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Denisovan

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Denisovan's Achievements

  1. Le transport de migrants vers le chemin Roxham s’est transformé en industrie très lucrative. Enquête s’est infiltrée dans ces réseaux qui prennent de l’ampleur. Bienvenue dans les coulisses de ce commerce du désespoir.On en voit de plus en plus. On n’avait jamais vu ça. Ça nous intrigue vraiment, lance un policier, sous le couvert de l’anonymat. Roxham inc. : le commerce payant de l’immigration | Radio-Canada.ca
  2. Simuler une vie entière à Montréal pour obtenir frauduleusement la citoyenneté canadienne ? C’est ce qu’un consultant en immigration québécois offrait à des familles turques un stratagème « très profitable ». Georges Massoud a été condamné lundi à deux ans de prison à domicile et à une amende de 125 000 $. Publié à 5h00 LOUIS-SAMUEL PERRONLA PRESSE De fausses déclarations de revenus, des relevés scolaires bidon, des entreprises fictives, etc. Georges Massoud et ses complices fabriquaient à leurs clients des vies entières au Québec. Le moindre détail était crucial pour faire croire aux autorités canadiennes que ces immigrants étaient bien ancrés au pays. Or, tout cela n’était qu’une machination pour leur permettre de conserver leur résidence permanente ou d’obtenir le Saint Graal : la citoyenneté canadienne. De 2007 à 2015, le Montréalais de 63 ans s’en est mis plein les poches en aidant une cinquantaine de personnes de 14 familles turques à berner les autorités canadiennes. Sur 617 000 $ engrangés par Canimco inc., son entreprise de consultants en matière d’immigration, Georges Massoud et ses complices ont obtenu 331 000 $. Arrêté en 2016 après une enquête de deux ans, Georges Massoud a été reconnu coupable en novembre 2021 de neuf chefs d’accusation en vertu du Code criminel et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, notamment des chefs de fraude, de complot et d’avoir aidé quelqu’un à faire une fausse déclaration relative à un passeport. Il a été acquitté sur un seul chef. Suggestion commune Lundi, au palais de justice de Montréal, le juge André Perreault a entériné la suggestion commune des avocats et a imposé à l’ex-consultant en immigration une peine de deux ans moins un jour d’emprisonnement à domicile, suivie d’une probation de deux ans. Georges Massoud aura 18 mois pour payer une amende de 125 000 $ s’il souhaite éviter deux ans de prison supplémentaires. Il s’est alors engagé à retirer son avis d’appel. La décision-fleuve de 138 pages du juge Perreault rendue l’an dernier détaille la grande complexité du stratagème frauduleux de Georges Massoud. Les clients du fraudeur québécois amorçaient leur processus d’immigration en Turquie par l’entremise d’UTC, une entreprise turque dirigée par un ami de longue date de Georges Massoud. Une fois que ceux-ci obtenaient leur résidence permanente, l’objectif de Georges Massoud était de simuler leur présence au Canada pour maintenir leur statut. Certains clients ont ainsi réussi à obtenir leur citoyenneté canadienne. Il faut savoir que la loi oblige un résident permanent à demeurer au moins 730 jours au Canada sur une période de cinq ans — sauf exception – pour conserver son statut. Georges Massoud était un expert pour tordre la réalité afin de faire croire aux autorités que ses clients respectaient cette règle, alors qu’ils poursuivaient leur vie en Turquie. Pour maintenir l’illusion d’une vie active au Canada, Georges Massoud et son entreprise Canimco ne ménageaient pas leurs efforts : ils créaient de fausses adresses à leurs clients, organisaient la cueillette de leur courrier, payaient leurs comptes courants en leur nom, obtenaient des cartes d’assurance maladie et de permis de conduire, etc. Georges Massoud accordait ainsi une grande importance aux détails afin que ses clients ne soient pas démasqués lors de contrôles de l’immigration. Il a par exemple fait visiter aux membres d’une famille une adresse factice fournie antérieurement dans le but de les préparer à répondre aux questions des autorités sur leur vie active antérieure au Canada. Des entreprises bidon Un soin méticuleux était d’ailleurs pris par Georges Massoud pour respecter le nombre de jours prétendument passés par ses clients au pays. Par exemple, le personnel de Canimco remplissait pour une famille leurs cartes de déclarations douanières canadiennes afin de mentionner des dates de départ fictives antérieures à la délivrance des passeports. Pour certains clients, des sociétés-écrans vides étaient créées de toutes pièces, ce qui leur permettait de donner l’illusion de travailler au Canada. Des factures de complaisance préparées ou proposées par Georges Massoud et Canimco alimentaient les activités fictives de ces entreprises bidon. Plusieurs familles clientes de Georges Massoud détiennent toujours à ce jour leur résidence permanente, a indiqué au juge lundi Me Marie-Ève Parent, procureure de la Couronne fédérale. « Mais ils ne sont pas revenus [au pays]. S’ils reviennent, l’Immigration va être alertée. Ils pourront perdre leur résidence », a-t-elle expliqué. Ses collègues Me Josée Pratte et Me Caroline Cloutier ont piloté le dossier au procès. La condamnation de Georges Massoud l’empêchera dorénavant d’avoir son certificat de conseiller en immigration, selon la défense. De toute façon, le Montréalais s’est recyclé depuis dans « l’importation de biens de l’Égypte », a expliqué Me Luc Trempe. Notons que sa complice Fatma Iscan avait déjà été condamnée à 15 mois de prison à domicile en raison de son implication moindre. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2022-08-28/fraude-pour-obtenir-la-citoyennete/un-stratageme-tres-profitable.php?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=manchettes&fbclid=IwAR0AZuTr5zLTbgSsiY9s5DglCIQ1IDU_678BrT-YsNv-3jBoyOPNysdfvOQ
