est généralement constaté, c’est que les gens perdent rapidement l’intérêt à entendre parler de votre expérience ailleurs. Au travail, ceux qui reviennent ont le sentiment que leur expérience n’est ni reconnue ni valorisée. S’ils insistent trop sur leur vie et expérience passées, ils peuvent même ressentir une franche hostilité de la part de leurs équipes d’accueil lorsqu’ils en parlent. Inconsciemment, de part et d’autre, une incompréhension mutuelle teintée de jalousie s’installe. Ceux qui l’ont vécu me l’ont tous confirmé. Comme si on les enviait quelque part d’avoir eu le courage (ou l’occasion) de partir et que vous revenez «donner des leçons», même si ce n’est pas le cas. Finalement, on n’est plus vraiment chez soi nulle part.

 

suite et source: https://www.lesaffaires.com/blogues/nathalie-francisci/le-syndrome-du--repatrie-/637407

 

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