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landedale

Une histoire d'Australie

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Il y a 22 heures, keumar a dit :

http://www.immigrer.com/page/Travailler_Conditions_de_travail_Normes_du_travail_au_Canada.html

 

D'après cet article, les licenciements sont rares au Canada. Ton expérience est différente (en dehors de l'exemple que tu viens de citer) ? N'est-ce pas différent au Québec où ils ont un Code du travail il me semble ?

 

En fait, la comparaison est surtout du fait qu'en France, c'est plus long et difficile de décrocher l'emploi permanent mais qu'ensuite, il faut une raison très lourde pour casser cet engagement.

 

Code du travail ou pas, l'approche canadienne ressemble plus à la version américaine de la libre entreprise, tant par ses opportunités spontanées que dans son absence de contraintes en moment économiques difficiles.  Le rêve américain dans toute sa splendeur.

 

Les règles de protection du travailleur au Québec sont sérieuses et habituellement bien appliquées dans le but d'éviter les licenciements pour des raisons non fondées ou carrément illégales.  Les écarts de conduite pour le racisme, l'orientation sexuelle, etc, c'est surveillé et digne de mention.  Mais vous comprenez que ces raisons ne seront jamais mentionnées ou adroitement évitées pour être remplacées par des situations exceptionnelles qui n'ont rien avoir, bien sûr...

 

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Invité
Le 11/5/2015 at 19:23, landedale a dit :

Merci. Je continue.

En arrivant en Australie et surtout en Western Australie il y a deux choses qui marquent. La première est le sentiment de liberté lié a la taille des espaces. Après une cinquantaine de kms loin des villes, on peut se retrouver seuls. Vraiment seuls. Seuls par exemple sur une plage de 5 km de long. Si on s'aventure plus loin encore, genre a 300km, ce sentiment est encore plus fort. C est extraordinaire. Marcher un matin en famille sur une plage, avec ses enfants et son chien. La nature semble sauvage comme au premier jour, on a un sentiment de "début du monde " (Pourtant, même si nous sommes seuls sur le parking, il y a des toilettes et elles sont propres, il y a même un ou deux rouleaux quasi neuf :-)). La deuxième chose qui marque c'est l’insécurité. On perd son job en un instant. Une fois le job perdu la situation passe rapidement du rose au noir. Il y a quasiment pas de période entre deux. Les australiens pour la plupart vivent sur la corde raide et sont beaucoup endettés. Donc chacun s accroche autant qu'il peut a son boulot et se prépare en permanence a le perdre, ce qui veut dire qu'une majorité de gens postule a des jobs alors qu'ils sont en place, juste au cas ou. La conséquence : le recrutement est totalement vicié. Les cabinets et entreprises reçoivent des centaines de candidatures et perdent beaucoup de temps, d'argent et d’énergie a contacter des candidats dont beaucoup n'ont nulle intention de prendre le poste. Ils se tiennent en veille. Au détriment de ceux qui cherchent vraiment un job. Face a ce problème et au manque total de loyauté, le recrutement est devenu le parent pauvre des fonctions dans l'entreprise. Plus de place pour la stratégie, il n'y a que le court terme. Les recruteurs sont de plus en plus jeunes - la tache étant barbante et mal payée- et manquant d expérience ils cherchent avant tout a minimiser le risque et a maximiser leur temps. Des lors, il n'y a plus que du copié collé. Si on cherche un vendeur de voiture pour Mercedes on sélectionnera le gars qui a vendu des mercedes, voires des bmw.

En parallèle, l'afflux de candidatures poussent les gens a recruter dans leur réseau. On s'evite ainsi le tri et la sélection. Avec le réseau, qu'importe si l’expérience est vraiment la. On recrute une connaissance.

Ces deux facteurs bloquent le marché du travail aux nouveaux entrants et favorisent les locaux. C 'est pourquoi pour les immigrants le job est non seulement vital mais problématique. Une fois en place on essaie de garder son job quel que soit la manière dont cela se passe. Se développe ainsi parfois des frustrations : on vit un enfer en semaine et au paradis le week end. Il existe même un phénomène dont m'a parlé mon dentiste, le grinding, le syndrome de l'immigrant : les gens frustrés par leur boulot grincent des dents en dormant. Serrent les dents  pendant leur sommeil en revivant la frustration accumulée la journée.