  3. Un travailleur français coincé dans les dédales administratifs d'Ottawa risque d’être contraint de retourner dans son pays, malgré la pénurie de main-d’œuvre. Julien Denis, qui réside à Danville, est à bout de souffle. Au Québec depuis 2016 et bien intégré dans sa communauté, l’homme natif de la France risque de devoir retourner dans l’Hexagone d’ici le 2 octobre, en raison de délais déraisonnables de la part de Services Canada. «Je ne dors plus beaucoup, ça tourne beaucoup», a dit l'homme avec inquiétude. Son permis de travail temporaire expire le 2 octobre, alors qu'un problème du côté de Service Canada l'empêche de faire une autre demande. Julien Denis a aussi envoyé une demande de résident permanent il y a plus d'un an et demi. Le directeur général de RPM Transit, Rodrigue Prince, qui emploie Julien Denis depuis 2019, ne comprend pas pourquoi de tels délais s'imposent. Même son de cloche chez le député fédéral de sa circonscription, Alain Rayes. «Sincèrement, c’est difficile à expliquer, parce que c’est incompréhensible, a indiqué le député conservateur. [...] On doit rendre les choses plus simples, il y a un besoin criant. Ces gens sont formés, ils ont un diplôme, ils parlent la langue et ils sont intégrés à la société. Tout ce qu’ils veulent, c’est qu’on leur fasse une place.» Service Canada a perdu le dossier Julien Denis et le principal intéressé a dû recommencer ses démarches. La plus récente mise à jour de son dossier lui confirme une réponse d'ici septembre 2023. Malgré tout, le travailleur garde espoir. «Je ne céderai pas», a-t-il conclu. Un travailleur risque de devoir retourner en France en raison de problèmes administratifs | TVA Nouvelles
  4. S’installer au Québec devait améliorer la vie de Rayan Geist, 20 ans, et de sa famille. Mais le rêve que ces Français originaires de Toulouse avaient il y a deux ans s’est effondré à cause des multiples retards, des documents à remplir et de la difficulté à obtenir des permis de travail. Le jeune homme vit maintenant seul, dans la précarité, dans l’attente de documents qui tardent à arriver. « Je ne m’attendais pas à ça… Si on m’avait dit qu’il y aurait autant de problèmes, d’embûches et de déception, autant d’ascenseurs émotionnels, je ne serais pas parti de la France », laisse tomber le grand jeune homme bien bâti, poli, au regard clair et franc. Le Devoir l’a rencontré vendredi sur les terrains de l’entreprise Harnois Irrigation, à Saint-Thomas, près de Joliette. Vêtu du polo bleu de l’entreprise du secteur agricole, il est pourtant forcé d’y travailler comme bénévole et peine à subvenir à ses besoins, loin de sa famille, le temps d’obtenir un permis du Programme Vacances Travail (PVT). Danielle Harnois, directrice générale de la PME, s’active pourtant depuis des années à recruter un préposé à l’expédition et à la réception, cette main-d’oeuvre étant difficile à trouver. Cela fait depuis novembre 2020 qu’elle tente de multiples façons d’obtenir un permis de travail pour Rayan, qu’elle a rapidement eu envie d’embaucher. « Quand il est arrivé dans le coin, il cognait aux portes des voisins de mon associé pour offrir son aide pour du déneigement et de menus travaux, raconte-t-elle. Ça nous a surpris, parce qu’un jeune homme de 18 ans qui fait du porte-à-porte pour vouloir aider, il n’y en a pas beaucoup. Ça a piqué notre curiosité. » « Le garçon que j’ai avec moi présentement, il est démoli », ajoute-t-elle. « Ce n’est plus le jeune homme que j’ai rencontré il y a deux ans. Je comprends qu’il y a un gros bouchon d’étranglement à l’immigration, mais il y a des humains derrière qui sont très touchés. » Une famille déchirée Tout a commencé quand le père du jeune homme, un camionneur d’expérience, s’est laissé tenter par l’aventure québécoise après le passage d’une mission de recrutement en France. Le reste de la famille a été emballé par le projet. « On voulait se rapprocher de la nature, raconte Rayan. C’était un départ pour une nouvelle vie, totalement à l’opposé de ce qu’on vivait dans une métropole française. On a voulu repartir une vie à zéro, en se disant que ce serait plus agréable au Canada. » Avec un permis de travail de deux ans en poche pour le père, la famille a alors vendu la maison pour s’installer au Québec. Mais, depuis, les déceptions ont succédé aux déceptions. Sa mère, une préposée aux bénéficiaires, n’a pas réussi à trouver d’employeur pour chapeauter une demande de permis de travail. Découragée, s’expliquant mal la chose, elle est rentrée en France en juin 2021 avec la soeur de Rayan. « Ça a été déchirant pour nous, parce que notre famille est très liée. On ne se quitte jamais trop longtemps », laisse tomber ce dernier. Entre-temps, Danielle Harnois faisait des pieds et des mains pour obtenir une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document nécessaire à l’embauche d’un travailleur étranger qui vise à prouver que l’emploi ne peut pas être occupé par un travailleur canadien. Mais le processus est demandant pour une PME modeste — et occupée — comme la sienne : elle n’a pas pu déposer la demande dans les temps requis. Elle n’a toutefois pas lâché le morceau. Avec une firme d’avocats, elle a exploré des avenues exigeant moins de temps. Après plusieurs démarches, coup de chance : Rayan a été sélectionné en mai lors d’un tirage au sort pour un PVT. Il fournit alors les documents requis. Mais une nouvelle tuile s’abat : la prise de données biométriques qu’il a faite à la mi-juin au bureau lavallois de Service Canada a été égarée ; il a dû la refaire deux mois plus tard. « En ce moment, j’ai des heures en bénévolat couvertes par la CNESST. Je ne peux pas le rémunérer pour son travail, donc, on a eu recours au centre d’entraide de Saint-Thomas. Harnois Irrigation lui a payé deux mois de loyer », explique Danielle Harnois. « Mais il y a une fin à ça. Qu’est-ce qu’il faut faire ? Je ne sais pas. J’arrive au bout de mes idées, j’arrive au bout des énergies qu’on peut fournir. » Dans l’attente de ses rêves Le jeune homme vit seul. Son père est lui aussi reparti en France, en attendant la réception d’un Certificat de sélection du Québec (CSQ), dont la demande a été déposée en avril et qui tarde à arriver. « Il faut que les choses changent, personne ne devrait avoir à traverser ça », lance Rayan. « J’essaye de bâtir de ma vie, mais ça tient avec des cure-dents. » Il tente malgré tout de garder le moral, épaulé par sa copine, qu’il a rencontrée au Québec ,et par ses quelques amis proches. Il est bien déterminé à éventuellement obtenir sa citoyenneté canadienne et espère un jour pouvoir faire le métier qui le fait rêver, et pour lequel il a été formé en France pendant trois ans : camionneur, comme son père. Immigration : le rêve québécois devenu cauchemar d’une famille française | Le Devoir
  5. Après la crise des passeports, voilà que les déboires administratifs se poursuivent dans les autres demandes de documents de voyage, un cafouillage qui a de lourdes répercussions pour une Trifluvienne originaire de la France qui se retrouve coincée à l’étranger. Marion Curé ne peut pas revenir au pays depuis trois semaines. Elle tente de renouveler sa carte de résidente permanente depuis le 15 juin, sans succès. C’est en regroupant les papiers pour son voyage prévu le 26 juin qu’elle avait remarqué avoir égaré sa carte. Sur le site d’immigration Canada, dit-elle, le délai affiché pour une telle demande en urgence était de quatre à six jours. Deux mois plus tard, elle n’a toujours pas reçu son document. «Notre voyage en France, c’est pour voir mon père qui a de très gros problèmes de santé qui se dégrade de jour en jour, alors c’était comme un dernier voyage pour le voir en vrai», a-t-elle expliqué. Elle a donc pris la chance de partir, en espérant recevoir sa carte en urgence durant son voyage en Europe. Bloquée à l’aéroport quand est venu le temps de partir, la mère de famille a dû envoyer ses filles seules sur le vol pour retourner au Québec. Ses jumelles de neuf ans ont ainsi pris l’avion pour retrouver leur père à Montréal, avant de rentrer à Trois-Rivières. Depuis le 16 juillet, Mme Curé tente d’obtenir un titre de voyage pour résident permanent, qui lui permettrait de revenir sans sa carte. Ce n’est pas sans difficulté qu’elle a réussi à passer sa demande. Elle s’était d’abord présentée avec ses papiers, pour qu’on lui refuse sur place la demande, l’informant que cette méthode n’était plus acceptée depuis deux ans. Mme Curé a rétorqué qu’elle habite au Québec depuis les 13 dernières années et n’était pas aux faits de ce changement. Elle a ensuite envoyé les documents nécessaires à l’ambassade, sans être avertie que son passeport devait faire partie des documents, alors qu’elle n’avait fourni que la photocopie. Passeport envoyé par courrier recommandé, elle attendait des nouvelles. C’est finalement le 1er août dernier que les documents ont été reçus, puis sa demande a commencé à être traitée mercredi. Pendant tout ce temps, c’était pratiquement impossible pour Marion Curé de faire le suivi avec l’ambassade. «On n’a aucune communication, on ne se sait pas ce qui se passe avec nos dossiers», a-t-elle indiqué. Depuis les trois dernières semaines, son mari et ses filles attendent son retour à Trois-Rivières, impuissants. «Je ne peux pas croire que ça peut prendre trois semaines à remplir un papier», s’est exaspéré son conjoint, Sébastien Douville. Il éprouve beaucoup de stress depuis que sa femme est coincée en France, étant seul avec ses deux fillettes. Alors que la demande de la femme venait d’être traitée et que son billet d’avion a été acheté pour samedi, un autre obstacle s’est ajouté. Pendant que Mme Curé était en route pour aller chercher son passeport, elle a été informée qu’il lui a plutôt été posté. Elle devra attendre qu’il arrive pour quitter le pays, et avec la fin de semaine qui approche, peut-être qu’elle sera forcée de patienter jusqu’à lundi. «Moi je suis infirmière au CHAUR, et je vois que mes collègues, parce que la nuit il manque une infirmière», a rapporté l’employée de l’hôpital de Trois-Rivières. Sans partager l’information pour les demandes faites en urgence, Immigration Canada a répondu à TVA Nouvelles que le délai est affiché sur son site web. Jeudi, il était de 62 jours pour une carte de résident permanent. Il est aussi inscrit que les délais peuvent changer selon le volume de la demande et la capacité à les traiter. Pour la famille, il est clair que la prochaine étape est de demander la citoyenneté canadienne pour Mme Curé, qui n’aura ensuite plus à revivre le même genre de situation. Une Trifluvienne coincée en France depuis trois semaines | TVA Nouvelles
  6. Boris Proulx et Anne-Marie Provost 2 août 2022 Canada En contradiction avec l’information affichée sur son site Web, le gouvernement fédéral demande à certains visiteurs de déposer une seconde demande de visa pour le Canada si leur première a eu le malheur de se retrouver dans la pile des dossiers non traités lors de la pandémie. Une « file d’attente » au sort incertain qui cause bien des maux de tête. « Si vous devez voyager au Canada en ce moment, veuillez noter qu’une nouvelle demande devrait être soumise. » L’avocat spécialisé en immigration Denis Girard a été surpris de la réponse que lui a envoyée le bureau des visas de Dakar le 13 décembre 2021, alors qu’il se questionnait sur l’important retard dans la délivrance du visa de visiteur d’une de ses clientes originaires du Mali. Celle-ci voulait venir visiter sa fille et ses petits-enfants au Canada, un voyage pour lequel elle fait une demande le 25 juillet précédent. Mais voilà que dans ce courriel, que Le Devoir a consulté, on demandait sans explication à la dame de refaire le processus. C’est qu’un événement important est survenu entre-temps : le Canada a rouvert ses frontières aux voyageurs vaccinés venant au pays pour des raisons non essentielles. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) en a profité pour balancer toutes les demandes de visa effectuées avant cette date dans un étrange purgatoire bureaucratique où sont coincés des milliers de dossiers sans que leurs auteurs en soient informés. Cela a eu pour effet de faire gonfler les statistiques d’attente pour l’obtention d’un visa dans certains pays. Sur son site Web, IRCC recommande aux personnes qui ont soumis une demande de visa de visiteur avant le 7 septembre 2021 d’en soumettre une nouvelle si leur situation a changé. Une consigne qui a rendu perplexe Me Girard. « Une nouvelle demande de visa ne semble pas requise [pour ma cliente], si on se fie aux représentations d’IRCC, représentations qui se révéleront être fausses », souligne l’avocat, qui note une contradiction entre la directive envoyée par courriel et ce qui se retrouve sur le Web. Sa cliente a finalement déposé une nouvelle demande, sans remboursement, pour un visa qui a été produit 16 jours plus tard. Le Devoir a tenté d’obtenir des explications d’IRCC concernant l’exigence de dépôt d’une nouvelle demande. À cinq reprises, IRCC a refusé de dire quelle était sa recommandation pour les personnes sans nouvelles de leur dossier et dont la situation n’a pas changé, hormis l’impatience de l’attente. Le ministère recopiait chaque fois la procédure pour les personnes dont la situation a changé. Manque d’informations Ce manque de clarté cause beaucoup d’incertitude. Originaire d’Haïti, Michelet Joseph a déposé une demande de visa de visiteur en août 2021. Il fit face à un dilemme : la refaire, ou pas ? « Je n’ai pas envie de retirer ma demande sans être remboursé. Je la maintiens, mais cette dernière n’est pas traitée », laisse-t-il tomber. IRCC souligne qu’« il n’y a pas de garantie de remboursement » si une nouvelle demande est déposée. Celui qui travaille comme journaliste à Port-au-Prince, où « il gagne très bien sa vie », souhaite venir au Canada pour rencontrer des artistes de son pays qui se produisent en terre canadienne. « J’ai besoin de les connaître pour pouvoir parler d’eux, dit-il. J’hésite à renvoyer une demande parce que j’ai déjà soumis plein de documents et je ne sais pas s’ils les reçoivent ou s’ils les mettent de côté. C’est frustrant. » « Je ne sais pas quoi faire », indique également Natasha, qui préfère témoigner sous un nom d’emprunt par crainte de répercussions sur son propre dossier d’immigration. « Si je dépose une nouvelle demande, est-ce qu’on va l’abandonner de nouveau et encore nous dire les mêmes choses ? » L’étudiante haïtienne à Montréal tente de faire venir sa mère (qui vit toujours en Haïti, mais qui est une habituée des voyages au Canada) pour sa cérémonie de collation des grades au mois d’août. Le Devoir a confirmé que la demande de visa a été enregistrée avec un an d’avance, le 27 août 2021, mais Natasha n’a eu aucune nouvelle du dossier depuis 11 mois. Les délais de traitement pour un visa demandé depuis Haïti sont pourtant estimés à 91 jours, selon le site Web d’IRCC. « L’information, honnêtement, n’est pas claire du tout. Personne n’est joignable », témoigne celle qui ignore toujours si elle doit ou non déposer une nouvelle demande pour la visite de sa mère. Petite histoire d’une file d’attente Trois sources diplomatiques contactées séparément ont confirmé que l’arriéré des demandes de visa pose un problème aux ambassades canadiennes. Deux d’entre elles affirment que des responsables d’IRCC, le ministère qui gère de manière autonome les dossiers d’immigration, leur ont carrément fait savoir que les demandes déposées avant le 7 septembre 2021 ne seraient jamais traitées. Officiellement, le ministère dit continuer à examiner ces vieilles demandes. Mais par la même occasion, il présente un portrait peu rassurant pour ceux qui attendent leur visa depuis près d’un an. D’abord, le ministère a suspendu le traitement des demandes non urgentes entre avril et juillet 2020, tout en permettant le dépôt de dossiers. « Ceux qui ont demandé à voyager au Canada pour des raisons non essentielles pendant cette période ont vu leur demande placée dans la file d’attente », explique la porte-parole d’IRCC, Julie Lafortune. Ensuite, et durant les 14 mois qui ont suivi, les fonctionnaires ont traité principalement les demandes de visiteurs exemptés des restrictions de voyage. « Un arriéré de demandes de visa de visiteur s’est accumulé », admet sans détour un document du ministère. Finalement, lorsque les restrictions de voyage ont été assouplies, le 7 septembre 2021, IRCC a décidé que les demandes déposées avant cette date tomberaient dans cette malheureuse « file d’attente », qui a pour caractéristique d’imposer un traitement beaucoup plus lent. Le ministère invoque la « complexité » des dossiers, comme des documents périmés ou l’évolution des circonstances. IRCC soutient par ailleurs toujours suivre un modèle du « premier entré, premier sorti », soit le traitement des plus vieilles demandes de la file d’attente avant les plus récentes ; le ministère se permet toutefois de traiter d’abord des dossiers moins complexes. Seulement en 2021, près de 250 000 demandes qu’IRCC n’est pas arrivé à traiter se sont ajoutées à la file. La majorité des demandes déposées en 2022 ont, elles, été traitées. Que se passe-t-il avec les demandes de visa pour le Canada ? | Le Devoir
  7. Les travailleurs étrangers attendent plus longtemps que jamais pour obtenir le permis de travail qui leur permet de vivre temporairement au Canada. Le temps de traitement s’élève même à plus d’un an dans certaines régions du monde, selon une compilation effectuée par Le Devoir. Une situation qui exaspère employés et employeurs, au point où certaines entreprises songent à lever le camp et s’installer ailleurs. Arshad Siddiqui ne décolère pas. « C’est tellement frustrant ! Comme entrepreneur, je songe à trouver un meilleur endroit pour exploiter notre entreprise », lance le dirigeant de Paraza Pharma, une entreprise montréalaise chef de file en matière de recherche sur le traitement du sida qui emploie plus de 200 travailleurs. À l’heure actuelle, 20 de ses futurs employés attendent des nouvelles de leur demande de permis de travail. Il s’agit tous de chercheurs de haut calibre en provenance d’Europe, d’Asie ou des États-Unis. Certains d’entre eux, originaires de l’Inde, attendent une réponse depuis la fin de 2020. « Le Canada bat des records avec ses longs délais de traitement. C’est inacceptable pour une entreprise comme la nôtre, et pour l’économie canadienne et québécoise aussi », déplore M. Siddiqui. Il estime à cinq millions de dollars par année le coût de cette attente pour son entreprise. À LIRE AUSSI De nombreux absents à un congrès, faute de visa Jusqu’à cinq mois d’attente pour pouvoir visiter le Canada L’Ontario veut un modèle d’immigration québécois L’estimation du temps de traitement affichée sur le site Web