Étant désormais sans boulots tous les deux, nous nous remettons a appliquer en masse.

Ayant compris que le boulot qui m'avait amené en Australie me place sur un siège éjectable je me décide a faire autre chose et essaye de rentrer sur un autre secteur, le pétrole. Après tout, le pétrole ca paye bien et c est pas demain la veille que ca va s’écrouler me dis je. Au bout de quelques semaines je finis par decrcher un entretien et on me donne ma chance. Me voila dans un rôle un peu barbant, un truc administratif et financier que je n'aurai jamais considéré en France, mais bon la boite est intéressant et le secteur porteur. Ca va pas durer. Pour ma femme, un miracle finit par arriver. Apres des centaines de candidatures, un recruteur finit par lire la deuxième page de son cv, celle relatant ses expériences en France. Alleluia. On lui propose un job dans les Sales dans son domaine. Finit les boulots a deux balles, la voila remise en scène. Elle entre dans la firme. Bureaux blancs modernes, KPIs et objectifs a faire. Micro management mais aussi mega primes potentielles. Entourée de requins, n’hésitant pas a se faire tout les coups pour s'attribuer des clients. La nuit elle grince des dents mais nous refaisons pour la deuxième fois surface. L'horizon s 'éclaircit. Nous devenons citoyens australiens apres 4 ans et 4 mois dans le pays.

Et puis coup de tonnerre, le secteur pétrolier se casse la figure. Autour de moi l'ambiance se tend. D'abord les licenciements sont individuels, ca arrive par surprise. . Personne ne comprends qui va être touché et pourquoi. On licencie les gros salaires, les Sales, les petits salaires. Puis c'est par grappe qu'on voit les gens partir. Certains on 60 ans, certains sont la depuis 20 ans, certains ont tout sacrifié pour la boite. C est l’hécatombe.

Les conséquences se font sentir. Après l’écroulement du secteur minier et les dizaines de milliers de postes affectes, les centaines de milliers de famille impactées, voila le tour du secteur pétrolier, la seconde mamelle de Perth. Les bureaux se vident. La reaction des dirigeants est de licencier en masse. Qu'importe les millions de dollars de perdus en gens compétents, les sommes pharaoniques investis dans leur formation. On se retrouve a aller voir des clients dans des open spaces vident. Parfois il reste 2 personnes sur tout un etage en open space. Economiquement la situation dégringole. L'immigration dans l'Etat se ralentit. De 40.000  on passe a 15 000 par an. Du coup l’immobilier se contracte. L e real estate commence a souffrir. Les investisseurs se mettent a vendre. Les loyers degringolent. Autour de nous, on apprends qu'untel est parti sur Melbourne ou Sydney. Il n'y a presque plus de business a faire.

La ou le ralentissement de la Chine avait provoque la baisse du secteur minier, la production américaine de pétrole en exces fait baisser le prix du pétrole et stoppe les investissements. Encore une fois, des événements distants ont un impact majeur sur la vie locale. Tous les secteurs économiques sont impactés par ricochet.

Je perds mon job. Ma femme perds le sien. Mes amis perdent leur jobs.Et nous nous retrouvons tous a appliquer comme des malades,  la situation devient dramatique car même ceux qui avaient d excellents réseaux ne retrouvent rien. Et pourtant il faut toujours payer les mortgages, le cafe se vends toujours a $5. On serre la ceinture mais on se doute que ça risque de ne pas suffire.

A suivre.

 

Vous auriez du choisir Cuba ou la Corée du Nord.

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Genial ton recit Landedale.

 

Bravo pour votre perseverance.

 

Je ne savais pas qu'il y avait une telle crise en Australie... Quels sont les chiffres du chomage ?

 

Je connais 2 personnes qui y vivent (dont une a Perth), et qui s'y plaisent.

 

 

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Hello,

Petit update.