d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) révèle l’existence d’une très grande disparité dans le traitement des demandes de permis de travail en fonction du pays où elles ont été déposées. Un problème également observé dans la délivrance des visas de visiteurs au Canada. Une compilation effectuée par Le Devoir montre que l’attente habituellement infligée aux candidats des pays du golfe Persique est particulièrement longue. Le Qatar, les Émirats arabes unis, Oman, Bahreïn et le Koweït trônent au sommet de ce triste palmarès ; IRCC admet avoir pris entre 58 et 79 semaines pour traiter les demandes de permis de travail qui émanent de ces pays. Les ressortissants d’une dizaine d’autres pays doivent aussi typiquement patienter plus de six mois avant d’obtenir le document : le Nigeria (57 semaines), le Pakistan (49), le Népal (44), l’Inde (43) et l’Iran (31), notamment. Ces chiffres tiennent par ailleurs uniquement compte du temps qu’il a fallu aux agents d’IRCC pour examiner 80 % des dossiers déposés ; ils n’incluent pas le temps mis par les demandeurs pour préparer leur dossier et fournir des documents aux autorités canadiennes. Les disparités observées entre les pays ne surprennent pas les experts. « Oui, il y a le volume. Mais généralement, ce qu’on constate dans le quotidien, c’est que quand on vient d’un pays riche et blanc, ça va plus vite », soutient l’avocat en droit de l’immigration Benjamin Brunot. Le fédéral s’enorgueillit de traiter les demandes de visa de travail en provenance du Mexique et du Guatemala en moins de deux semaines — des estimations toutefois contestées par des acteurs du milieu. Mais, paradoxalement, une demande de visa de visiteur déposée dans ces mêmes pays requiert respectivement 11 et 12 semaines d’attente. « C’est rendu qu’on recrute en fonction du pays où les délais de traitement sont les plus rapides, et non pas en fonction de la compétence des travailleurs », se désole Guillaume Audet, avocat en droit de l’immigration. Des attentes « jamais vues » Le bureau d’Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, est particulièrement sous le feu des critiques, avec des périodes d’attente qui atteignent les « pires » niveaux. « C’est un bureau des visas qui a toujours été un petit peu plus lent [à traiter les demandes]. Mais en ce moment, on atteint d’autres sommets. Soixante et une semaines [d’attente], c’est le pire que j’ai jamais vu », lance Léa Charbonneau-Lacroix, avocate chez Brunel Immigration. « J’ai des dossiers en ce moment qui sont traités à Abou Dhabi depuis plus d’un an, et il n’y a aucun mouvement. On a beau faire des suivis, envoyer des lettres de la part de l’employeur qui expliquent l’urgence de la situation… Dans certains cas, c’est presque la survie même de l’entreprise qui en dépend. On n’a aucun retour. » « On a vraiment un problème avec ce bureau-là », renchérit Laurence Trempe, avocate en immigration pour le cabinet Exéo. « Quand on sait qu’on a un dossier qui va être traité par le bureau en Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, on est inquiets comme avocats, car on sait que ça va dépasser un an, deux ans même. » L’avocate se sent parfois obligée « d’être stratégique » avec ses clients, et elle leur demande d’essayer de devenir résident d’un autre pays avant de tenter leur chance au Canada. « Je leur demande de déposer une demande dans un pays d’Europe, de l’espace Schengen. Partout sauf aux Émirats arabes unis », souligne-t-elle. Invité par Le Devoir à réagir, IRCC n’était pas en mesure d’éclaircir la situation qui prévaut au bureau d’Abou Dhabi. Le ministère fédéral reconnaît toutefois que des retards sont enregistrés dans le traitement de tous les types de demandes, permis de travail compris. « Nous savons que plusieurs demandeurs connaissent des temps d’attente considérables pour le traitement de leur demande. Nous continuons à faire tout notre possible pour réduire les délais », a fait savoir par courriel la porte-parole Nancy Caron. IRCC affirme notamment que le nombre de permis de travail traités entre janvier et juin 2022 a été doublé par rapport à la même période de l’année 2021. Un « impact colossal » Anthony Chiasson-Leblanc s’occupe du recrutement et de la gestion de travailleurs étrangers pour une centaine d’employeurs. Et il affirme que le temps de traitement affiché par IRCC ne reflète pas la réalité : « Nous avons des travailleurs du Guatemala qui viennent chaque été au Québec depuis 10 ou 15 ans, ce sont des dossiers très simples. Nous les avons déposés le 1er avril, et nous n’avons toujours rien, pour aucun d’eux. » L’attente officiellement estimée pour les dossiers en provenance de ce pays — une semaine — est « de la bullshit », s’exclame-t-il. La situation nuit à ses clients, dit M. Chiasson-Leblanc. Ces derniers peinent à trouver la main-d’oeuvre nécessaire pour être rentables ou pour carrément mener à bien leurs activités. Certains doivent réduire leurs services ; d’autres songent à mettre la clé sous la porte. « Ç’a un impact colossal », lance David Laperle, président d’Hydrosol Ensemencement, une firme spécialisée en génie environnemental basée à Mascouche qui fonctionne d’avril à novembre. « On est complètement désabusés, on fait rire de nous. Le gouvernement canadien dort au gaz. » Son entreprise dépend de travailleurs provenant du Guatemala — qui bénéficient de bonnes conditions de travail, soutient-il —, mais aucun d’eux n’a encore eu un permis de travail, plusieurs mois après le dépôt de leur demande. Et « le recrutement [local] est impossible », dit-il. « On met des annonces à 35 $ l’heure, et personne ne postule. » Les temps de traitement d’IRCC ont donc de grandes répercussions sur la croissance de son entreprise, et l’empêchent de respecter certains de ses engagements contractuels. Me Patrice Brunet, avocat spécialisé en immigration d’affaires, estime d’ailleurs que l’attente pour les visas rend les entreprises canadiennes moins compétitives à l’échelle mondiale. Mais « ça n’attire pas l’attention, parce que ces gens-là, [les travailleurs étrangers], ne font pas la queue à l’extérieur, ils ne votent pas aux élections », dit-il. L’attente pour un permis de travail au Canada bat des records | Le Devoir
  8. La nouvelle est passée pratiquement inaperçue au Québec, mais elle a certainement retenu l’attention du premier ministre François Legault et de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Publié à 9h00 JOCELYN COULONL’AUTEUR EST CHERCHEUR AU CENTRE D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES INTERNATIONALES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL (CERIUM).* Le Français Roland Lescure a été nommé ministre de l’Industrie par le président Emmanuel Macron. Or, Lescure est plus qu’un ami du Québec, on peut même dire qu’il est un peu Québécois. Lors des élections législatives de 2017, Lescure a rejoint le parti du président et a été élu député des Français d’Amérique du Nord. Il connaît bien le Québec. Avant de faire le saut en politique française, il a été pendant une dizaine d’années vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, l’une des grandes institutions financières de la province. La vie à Montréal et son expérience à la Caisse l’ont beaucoup marqué au point où, dans un livre publié l’an dernier, Nos totems et nos tabous : dépassons-les !, consacré aux blocages de la société française, il s’est inspiré de son expérience québécoise pour promouvoir certaines réformes dans son pays. J’ai rencontré Lescure à Paris en février dernier dans le cadre de la rédaction d’un livre sur la France. Il m’a raconté comment le Québec inspirait son action politique. « J’ai découvert au Québec une société moderne, en marche, prête à débattre de tout, ouverte sur l’expérimentation et où les interdits sont peu nombreux, dit-il. Cela lui donne une formidable capacité à s’adapter, à se renouveler et même à corriger ses erreurs et ses travers. Sur certains aspects, le Québec est une référence. » La France, au contraire, « est encore prisonnière de totems et tabous qui bloquent son développement économique, social, humain et même international ». Il en parle dans son livre où à l’aide d’anecdotes, de cas vécus, d’analyses fouillées, il porte un regard critique sur son pays et offre des pistes de solution souvent inspirées de son séjour au Québec. Cette expérience lui a permis de juger l’efficacité de l’administration québécoise et d’en tirer des idées afin de les appliquer à l’administration française. Celle-ci est caractérisée depuis des décennies par le temps d’attente interminable et le nombre de documents à fournir pour une simple formalité. Il raconte une anecdote dans son livre. « À mon arrivée à Montréal, j’ai dû me rendre à la Société de l’assurance automobile du Québec pour refaire mon permis de conduire, écrit-il. Un fonctionnaire m’a placé devant un panneau bleu, a pris une photo, m’a demandé d’attendre : en trente minutes, il est revenu, mon permis à la main. » Dix ans plus tard, une tout autre expérience l’attendait à son retour en France. Il devait refaire son permis et se présenter à la préfecture où l’attendait une longue file. Il a présenté tous les documents nécessaires, mais n’a reçu son permis que trois mois plus tard. Roland Lescure en a assez de cette façon de travailler, d’autant plus que les histoires d’horreur sur l’administration française s’accumulent. Après la crise des gilets jaunes de 2018-2019, le gouvernement a organisé un grand débat de société un peu partout dans le pays. Des milliers de Français sont venus s’exprimer, parfois en présence du président Macron. Lescure était présent. « Je les ai écoutés avec intérêt, je me souviens des mots avec lesquels était qualifiée l’administration : inaccessible, centralisée, lente, tentaculaire, technocratique, mais surtout et avant tout, complexe », écrit-il. Une consultation sur l’internet a permis de constater que 86 % des participants considèrent qu’il y a trop d’échelons administratifs en France, tandis que près de la moitié des répondants assure avoir déjà renoncé à des droits et à des allocations en raison de démarches administratives trop complexes. Fort de son expérience chez nous, Lescure a suggéré au président, à l’occasion d’une rencontre avec les députés de son parti, « de prendre exemple sur l’organisation canadienne, où toute l’action publique est rassemblée en un seul service : Service Canada », écrit-il. Ce modèle éviterait d’être renvoyé de guichet en guichet, d’administration en administration. Une vingtaine de jours plus tard, Lescure apprenait à la radio que le gouvernement lançait une réforme de l’administration. Elle s’incarnait dans le déploiement de 2000 structures, baptisées « France services ». Ce guichet unique donnera accès aux principaux organismes de services publics. Lescure en tire un grand sentiment de satisfaction personnelle. La politique internationale du gouvernement Legault publiée en 2019 met l’accent sur le commerce, la diversification des marchés et la capacité à attirer des investissements. La France est le cinquième partenaire commercial du Québec, mais le commerce entre les deux recèle un potentiel inexploité, souligne une note du ministère québécois de l’Économie publiée l’an dernier. Profitons du fait d’avoir un ami en haut lieu à Paris pour approfondir une relation politique, économique et culturelle aussi exceptionnelle que féconde. https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2022-07-12/notre-ami-roland-lescure.php?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=algofb&fbclid=IwAR2ECPN_G8W2dI1a_aVUvTnLUoYgMVP4BkgyefhyFhA2K1huSncXJJLMoMo
  9. https://www.youtube.com/watch?v=8S9L3nAomlk