3 semaines depuis le retour en France. En gite depuis et pour encore un mois, d ici a l arrivée des meubles. C est etonnant comme on peut se deshabituer vite ; au bout de 5 ans il y avait beaucoup de choses que nous avions oublie. Premiere surprise. la facilite avec laquelle on peut obtenir un coup de pouce financier a mettre en parallèle avec toutes les démarches a faire, CPAM, etc. Les fonctionnaires sont très aidant d une manière générale, ils font de leur mieux.Dans nos souvenirs ils etaient plus secs et nous appréhendions beaucoup cet épisode de notre retour ( Le Chateau de Kafka - voila a quoi je m attendais). Les enfants se sont rapidement remis dans le bain scolaire, le grand qui arrive en 5eme est en cours de soutien en francais mais est déjà passe au niveau 7 ( a 10 c est la fin du soutien). Pour notre benjamine, c est un peu plus complique car il y a beaucoup a rattraper en orthographe et grammaire sans parler des maths ou le niveau est plus élevé. Mais nos kids semblent se plaire. La nourriture est sensationnelle...

Dans les points negatifs, en vrac ;

- la radio et la musique, toutes ces stations de radios diffusent de la nostalgie au kilo, c est penible d'entendre des plaintes et gemissements des le matin. La musique est tres triste et 90% des radios diffusent de la soupe qu on entendait deja il a 20 ans. On se demande dans quel mesure cela affecte le moral des gens.

- la tendance a se plaindre pour tout et n importe quoi sans voir les bons cotes

- la pluie, il pleut constamment.

- le marche du travail apocalyptique. Desesperant. Postuler a un job et recevoir un email indiquant que la candidature serait traitee sous 4 semaines.On s imagine deja les RH débordés. Ce qu on faisait en Australie, appeler les décisionnaires ou les RH, ici il ne faut surtout pas le faire. Me suis fait envoyé paitre deux ou trois fois. C est fou comme on a l impression de déranger alors que c est quand même leur xxxx ce boulot ! Mais bon, a Rome fait comme les romains. Il y a tellement pas de boulots et encore moins de réponse qu il semble que la seule alternative soit de créer sa boite. A suivre.

-

 

 

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Bon retour, heureuse que votre intégration administrative et scolaire se passe bien ! ;)

 

J'espère que la recherche de boulot ne tardera pas à porter ses fruits, le travail, c'est effectivement le nerf de la guerre, alors courage ! 

 

 

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Hello,

Petit update.

3 semaines depuis le retour en France. En gite depuis et pour encore un mois, d ici a l arrivée des meubles. C est etonnant comme on peut se deshabituer vite ; au bout de 5 ans il y avait beaucoup de choses que nous avions oublie. Premiere surprise. la facilite avec laquelle on peut obtenir un coup de pouce financier a mettre en parallèle avec toutes les démarches a faire, CPAM, etc. Les fonctionnaires sont très aidant d une manière générale, ils font de leur mieux.Dans nos souvenirs ils etaient plus secs et nous appréhendions beaucoup cet épisode de notre retour ( Le Chateau de Kafka - voila a quoi je m attendais). Les enfants se sont rapidement remis dans le bain scolaire, le grand qui arrive en 5eme est en cours de soutien en francais mais est déjà passe au niveau 7 ( a 10 c est la fin du soutien). Pour notre benjamine, c est un peu plus complique car il y a beaucoup a rattraper en orthographe et grammaire sans parler des maths ou le niveau est plus élevé. Mais nos kids semblent se plaire. La nourriture est sensationnelle...

Dans les points negatifs, en vrac ;

- la radio et la musique, toutes ces stations de radios diffusent de la nostalgie au kilo, c est penible d'entendre des plaintes et gemissements des le matin. La musique est tres triste et 90% des radios diffusent de la soupe qu on entendait deja il a 20 ans. On se demande dans quel mesure cela affecte le moral des gens.

- la tendance a se plaindre pour tout et n importe quoi sans voir les bons cotes

- la pluie, il pleut constamment.

- le marche du travail apocalyptique. Desesperant. Postuler a un job et recevoir un email indiquant que la candidature serait traitee sous 4 semaines.On s imagine deja les RH débordés. Ce qu on faisait en Australie, appeler les décisionnaires ou les RH, ici il ne faut surtout pas le faire. Me suis fait envoyé paitre deux ou trois fois. C est fou comme on a l impression de déranger alors que c est quand même leur xxxx ce boulot ! Mais bon, a Rome fait comme les romains. Il y a tellement pas de boulots et encore moins de réponse qu il semble que la seule alternative soit de créer sa boite. A suivre.

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Continuez à nous raconter vos aventures. Cela est très intéressant

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