  10. Lisa-Marie Gervais 4 juillet 2022 Le gouvernement Legault accuse des retards sans précédent dans la délivrance du Certificat de sélection du Québec (CSQ) pour des immigrants que le Canada a pourtant acceptés comme résidents permanents pour motifs humanitaires. Alors que ce n’était qu’une formalité de quelques semaines, il faut maintenant près d’un an pour obtenir ce précieux sésame, qui donne accès à d’importants services, dont l’assurance maladie du Québec. « C’est une situation dramatique », dit l’avocate Anne-Cécile Raphaël. « C’est un document court et simple. Il n’y a pas de difficultés à le produire. » Me Raphaël a plusieurs clients ayant été acceptés comme résidents permanents pour des raisons humanitaires, mais qui attendent depuis des mois d’avoir le CSQ. « J’ai des clients dont la demande a été déposée en juillet-août [2021] et qui n’ont toujours pas leur CSQ, dit-elle. J’ai une cliente qui a un dossier complet et dont le CSQ est la dernière pièce manquante. D’ailleurs, pour l’écrasante majorité des cas, il n’y a que ça qui manque. » Le Devoir a pu constater que de nombreux avocats ont des clients dont la demande de CSQ, déposée à l’été dernier, n’a effectivement toujours pas été traitée. Certains rapportent même que ces personnes ont carrément abandonné l’idée de vivre au Québec pour aller dans une autre province. « J’ai même une famille du Nigeria qui a déménagé en Ontario en raison des longs délais pour avoir le CSQ », a indiqué l’avocate Nataliya Dzera. Ancien président de l’Association québécoise des avocats et avocates en immigration, Guillaume Cliche-Rivard, remarque que le problème des délais semble uniquement se poser pour les personnes ayant fait une demande de résidence pour des « considérations d’ordre humanitaire ». « Ce n’est pas aussi long pour le refuge ou la réunification familiale. C’est dans l’humanitaire que les délais explosent », soutient l’avocat qui s’apprête à briguer les suffrages pour Québec solidaire dans Saint-Henri–Sainte-Anne, à Montréal. « Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement tarde à donner le CSQ. Ce sont tous des gens qui sont ici et qui ont fait l’objet d’une décision positive d’IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada]. Ils ont des circonstances personnelles assez dramatiques qui ont justifié ces demandes humanitaires. » Privés de RAMQ Le gouvernement fédéral a le pouvoir d’accorder une résidence permanente pour considérations d’ordre humanitaire à quelqu’un qui fait la démonstration d’une bonne intégration et qui remplit certains critères justifiant les exemptions demandées. Pour une personne désirant s’installer au Québec s’ajoute l’étape du CSQ qui, il n’y a pas si longtemps, s’obtenait facilement et rapidement, soit en deux ou trois mois, selon les observations des avocats. « Quand le formulaire est rempli et que toutes les informations sont là, c’est un simple document à délivrer. C’est un taux d’approbation de plus de 95 % », a observé Me Cliche-Rivard. Toutefois, tant que le CSQ n’est pas reçu, il n’est pas possible d’avoir accès à la RAMQ, ni aux mêmes droits de scolarité que les résidents permanents et les citoyens canadiens. Sans le CSQ, il n’est pas non plus possible pour un demandeur de conclure son dossier de résidence permanente afin, ensuite, d’entamer les démarches pour parrainer ses enfants qui seraient demeurés dans le pays d’origine. Cette lenteur, qui nuit au dossier de leurs clients, indigne plusieurs avocats en immigration. « Je m’occupe d’une veuve originaire de l’Europe de l’Est, dont [la demande pour motifs] humanitaires avait été acceptée à la suite d’une bataille en cour fédérale. Cette fois-ci, elle doit attendre presque un an pour être admissible à la carte RAMQ », raconte Me Dzera, en laissant entendre que sa cliente est âgée et pourrait avoir besoin de soins. Après avoir obtenu une réponse positive à sa demande de résidence permanente pour motifs humanitaires, Diana, qui ne donne pas son vrai nom par crainte de représailles, a ensuite attendu près de 8 mois avant d’avoir son CSQ et 11 mois pour avoir sa RAMQ et sa résidence permanente. « J’ai eu de graves problèmes de santé et je n’avais pas ma carte [d’assurance maladie]. Mes visites à l’hôpital coûtaient très cher », raconte cette Haïtienne d’origine, mère de six enfants. « Je n’allais pas bien. J’étais en dépression. » Diana avait aussi le projet de faire venir au Québec sa fille aînée, qui avait alors 21 ans, âge limite pour parrainer un enfant, mais son CSQ est arrivé trop tard. Sa fille a eu 22 ans dans l’intervalle. « Je veux ma fille ici avec moi. C’est très triste ce qui est arrivé. On avait préparé tout son dossier pour pouvoir le déposer le plus tôt possible. » 11 mois d'attente Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) ne nie pas que le délai s’est allongé et estime à 11 mois le délai actuel moyen pour le traitement des demandes de CSQ pour considération humanitaire. Cela inclut l’attente pour obtenir des documents ou renseignements manquants par le client, le cas échéant. À la mi-juin, le MIFI en était à examiner les demandes reçues à la mi-août 2021. « Le nombre de demandes de sélection permanente [CSQ] reçues par le MIFI dans le cadre du Programme des personnes sélectionnées pour considérations humanitaires a augmenté depuis les dernières années », a indiqué le ministère pour expliquer ces délais. « Comme une grande partie des personnes qui présentent ces demandes sont des demandeurs d’asile déboutés, le MIFI estime que l’augmentation du nombre de demandes d’asile faites au Québec influe sur le nombre de demandes pour considérations humanitaires reçues », ajoute-t-il. Les délais pour le Certificat de sélection du Québec humanitaire explosent | Le Devoir
  11. Du coté de ma grand-mère... Roch Manitouabeouich 1600–1644 NAISSANCE 1600 • Québec, , Quebec, Canada DÉCÈS 3 NOV 1644 • Campement, Huron, Michigan, United States 9 fois arrière grand-père Outchibahabanouk Oueou 1600– NAISSANCE 1600 • Québec, , Quebec, Canada DÉCÈS , , , Canada 9 fois arrière grand-mère
  12. Le taux de réussite au fameux test des valeurs québécoises imposé aux candidats à l’immigration par le gouvernement Legault est stratosphérique : 99,93 % des gens ont cartonné. Taux de réussite presque parfait au test des valeurs | TVA Nouvelles
  13. tter imer Commentaires Martin Guindon (accéder à la page de l'auteur) Martin Guindon hier à 16 h 24 Des adeptes de la faune viennent d’aussi loin que de la France pour étudier au Centre de formation professionnelle Harricana. Il y en a quatre inscrits cette année au programme de Protection et exploitation des territoires fauniques à Amos. Et on en attend tout autant l’automne prochain, grâce en partie au travail de recrutement d’Expérience Québec, à Val-d’Or. Ça fait une quinzaine d’années qu’on reçoit des élèves français, mais on en a un ou deux par année. Quatre, c’est une première. Avec Expérience Québec, on le voit, ça se reflète aussi sur l’an prochain. On a de plus en plus d’élèves qui viennent de la France. Ils ont tous des vécus différents du nôtre, ils n’ont pas le même territoire, pas les mêmes gibiers, alors il y a beaucoup d’échanges qui se font avec eux, souligne l’enseignant Michel Duranceau. Ce dernier forme des assistants en protection de la faune, des gardiens du territoire et des travailleurs en pourvoirie depuis 30 ans à Amos. C’est un programme de 1380 heures offert en 24 modules, avec 120 heures de stages. C’est vraiment la base. On fait de la menuiserie, de la plomberie, de l’électricité, du propane, mais aussi les techniques de pêche, de chasse et de piégeage. Les élèves voient aussi de la biologie et la pathologie, de la patrouille et de l’enquête, précise Michel Duranceau. Le coup de foudre Jeune retraité de 54 ans, Jean-Claude Muczinski avait envie de vivre autre chose et il a été séduit par l’opportunité offerte par Expérience Québec. J’ai eu vraiment le coup de foudre, parce que je voulais être en pleine nature et c’est ça qui m’a attiré ici. On voit vraiment dans cette formation beaucoup de choses, et c’est très intéressant et enrichissant. J’ai travaillé dans le chemin de fer pendant 34 ans, maintenant j’ai envie d’être dans le bois, fait valoir celui qui souhaite demeurer au Québec. Adepte de la chasse et de la pêche depuis sa tendre enfance, Arthur Gecchele, originaire du Maine-et-Loire, réalise un vieux rêve à 19 ans. Il a profité du programme Québec métiers d’avenir pour faire le saut en Amérique.ntaires hier à 16 h 24 Des adeptes de la faune viennent d’aussi loin que de la France pour étudier au Centre de formation professionnelle Harricana. Il y en a quatre inscrits cette année au programme de Protection et exploitation des territoires fauniques à Amos. Et on en attend tout autant l’automne prochain, grâce en partie au travail de recrutement d’Expérience Québec, à Val-d’Or. Ça fait une quinzaine d’années qu’on reçoit des élèves français, mais on en a un ou deux par année. Quatre, c’est une première. Avec Expérience Québec, on le voit, ça se reflète aussi sur l’an prochain. On a de plus en plus d’élèves qui viennent de la France. Ils ont tous des vécus différents du nôtre, ils n’ont pas le même territoire, pas les mêmes gibiers, alors il y a beaucoup d’échanges qui se font avec eux, souligne l’enseignant Michel Duranceau. Ce dernier forme des assistants en protection de la faune, des gardiens du territoire et des travailleurs en pourvoirie depuis 30 ans à Amos. C’est un programme de 1380 heures offert en 24 modules, avec 120 heures de stages. C’est vraiment la base. On fait de la menuiserie, de la plomberie, de l’électricité, du propane, mais aussi les techniques de pêche, de chasse et de piégeage. Les élèves voient aussi de la biologie et la pathologie, de la patrouille et de l’enquête, précise Michel Duranceau. Le coup de foudre Jean-Claude Muczinski provient du Massif Central en France. PHOTO : RADIO-CANADA / MARTIN GUINDON Jeune retraité de 54 ans, Jean-Claude Muczinski avait envie de vivre autre chose et il a été séduit par l’opportunité offerte par Expérience Québec. J’ai eu vraiment le coup de foudre, parce que je voulais être en pleine nature et c’est ça qui m’a attiré ici. On voit vraiment dans cette formation beaucoup de choses, et c’est très intéressant et enrichissant. J’ai travaillé dans le chemin de fer pendant 34 ans, maintenant j’ai envie d’être dans le bois, fait valoir celui qui souhaite demeurer au Québec. Adepte de la chasse et de la pêche depuis sa tendre enfance, Arthur Gecchele, originaire du Maine-et-Loire, réalise un vieux rêve à 19 ans. Il a profité du programme Québec métiers d’avenir pour faire le saut en Amérique. Arthur Gecchele, 19 ans, est originaire de Maine-et-Loire. PHOTO : RADIO-CANADA / MARTIN GUINDON Depuis que je suis tout petit et le plus loin que je puisse me souvenir, on voit les énormes brochets canadiens et ces bêtes monstrueuses au Canada. Et on se dit que si on a la fibre de la chasse, il y a peut-être un moment où il faudra aller faire un tour au Canada. C’est ça qu’on vient chercher, et qu’on ne trouve plus forcément en France. Des grands espaces, des forêts où on se dit que si je suis au milieu, je ne peux plus faire grand chose, alors que chez nous, on n'est jamais vraiment très loin d’une ville, jamais très loin d’une route, raconte Arthur Gecchele, qui mise sur son stage pour se faire connaître du réseau des pourvoiries au Québec. Une formation accessible Âgé de 27 ans, Quentin Roch se passionne pour l’environnement. Après avoir oeuvré comme boulanger et apiculteur à Strasbourg, il est vraiment heureux d’avoir découvert cette formation avec l’aide d’Expérience Québec. C’est vraiment la formation et de découvrir la nature autrement. Parce qu'en France, on a ce genre de formation, mais généralement, on n'y a pas accès, soit parce que c’est très cher ou soit parce qu’il faut faire beaucoup d’études. La survie, la chasse, la pêche, c’est vrai que ce sont des domaines que je ne connaissais pas vraiment. Maintenant, je les découvre et ça me plaît, j’ai envie de continuer là-dedans, confie-t-il. Jérémie Bouchet, 31 ans de Lyons, a découvert le programme via Internet et il a ensuite fait ses démarches par le biais de Québec métiers d’avenir. Il y voit une formation complémentaire à ses acquis en soins des animaux de compagnie. Je me suis dit que ça pourrait être un très bon complément. C’était aussi une opportunité pour revenir au Canada. C’est une belle formation très complète qui n’existe pas en France et c’est une occasion aussi de découvrir des activités comme la motoneige et la pêche sur glace, qui n’existent pas chez nous, affirme Jérémie Bouchet, qui peut côtoyer régulièrement la faune boréale au Refuge Pageau, où il travaille en plus d’y effectuer présentement son stage. Leur formation d’un an et demi se terminera en octobre prochain. De la France à l’Abitibi pour étudier en protection de la faune | Radio-Canada.ca
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